EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN
CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
mardi 27 octobre 2026
LA VIE COMMUNAUTAIRE ET PAROISSIALE À URT EN LABOURD AU PAYS BASQUE DU XVIÈME AU XVIIIÈME SIÈCLE (quatrième partie)
LA VIE À URT DU 16ÈME AU 18ÈME SIÈCLE.
Au 18ème siècle, la commune d'Urt compte environ 1 300 habitants.
Voici ce que rapporta Guy Leichtenaur, dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & arts
de Bayonne, en février 1973 :
"La Vie Communautaire et Paroissiale à Urt du XVIe au XVIIIe siècle.
... Ne quittons pas le quartier du Port sans mentionner le fameux bac de Pitres qui assurait le service d’une rive à l’autre de l’Adour, en un endroit situé légèrement en amont de la Place du Port, et guère plus haut que le pont métallique construit à la fin du siècle dernier. Ce passage dont la création remonte à une époque antérieure au XVIe siècle avait été établi à l’endroit de traversée jugé idéal, en raison de l’étroitesse du fleuve en ce point précis. A l’occasion d’un constat du Lieutenant Général des Lannes, nous apprenons que le possesseur de l’Estage de Pitres, en 1580, s’appelait Bernard de Cruchette, et qu’il était "Maître-Charpentier de navires", ce qui permet de penser qu’un chantier de construction de bateaux était installé là, avec sans doute, un lieu de passage connu et souvent emprunté. En 1678, dans un acte de vente de la propriété, qui était également agricole, figure la "galeire et le bateau qui servent pour le passage de la rivière". Plus tard, et lors d’une mutation, il est question de la Galupe et du même bateau. Enfin un jugement de 1753, précise que le Sieur de Roi de Montpellier sera tenu de se conformer aux ordonnances, arrêts, et règlements concernant les "bacs et passages". Le tarif du passage qu’il était autorisé à percevoir s’établissait comme suit : 6 deniers pour une personne à pied ; 2 sols pour une personne à cheval ; 2 sols par cheval ou autre bête chargé ou non chargé, y compris le conducteur ; 4 sols par chariot, charrette, carrosse, chaise, litière, ou autre voiture attelée avec 2 chevaux, mulets, ou bœufs ; 1 sol par tête supplémentaire, etc. Auparavant, en 1749, un arrêt du Conseil d’Etat avait fait défense au "Sieur Roi", ou ses représentants, de continuer l’exploitation du bac, et l’avait condamné à la restitution des fruits depuis 29 années ! Cet arrêt était intervenu à la suite d’une demande de l’Ecuyer de Roi à l’Amirauté de Bayonne, pour être déchargé de la "confirmation ou droit de passage" pour lequel il devait payer la somme de 60 livres. Il fit appel du jugement, et l’intendant de Pau, à la suite d’une intervention du Ministre de la Marine, émit l’avis d’accorder le droit de passage sous réserve que le bénéficiaire se pourvoit par devant Sa Majesté, pour obtenir lettres de concession du droit de bac et passage à Pitres, "s’il est jugé convenable". Cependant "par provision et sans tirer à conséquence", on lui permit d’en continuer l’usage et de percevoir les droits de passage dont nous avons pris connaissance. A titre documentaire, nous vous donnons ci-après quelques noms dans la longue lignée des propriétaires de Pitres : 1580 : Bernard de Cruchette ; 1678 : Bernard de Commarieu ; 1680 : Jean de Bruix ; 1720 : Jean Louis de Rol Montpellier. Des Maires de Bayonne sont issus de ces trois dernières familles ; il s’agit de Mathieu de Bruix (1724-1726) ; Pierre de Commarieu (1732-1736) ; de Rol-Montpellier (1737-1740) et (1762-1764).
