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mardi 3 novembre 2026

LA CONVENTION POUR LA PÊCHE SUR LA BIDASSOA AU PAYS BASQUE EN 1886 (deuxième et dernière partie)

LA CONVENTION POUR LA PÊCHE SUR LA BIDASSOA EN 1886.


La Convention de pêche de 1886 entre la France et l'Espagne régule l'exercice de la pêche dans la Bidassoa, établissant des droits spécifiques pour les riverains des deux pays.




pays basque autrefois bidassoa frontiere
BIDASSOA
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que détaillait cette Convention du 18 février 1886 :



"... Dépôts de coquillages. Vivier à poissons.



Article 13.



Les riverains peuvent pêcher indistinctement, dans toutes les parties de la Bidassoa que couvrent les hautes marées, toutes espèces de coquillages ; mais ils ne pourront construire des établissements de pêcheries à demeure ou temporaires, des parcs à huîtres ou à moules et des dépôts quelconques de coquillages sans l'autorisation de la municipalité dans la juridiction de laquelle il s’agirait de les faire et sans se soumettre aux conditions qui leur seront imposées.


L’autorisation ainsi donnée sera révocable et ne pourra jamais être considérée comme une concession ; et si elle est retirée pour inexécution des conditions imposées, l’établissement sera toujours détruit aux frais du contrevenant.


Ces parcs ou dépôts ne devront, dans aucun cas, gêner la navigation, ni servir de pêcheries à poissons, et devront avoir au moins une distance de 100 mètres de l’un à l’autre.



Article 14.



Pour le repeuplement des eaux de la Bidassoa, les pêcheurs français et espagnols pourront établir sur l’une ou l’autre rive de ladite rivière, mais seulement d’un commun accord et à frais communs, des viviers qui ne pourront servir qu’à la propagation du poisson et ne devront, dans aucun cas, gêner la navigation. 



Police et surveillance de la pêche.



Article 15.



Pour assurer le maintien de l’ordre et l’exécution des dispositions du présent règlement, la surveillance sera exercée et les contraventions seront constatées, en la forme prescrite à l'article 16 ci-après ;


1° Par les commandants des forces maritimes de chaque Etat dans la Bidassoa ou par leurs délégués, ou par les maîtres patrons des annexes des stationnaires ;



pays basque autrefois bidassoa frontiere
LE JAVELOT HENDAYE - HENDAIA
PAYS BASQUE D'ANTAN

2° Par quatre gardes pêche, dont deux nommés par les municipalités d’Urrugne, d'Hendaye et de Biriatou, et deux par les municipalités de Fontarabie et d’Irun. Ces gardes, dont le salaire sera à la charge des municipalités qui les auront nommés, seront assermentés et revêtus d'une bandoulière avec plaque indiquant leur qualité.


Ces gardes seront placés sous la surveillance directe du commandant du stationnaire et devront se conformer à ses instructions pour tout ce qui concerne la police de la pêche.


Les autorités subalternes désignées ci-dessus transmettront les procès-verbaux aux commandants des forces maritimes de chaque État.



Article 16.


Les contraventions au présent règlement seront prouvées soit par témoins, soit à l’aide des procès-verbaux dressés et signés par les autorités ci-dessus désignées.


Celles-ci sont également autorisées à saisir les filets et autres instruments de pêche prohibés, ainsi que le poisson pêché en contravention. Elles pourront requérir directement la force publique pour la répression des contraventions au présent règlement, la saisie des filets prohibés, du poisson et du coquillage pêchés en contravention.


Les infractions en matière de vente et de colportage du frai du poisson et du coquillage pris en temps prohibé ou au-dessous des dimensions prescrites pourront également être constatées par tout officier de police judiciaire qui pourra transmettre directement son procès-verbal au tribunal compétent.



pays basque autrefois bidassoa frontiere
CHAUSSEE DU PAS DE BEHOBIE A IRUN 1800
PAYS BASQUE D'ANTAN



Dispositions pénales.



Article 17.


Afin qu’il y ait identité effective de droits pour tous les riverains, il faut qu’il y ait identité de répression pour les contrevenants des deux pays qui auront violé les mesures adoptées pour réglementer, conformément aux traités, la jouissance en commun de la Bidassoa.


Dans les deux pays, le tribunal compétent sera, en conséquence, appelé à prononcer, pour les faits de contravention au présent règlement, contre les pêcheurs soumis à leur juridiction :


1° La saisie et la destruction des filets ou autres instruments de pêche défendus ;


2° L’amende depuis 10 francs (10 pesetas) jusqu’à 80 francs (80 pesetas) ou l’emprisonnement pendant deux jours au moins et dix jours au plus.



Article 18.



Dans tous les cas de récidive, l’infracteur sera condamné au double de l’amende ou de l’emprisonnement qui aura déjà été prononcé contre lui ; mais cette double peine ne pourra jamais dépasser le maximum établi dans le paragraphe 2 de l’article précédent. Il y a récidive lorsque, dans les douze mois précédents, il a été rendu contre l’infracteur un premier jugement pour contravention aux dispositions du présent règlement. Si, dans les douze mois précédents, il a été rendu contre l’infracteur deux jugements pour contraventions aux dispositions du règlement, l’amende et l’emprisonnement pourront être portés au double du maximum fixé dans l’article précédent.



Article 19.



Le tribunal ou les magistrats compétents ordonneront, lorsqu’il y aura lieu, en sus de la peine infligée pour fait de contravention au présent règlement, le payement de dommages-intérêts en faveur de qui de droit et ils en détermineront le montant.



