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mercredi 23 septembre 2026

EZQUIOGA TERRE DE MIRACLES EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1931 (deuxième et dernière partie)

 

EZQUIOGA TERRE DE MIRACLES EN 1931.


Le 30 juin 1931, à Ezquioga, village de 700 personnes, en Gipuzkoa, deux enfants de 11 et 7 ans disent avoir vu la Vierge apparaître au milieu d'un verger de pommiers.



pais vasco antes religion guipuzcoa 1931
EZQUIOGA GIPUZKOA 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet J. P. Brainçère dans l'hebdomadaire Voilà, le 14 novembre 1931 :



"... En attendant l’heure de la prière en commun, du rosaire qui invoquait la nouvelle apparue, les pèlerins interrogeaient l’enfant : 


— Comment est-elle ? 


— En Douloureuse, avec un visage triste... Elle a pleuré. 



Il fallait attendre l’ombre qui confondait la terre et le ciel, les bras en croix, et les formes agenouillées. Alors s’élevait l’invocation : 


Regina Angelorum. 


— Ora pro nobis! 



Un cri déchirait le murmure immense du rosaire. Le cri d’un voyant à qui la Vierge apparaissait. Un remous tournait dans l’obscurité. Des voix anxieuses interrogeaient : 


— Vous la voyez ? Vous la voyez ? 



Autour du voyant, pour l’empêcher d’être étouffé, les gardes civils faisaient un cercle. De loin en loin, la foule s’ouvrait : un pèlerin, frappé d’extase, qu’on emportait les yeux fermés. 



L’émotion gagna le pays. Tous les soirs, ce fut, vers la montagne d’Ezquioga, une ruée. Le douze juillet, des trains spéciaux formés par la Compagnie del Urola montèrent de la côte une foule bouleversée. Les trains-tramways noyèrent les stations d’Ormaiztegui et de Zumarraga. A Saint-Sébastien, à Victoria, à Pamplona, il ne restait dans les rues ni un autocar, ni un taxi. A huit heures du soir, vingt-cinq mille pèlerins agenouillés entonnaient en basque "Egi zu zuk, co Maria". 


— Ama, zer deseatzen zaizu? Mère, que veux-tu ? Je te vois. Je vois ton manteau noir et ta couronne aux étoiles brillantes ! — criait une voix qui pinçait les nerfs. 



Victor Salazar, d’Alzazeta, Ramon Vasquez, Ramona Garmendia, de Gaviria, Evarista Galdos, Emila Bedoya, Maria de los Dolores Nunez voyaient la Vierge Douloureuse. Et Eugenio Uralde aussi, l’enseveli vivant qu’elle venait de sauver. L’un après l’autre, on les emportait dans la maison Bereciartua, où les médecins d’Ezquioga et de Zumarraga avaient organisé un poste de secours. 



Les jours suivants, les miracles se multiplièrent. Déchirés en reliques, les arbres où la Vierge était apparue furent remplacés par des croix, les ex-votos poussèrent leurs touffes de gui. Pour éviter les étouffements, il fallut entourer les voyants d’une enceinte de planches épaisses. 



Ce fut alors qu’on vit tomber sur le front Goicoechea, d’Ataun, un garçon magnifique, qui était monté à Ezquioga pour s’amuser, et qu’il fallut porter au poste de secours, évanoui.



pais vasco antes religion guipuzcoa 1931
GOICOECHEA
VOILA 14 NOVEMBRE 1931



Cependant, le vicaire général du diocèse, Justo de Echeguren, se réservait, et niait tout caractère officiel au rosaire d’Ezquioga



religion pais vasco antes guipuzcoa 1931
EZQUIOGA GIPUZKOA 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN


Un silence relatif s’était fait sur les apparitions lorsqu’une jeune fille de seize ans, Ramona Olazabal, tombée en extase, annonça pour le quinze octobre un grand événement miraculeux. Le quinze octobre — comme me l’avait dit le chauffeur-secrétaire de la Confédération Nationale du Travail une affluence énorme envahissait la campa. Après le troisième rosaire, Ramona Olazabal s’approcha de l’enceinte réservée aux voyants, poussa un cri, étendit les bras. Et l’on vit sur ses mains les plaies miraculeuses. Des centaines de mouchoirs vinrent étancher son sang. Lorsqu’elle fut revenue à elle, la stigmatisée raconta : 


— J’ai été blessée par Elle. Elle avait une épée dans chaque main, Elle m’a dit d’étendre les bras, les paumes vers le ciel. J’ai obéi. Je n’ai pas souffert. 