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| PORT URT PAYS BASQUE D'ANTAN |
Nous avons dit qu’il fallait attendre le XVIIIe siècle pour apprécier le rôle dévolu aux Jurats. En fait, les premiers statuts accordés à la communauté d’Urt ne visaient qu’à préciser les droits d’usage des habitants sur les terres communes, sans oublier bien entendu les devoirs imposés à la population pour la conservation du bien collectif. Les nouveaux statuts datés du 1er avril 1754 vont nous permettre d’aborder d’autres questions, en particulier celles ayant trait à "la législation interne" du village". En ce qui concerne la population, quelle était son importance à cette époque ? Les chiffres suivants ne permettent guère de suivre son évolution. En 1700 : 1 000 communiants (?), c’est un chiffre proprement paroissial. En 1718 : 1 300 habitants répartis en 260 feux (ou maisons). En 1735 : environ 1 600 habitants. A cette date il y avait 128 maîtres de maisons et 194 locataires ou métayers. Il est difficile de déduire quoi que ce soit de ces chiffres. Contentons-nous d’un nombre variant de 1 200 à 1 600 habitants pour la première moitié du XVIIIe siècle.
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| PORT D'URT PAYS BASQUE D'ANTAN |
Examinons tout d’abord les devoirs communautaires imposés à nos Urtois. En premier lieu, obligation d’assister aux Assemblées publiques, qui se tenaient ordinairement le dimanche ou jour de fête. Une amende de 20 sols était appliquée aux absents non-excusés (la peine était de 5 sols, en 1643) (art. 2 des statuts). La Communauté ayant obtenu le renouvellement de l’établissement d’un marché aux bestiaux, tous les vendredis, les chefs de famille devaient s’y rendre ou s’y faire représenter sous peine de 3 livres d’amende pour les possesseurs de bêtes, et 30 sols pour les autres (art. 3). Nul ne pouvait se soustraire aux corvées destinées à la réparation des chemins de son quartier, lorsqu’il avait été désigné par le jurat responsable, et aucun salaire ne devait être réclamé (art. 6). Les Syndics responsables des terres et prairies communes devaient faire nettoyer et curer les fossés et canaux et faire réparer et entretenir les "trompes", avant d’autoriser les semailles de maïs, appelé "bled d’Inde". Là aussi les preneurs (partprenants) de ces terres devaient obéir à la réquisition des Syndics (art. 33 et 34). Dans les nouveaux statuts, un élément nouveau apparaît : c’est le contrôle des cabaretiers en ce qui concerne l’approvisionnement en vin originaire de la Paroisse et sa taxation variable en cours d’année suivant sa qualité et la quantité locale disponible.
| CHANTIER DE CONSTRUCTION DE BATEAUX SUR L'ARAN URT PAYS BASQUE D'ANTAN |
Au sujet du vin, l’article 48 des statuts est significatif : "Les hôtes (ou hôteliers) et cabaretiers ne pourront pendant la consommation du vin du lieu, en prendre chez eux de Chalosse ou autre lieu étranger, même sous prétexte de l’avoir uniquement pour l’usage de leur famille, sous peyne de confiscation au profit de la communauté." Ceux qui ne faisaient pas profession d’aubergiste pouvaient posséder une ou plusieurs barriques de vin "étranger", à condition de faire marquer les barriques par un des jurats avant la mise en chai (art. 49). Les jurats devaient dresser un état de ceux qui avaient du vin à vendre "en gros", chaque année aux fêtes de Pâques, afin de permettre aux aubergistes de s’approvisionner. Le stock de vin originaire de la paroisse étant épuisé, chacun pouvait se fournir hors des limites d’Urt. Le prix du pain et de la viande était également fixé par les jurats, art. 54 : "Les jurats continueront de taxer sur la place publique et lieu du marché, le pain au prix fixe à Bayonne, et ils taxeront aussy la chair de cochon étranger ou nourry dans la paroisse, qui se détaillera au prix qu’ils trouveront juste sans qu’on puisse le vendre au delà, à peyne de 3 l. d’amende et de confiscation du pain et de la viande, en faveur des pauvres du lieu." Les statuts comportaient 61 articles, dont certains avaient pour objet de définir avec précision, les droits et devoirs des jurats en exercice. Nous avons pu ainsi dresser une sorte de tableau de la fonction municipale d’alors. Les jurats n’étaient pas rétribués, mais les vacations ou déplacements étaient pris en charge par le budget communautaire. Nous