Article 20.


Tout riverain qui pêchera le saumon en dehors de son tour de pêche sans l’autorisation de celui à qui il revient, sera passible de l’amende ou de l’emprisonnement établis dans le paragraphe 2 de l’article 17 et, de plus, devra restituer le poisson pris en contravention ou sa valeur au pêcheur dont il aura pris le tour. En cas de récidive, il pourra être condamné à l’amende ou à l’emprisonnement et, de plus, la confiscation des filets pourra être prononcée.



Article 21.



Le poisson saisi en contravention aux dispositions du présent règlement sera immédiatement distribué aux pauvres de la commune riveraine dans laquelle la saisie aura été faite.



Article 22.



Le produit des amendes prononcées en vertu du présent règlement sera versé, dans l'un et l'autre pays, dans les caisses municipales, et le quart en sera attribué aux gardes-pêche ou à l’agent de police municipale qui aura constaté la contravention.



Article 23.



Les pères, mères, maris et maîtres pourront être déclarés responsables des amendes prononcées pour contraventions commises par leurs enfants mineurs, leurs femmes ou leurs serviteurs.



Article 24.



Tout riverain qui aura outragé dans l’exercice de ses fonctions un des préposés mentionnés à l’article 15 ou tout officier de police judiciaire instrumentant comme il est dit au dernier paragraphe de l’article 16, ou qui leur aura résisté avec violence et voies de fait, sera puni des peines édictées en pareil cas par les lois de son pays.



Article 25.



Le garde qui, dans l’exercice de ses fonctions, fera preuve de négligence, sera immédiatement révoqué, et s’il a agréé des promesses ou reçu des présents pour manquer à ses devoirs, il sera poursuivi d’après les dispositions prévues pour ce cas dans la législation de son pays.


pays basque autrefois bidassoa frontiere
PASSAGE A GUE DE LA BIDASSOA A ENDARLACHA 1823
PAYS BASQUE D'ANTAN


Répression des contraventions.



Article 26.



Le jugement de toute contravention au présent règlement sera placé, dans l’un et l’autre pays, dans les attributions exclusives du tribunal compétent, et les contrevenants ne pourront être poursuivis que devant le tribunal de leur pays respectif, c'est-à-dire, en Espagne, devant le tribunal civil de Saint-Sébastien ; en France, devant le tribunal de première instance de Bayonne.



Article 27.


Les procès-verbaux autres que ceux dressés par des officiers de police judiciaire devront être remis au commandant des forces maritimes sous la juridiction duquel se trouve le contrevenant. Cet officier, après les avoir visés, devra, sans délai, les envoyer avec son avis au tribunal compétent.


Avis du jugement qui interviendra sera donné à l’autorité qui aura dressé le procès-verbal.



Article 28.



Les préposés à l’exécution du présent règlement mentionnés à l’article 15 pourront constater les contraventions de tous les riverains, quelle que soit leur nationalité, mais les contrevenants ne pourront être jugés que par le tribunal compétent de leur pays.



Article 29.



Les procès-verbaux dressés par les agents mentionnés à l’article 15 feront foi jusqu’à preuve du contraire.



Article 30.



Sans préjudice des droits appartenant au ministère public, la poursuite résultant de dommages ou de pertes éprouvés par des pêcheurs du fait d’autres pêcheurs se fera à la diligence des maires ou des alcades ou sur la plainte de la partie civile.



Article 31.



L’action publique et l’action civile résultant des contraventions prévues dans le présent règlement seront prescrites après soixante jours révolus à compter du jour où le fait aura eu lieu.


pays basque autrefois bidassoa frontiere
VALLEE DE LA BIDASSOA 
3 MILES EN AMONT D'IRUN 1823
PAYS BASQUE D'ANTAN


Dispositions transitoires.



Article 32.


Le présent règlement sera exécutoire à partir du 1er janvier de l'année qui suivra celle où il aura été promulgué.


Jusque-là, on continuera à se conformer à tous les usages existants ; seulement, les dispositions relatives aux époques de pêche, aux dimensions que doivent avoir les différents poissons et aux prohibitions faites par les paragraphes 3, 4 et 5 de l'article 11, seront exécutoires depuis le jour où la promulgation aura eu lieu.


Un an sera accordé à partir du jour de la promulgation de ce règlement pour se conformer aux dispositions de l'article 9 qui indique les dimensions des mailles des différents filets autorisés.



Article 33.


Les Hautes Parties contractantes s’engagent à n’apporter aucun changement au présent règlement sans avoir pris l’avis préalable d’un nombre égal de délégués des municipalités des deux rives de la Bidassoa.


En foi de quoi les Plénipotentiaires respectifs ont signé la présente Convention et y ont apposé leurs cachets.


Fait à Bayonne, en double expédition.

Le 18 février 1886."




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lundi 2 novembre 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 2 NOVEMBRE 2026 COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS ET SAINT VICTORIN - OROITZ

 

PROVERBE DU 2 NOVEMBRE 2026 (COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS) (SAINT VICTORIN) (OROITZ).


COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS : L'Eglise catholique commémore par des messes tous les fidèles défunts (la "Fête des morts") le lendemain de la Toussaint ou fête de tous les saints, le 2 novembre.



religion catholique saint sainte fidèles défunts
2 NOVEMBRE COMMEMORATION DES FIDELES DEFUNTS


La messe a une valeur de purification des pêchés véniels pour atteindre la vision béatifique.