Le dimanche suivant, dix-huit octobre, plus de quatre-vingt mille pèlerins assiégeaient la croix miraculeuse d’où était descendue la Vierge aux épées.



pais vasco antes religion guipuzcoa 1931
SUR LA ROUTE D'EZQUIOGA
VOILA 14 NOVEMBRE 1931



— Un simple calcul — me dit le portier de l’hôtel Donostiarra, à qui la morte-saison faisait des loisirs — Quatre-vingt mille personnes à quinze centimes par personne. Car ils ont mis l’entrée dans la campa à quinze centimes. Cinq mille voitures au stationnement, à une peseta par voiture. Et voilà pour les organisateurs ! Toutes les maisons d’Ezquioga ont fait fortune. La femme de chambre de votre étage a payé dix-huit pesetas une côte de mouton comme un doigt. Elle n’avait qu’à emporter son omelette, comme les autres, ou se contenter de "churros" — les "churros" sont des pâtes de farine à l’huile — car il y a là-haut, maintenant, des marchands de "churros", comme dans les fêtes foraines. ... 

D’ailleurs, vous pensez, ces bandes de jeunes gens et de jeunes filles, la nuit, avec ces réjouissances qui ne commencent que lorsqu’on n’y voit plus. Les gardes civils ont eu du travail ! 


— Rafaël ! Ce ne sont pas des choses à dire à un étranger, interrompit la téléphoniste, coiffée à la Joséphine Baker. Le portier se retourna : 


— Toi, d’abord, tu sais que ta médaille de la Vierge d’Ezquioga ne vaut pas un cupronik. Le vicaire général Echeguren les a interdites. Monsieur, vous n’avez aucune idée de ce commerce. Les spécialistes se sont abattus sur Ezquioga, après avoir exploité le Christ de Limpias. Avec leurs gravures, leurs rosaires et leurs médailles. Et, si Ezquioga rate, avant la basilique et les hôtels, ils s’en iront ailleurs.



pais vasco antes religion guipuzcoa 1931
CHRIST DE LIMPIAS


— J'ai rencontré là-haut, dans un public de boutique foraine, un de mes vieux amis : un homme qui vous soulage de votre portefeuille sans que vous y voyiez goutte. "Je suis venu ici pour mes affaires, me confia-t-il. Si vous ne me donnez pas aux gardes civils, je vous raconterai quelque chose... Allons dans votre voiture. J’ai ici tellement de confrères ! Je l’ai emmené dans ma voiture, et voici ce qu’il m’a raconté. Le coup aurait été fait par un "carterista", un voleur de portefeuilles surnommé "le Voyageur", et spécialisé dans le cambriolage des troncs d’église. "Le Voyageur" avait été parmi les premiers pèlerins d’Ezquioga, et sa meilleure affaire avait été la bourse d’un touriste chilien venu là pour les attractions de la nuit. Une bourse de sept mille cinq cents pesetas. Mais septembre avait amené, avec une baisse du chiffre des visiteurs, un sensible ralentissement des affaires. Il fallait, pour les rétablir, une reprise des miracles. "Le Voyageur" tenait son idée... Le quinze octobre, il se glissait auprès de Ramona Olazabal, lorsque celle-ci tombait en extase, et lui ouvrait furtivement les mains avec le "chino", la lame de rasoir de la profession, qui fend les poches des vestons et les vide de leurs portefeuilles. La foule revenait... Voilà où j’en suis. Mais je n’avais jamais mis en doute la bonne foi de Ramona Olazabal, qui, dès avant les événements d’Ezquioga, faisait du somnambulisme, au point que les gens chez qui elle servait, rue Prim, comme femme de chambre, avaient dû la remercier. Il faudra aussi tirer au clair la question de l’homme à la canne, cet inconnu qui ne quittait pas la stigmatisée d’une semelle, et qui paraissait la tenir sous son pouvoir. Vous verrez que l’Espagne républicaine sait se défendre des fantômes. Et des chevaliers d’industrie ! Vous verrez !"



Le soir même, le photographe chez qui j’allais faire développer mes films me montrait l’un de ses opérateurs, un garçon de seize à dix-sept ans, pâle, le regard vide : 


— Figurez-vous que c’était le plus gai de mes employés, un boute-en-train ! Dimanche dernier, il a décidé ses camarades à monter à Ezquioga, histoire de s’amuser : "Mais quoi, c’est une romeria, une fête comme une autre !" Avec toutes ces jeunes filles... Enfin, vous avez entendu les mauvaises langues. Et bien, il est brusquement tombé à genoux : il voyait la Vierge. Il a fallu l’emporter. Depuis lors, il est méconnaissable. 