avons en effet découvert un poste intitulé : "Gages et vacations des jurats", sans indication de somme. Il est possible que les "gages" aient été constitués des parts qu’ils étaient autorisés à percevoir sur certaines amendes, comme en témoigne l’art 43 : "Ne pourront les cabaretiers vendre leur vin aux habitants pendant led. temps au delà de la taxe à peyne de 20 l, confiscation du vin en perce au profit, sçavoir, un quart pour le seigneur, un quart pour la communauté, un quart pour les jurats, et l’autre quart pour le dénonciateur ; et le vin confisqué au même profit." L’élection avait lieu un peu avant les fêtes de après qu’une commission nommée par l’Assemblée Générale des habitants donne son approbation aux comptes fournis par la Jurade. La commission était nommée le premier dimanche après Pâques, disposant ainsi de plus d’un mois de délai pour "éplucher" la comptabilité des jurats. A ce sujet, un article mérite d’être reproduit, il s’agit de l’article 57 des nouveaux statuts : "Seront exclus de la charge de jurât les cabaretiers, aubergistes, les bouchers et pareillement les comptables de la communauté jusques à ce qu’ils auront rendu leur conte, suivant les règles prescrites, et payé le relicat." Cet article qui peut paraître surprenant au premier abord, nous incite à penser, qu’à l’époque, l’exercice de certaines professions et de leurs difficultés financières, laissaient planer le doute sur les possibilités de remboursement des candidats à la réélection ! Les jurats étaient élus pour un an. Leur nombre a certainement varié à différentes époques ; en 1779 on en comptait quatre, un par quartier (Larroque, La Bourgade, Le Port, Les Bordes). Vers 1780, peut-être un peu avant, le bayle (ou premier jurat) prit le nom de maire."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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lundi 26 octobre 2026
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 26 OCTOBRE 2026 SAINT DIMITRI ET SAINT ÉVARISTE - HEREN
PROVERBE DU 26 OCTOBRE 2026 (SAINT DIMITRI) (SAINT ÉVARISTE) (CÉDRIC) (HEREN).
DIMITRI : Démétrios de Thessalonique (ou Démétrius ou Dimitrios ou Dimitri ou Démètre) naît entre 270 et 281.
| 26 OCTOBRE SAINT DEMETRIOS DE THESSALONIQUE |
Démétrios est issu d'une famille aristocrate chrétienne.
Après s'être engagé dans l'armée romaine, Démétrios propage le christianisme dans la région de Thessalonique.
En 303, Démétrios est dénoncé par des soldats romains et livré à l'empereur Maximien Galère. Avec Nestor, son disciple, il meurt sous les coups vers 306 à Thessalonique.
Dimitri est l'un des saints les plus populaires de l'Eglise Orthodoxe.
Dimitri est le patron de la ville de Bucarest.
EVARISTE : dans les catalogues pontificaux du 2ème siècle, Evariste apparaît comme le 5ème évêque de Rome, successeur de Clément 1er.
Evariste aurait été pape entre 97/99 et jusqu'en 108.
On ne sait pas grand-chose de sa vie mais selon la tradition catholique, Evariste serait originaire de la Grèce et aurait eu un père juif.
On lui attribue la division du diocèse de Rome en paroisses, mais cette réorganisation de l'Eglise de Rome lui est en réalité postérieure de 150 ans.
Evariste aurait été enterré au Vatican, près du tombeau de saint Pierre.
Considéré comme saint, Evariste a vu sa fête fixée au 26 octobre par l'Eglise catholique.
HEREN : Mitologiatik Heren sugea.
Mitologiako izakia, naturaren indarra irudikatzen duena. Heren, edo beste leku batzuetan Herensuge, Lurrarren irudikapena den Mari ernaltzera zerutik datorren indarra da, hura neguko loalditik iratzarriz eta udaberria sortuz.
Un décès du 26 octobre : Jean Perzel.
Né le 2 mai 1892 à Fürstenfeldbruck (Bavière, Allemagne) - Mort le 26 octobre 1986 à Paris.
Jean est un maître verrier, pionnier du luminaire et de l'éclairage en France dès les années 1920.
Il travaille avec des architectes et décorateurs de l'Art déco et de l'architecture moderniste sur des monuments comme le Palais de la Société des Nations à Genève, la Cathédrale Notre-Dame de Luxembourg ou encore le Paquebot Normandie.
Fils et petit-fils de verrier, il suit l'apprentissage traditionnel de Maître verrier à Muniche et sort, à 16 ans, major de sa promotion.
Il entreprend alors un tour d'Europe à pied, travaillant chez des maîtres verriers en Autriche, Bohème, Suisse, Italie du Nord, puis en France.