C'est une façon de placer symboliquement l'ensemble des défunts sous la protection des saints.

La place des défunts et la vision de la mort ont beaucoup évolué depuis l'Antiquité.

Ce n'est qu'au 18ème siècle que les cimetières sont réédifiés hors des villes. C'est un retour à la Rome antique.

Ce jour de "fête des morts" est, aujourd'hui, traditionnellement consacré à une visite familiale au cimetière et à l'entretien des tombes.



VICTORIN : Victorin de Pettau naît en Grèce vers 250.




religion catholique saint sainte victorin
2 NOVEMBRE SAINT VICTORIN DE PETTAU

Victorin est un auteur ecclésiastique et évêque de Pettau dont l'activité se situe aux alentours de 270, et qui subit le martyre lors de la persécution de l'empereur Dioclétien.

Victorin compose, outre des réfutations d'hérésies contemporaines, des commentaires sur de nombreux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Toutes les oeuvres de Victorin sont perdues, à l'exception de son commentaire sur l'Apocalypse et un court traité Sur la création du monde.




OROITZ : Etxeko hilen oroitzeko eguna. Ikastoleetako zerrendatik.





Un décès du 2 novembre : Laurent Tailhade.



homme france hautes-pyrénées polémiste poète pamphlet libertaire anarchiste
PHOTO DE LAURENT TAILHADE
PAR NADAR



Né le 16 avril 1854 à Tarbes (Hautes-Pyrénées) - Mort le 2 novembre 1919 à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne).

Laurent est un polémiste, poète, conférencier pamphlétaire libertaire et franc-maçon français.

Il a usé de nombreux pseudonymes : Azède, El Cachetero, Dom Junipérien, Lorenzaccio, Patte-Pelue, Renzi, Tybalt.

Il est issu d'une vieille famille de magistrats et d'officiers ministériels.

Il fait ses études chez les jésuites de Toulouse, en 1865, et il poursuit sa scolarité au lycée de Pau, puis de Tarbes, où il obtient péniblement son baccalauréat en 1874.

Son père l'inscrit à la faculté de droit à Toulouse, mais il préfère travailler à "L'écho des Trouvères".

En 1878, Laurent décide de monter à Paris contre l'avis de sa famille.

En 1879, sa famille l'oblige à faire un mariage bourgeois avec Marie Agathe Eugénie de Gourcuff et le couple s'installe à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

De leur union, naît un fils en septembre 1879, fils qui meurt 5 mois plus tard.

En 1880, il fait paraître son premier recueil de poésies.

Après un court séjour à Paris où il rencontre Hérédia et Coppée, Laurent rentre à Bagnères sans le sou et il écrit dans "L'Echo des Vallées", sous le pseudonyme de Lorenzaccio.

Il livre son premier duel (il y en aura 30) contre un responsable du casino où il dilapide une partie de la fortune familiale.

Après la mort de sa femme, en janvier 1883, il s'installe à Paris, où s'ouvrent à lui de nouveaux horizons.

Il fréquente alors le cabaret du Chat noir, et fraie avec la bohème littéraire et anticonformiste de Montmartre.

Son père, mécontent, lui coupe les vivres et l'oblige à rentrer à Bagnères, au début de 1886, pour le soumettre à un mariage arrangé et il en divorce en 1891.

Laurent est initié à la franc-maçonnerie en 1887.

En 1888, il se réinstalle à Paris et devient une des figures de la poésie symboliste et décadente.

Il développe sa fibre anarchiste et anticléricale dans des poèmes et des textes polémiques et d'une vigueur injurieuse peu commune.

Son nom devient populaire à partir de décembre 1893, lorsqu'il clame son admiration pour l'attentat anarchiste d'Auguste Vaillant.

En avril 1894, lors d'un attentat à la bombe dont il est victime, Laurent est grièvement blessé, perd un oeil et est hospitalisé 6 semaines.

En 1901, pour avoir écrit dans Le Libertaire un article incendiaire contre le tsar Nicolas II, il est condamné à un an de prison ferme et 1 000 francs d'amende, faisant environ 6 mois de détention, entre octobre 1901 et février 1902.

En 1902, lors des obsèques d'Emile Zola, il prononce son panégyrique.

Provocateur et anticlérical, en août 1903, à Camaret (Finistère), il fait scandale lors de Fête de la bénédiction de la mer et des bateaux, échappant de peu à un lynchage, grâce à la protection des gendarmes de Châteaulin.  

En juin 1904, Laurent est nommé membre du comité directeur pour la France de l'Association Internationale Antimilitariste.

En janvier 1906, il déclare rompre avec les anarchistes.

En août 1914, il se porte volontaire pour être engagé ce qui, vu son âge (60 ans), est exclu, mais il se rend sur le front comme correspondant de guerre pour Le Journal.

Il revient au pacifisme vers la fin de la guerre et salue la Révolution russe dans le journal La Vérité.

Il rentre de la guerre épuisé par des congestions pulmonaires à répétition, il meurt le 1er novembre 1919, à 65 ans.


homme france hautes-pyrénées polémiste poète pamphlet libertaire anarchiste
LAURENT TAILHADE



Voici le proverbe du lundi 2 novembre 2026 :


AZAROA HOTZ, NEGUA MOTZ ; AZAROA BERO, NEGUA GERO.

Novembre froid, hiver court ; novembre chaud hiver en suivant.


novembre mucha
MOIS DE NOVEMBRE PAR ALFONS MUCHA


(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE EN 1943 (onzième partie)


UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE.