J’ai passé ma dernière nuit de Saint-Sébastien à "Tabarin", un cabaret où, à cette saison de l’année, des figurantes engagées pour un mois jacassaient autour d’une piste vide. 


— Montre-la-moi ! — disait une petite fille malaguena aux volants verts, aux bras chargés de bracelets de cuivre. — Qu’elle est jolie ! 



De son ongle rouge, elle nettoya la petite image de la Vierge d’Ezquioga. — Elle est plus jolie que celle de Lourdes. 



Le maître d’hôtel qui somnolait s’approcha pour voir :


— C’est bien ça. Mon neveu Juan l’a vue le dix-huit. Vous n’êtes pas encore monté à Ezquioga ? 



La petite malaguena aux volants verts, un peu inquiète, regarda vers moi. Puis, croyant que je ne l’entendais pas :


— Nous pourrions y aller dimanche ? Moi, je voudrais voir le jeune homme qui marche sans toucher par terre. Mais j’aurais très peur ! 



Le saxophone se pencha, pour se mêler à la conversation, qui continua à voix basse. A cause du froid de la nuit, les femmes se serraient dans leurs châles, et frissonnaient.



Je suis monté, moi aussi, à la campa d’Ezquioga. 



A droite et à gauche, deux masses d’arbres approfondissaient l’ombre. En face de moi, sur le ciel qui les frappait de lumière, la croix et les bois morts des apparitions prenaient figure de calvaire. Au pied de cette croix, qui attire la foudre et le miracle du ciel, il me semblait entendre, déchirée par les cris extatiques, la mer murmurante du rosaire. Pourtant nous étions seuls, avec le compagnon de route qui m’avait suivi comme on suit un fou. 



pais vasco antes religion guipuzcoa 1931
CROIX ET BOIS MORTS
VOILA 14 NOVEMBRE 1931


— Vous voulez voir la Douloureuse ? dit une voix qui paraissait monter de la terre. 



Nous vîmes une vieille femme sortir d’un fourré. Elle répéta : 


— Vous voulez voir la Douloureuse ? Alors, attendez avec moi. Lorsqu’il n’y aura plus qu’un peu de lumière au bout de la croix, elle en descendra. Vous la verrez alors comme je la vois, et elle vous parlera comme je vous parle. Mais il faut que ce hibou se taise. 



Le jour se retirait de la croix. 


— Allons-nous en, me souffla mon compagnon, d’une voix changée."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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mardi 22 septembre 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 22 SEPTEMBRE 2026 SAINT MAURICE - IRAIDE


PROVERBE DU 22 SEPTEMBRE 2026 (SAINT MAURICE) (IRAIDE).


MAURICE : Officier dans la légion thébaine, au 3ème siècle, saint Maurice (ou Maurice d'Agaune) est envoyé d'Orient en Occident par l'empereur Maximien afin de combattre des chrétiens.



religion catholique saint sainte maurice
22 SEPTEMBRE SAINT MAURICE D'AGAUNE

Maurice est exécuté vers 303 pour avoir refusé de sacrifier aux dieux romains avant le combat.

Les légionnaires de Maurice s'étant solidarisés avec lui, ils sont également décapités.

Une basilique a été élevée dès la fin du 4ème siècle sur le lieu du supplice, à Agaune, dans le Valais.

Saint Maurice est aujourd'hui le saint patron de la Savoie, du Saint-Empire romain germanique, des chasseurs alpins, de l'infanterie, des gardes suisses, des teinturiers et des malades de la goutte.

Pas moins de 700 églises sont dédiées à saint Maurice.




religion catholique saint sainte maurice
22 SEPTEMBRE SAINT MAURICE D'AGAUNE



IRAIDE : Greziarako Herais, Hera. Emazteen zaindaria. Gaztelaniako Iraida.

Deun-ixendegi euzkotarra lanean Iraida izenarentzat proposatzen den euskal baliokide femeninoa. Jatorria grezierako Herais-en du, zein ezkontza, udaberri eta emazteen zaindaria zen Hera jainkosaren izenetik atera baitzen. Santuaren eguna irailaren 22an da. Baliokidea : Iraides (es).




Une naissance du 22 septembre : François-Louis Rousselet, comte puis marquis de Châteaurenault (ou Châteaurenaut, ou Châteauregnaud).



homme militaire maréchal 17ème 18ème siècle
PORTRAIT DE FRANCOIS-LOUIS ROUSSELET
MARQUIS DE CHÂTEAURENAULT
PAR JEAN-PIERRE FRANQUE



Né le 22 septembre 1637 probablement à Château-Renault (Indre-et-Loire) - Mort le 15 novembre 1716 à Paris.