En 1910, à 18 ans, Jean arrive à Paris et travaille chez un maître verrier où il perfectionne son art.
En 1911, il part travailler à Alger.
A son retour en 1914, la guerre éclate, il s'engage alors dans la légion étrangère où il sera caporal.
Cinq ans plus tard, en 1919, il est démobilisé et obtiendra sa naturalisation française (officialisée en avril 1925).
Jean reprend son activité de verrier d'art et intègre de 1919 à 1922, l'atelier parisien de Jacques Grüber.
A cette époque, il adapte à la lumière électrique les techniques utilisées dans la création de vitraux.
Dans une recherche tant esthétique que technique, il se spécialise dans l'étude de l'éclairage et fonde, en 1923, sa société : L'Atelier Jean Perzel.
Ses créations allient verre et monture en métal dans un style moderniste fait de recherche d'élégance et de pureté des formes.
En 1924, il expose au Salon d'automne où il rencontre ensembliers, architectes, décorateurs et artistes comme Pierre Chareau, Robert Mallet-Stevens, Djo-BOurgeois, René Prou, Jean Dunand.
Dès 1925, il expose également au Salon des artistes décorateurs où Robert de Rothschild, collectionneur et mécène, acquiert la totalité des luminaires présentés sur son stand.
Jean est le premier à créer des appareils d'éclairage modernes avec une approche méthodique, presque scientifique, de l'éclairage.
Il travaille avec des décorateurs et architectes comme Jacques-Emile Ruhlmann, Jules Leleu, Robert Mallet-Stevens, Eckart Muthesius ou Michel Roux-Spitz.
A partir de 1925, il reçoit de nombreuses récompenses et distinctions dans les expositions d'Arts appliqués.
Il est chargé de réaliser les éclairages de lieux à travers le monde.
En 1933, Jean appelle près de lui son neveu, François Raidt.
Celui-ci, alors âgé de 14 ans, apprend le métier de verrier d'art, suivant alors en parallèle des cours du soir sur l'architecture.
Jean est nommé chevalier de la Légion d'honneur en octobre 1938.
Après la seconde guerre mondiale, il se focalise sur la création de nouveaux éclairages extérieurs pour les villes devant se reconstruire en période d'après-guerre.
Son activité reprend et ses innovations continuent, associant notamment la lentille de Fresnel au bronze.
C'est en 1951 qu'il confie la direction de l'entreprise à son neveu François Raidt.
Jean Perzel meurt le 26 octobre 1986, à 94 ans.
Voici le proverbe du 26 octobre 2026 :
GIZON TABERNAZALEAREN ETXEAN, ANDREA MISERIAN.
Dans la maison du pilier de cabaret, sa femme est dans la misère.
(Source : https://www.herodote.net/ et Wikipédia et https://www.euskaltzaindia.eus/ et L’Atelier Jean Perzel Histoire - Éclairage de luxe depuis 1923)
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LE RÔLE POLITIQUE DE DOMINIQUE GARAT D'USTARITZ PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (huitième et dernière partie)
DOMINIQUE GARAT ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Dominique Garat dit "Garat-Aîné", né le 12 décembre 1735 à Ustaritz (Royaume de France) - Mort à Bassussary (Basses-Pyrénées) est un avocat et homme politique français d'origine Basque.
Voici ce que rapporta Michel Etcheverry à son sujet dans le Bulletin de la Société des Sciences,
Arts & Lettres de Bayonne, en janvier 1930 :
"Le rôle politique de Dominique Garat.
... Puis l'histoire recommence. En ce même Ventôse, Moncey intervint encore contre des infidélités qui se produisent. Le 6 Germinal an V (26 Mars 1797) l'Administration municipale d'Ustaritz se plaint à son tour des effets fâcheux qu'a entraînés dans notre pays la publication du sévère arrêté du Directoire Exécutif du 25 Pluviôse (13 Février). En Thermidor le Général en chef rapporte, par précaution, les congés et permissions accordés aux chasseurs Basques. Sur quoi l'Administration centrale essaie encore de la manière douce : "Il serait douloureux, écrit-elle le 14 de ce mois (1er Août) pour les Basques qui ont tant de droits à la reconnaissance nationale et qui sont presque tous propriétaires d'être non seulement privés de la récompense nationale mais encore de devoir compléter à la patrie le temps qu'ils auraient passé chez eux durant la guerre au mépris de la loi et de leur devoir".