Depuis des siècles, il y a des pêcheurs de petite et grande Pêche au Pays Basque.



pays basque autrefois pêche baleine morue
TERRE-NEUVAS 1941
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet Madame Maxime Dégros dans le Bulletin de la Société des 

sciences, lettres & arts de Bayonne, en avril 1943 :



"La grande Pêche Basque des Origines à la fin du XVIIIe siècle. (Suite)


... L'équipage.



Sur le baleinier, approvisionnement et ustensiles occupent une grande place ; les cargaisons de retour en prennent aussi, et celle dont dispose l’équipage est bien minime. Le confort est inconnu. Parfois, très rarement, le capitaine a un lit. Les hommes s'entassent comme ils peuvent, mal couchés sur le sol. Ils auront des hamacs quand les Indiens leur en auront appris l’usage et ces hamacs seront serrés les uns contre les autres et placés n’importe où. Les marins ne se lavent pas, faute d’eau douce ils ne soignent ni leur personne, ni leur navire qui est d’une saleté repoussante. Ils sont également très mal nourris ; après quelques semaines de voyage les provisions emportées (fromages, biscuit, légumes), sont abîmées, corrompues par la chaleur et l’humidité des soutes où elles sont emmagasinées ; l’eau conservée dans des barriques de bois se gâte vite. Alors, l’équipage n’a plus comme nourriture que le poisson pêché chaque jour et accommodé toujours de la même façon. La cuisine est faite sur le pont dans un fougon, sorte de grande chaudière où la cuisson se fait mal. 


pays basque autrefois pêche baleine morue
BALEINIER



Les pêcheurs n’ont pas d’uniforme ; ils s’habillent avec des lainages qui les enveloppent complètement et qu’ils recouvrent de vêtement, chapeau et bottes d’étoffe cirée. Malgré cette protection et bien qu’ils aient deux lainages pour en faire sécher un chaque soir, un jour ne suffit pas à le sécher et les hommes reprennent leur vêtement encore humide. 



Il est naturel qu’avec ce manque total d’hygiène, les maladies de toutes sortes aient été nombreuses. 



Comme la pharmacie de bord est presque inexistante et que, s’il n’y a pas de chirurgien, le capitaine seul possède quelques notions bien vagues de médecine, nombreux sont les pêcheurs qui meurent pendant la saison. 



Nous avons déjà vu quels étaient ceux qui s’embarquaient : marins basques en majorité ; Aunisiens et Saintongeois quelquefois, espagnols presque toujours. 



Bayonne et St-Jean-de-Luz demandent chaque année aux provinces basques et particulièrement au Guipuzcoa, un assez grand nombre de rameurs et de harponneurs, deux cents en général. 



pays basque autrefois pêche baleine morue
GRAVURE ANCIENNE : PÊCHE A LA BALEINE



Chaque année le même cycle d’évènements se déroule : le roi d’Espagne accorde à la province basque la permission d’envoyer ses habitants servir les Français, mais au préalable il a fait naître force difficultés, les obligeant à des formalités qui retardent le départ et font faire une mauvaise pêche. Au retour, après un échange de lettres désolées entre la Chambre de commerce de Bayonne ou l’intendant du pays et le ministre de la marine ou le Contrôleur général, l’un de ceux ci écrit en Espagne, rappelle les services rendus aux Espagnols par les pêcheurs français, la fraternité des Basques des deux côtés des Pyrénées et finalement arrache la promesse que les harponneurs seront facilement octroyés l’année suivante. 



Il écrit à la Chambre de commerce pour lui annoncer la bonne nouvelle, tout en déplorant que les armateurs ne puissent trouver dans la région les pêcheurs dont ils ont besoin. 



L’année suivante, les choses se passent exactement de la même façon. 



Quand ils ne pouvaient vraiment pas faire autrement, faute de harponneurs espagnols, les Basques demandaient quelques Hollandais, mais ceux-ci se rendaient insupportables ; se croyant supérieurs aux marins basques, ils voulaient être appelés capitaine, et avoir une cuisine spéciale sans salaison. 



Les Basques avaient recours à eux le moins possible.  

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pays basque autrefois pêche baleine morue
BALEINIER RUBENS LE HAVRE 1837



La poursuite d’une baleine se fait dans la Mer du Nord ou l’Atlantique comme dans le golfe de Gascogne. 



Quand le baleinier arrive dans les parages fréquentés par l’animal, des marins montent au plus haut des mâts pour voir à une grande distance. Dès qu’ils aperçoivent une baleine, les chaloupes sont immédiatement mises à l’eau ; sept hommes y montent, le barreur à l’arrière, cinq rameurs, le harponneur à l’avant dirige la marche de l’embarcation. C’est de lui, en réalité, que dépend la réussite de la pêche ; il n’a pas besoin d’une grande force, mais d’une grande habileté, qu’il n’acquiert que par une longue expérience. 



En général, le capitaine d’un baleinier est harponneur. 



Quand cette pêche fut moins pratiquée, les marins aimèrent mieux s’embarquer sur des morutiers que se donner la peine d’apprendre le métier de harponneur, et c’est pourquoi les Basques en trouvèrent difficilement chez eux. 