François-Louis est un officier de marine français des XVIIe et XVIIIe siècles, qui a terminé sa carrière avec le grade de vice-amiral du Levant et maréchal de France.

Il naît dans une famille d'origine roturière, mais allié à la puissante famille de Gondi.

Son père est le gouverneur des villes et château de Machecoul et Belle-Isle et a été enfant d'honneur du roi Louis XIII dans sa jeunesse.

Il est le 4ème d'une fratrie de neuf enfants.

Jeune, François-Louis sert d'abord dans les armées de terre sous les ordres de Turenne et du Grand Condé.

A 21 ans, il se distingue lors du siège de Dunkerque, en 1658.

En 1661, il devient enseigne de la marine, et il est blessé gravement en 1664.

En mars 1666, il est nommé capitaine de vaisseau.

En 1671, Louis-François reçoit le commandement d'une division de 5 bâtiments, et il participe à plusieurs guerres : Hollande (1672-1678), ligue d'Augsbourg (1688-1697) et guerre de Succession d'Espagne (1701-1714).

En 1684, il épouse Anne-Renée de La Porte, puis en secondes noces Anne-Marie du Han de Bertric et de ces deux unions, il aura 4 enfants.

Durant sa vie, il reçoit de nombreuses distinctions : Grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, Capitaine-général des mers de l'Océan par Philippe V d'Espagne, Chevalier des ordres du Roi et Grand Prieur de Bretagne de l'ordre de Saint-Lazare (1687).

En janvier 1703, il reçoit des mains de Louis XIV le bâton de maréchal de France.

En avril 1704, il devient lieutenant de Haute et Basse Bretagne.

Louis-François meurt le 15 novembre 1716, à 79 ans.



homme militaire maréchal 17ème 18ème siècle
PORTRAIT DU MARQUIS DE CHÂTEAURENAULT
Par Antoine Graincourt — wikipedia, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4412742



Voici le proverbe du mardi 22 septembre 2026 :



ASTOA ESAN LEIO MANDOARI "KEN AKIT ORRAGO, BEHARRI LUZE".

L'âne au mulet : "Eloigne-toi de moi, longues oreilles".



pays basque autrefois marché
RETOUR DU MARCHE DE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN







(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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CHARLIE CHAPLIN AU PAYS BASQUE EN AOÛT 1931

CHARLIE CHAPLIN AU PAYS BASQUE EN AOÛT 1931.


En août 1931, Charlie Chaplin (Charlot) vint au Pays Basque, à Biarritz, Guéthary, en Labourd et à Tardets, en Soule.



pays basque autrefois basse-navarre labourd célébrités charlot chaplin
CHARLIE CHAPLIN A BIARRITZ
BIARRITZ ILLUSTRE ET CÔTE BASQUE-PYRENEES 15 AOÛT 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-

Jean-de-Luz, le 6 août 1931 :



"Quand Charlie Chaplin voyage... incognito.

De Paris au Pays Basque... Et la Côte d'Azur entre temps.



Il y a beau temps qu'on parlait de lui, y compris au Pays Basque, mais depuis que Charlie Chaplin est à Saint-Etienne-de-Baïgorry, en Pays Basque, on en parle davantage.




pays basque autrefois soule célébrités charlot chaplin
CHAPLIN A TARDETS JANVIER 1932
POUR VOUS 7 JANVIER 1932


Nous avons annoncé son arrivée et hier encore, nous faisions savoir qu'il était bien arrivé la veille, en compagnie de son ami, M. d'Abbadie d'Arrast, chez qui il est descendu.



Charlie Chaplin est résolu à faire une cure de repos, de vrai repos. Il désire qu'on ne s'occupe pas de lui, qu'on n'aille pas le relancer. C'est du reste son habituelle préoccupation et "Paris-Midi" d'hier, dans un de ses échos parisiens, on donnait une preuve nouvelle :


"Dans ce dancing de Montparnasse, dont le nom est une invitation au voyage, un artiste noir bien connu, qui le dirige, a reçu un hôte de marque.


Cependant, sachant combien son visiteur est ennemi de toute publicité tant que durent ses vacances en Europe, le directeur a donné la consigne nouvelle : ce n'est pas "Lui", quoi qu'il arrive.


La salle réunit des danseurs et des danseuses très "Exposition coloniale". L'orchestre joue le morceau préféré du grand artiste de l'écran : "Peanut". Tout va bien...