Moncey songeait depuis quelque temps à une mesure qui ménagerait l'humeur indépendante de ses chers Basques et lui assurait d'autre part un minimum stable de ces précieux lascars. Il proposait la réduction de 4 Bataillons à un seul à condition que celui-ci fût toujours à effectif complet. L'Administration centrale approuva le projet le 5 Brumaire an VI (26 Octobre 1797). Des commissaires Basques furent adjoints au Général, entr'autres Pervieu et d'Etchats, pour mener à bonne fin cette opération. Les détails manquent pour connaître l'accueil qui fut fait dans le canton d'Ustaritz à cette solution d'inspiration bienveillante. Si nous pouvions en juger par l'exemple d'autres régions voisines, les résistances demeurèrent actives et tenaces. Quant aux réactions que provoquèrent les lois militaires postérieures, nous ne saurions en entreprendre le récit sans sortir du cadre de cette étude.
La science juridique de Dominique Garat s'avère dans plusieurs consultations qu'il donna sur des espèces nées de la législation révolutionnaire ou demeurées en suspens depuis la période antérieure. Nous reproduisons aux Pièces Annexes celle qui concerne les droits familiaux de Jean Martin Mondutéguy de lugubre mémoire. Sa compétence en cette mémoire était si bien reconnue que l'Administration centrale recourut plus d'une fois à ses lumières tantôt ouvertement, tantôt en faisant semblant de se tromper. C'est ainsi qu'on lui soumit le cas d'une dame Françoise Biaudos, veuve Lasalle, habitante de Vic dans les Pyrénées Orientales à propos d'un domaine qu'elle possédait à Itxassou. Itxassou était du canton de Cambo et à Pau on le savait bien. Aussi "l'administration d'Ustaritz est flattée, déclare Garat avec une satisfaction mêlée d'excusable vanité, d'envisager dans la demande que ses supérieurs lui font un témoignage particulier de sa confiance ; elle va le justifier selon ses lumières et ses voeux pour la justice.
Et c'est une page remarquable de clarté, de bon sens et de maîtrise technique qu'il rédige.
Au travers des rudes ennuis de cette magistrature municipale, Garat connut des jours de liesse et de bonheur. L'ancien avocat achalandé de Bordeaux, l'ancien orateur écouté de la Constituante redevenait parfois le ministre du verbe. C'était dans les séances où il s'agissait d'installer ou de remercier des membres de l'administration municipale et des fonctionnaires publics. C'était plus encore lors de la célébration des fêtes par lesquelles la loi espérait entretenir le moral du peuple. On le voit haranguer ses compatriotes, dans leur langue, le jour (30 Pluviôse an IV, 19 Février 1795) où l'on commémore, en vertu du décret du 23 Nivôse an IV (13 Janvier 1796) l'abolition de la royauté et l'établissement de la République, le jour (13 Thermidor an IV, 30 Juillet 1796) où l'on exalte les événements du 14 Juillet, 10 Août, 9 et 10 Thermidor. Il paraît heureux et un peu fier d'avoir cueilli les lauriers tout nouveaux en poussant la charrue d'une main vigoureuse le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) dans la cérémonie publique consacrée à la glorification de l'Agriculture et des victoires.
Le 1er jour complémentaire de l'an V (17 Septembre 1797) après avoir consigné sur le registre que la proclamation du 18 Fructidor et les principaux articles de la loi du 19 Fructidor ont été traduits en Basque, publiés et affichés. Garat ajoute ce voeu où ne perce aucune inquiétude personnelle. "Puisse cette secousse paisible être la dernière en tout genre et notre constitution de l'an III régner désormais tranquillement dans toute la sagesse de ses principes."
Rien, en effet, ne pouvait faire prévoir à notre compatriote l'étrange aventure qui allait lui arriver et qui montre à quel point la nouvelle terreur fut incohérente et aveugle. Le 13 Vendémiaire an VI (4 Octobre 1797) la lettre suivante parvenait aux membres du conseil municipal réunis en séance :
"A l'administration municipale du canton d'Ustaritz le citoyen Garat l'aîné Président de la même administration.