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CARTE DE CHASSE A LA BALEINE DANS L ATLANTIQUE NORD


Préparation de l'Huile.


pays basque autrefois pêche baleine morue
USINE D'HUILE DE BALEINE
ST-PIERRE ET MIQUELON



Quand la baleine est morte, elle est attachée à une ou plusieurs chaloupes, suivant sa taille, par trois cordes ; l’une entoure sa queue, les deux autres passent par un trou percé dans les nageoires pectorales et ficellent l’animal qui est remorqué jusqu’à terre ou jusqu’au baleinier. Arrivé là, des crochets servent à le haler sur le sable ou contre le navire et le dépeçage commence. 



A terre.



Les dépeceurs, qui ont des vêtements de cuir et des bottes à crampons pour pouvoir marcher sur la baleine sans glisser, sont armés de divers couteaux avec lesquels ils découpent des bandes de lard et de chair, plus ou moins larges et épaisses, dans toute la longueur de l'animal. 



Ils enlèvent d’abord "l’enveloppe", tout près de l’œil, puis les autres bandes se suivant sur le corps. Ils coupent ensuite la langue et les fanons en maintenant la gueule ouverte à l’aide de crochets. 



pays basque autrefois pêche baleine morue
LES FANONS DE BALEINE
ÎLES ST-PIERRE ET MIQUELON



En quelques heures le squelette est mis à découvert. L’opération attire toujours des oiseaux et des bêtes voraces que des aides appelés les "cormorans" sont spécialement chargés d’éloigner. 



Quand le dépeçage est terminé, on choisit les morceaux qui seront mangés frais ou salés, ce sont les meilleurs : langue, gras du ventre. Les autres morceaux (tous quelquefois, si l’on n’en veut garder aucun comme nourriture) sont fondus dans des fours établis sur le rivage, et transformés en huile. 



Le brasier, placé sur le sol, est surmonté d’un fourneau où est jeté le lard qui fond peu à peu. Au bout de trois heures environ, la graisse bouillante liquéfiée en huile, est versée dans un baquet à travers une grille qui retient les lardons (morceaux non fondus) ; quand l’huile est refroidie, elle est versée dans un autre baquet plein d’eau, elle surnage et se purifie, les corps étrangers tombant au fond. Elle est souvent versée dans un troisième et même un quatrième baquet avant d’être mise dans les barriques où elle sera conservée. 



La fusion de la graisse se fait en plein air, dans des espaces larges et déserts, sur le rivage du golfe de Gascogne, du golfe St-Laurent ou de Terre-Neuve. (Les indigènes de cette île aidaient les Basques moyennant un faible salaire). Il était interdit de fondre dans les villes, à cause du danger que présentait l’huile bouillante et de l’odeur infecte qu’elle répandait. Cependant il y eut toujours des infractions et au XVIIIe siècle encore les défenses étaient réitérées à des particuliers qui fondaient le lard sur les places publiques de Bayonne et Capbreton ou même dans les maisons, "ladite fonte répand dans tout le quartier une puanteur si insupportable que les voisins en souffrent une très grande incommodité dans leurs maisons par une infection continuelle qui les rend presque inhabitables... et comme les exhalaisons puantes pourraient avoir des suites dangereuses par des maladies..." une amende de cent livres était infligée aux contrevenants. 



A bord.



En pleine mer, la baleine tirée jusqu’au baleinier, est placée entre lui et la chaloupe d'où les hommes la dépècent. On soulève l’animal, on le tourne sur lui-même au moyen de cordes, et les morceaux sont montés par des poulies sur le pont du navire. Quand la pêche est terminée, le bâtiment revient avec son chargement jusqu’à la côte la plus proche où a lieu la fusion du lard. Ce système ne manque pas d’inconvénients : d’abord le navire se charge inutilement de mauvais morceaux qui en fondant ne donnent que des déchets au lieu d’huile ; ensuite la graisse se faisande et répand à bord une insupportable odeur de venaison ; en même temps elle se corrompt et la qualité de l’huile s’en ressent. François Sopite va remédier à tous ces inconvénients en découvrant le moyen de fondre en pleine mer au fur et à mesure que les morceaux seront dépecés. 



Les charpentiers construisent un fourneau avec de l’eau et de l’argile emportée dans des barriques (on préférait le construire au moment où le besoin s’en faisait sentir plutôt que l’emporter tout fait, sans doute parce qu’il aurait été plus encombrant que les barriques d’argile, ou bien qu’étant fragile, il risquait d’être abîmé avant d’être utilisé). La chaudière placée sur le second pont, à l’avant, est surmontée du fourneau où la graisse est mise ; l’ensemble bien calé pour que les mouvements du navire ne le fassent pas bouger. Au fur et à mesure qu’elle est liquéfiée, l’huile pénètre au travers d’un tamis dans une canalisation qui la déverse dans un "dépressoir", baquet plein d’eau froide, placé à côté de la chaudière. Elle s’y purifie et s’y refroidit. Une ouverture pratiquée à la partie inférieure du baquet permet de renouveler l’eau froide, tandis qu’une autre à la partie supérieure laisse écouler l’huile qui surnage et au moyen d’une canalisation, tombe dans des récipients établis sur le pont inférieur. Quand elle est tout à fait froide, elle est mise en barriques. 



Pendant que de nouveaux morceaux de graisse sont sans cesse ajoutés dans le fourneau, on enlève avec de grandes écumoires les déchets de la première "cuiture" qu’on met dans la chaudière où ils servent de combustible pour la seconde cuiture. 



