MADAME DE LA VILLÉHÉLIO EN SOULE.
Joséphine Hortense Julie Karrikaburu Roger, dite Madame de Villéhelio, née à Cheraute (Soule) le 14 octobre 1827 et morte le 10 février 1898, est une musicologue, chanteuse, compositrice et pianiste Française du Pays Basque.
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| MME DE LA VILLEHELIO |
Tous les 8 mars, à l'occasion de la journée internationale des femmes (le 8 mars est devenu la
journée internationale des femmes suite à une décision du congrès des femmes socialistes, à
Copenhague en 1910), je vous propose de découvrir ou de redécouvrir le portrait de femmes
Je vous propose aujourd'hui le portrait de Julie Adrienne Karrikaburu Roger, dite Mme de Villéhelio.
Folkloriste pionnière, elle recueille des chansons en dialecte Souletin au milieu du XIXe siècle, thèmes qui sont devenus la première anthologie de la chanson Basque.
Joséphine Hortense Julie est née au château de Chéraute au Pays Basque français, dans la province de la Soule.
Elle est la seconde fille d'une fratrie de 6 enfants. Son père est Clément "Ichazo" Carricaburu (1771-1839). Sa soeur aînée, Adélaïde, devient baronne de Rouilhan. La plus jeune, Julie Adrienne, née en 1827, meurt adolescente.
Elle étudie à l'Ecole du Sacré-Coeur, comme ses soeurs mais ses parents ne leur avaient pas donné assez d'apprentissage et ils eurent l'idée d'engager un moniteur pour l'été, l'écrivain et linguiste Augustin Chaho.
A Pau, elle assistait aux réunions de haut niveau de la baronne d'Artigau et, étant une très bonne soprano, elle attira l'attention de tous les participants lorsqu'elle commença à chanter.
Au milieu du 19ème siècle, elle commence à collectionner des chansons populaires, et en plus de celles de son père, elle recueille celles des paysans et les transcrit dans un cahier, puis au piano, les rassemblant dans le dialecte Souletin.
Son oeuvre n'est pas entièrement connue. En 1869, elle publia 12 pièces sous le titre Souvenirs des Pyrénées (Baiona, 26 pages), mais on ne sait pas ce qu'il advint des autres.
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LIVRE SOUVENIR DES PYRENEES PAR MME DE LA VILLEHELIO |
Dans ce recueil, il y eut 10 chansons et 2 pièces instrumentales : Choriñoa Cayolan (L'Oiseau dans la cage), Arguia dela (il est jour), Allargunsa (La Veuve), Irulia (La Fileuse), Cantique, Adio Ederra (Adieu Belle), Aphal aphal burua (Baisse, baisse la tête, toi qui fus aimée !), Baratceco Geroflea (La giroflée du jardin), Maytenena (La plus aimée), Agota (Le Cagot), Zortziko et Maskarada Martxa (Marche des Mascarades Souletines).
Voici ce qu'elle écrivit dans les Observations Préliminaires de ce recueil :
"La langue basque ne s'étant conservée que par tradition orale, il n'y a pas d'alphabet ni d'orthographe absolue. Je dois cependant dire aux personnes qui veulent chanter ces airs que l'E est toujours ouvert, le Z se prononce comme un C doux, les H sont toujours fortement aspirés, le PH ne se prononce pas F, mais ces deux lettres unies conservent le son qu'elles ont isolément, U se prononce OU partout, sauf en Soule, S se prononce comme un CH qui serait précédé d'un sifflement.
Il n'y a pas de chants positivement basques, quelques-uns le sont probablement, leur simplicité autorise à la croire ; les airs dits basques sont presque tous de vieux airs, dont quelques-uns d'après leur facture remonteraient à l'époque des chants Grégoriens. Mais en raison de ce qu'ils ont toujours vécu en dehors de toute assimilation avec leurs voisins, les Basques ont conservé quelques traditions antiques, leur chant n'est pas soumis à la tonalité moderne et usuelle, ils ont des 1/4 de tons, et probablement des fractions moindres qu'il est difficile de préciser ; elles sont aussi régulières que les dièzes et les bémols, et ne s'emploient guère que dans les tons mineurs. La note d'entrée se dégage presque toujours d'une sorte de grupetto intraduisible qui est à la phrase musicale, ce qu'est un paraphe précurseur d'une majuscule, dans certains exercices calligraphiques, cette sorte de cadence se rapproche de celle des airs des vieux maîtres du 17ème et 18ème siècle, Couperin, Rameau, etc. En revanche de cette note d'entrée vague et indécise, la note finale a toujours un point d'orgue que l'on tient indéfiniment, on devine que le chanteur habite la montagne et qu'il attend la réponse de l'écho. Cette manière a vraiment un grand charme et une frappante originalité. Les instruments de musique sont le tambour à grelots dont on se sert particulièrement en Navarre, et le flageolet qu'on joue d'une main tandis que l'autre bat en mesure une sorte de boîte longue, que l'on porte suspendue au cou, et sur laquelle sont tendues des cordes qui donnent toujours un accord en quinte ; j'en ai reproduit l'effet dans mes accompagnements ne voulant user pour eux que des ressources musicales du pays, y ajouter au delà d'une certaine mesure, me semblerait compromettre la grâce rustique et naïve de ces chants.
Je me permettrai en finissant une observation aux gens que j'entends journellement nous confondre avec les Béarnais nos voisins ; ceux-ci ont tout le charme des nations modernes et civilisée, la courtoise, la gaieté, etc., leurs défauts mêmes sont aimables. Nous, peuple primitif aussi vieux que le monde, avons conservé l'âpreté des élans primesautiers, que l'art humain n'a pas su régler ; nos défauts sont à fleur de peau, la colère est facile chez nous et la main aussitôt levée, souvent aussi le coeur est dans cette main.
Ceux de mes lecteurs qui seraient curieux de notre origine s'éclaireront difficilement je les en préviens, mais ils pourront passer quelques heures charmantes en lisant Le pays Basque de Francisque Michel, L'histoire des Basques d'Augustin Chaho et du Vicomte de Belzunce.
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LIVRE LE PAYS BASQUE PAR FRANCISQUE MICHEL |
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LIVRE HISTOIRE DES BASQUES PAR AUGUSTIN CHAHO |
Si le mystère de notre origine est selon toute probabilité impénétrable, il n'en est pas moins vrai que ce peuple parti de l'Orient échoué sur les deux versants des Pyrénées est une épave de l'antiquité et que l'étude de ses moeurs, de son caractère et de sa langue est pleine d'intérêt."
(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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