Administrateurs citoyens, mes collègues, vous savez que sur des avis privés d'amis qui de Bayonne m'annoncèrent il y a 3 ou 4 jours qu'on m'y avait vu nommé dans une liste générale d'émigrés, nous allâmes de suite au seul exemplaire d'une liste de ce titre transmise au dépôt de notre administration et que nous vérifiâmes que je n'y étais point porté.
Je vous prévins que j'allais me transporter à Bayonne pour vérifier s'il en existait quelqu'autre qui m'y nommât.
On vient de m'y en montrer une autre, où j'ai trouvé cette inscription : "Garat aîné, bec d'Ambès Floriac en Frimaire de l'an II".
Les mots "aîné" et "Floriac ou Florac" nom d'une petite commune près Bordeaux entre deux mers où je possède un petit domaine n'ont pu permettre de douter que ce fût moi qu'on y désignât.
Je viens de faire part de cette découverte à l'administration centrale du Département et je lui observe l'ineptie de cette inscription calomniatrice qui me porte émigré en Frimaire de l'an II, époque où vous le savez tous j'étais incarcéré à Montauban, comme aristocratisant, d'Ustaritz, le peuple Basque depuis mon retour de l'Assemblée Constituante.
Quoique l'esprit de la loi du 19 Fructidor me la rende, je crois, inapplicable dans une pareille hypothèse, je crois devoir l'expliquer contre moi, par mon obéissance à sa lettre, dès qu'elle ne me manifeste pas suffisamment son esprit.
Je vais donc me rendre à l'une des communes voisines d'Espagne, les plus voisines de vous, mes chers collègues, et je vous demande à cet effet, au bas même de cette pétition, un passeport, vous priant d'inscrire le tout sur nos Registres.
Notre séparation ne sera pas longue, je l'espère, mes chers collègues. Aux premiers avis qui me furent donnés de Bayonne, jamais, vous le savez, adressé à mon frère toutes les pièces probatives de ma résidence continue à Ustaritz depuis l'Assemblée Constituante. Je viens de lui écrire encore à ce sujet ; je me trompe fort ou il m'enverra bien promptement un arrêté du Directoire de qui, au surplus, à la majorité de ses membres, mon inébranlable fidélité au sol de ma patrie est parfaitement connue.
Vous avez déjà dans vos papiers des signalements exacts de ma personne.
De Bayonne le 12 Vendémiaire an VI.
Garat l'aîné."
La municipalité apporta l'appui au Président et délivra le passeport demandé dans les termes que voici :
"Vu la pétition ci-dessus, attestant autant que de besoin la vérité de tout son contenu pour la fidélité constante du pétitionnaire au sol de la République.
Faisant droit d'icelle, nous, membres soussignés de l'administration municipale du canton d'Ustaritz, disons à tous ceux qui ces présentes verront.
Laissez passer le citoyen Dominique Garat l'aîné Président de notre administration municipale, âgé de près de 63 ans, visage oblongue et maigre tâché de petite vérole, nez moyen, bouche moyenne, yeux gris foncés, sourcils noirs, taille de 5 pieds 4 pouces plus ou moins et prêtez-lui, en cas de besoin, aide et assistance. A Ustaritz au lieu de nos séances le jour mois et an que dessus."
La méprise odieuse dont Garat était victime ne pouvait durer. Il avait à Paris des protecteurs trop puissants pour subir longtemps cette criante injustice. Le 9 Frimaire an V (29 Novembre 1797) ses collègues trouvent dans le courrier un billet de lui où il les prie "d'inscrire sur le Registre la lettre qu'il vient de recevoir du ministre des Relations Extérieures" et dont la teneur suit :
"Le citoyen Talleyrand ministre des Relations Extérieures au citoyen Garat l'aîné Président de l'administration municipale du canton d'Ustaritz.