Quand une petite danseuse noire qui vient d'entrer, saisie de surprise à la vue de ce voisin, crie à haute voix :


— Mais... c'est Charlot !


Un moment d'émotion. Cependant, M. Charlie Chaplin a souri mais n'a rien entendu, et continue paisiblement à écouter son rhumba-fox-trot favori."



Telle fut son attitude, telle elle sera au Pays Basque, telle elle a été sur la Côte d'Azur. Et pendant ce temps-là, sur cette côte, on élisait "le meilleur imitateur de Charlot". L'affaire vaut, elle aussi d'être contée. Un de nos confrères, qui signe J. B. nous la narre comme suit :


"C'était une magnifique nuit comme celles qu'offre la Cote d'Azur. Mais dans le casino de cette ville où le demi-nudisme et les pyjamas sont rois, une attraction exceptionnelle avait incité plus de cinq cents dîneurs notoires à fuir la brise de la grève ou de la pinède et à délaisser les jeux de la lune, des étoiles, ou plus prosaïquement, des cocktails d'après minuit. Une prime de dix mille francs avait été promise au meilleur imitateur du grand comique qui, depuis près de trois mois a planté sa tente dans ce coin enchanteur ; nous avons dit : Charlie Chaplin.



Et naturellement, Charlot qui, chaque jeudi et chaque samedi, hante ponctuellement les galas du dit casino, de ne pas venir ce jour-là, parce qu'il était annoncé. Mais cette fois, le tour était bien joué puisque dans la soirée l'aréopage élégant put applaudir vingt-neuf Charlot, rien moins !



Sydney Chaplin n'en croyait pas ses yeux. La ranée de Pudukota riait aux larmes, ainsi que la princesse Hélène Murat. Mais à quoi bon citer des noms ! Le Tout-Paris était là, ce Tout-Paris qui, chaque été, réalise le miracle d'être à la foi en Normandie, en Auvergne et en Provence. N'empêche que celui de la Côte d'Azur est actuellement de choix. Ne vîmes-nous pas réunis ce soir-là, M. Malvy, président de la commission des Finances ; M. Ochs, directeur de "Femina" ; M. et Mme Yves Mirande ; M. et Mme Henri Duvernois, Raquel Meller, Rosie Dolly, le comte de Béarn, Régina Camier, M. Gervais, Suzette O'Nill, sans oublier notre national Dranem, qui remit à M. Mirlitch-Prouchaud, élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, le prix que le suffrage de ces brillants dîneurs lui avait attribué pour son amusante imitation.



chanteur fantaisiste france 19ème 20ème siècle
DRANEM


Pendant que dans un petit bistrot des environs de Cannes Charlot, le vrai, l'inimitable, s'amusait tout seul !"



Charlie Chaplin, accompagné de M. Harry d'Abbadie d'Arrast, est arrivé ce matin à 2 heures à l'Hôtel Miramar. Il a déclaré à son arrivée être très heureux de se trouver à Biarritz, où il compte faire un assez long séjour. Il désire surtout se reposer et faire de longues promenades au Pays Basque.



pays basque célébrités charlot labourd basse-navarre
CHARLIE CHAPLIN A BIARRITZ - MIARRITZE 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN


Il ira souvent au château d'Echauz que M. Harry d'Abbadie d'Arrast possède à Saint-Etienne-de-Baïgorry. On dit que Charlie Chaplin est venu à Biarritz avec une charmante étoile dont on avait déjà parlé il y a quelques jours alors qu'il faisait un séjour à Nice."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 21 septembre 2026

VOUS AVEZ VU QUATRE MILLIONS DE PAGES DE MON BLOG EUSKAL HERRIA LEHEN / PAYS BASQUE D'ANTAN

 

DEPUIS LE 19 NOVEMBRE 2016, VOUS AVEZ VU 4 000 000 PAGES DE MON BLOG.


Le  06/03/2018  je vous indiquais que vous aviez vu 200 000 pages de mon blog et le 4/02/2019, je vous indiquais que vous aviez vu 500 000 pages de mon blog. 

Le 23/11/2021 vous aviez vu 1 000 000 de pages.

Le 12/12/2024 vous aviez vu 1 500 000 de pages.

Le 3/11/2025 vous aviez vu 2 000 000 de pages.

Le 3/07/2026 vous aviez vu 3 000 000 de pages.

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 21 SEPTEMBRE 2026 SAINTE DÉBORAH ET SAINT MATTHIEU - MAIDER

 


PROVERBE DU 21 SEPTEMBRE 2026 (SAINTE DÉBORAH) (SAINT MATTHIEU) (MAIDER).