Ce système présente un terrible danger : l’incendie du navire. Pour l’éviter, et pendant toute la durée de la fusion, des matelots arrosent d’eau froide le pont autour de la chaudière (quelques incendies se déclarèrent néanmoins). Un autre inconvénient est d’alourdir le navire en lui faisant emporter des barriques d’argile, des ustensiles de cuivre. 



De plus, l’opération est très pénible ; jusqu’à épuisement de la graisse, des matelots soufflent continuellement le feu, d’autres arrosent le pont, d’autres, juchés sur des escabeaux, remettent des morceaux de lard dans le fourneau et enlèvent les déchets. 



Malgré cela, la fusion à bord est très avantageuse. Il faut peu de combustible puisque les déchets en tiennent lieu ; la chair fondue immédiatement ne s’abîme pas et l’huile est d’une qualité supérieure à celle des concurrents étrangers ; les navires peuvent en rapporter de plus grandes quantités n’ayant à s’encombrer ni de déchets ni de matière solide ; enfin les établissements côtiers deviennent inutiles aux Basques qui n’ont plus besoin de fondre à terre et qui ne perdant plus de temps à ce travail peuvent continuer la pêche jusqu’à l'époque du retour."




A suivre...




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Wikipédia)


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dimanche 1 novembre 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 1ER NOVEMBRE 2026 TOUSSAINT - DEUNORO

 

PROVERBE DU 1er NOVEMBRE 2026 (TOUSSAINT) (DEUNORO).


TOUSSAINT : La Toussaint est la fête de "tous les martyrs et de tous les saints".




religion catholique saint sainte toussaint
1ER NOVEMBRE TOUSSAINT
PEINTURE DE FRA ANGELICO

Cette fête de Toussaint a été instituée en 610 par le pape Boniface IV afin d'honorer les martyrs romains dont il avait fait transférer les corps des catacombes au panthéon d'Agrippa, reconverti en église.

L'Occident a fixé la Toussaint au 1er novembre et fait du lendemain, 2 novembre, la Fête des morts.

Les Américains d'origine irlandaise ont acclimaté dans leur pays d'adoption la fête de Hallowe'en (contraction anglaise de la Veille de la Toussaint), qui vient d'une très ancienne fête dédiée au dieu des ténèbres et de l'hiver, Samain.



DEUNORO : "Toussaint" "Todos los Santos".

Sanduru : Erdi Aroko euskal izena. Antsoainen (Nafarroa) 1240an ageri da, eta Iruñean eta Larraintzarren (Nafarroa) 1366an. Aldaerak : Santuru eta Deun-ixendegi euzkotarra lanean proposatzen den Deunoro. Hondarreko hau deun "donea" neologismotik abiaturik sortu zuen S. Aranak. Baliokideak : Santos (gazt.) eta Toussaint (fr).

Santos (es), Toussaint (fr).

Deun-ixendegi euzkotarra lanean gaztelaniazko Todos los Santos izenarentzat proposaturiko baliokidea. Deun neologismoaz eta oro zenbatzaileaz dago osatua. Sabino Aranak asmaturiko deun hitzaren oinarrian mendebaldean erabiltzen den deunge "gaiztoa" dago. Aranarentzat deunge hitzaren oinarrean "deun gabe" legoke eta, hortaz, deun hori "santu" dateke. Ospatze eguna azaroaren 1ean da. Ikus Sanduru.


Un décès du 1er novembre : Boris Souvarine, pseudonyme de Boris Lifschitz.



militant politique journaliste historien essayiste russe français
BORIS SOUVARINE



Né le 20 octobre 1895 à Kiev (Empire russe) - Mort le 1er novembre 1984 à Paris 15ème arrondissement.

Boris est un militant politique, journaliste, historien et essayiste, russe et français.

Il est issu d'une famille juive d'Ukraine.

En 1897, sa famille quitte la Russie pour la France et obtient la nationalité française par naturalisation en 1906.

Après le certificat d'études, il entre à l'Ecole primaire supérieure de la rue Colbert, mais ne peut terminer le cycle.

Boris devient apprenti dans une usine d'aviation, tout en acquérant une culture générale et politique assez étendue, grâce à l'université populaire "Coopérative des idées", à la lecture des journaux et des classiques socialistes.

Il participe aussi à de nombreux meetings et est marqué par la personnalité de Jean Jaurès.

Il obtient un diplôme d'ouvrier d'art de la Ville de Paris.

En 1913, il est appelé sous les drapeaux avec 2 ans d'avance, en raison d'une erreur sur sa date de naissance.

Boris est muté à Paris au service de l'intendance, puis réformé en 1916.

Il adhère alors à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) et se rapproche des socialistes hostiles à l'Union sacrée.

Il est notamment en contact avec l'équipe du journal Le Populaire (Paul Faure, Henri Barbusse, Jean Longuet) et il y utilise pour la première fois son pseudonyme.

Par la suite, avec Charles Rappoport, il se rapproche des bolcheviks, en s'intégrant dans le Comité de la IIIe Internationale.

A partir de 1920, Boris est un des animateurs de ce comité, avec Fernand Loriot, Pierre Monatte et Charles Rappoport.

Ils militent pour que la SFIO quitte la Deuxième Internationale, ce qui est acquis au congrès de Strasbourg en février 1920, puis adhère à la Troisième Internationale.

Peu après, il est arrêté, avec Loriot et Monatte, en liaison avec la grève des cheminots et incarcérés à la prison de la Santé.