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| PORTRAIT DE CHARLES-MAURICE DE TALLEYRAND-PERIGORD Par Pierre-Paul Prud'hon — AllPosters.com, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=497847 |
Je reçois donc de vos nouvelles, mon cher Garat ; je ne puis assez vous dire combien cela m'a fait de plaisir. Vous savez que tout ce qui porte votre nom a droit à un intérêt bien vif de ma part et je me rappellerai toujours avec un sentiment très reconnaissant les marques d'amitié que j'ai reçues de vous pendant notre Constituante. Je ne vous ai pas perdu de vue un seul instant dans mon asile lointain où j'étais presque honteux de ma sécurité quand je vous voyais courir de si terribles dangers. Je ne pensais pas du moins à mon retour qu'il vous fût possible d'être encore atteint par des inquiétudes révolutionnaires. Heureusement je viens d'apprendre qu'on arrête en votre faveur et à votre égard l'exécution de la loi du 19 Fructidor. Elle n'était certainement pas faite pour vous. Il est trop clair qu'il n'y a rien de commun entre vous et les émigrés. Votre frère m' a appris que le ministre de la Police venait de vous accorder ce qu'on appelle une surveillance. Votre nom seul a suffi pour lever toute difficulté et je n'ai pas même eu le faible avantage de pouvoir vous être utile. Reprenez donc, mon cher Garat, votre tranquillité ; faites vous rayer tout à votre aise de cette liste où vous n'auriez pas dû vous trouver une minute. Et soyez heureux comme vous devez l'être. Surtout croyez à jamais à mon tendre attachement.
Ch. Mau. Talleyrand"
Garat reprit sa place le 9 Germinal an VI (29 Mars 1798). Il ne devait la garder que trois semaines. Le 1er Floréal (20 Avril) il passait la main à Pierre Dassance, élu Président le 6 Germinal (26 Mars). Il apparaît encor le 20 Prairial (8 Juillet) dans une assemblée communale ; puis l'ombre retombe sur lui. La mort d'ailleurs l'attendait bientôt ; il décéda le 18 Novembre 1799. Il repose dans la chapelle funéraire érigée par les familles Garat et Lahirigoyen au cimetière d'Ustaritz."
A suivre...
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://www.parismuseescollections.paris.fr/)
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dimanche 25 octobre 2026
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 25 OCTOBRE 2026 SAINT CRÉPIN - ORIXE
PROVERBE DU 25 OCTOBRE 2026 (SAINT CRÉPIN) (ORIXE).
CRÉPIN : Crépin et Crépinien sont des cordonniers légendaires de Soissons, d'origine romaine.
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| 25 OCTOBRE SAINT CREPIN |
Crépin et Crépinien se seraient établis à Soissons, où ils auraient converti les païens sans manquer de chausser gratuitement les pauvres.
Crépin et Crépinien furent dénoncés en 285 ou 286 et conduits devant l'empereur Maximien de passage dans le nord de la Gaule.
Maximien fit alors torturer Crépin et Crépinien par Rictiovarus. Brûlés à la poix puis décapités, il sont devenus les patrons des cordonniers.
Les tombes de Crépin et Crépinien se trouvent dans l'église San Lorenzo in Panisperna à Rome.
ORIXE : Nikolas Ormaetxea idazlearen oroimenez.
Nikolas Ormaetxea (Orexa, 1888 - Añorga, 1961) idazle eta euskaltzain osoaren goitizena. Egindako lanik aipagarriena Euskaldunak poema dugu.
Une naissance du 25 octobre : Charlotte-Louise-Dorothée de Rohan.
Née le 25 octobre 1767 à Paris - Morte le 1er mai 1841 à Paris.
Charlotte est une femme de la haute noblesse française, maîtresse du duc d'Enghien.
Nièce du cardinal de Rohan, elle devient la compagne du duc d'Enghien.
Elle vit avec lui à Ettenheim, dans l'électorat de Bade, près de la frontière française.
Elle assiste à l'enlèvement du duc par la police secrète de Napoléon Bonaparte et apprend l'exécution de son compagnon dans les douves du château de Vincennes, le 21 mars 1804, après un simulacre de procès.
Charlotte achète, en 1816, le château de Val-sous-Meudon (Hauts-de-Seine), où elle vivra jusqu'en 1841.
En 1826, dans le cadre de l'indemnisation des anciens propriétaires français par la République d'Haïti, et en tant qu'héritière e son grand-oncle Louis-Armand-Constantin de Rohan, propriétaire d'une plantation et ses esclaves à Saint-Domingue, elle touche la somme de 36 151 francs or.
Elle ne s'est jamais mariée et a vécu dans le souvenir du duc.
Elle meurt le 1er mai 1841, à 73 ans, ayant survécu 37 ans à son amant.
Voici le proverbe du dimanche 25 octobre 2026 :
ZAHARRA EZKONDATUKOA BETI JELOSKOR.
Marié vieux, toujours jaloux.
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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