DÉBORAH Débora ou Dvora (en hébreu, abeille) est un personnage du livre des Juges qui fait partie de la Bible.



religion catholique saint sainte deborah
21 SEPTEMBRE SAINTE DEBORAH

C'est une des rares prophétesses de la Bible et la seule femme parmi les juges d'Israël. Débora va exercer cette fonction pendant 40 ans.




MATTHIEU : Collecteur de taxes au service du tétrarque Hérode, Matthieu (ou Lévi) est à son bureau quand passe Jésus qui lui dit : "Viens et suis-moi", et devenir ainsi un des 12 apôtres.



religion catholique saint sainte matthieu
21 SEPTEMBRE SAINT MATTHIEU

L'apôtre Matthieu est l'auteur du premier Evangile qui contient en particulier le Sermon sur la montagne, discours du Christ à l'adresse des déshérités. 

Matthieu n'apparaît que dans le Nouveau Testament.

Matthieu est représenté dans l'iconographie chrétienne par un ange.



MAIDER : Andra Maria, "hogenik" eta "thonarik" batere gabea dela oroigarri. Marieder (1602) Marider.

Honek bi iturri ditu : Mari eta Eder hitzen bat egitea lehenik, Zuberoan "jentila" adieraz erabiltzen den izena gero.

MARIEDER : honen osagaiak Mari izena eta eder adjektiboa dira. 1728an Maria Ederra dokumentatzen da Pasaian (Gipuzkoa), eta, bestalde, orain hamarkada batzuk Marieder zeritzan emakumea. Garazikoa bera (Nafarroa Beherea), ari izan zen lanean Luzaideko ostatu beatean (Nafarroa). Subitzan (Nafarroa) Mariederrena oikonimoa zegoen XVI. mendean. Ikus Mariederko. 




Une naissance du 21 septembre Paul-Gabriel Othenin de Cléron, comte d'Haussonville.




homme politique france 19ème 20ème siècle avocat essayiste historien académie française
PAUL-GABRIEL D'HAUSSONVILLE 1914



Né le 21 septembre 1843 à Gurcy-le-Châtel (Seine-et-Marne) - Mort le 1er septembre 1924 à Paris 7ème arrondissement.

C'est un homme politique français, avocat, essayiste et historien de la littérature.

Il est le fils de Joseph Othenin d'Haussonville, conseiller-général et député de Seine et Marne, membre de l'Académie française, et de Louise de Boglie, dont le portrait a été peint par Ingres.

En octobre 1865, il épouse Pauline d'Harcourt, avec laquelle il aura une fille.

En 1876, Paul-Gabriel est élu député de Seine et Marne à l'Assemblée nationale, où il siège au centre-droit.

Non réélu en 1876, il devient le bras droit de son oncle maternel, le duc de Broglie, président du conseil, lors de la crise du 16 mai 1877.

En 1875, son ouvrage Les Etablissements pénitentiaires en France et aux colonies est couronné par l'Académie française.

En janvier 1888, il est élu à l'Académie française.

En 1891, quand Edouard Bocher démissionne de l'administration des biens de la famille d'Orléans, il est nommé représentant accrédité du comte de Paris en France.

Paul-Gabriel cherche à renforcer le parti orléaniste en recrutant parmi la petite noblesse les membres des comités locaux monarchistes.

Mais la mort du comte de Paris, en 1894, anéantit ces efforts.

Il se retire de la vie politique, se préoccupe de questions sociales, collabore à des quotidiens comme Le Gaulois ou Le Figaro.

Il demeure royaliste de coeur, mais c'est un royaliste modéré et un catholique social et libéral en matière de religion.

Paul-Gabriel adhère à la Ligue de la patrie française au temps de l'affaire Dreyfus.

Charles Maurras et L'Action française fulminent contre lui à plusieurs reprises : lorsqu'en 1900 il déclare que la monarchie n'est plus de sa part qu'une "préférence personnelle" ou lorsqu'il pense que l'Eglise peut tirer avantage de la future Loi de séparation des Eglises et de l'Etat.

En 1904, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques.

Il meurt le 1er septembre 1924, à 80 ans.



homme politique france 19ème 20ème siècle avocat essayiste historien académie française
PAUL-GABRIEL D'HAUSSONVILLE



Voici le proverbe du lundi 21 septembre 2026 :



IZAN ZAITE DIRUDUNA, NEHORK EZ DAUTZU ERRANEN SORGIÑA.

Soyez riche, personne ne vous traitera de sorcier.