A la suite du congrès de Strasbourg, deux dirigeants centristes, Ludovic-Oscar Frossard et Marcel Cachin, sont envoyés durant l'été 1920 à Moscou, dont il reviennent en ayant accepté les conditions d'entrée dans l'Internationale communiste.

Le parti prend le nom de Parti socialiste Section française de l'Internationale communiste (SFIC), devenant un peu plus tard le Parti communiste français.

La minorité (Léon Blum, Paul Faure) refuse de s'incliner et décide de maintenir la SFIO.

Boris est élu au premier comité directeur de la SFIC, et fait partie, en 1921, des délégués français au 3ème congrès de l'Internationale communiste.

En juillet 1921, il entre au secrétariat de l'IC.

A cette époque, il vit principalement à Moscou, mais est également engagé dans la vie du parti français.

En janvier 1923, il revient au comité directeur, puis entre au bureau politique.

En 1923, Boris prend le parti de Léon Trotski face à la direction.

En juillet 1924, il est exclu de l'IC et donc de la SFIC.

De 1925 à 1933, il refait paraître Le Bulletin communiste.

A partir de 1931, il publie la revue La Critique sociale, revue à laquelle participent Raymond Queneau, Michel Leiris, Georges Bataille et Simone Weil.

A la demande de son ami Panaït Istrati, Boris publie, en 1929, une suite d'essais contre Staline.

De 1930 à 1934, son activité essentielle est la rédaction de sa biographie de Staline.

Cet ouvrage a alors "un retentissement considérable dans les milieux oppositionnels communistes en Europe".

A partir de février 1931 et jusqu'en septembre 1936, il fréquente Colette Peignot, femme de lettres, qui va décéder en novembre 1938.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, réfugié à Marseille, Boris y est arrêté en 1940 sur l'ordre du gouvernement de Vichy, puis libéré, il part pour les Etats-Unis.

Après la guerre, de retour en France en 1947, il reprend son combat contre le stalinisme.

Il collabore aussi avec le mouvement Paix et Liberté de Jean-Paul David en 1950 et à Preuves, revue anticommuniste.

En 1957, il crée la revue Le Contrat social, qui paraît jusqu'en 1968.

Boris meurt le 1er novembre 1984, à 89 ans.



militant politique journaliste historien essayiste russe français
BORIS SOUVARINE



Voici le proverbe du dimanche 1er novembre 2026 :


OMIASAINDUZ FRUTU GUZIAK SARTUAK.

A la Toussaint, tous les fruits doivent être rentrés.


pays basque 1900
JEUNE MARCHANDE DE FRUITS
PAYS BASQUE D'ANTAN



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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CÉLESTIN LIETAER PEINTRE DU PAYS BASQUE EN 1924

LE PEINTRE CÉLESTIN LIETAER EN 1924.


Célestin Lietaer (1874-1951) a souvent peint le Pays Basque, le Béarn et le Nord de l'Espagne, principalement à l'aquarelle.



pays basque peintre béarn nord espagne paysages
TABLEAU JOUEURS DE BILLES A BIDART
PAR CELESTIN LIETAER



Voici ce que rapporta à son sujet Jack Iter dans la revue hebdomadaire La Côte basque : revue 

illustrée de l'Euzkalerria, le 31 août 1924 :



"Nos artistes en Pays Basque.

Célestin Lietaer.



Et s’il fallait aux stances immortelles d’Edmond Rostand sur l’attirance du Pays Basque une confirmation nouvelle, Célestin Lietaer, artiste délicat à l’âme vibrante, en témoignerait aisément :

Et si j’aime, depuis l’enfance 

Sous ce ciel venir et rester

C'est qu’ici sans quitter la France  

J'entends mon Espagne chanter ! 



A vrai dire Célestin Lietaer est venu un peu tard au Pays Basque et ne s’y est trouvé conduit que par les circonstances déprimantes d’une santé précaire à laquelle il était temps d’aviser. 



Réformé de guerre et usé par cette fabrication d’histoire qui va de 1914 à 1917, il se vit conseiller Biarritz comme seul remède possible et unique salut. La Villa Hélianthe était la maison de repos tout indiquée. Il s’y installa avec sa femme — comme lui artiste peintre et paysagiste à la sensibilité avertie — et opposa à l’atmosphère de bataille enveloppant l’Europe entière et le Nouveau Continent les longues heures de calme et de lente rêverie sur la terrasse fameuse d’Hélianthe qui surplombe et domine la Côte des Basques, la prochaine Gascogne et les plus lointains monts espagnols. 



pays basque peintre béarn nord espagne paysages
HELIANTHE BIARRITZ 1920
PAYS BASQUE D'ANTAN



Et sous le climat merveilleux du Pays Basque l’homme reprit ses forces et l'artiste se prit à renaître apportant une ardeur nouvelle et un enthousiasme grandi par la longue méditation et les repos forcés dans le cadre grandiose de l'Océan barré par les Pyrénées. 



Ce fut une inspiration tout autre cependant et un souffle jusqu’alors latent, révéla, si l'on peut dire, Célestin Lietaer à lui-même. 



Elève de Gérôme, Thiret et Valton et aussi beaucoup plus tard de Vignal — Célestin Lietaer avait été surtout un décorateur poursuivant avec conscience ses études et soignant la forme par dessus tout. 



