LA SOCIÉTÉ BASKO-MAROCAINE EN 1917.
Après l'émigration aux Amériques, d'autres pays, en Afrique, proposent, au début du vingtième siècle, des possibilités d'émigration aux Basques.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Gazette de Biarritz et de Bayonne, le 3 octobre 1917 :
"Société Basko-Marocaine.
Nous avons reçu la lettre suivante de notre collaborateur M. E. Plantié :
Monsieur le Directeur,
Je vous sais le plus grand gré d'avoir accueilli avec tant de bienveillance ma collaboration à la "Gazette de Biarritz". Aussi bien le but que je poursuis justifie nos efforts communs, et excuse l'insistance que je mets à entretenir vos lecteurs d'un sujet un peu aride pour eux mais dont l'utilité ne peut leur échapper : "Diriger nos Basques vers l'Afrique du Nord". (L. Bley).
Je veux les entretenir brièvement d'un fait qui m'est personnel. En 1909, jouissant de quelques loisirs et de quelques capitaux, j'avais jeté mon dévolu sur le Maroc Atlantique, ce Maroc que Victor Picquet, l'auteur le plus compétent qui soit en fait de colonisation, a décrit de la façon suivante : "On a éprouvé quelques difficultés à faire admettre par l'opinion française que la contrée la plus fertile, la plus riche de l'Afrique du Nord, est le Maroc atlantique. C'est sans doute parce que notre effort colonisateur s'était porté sur les terres fertiles, mais de valeur inégale, de l'Algérie que nous avons longtemps méconnu la valeur réelle des deux contrées les plus favorisées de la nature en Afrique septentrionale : la Tunisie et le versant occidental du Maroc. Le Maroc Atlantique est, pourtant, on ne saurait trop le répéter, la perle de l'Afrique du Nord."
Convaincu de cette vérité, j'envoyai à mes frais, dans la Chaouia dont j'ai parlé dans mon dernier article, un simple marchand d'ovins, homme fort honnête et fort compétent ; il revint avec une étude complète de la question qu'il était chargé d'étudier : acquisition et mise en valeur d'un domaine pastoral à Casablanca.
Pour la somme de 15 à 18 000 francs, on pouvait acquérir 200 hectares à quelques kilomètres de la ville la plus importante du Maroc au point de vue de la colonisation, au point d'adduction des eaux de source qui alimentent la ville. Et mon enquêteur, du nom de Crest, abandonnait la situation de 4 à 5 000 francs qu'il avait à Alger, pour diriger une exploitation qui, suivant ses dires contrôlés du reste sur place, devait rapporter plus de 200 p. 100, avec un capital maximum de 20 000 francs.
Je quittai l'Algérie sur ces entrefaites, pour occuper un poste administratif dans la Métropole. Mes associés, gens fort riches et fort hardis du reste, constatèrent les assertions du brave Crest ; ils se lancèrent étourdiment dans la fourniture des bestiaux à l'armée italienne de Tripolitaine, et dans des spéculations de terrains et de tourisme lancées par un sieur Eckmann, représentant du Lloyd allemand à Alger. Ces bonnes gens ont été roulées à Tripoli et à Alger, d'où Eckmann a rejoint son régiment de uhlans, après avoir expédié préalablement en Bochie, une superbe limousine que mes bons gogos ont payée bien entendu. Toutes ces spéculations brillantes se sont chiffrées par 400 ou 500 mille francs de pertes, et la propriété que je proposais d'acheter à Casablanca s'est revendue 250 mille francs.
Voici quelques extraits du rapport de mon enquêteur :
"D'immenses étendues de pâturages existent dans la Chaouia ; l'accès en est facile ; la population est des plus paisibles. De grandes fermes ou plutôt de grands hangars ont été élevés, en certains endroits, par les Espagnols et par les Allemands qui engraissent des porcs de très belle qualité et de forte corpulence, qui mangent une espèce de trèfle qui est partout en abondance.
Ces animaux ne coûtent presqu'aucuns soins à leurs propriétaires. Les frères Monnessemann ont, pour leur part, un troupeau de 400 porcs qu'ils vendent avec profit aux habitants de la région et au corps expéditionnaire.
Tous les pâturages sont des terres Maghzen, c'est-à-dire appartenant au sultan ; et il sera facile, au dire d'un homme fort compétent, M. Molliné, négociant à Casablanca, d'en louer ou d'en acheter une partie. J'estime que si l'on pouvait avoir ces terres en concession on ferait une splendide affaire de colonisation".
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| ENTREE PALAIS SULTAN DAR MAGHZEN FEZ MAROC D'ANTAN |



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