SORCIER HAÏTI
SORCIER HAÏTIEN




(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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LE THÉÂTRE BASQUE PAR ÉTIENNE DECREPT EN 1912 (neuvième partie)

LE THÉÂTRE BASQUE EN 1912.


En 1912, le bascophile Etienne Decrept fait une analyse du théâtre Basque.




pays basque autrefois soule theatre pastorale
LE THEÂTRE BASQUE
PYRENOEA 19 AVRIL 1912


Voici ce que rapporta à ce sujet Etienne Decrept, dans l'hebdomadaire Pyrenoea, le 15 

septembre 1912 :



"A propos du théâtre Basque. (suite)


A Monsieur Albert Léon.



Il y a fort longtemps, Monsieur, que je considère les tragédies béarnaises et leurs dérivées souletines comme de grossières imitations de la Tragédie classique française, et cette date de 1759 à laquelle l’Oedipe fut joué n’a pas déterminé ma conviction, ainsi que vous semblez le croire, mais lui a seulement procuré un jalon chronologique.



pays basque autrefois soule theatre pastorale
PASTORALE MAULEON - MAULE 1928
PAYS BASQUE D'ANTAN


C’est le mouvement rythmique des phrases où certains auteurs, volontiers enclins à signaler des filiations et des rapprochements inattendus, ont cru retrouver un écho de la mélopée antique, c’est cette déclamation simiesque directement empruntée par des paysans incultes aux pseudo-acteurs du Barétous qui m’a tout d’abord ébaubi. Evidemment, les bardes basques, habitués à composer leurs poèmes sur des airs connus, voulurent donner à leurs vers tragiques la cadence et la mesure de l’alexandrin ; mais comme leur langue ne se prêtait pas complaisamment à ce jeu difficile, ils essayèrent d’un instrument qui, malgré sa souplesse, demeure cependant plus proche du mètre inventé par Laurent li Cors que de l'octosyllabique familier aux auteurs des mystères. L’accent tonique souletin, qui laisse tomber les désinences presque à l'italienne, facilita singulièrement la tâche des imitateurs en leur permettant d’escamoter pour ainsi dire la dernière syllabe, et à la césure et à la fin du vers. Car, il n’y a pas à s’y méprendre, le passage à la ligne n’est qu’un trompe l’oeil involontaire dû à ignorance des écrivains ou à leur désir de faire épargne de papier : Il n’y a pas de petites économies chez les campagnards et c’est pour substituer aux "chardines quelques oeufs frigit dans la poêle", que Saffores écrivit probablement ses oeuvres sur trois colonnes. Ainsi, la contexture régulière des vers tragiques basques ne serait pas le quatrain, mais le distique et vous voudrez bien avouer que cette forme est plutôt classique que médiévale. Apurez, par jeu, tous les prétendus quatrains de votre Hélène de Constantinople et vous arriverez à être presque de mon avis. Pour toute oreille sensible, les deux hémistiches scandés à 7 syllabes sont les seuls possédant une harmonie pleine et satisfaisante, et comme le dialecte souletin n’appuie pas sur la fin des mots.... concluez, tout au moins pour la question prosodique.



pays basque autrefois soule theatre pastorale
LIVRE HELENE DE CONSTANTINOPLE 1908
D'ALBERT LEON



Quant à ce que vous appelez techniques théâtrales, il est généralement admis — pour employer votre excellente formule — "que dans les produits de l’activité humaine des résultats semblables peuvent naître spontanément sous l’empire de circonstances semblables." Cela est si vrai que j’ai vu le fait se produire non pas à Licq ou à Ainharp, mais à Paris, au Théâtre des Poètes, ainsi nommé par antiphrase ; pourtant la nullité poétique des fournisseurs pouvait s’allier à leur connaissance approfondie du métier de dramaturge, car la scène française est la plus riche du monde en modèles parfaits, qu’ils proviennent de Beaumarchais, de Scribe, d’Augier, de Sardou ou de Becque (il s’agit de métier, n’est-ce pas ?) Or, ces messieurs les Poètes étaient si peu renseignés en ces matières, qu’ils nous présentèrent un sujet tout neuf "L’Empereur à la Barbe Florie" où l’on voyait paladins, traîtres et archevêques, venir tour à tour à la rampe raconter leur petite histoire pendant que les autres acteurs faisaient tapisserie. Inutile de parler à ces novateurs d’enchaînement de scènes, unités de temps, de lieu et d’action, vous pensez bien. Ils professaient pour ces vieilleries — en admettant qu’ils les connussent — le dédain de Shakespeare et d’Alfred de Musset. Si je ne craignais d’allonger démesurément cet article, je pourrais vous citer bien d’autres exemples, même au Théâtre Libre où cependant Antoine recherchait l’exactitude. Celui-là suffit à démontrer que les paysans illettrés font comme les hommes de lettres quand ils ne se sont pas astreints à étudier les oeuvres des bons faiseurs. Ils découpent un récit en tranches plus ou moins bien liées entre elles ou même dépourvues du moindre lien. C’est la technique du roman substituée à celui du théâtre voilà tout, et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle se dénonce dans les Pastorales avec plus de franchise, puisque ces pièces sont, en général, empruntées à la librairie de colportage.