Son premier Salon date de 1899. Il faisait alors du portrait et — ses œuvres en témoignent — y réussissait correctement. En 1906, son tableau La Poule au Pot — dont nous sommes heureux de pouvoir donner une reproduction — attira sur lui l’attention et le classa parmi les meilleurs espoirs. 



pays basque peintre béarn nord espagne paysages
TABLEAU LA POULE AU POT
DE CELESTIN LIETAER



Mais la vie est dure aux artistes et privilégiés sont ceux qui peuvent maintenir leurs efforts orientés uniquement vers leurs goûts, leurs tendances et leurs aspirations. Au lendemain même de son succès Célestin Lietaer se voyait de nouveau contraint de se limiter à l’art décoratif et industriel. 



Enfin ce fut la guerre qui changea la direction des hommes et des choses. Blessé et réformé, Célestin Lietaer se vit interdire, par les médecins, la vie d’atelier. Le grand air et les climats tempérés lui furent ordonnés. Il vint à Biarritz et sur la terrasse de la Villa Hélianthe, où il ne tardait pas à faire installer un atelier un nouveau peintre paysagiste nous est né. 



J’ai visité ce nid charmant, juché au haut de la Villa Hélianthe, et bercé par le grand vent du large qui parfois y souffle avec âpreté. Quel home adorable ! Quel coin coin de rêve ! On a toute l’illusion de la luxueuse cabine de commandement d’un de nos puissants steamers que le caprice d’un officier de goût aurait agencée artistement. 



Au bas la mer à perte de vue, mouvementée, variée, éloquente et puissante toujours... puis le ciel aux transparences irréelles, aux jeux multiples, aux caprices sans cesse renouvelés et toujours inattendus- 



Et dans cet atelier aérien Célestin Lietaer groupe ses œuvres et, par les beaux soirs d’été, retouche, complète et "fignole" les rapides impressions cueillies dans la journée. Sa femme — compagne attentive et intelligente peint auprès de lui et n’étaient les fréquentes visites d’amis, d’admirateurs et des curieux en quête de la jolie toile, du site délicieux, les heures s’écouleraient entre ces deux artistes faites d'apaisantes rêveries et de constantes notations. 



Des expositions particulières chez Reutlinger, chez Georges Petit et aux Internationaux commencèrent par mettre en valeur la qualité du talent très particulier de Célestin Lietaer. Ses participations, plus tard, au Salon des Aquarellistes et aux Expositions du Groupe des Artistes Méridionaux à Toulouse, à Pau, à Bayonne, à Versailles nous prouvèrent qu’il convient de le tenir en grande et particulière estime. 



pays basque peintre béarn nord espagne paysages
TABLEAU VIEILLE FERME BASQUE
DE CELESTIN LIETAER



Enfin, cette année, il figurait au Salon des Artistes Français avec une œuvre : La Galère Argenton à Salies-de-Béarn, qui, encore que mal placée dans la Section de l’Architecture si délaissée est d’un fort intéressant travail. 



Célestin Lietaer est un artiste sincère, sensible et consciencieux, il s'exprime avec une grande franchise et laisse volontiers apercevoir dans ses impressions un discret lyrisme qui ajoute à leur charme. Sa manière est habile, lumineuse, riche de savoir et de pensée. Il sait choisir les sites pittoresques et mettre en valeur le contraste du soleil éblouissant et des vieilles pierres qui s’en vont un peu chaque jour.



Depuis sept années, il parcourt notre région, travaillant avec passion, il en connaît l’âme et la forme. Ses débuts furent assez décevants — habitué aux colorations douces des bords de l’Oise, de la Marne, aux coins charmants du Gâtinais, aux horizons plats des bords de la Loire, sa vision s’étonnait aux grandes lignes de notre Golfe de Gascogne, aux proportions parfaites de nos montagnes basques, mais surtout de notre ciel si clair, si lumineux. Puis son esprit et son cœur s’ouvrirent, ses yeux jugèrent mieux. En peu de temps, il fut au point. Ses dernières expositions au Cercle des Tamaris à Biarritz nous permirent de mesurer son effort ; nous lui devons ses aquarelles puissantes et chaudes, d’une facture très personnelle, pleines de soleil, du vrai soleil Basque. Sous son pinceau les vieilles maisons content l’histoire de la race qu’elles abritent, vieilles architectures Béarnaises, blanches fermes basques, au toit si long qu’il semble pouvoir s’allonger toujours pour abriter de nouveaux espoirs. 



Son nom s’ajoute aujourd’hui à la liste déjà éloquente des grands peintres basques. Il a acquis ses droits de cité et son œuvre de propagande est considérable, car il est peu de dilettantes, peu de nos hôtes de marque qui ne profitent de leur séjour sur la côte pour aller visiter son atelier d’Hélianthe et enrichir leur collection d’une de ses œuvres qui constituent le meilleur des hymnes au Pays Basque. 



Mme Lietaer d’ailleurs sait les recevoir avec une grâce exquise se multipliant autour des tables où fume le thé et d’un mot donnant le ton à l’intime conversation. Et ce sont d’interminables causeries sur les origines de la race mystérieuses, la force de ses traditions, sa beauté éternelle. 



Le peintre Lietaer, en architecte, parle de la puissance d'évocation des vieilles maisons aux volets bleu sombre ou vert pomme ou rouge vermillon. Il dit ses émotions au cours de ses randonnées à travers les grands sites montagneux où le long des falaises escarpées. Chaque aquarelle, chaque toile est l’objet d’aventures curieuses et d'amusantes réflexions. 



C’est l’heure de la peinture parlée, car Célestin Lietaer joint à son talent d’artiste celui de causeur brillant et d’homme du monde accompli."



(Source : https://www.proantic.com/ et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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