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PASTORALE ORDIARP 1909
PAYS BASQUE D'ANTAN



D’ailleurs, je ne prétends pas que nos pastoraliers ou leurs inspirateurs — des prêtres sans aucun doute — n’aient pas eu connaissance des mystères et miracles manuscrits, et même imprimés puisque le "Mistère du Viel Testament" parut en 1500 ; mais j’ose supposer que cette connaissance ne leur vint qu’après le succès de la première oeuvre écrite en basque et où rien ne rappelle la pensée maîtresse de l’ancien théâtre français. Il est bien entendu que je n’ai pas fait descendre directement l’Oedipe basque de l’Oedipe de Voltaire, mais d’une adaptation déformée de cette tragédie. Je ne vois pas très bien, en effet, les allusions aux amours incestueuses du Régent et de la duchesse de Berry, dont fourmille la pièce et qui faisaient le régal de la Cour et de la Ville, offertes en pâture à la simplicité des foules eskuariennes.



Pour tout le détail : Batailles, cérémonies du culte, chants, danses, musiques, etc., il est tout naturel que les auteurs de Pastorales aient introduit ces éléments que vous qualifiez de secondaires dans leurs ouvrages : Impuissants à donner à ceux-ci un souffle qui les vivifiât, il les recouvraient des oripeaux de la vie ambiante, plus modestement, mais à la façon de Sardou et de ses succédanés, nos contemporains, assez intéressants manieurs de foules, mais trop indigents manieurs d’âmes et d’idées.



Le Souletin aime les combats, les ailes de pigeon, les zinkak, les chansons ; en deux mots, le mouvement et le bruit. Les auteurs malins lui en ont fourré tant et plus, sans consulter d’autres modèles que leurs auditeurs. Quant aux cérémonies du culte et aux dissertations théologiques, elles servaient de contre-poids au reste et on les prodigua pour désarmer Monsieur le Curé quand ce ne fut pas sous son influence directe. C’est ce qui explique que le Théâtre Basque n’ait pas eu à vaincre les résistances que le Théâtre Breton rencontra auprès du clergé.



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THEÂTRE BRETON



Je ne crois pas mon argumentation dépourvue de valeur jusqu’ici. Sans cela, je me garderais bien de l’exposer ; mais la raison profonde qui me fait dénoncer la nouveauté relative des pastorales est la suivante : La langue basque n’a pas de mots même déformés pour désigner : Théâtre, scène, acteur, pièce, personnage, etc. (Et cependant en Soule on a bien fait en peu de temps labela (couteau) de l’espagnol navaja en passant par nabala !) Pas une image chez aucun auteur, même souletin, de Tartas ou d’Oïhenart, équivalente à : Le Théâtre de la guerre, la scène du crime, les acteurs du drame, etc., si fréquents dans les autres langues et pas une allusion à ces pastorales si étrangement localisées dans une petite partie du pays basque, alors que tous les jeux traditionnels y sont en honneur partout : Pelote, danses, improvisations, etc...



A mon avis il y a dans cet ensemble de constatations ce qu’il faut pour faire hésiter un esprit désireux d’atteindre à la certitude raisonnée (je tiens l’autre — la certitude absolue — pour intangible).



Je ne demande pas à vous convaincre. Bien au contraire, j’aimerais mieux modeler mon opinion sur la vôtre, puisque des écrivains distingués comme vous et Monsieur Hérelle, accordent une valeur à des manifestations scéniques qui feraient partie de notre richesse patrimoniale ; mais il ne faut jamais mentir ou cacher ce que l’on tient pour indéniable quand le silence peut prendre l’apparence d’une complicité.



homme bayonne professeur philosophe traducteur deledda d'annunzio ibañez
GEORGES HERELLE, vers 1905.
Photographie de Labat. Médiathèque Grand-Troyes - Ms3494

Etienne Decrept."



A suivre...







(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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