EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN
CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
vendredi 3 juillet 2026
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PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 3 JUILLET 2026 SAINT THOMAS ET SAINT ANATOLE - IDOIA
PROVERBE DU 3 JUILLET 2026 (SAINT THOMAS) (SAINT ANATOLE) (IDOIA).
THOMAS : d'un mot hébreu qui signifie jumeau, Thomas est l'un des douze apôtres du Christ.
| 3 JUILLET SAINT THOMAS |
Ses amis l'ayant rassuré que le Christ était ressuscité après la crucifixion et qu'ils l'avaient vu, Thomas déclare ne vouloir les croire qu'à la condition de le voir aussi, ainsi que de toucher ses plaies.
Peu après, le Christ ressuscité se manifeste à Thomas et exauce ses voeux.
Thomas, bouleversé, confesse sa foi.
Mais le Christ réprimande Thomas pour n'avoir pas voulu croire sans voir.
Après l'Ascension du Christ, Thomas évangélisera les Malabares des Indes, à partir de 52.
Un grand nombre de ceux-ci se disent encore aujourd'hui "chrétiens de Saint Thomas".
Thomas y serait mort, martyr, vers 70, près de Mylapore, quartier de Madras.
Le tombeau de Thomas se trouve dans la crypte de la basilique Saint-Thomas de Chennai.
ANATOLE : Originaire d'Alexandrie, où il naît vers 400, Anatole est disciple de Cyrille d'Alexandrie qui l'ordonne diacre et lui accorde sa confiance en l'envoyant comme ambassadeur à Constantinople, avant d'être celui de Dioscore.
Après le concile d'Ephèse II, en 449, Dioscore le consacre évêque.
Fermement disposé à retrouver la bonne doctrine entre monophysites et dyophysites, Anatole réunit alors un concile à Constantinople et il excommunie Nestorius, Eutychès, ainsi que tous les partisans de leurs erreurs".
Anatole meurt le 3 juillet 458.
IDOIA : Andre Mariaren kapera Nafarroako Izaban. XIII. mendeko imajina.
(...) Idoia - Izaba (N) herriko baseliza eta Andre Mariaren XIII. mendeko irudia. Izena Ama Birjina agertu zen lekuari zor zaio. Antzina buruko minak kentzera joaten zen jendea bertara. Jaieguna Maiaitz Pazkoko astelehenean bada ere. 1973az geroztik (...)
(...) uztailaren lehendabiziko asteburuan batzen dira ermitan honela deitzen direnak, Idoia izenekoen xeiak deritzan festan.
Une naissance du 3 juillet : François Marie Alexandre Carcopino-Tusoli dit Francis Carco ou Jean d'Aiguières.
Né le 3 juillet 1886 à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) - Mort le 26 mai 1958 à Paris 4ème arrondissement.
C'est un écrivain, poète, journaliste et parolier français.
Il passe ses 5 premières années en Nouvelle -Calédonie, où son père travaille comme inspecteur des domaines de l'Etat.
Chaque jour, Francis voit passer, sous les fenêtres de la maison familiale, les bagnards enchaînés en partance pour l'île de Nou.
Puis son père est nommé en Métropole et la famille réside à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or).
Confronté à l'autoritarisme et à la violence paternelle, il se réfugie dans la poésie, où s'exprime sa révolte intérieure.
Au gré des mutations de son père, la famille s'installe à Villefranche-de-Rouergue (1901), puis de 1906 à 1908 à Rodez (Aveyron).
Francis y rencontre l'artiste Eugène Viala, le poète Roger Frène, découvre la peinture et publie ses premières proses dans le journal Le Cri de la terre du même Viala.
En 1908, il fait un séjour à Agen, où il est surveillant durant 4 mois, puis il retourne à Rodez, avant de séjourner à Lyon et Grenoble, villes dont il observe les bas-fonds.
Au cours de ces séjours, il rencontre les jeunes poètes qui fonderont avec lui, dès 1911, l'Ecole fantaisiste : Robert de la Vaissière, Jean Pellerin, Léon Vérane, Paul-Jean Toulet et Tristan Derème, entre autres.
En janvier 1910, il s'installe à Paris et commence à fréquenter Montmartre.
Francis devient l'ami de Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Maurice Utrillo, Gen Paul, Amedeo Modigliani, Jules Pascin, Paul Gordeaux et Marcel Leprin.
Il assure également la critique artistique dans les revues L'Homme libre et Gil Blas et publie en 1911 son premier recueil de poèmes : Instinct.
Il rejoint alors Nice, où il publie, en 1912, son 2ème recueil de poèmes.
Début 1913, il retourne à Paris et rencontre Katherine Mansfield, compagne de John Middleton Murry, journaliste londonien.
Francis entame avec elle une relation troublante, inaboutie, un "amour voué au désastre", qui le marquera jusqu'à la fin de ses jours.
Il effectue son service militaire à Gray (Haute-Saône).
En 1914, il publie son premier roman au Mercure de France, grâce à l'appui de Rachilde, épouse d'Alfred Vallette, le directeur de la revue.
Il est mobilisé en novembre 1914 à Gray en tant qu'intendant des postes et rejoint, grâce à Jean Paulhan, un corps d'aviation à Avord, puis à Etampes et enfin à Longvic (Côte-d'Or).
Francis obtient le brevet d'aviateur en décembre 1916, mais il se blesse au genou gauche et il est assez vite démobilisé.
Il rencontre l'écrivaine Colette dans les couloirs du journal L'Eclair en 1917 et il sera son ami jusqu'à la mort de Colette, en août 1954.
De 1914 à 1954, il va écrire une centaine de titres, romans, reportages, souvenirs, recueils de poésie et aussi pièces de théâtre.
Surnommé "Le romancier des Apaches", il réalise certains des plus forts tirages d'édition de l'entre-deux-guerres.
En 1932, à l'occasion de conférences qu'il donne à Alexandrie, Francis fait la connaissance d'Eliane Négrin, épouse du prince égyptien du coton Nissim Aghion.
Sur ce coup de foudre, il quitte sa première femme, Germaine Jarrel (divorce en novembre 1935) pour épouser Eliane, en février 1936.
Il est élu membre de l'académie Goncourt en octobre 1937.
En septembre 1939, le couple emménage à L'Isle-Adam, avant de s'exiler (Eliane étant d'origine juive), à Nice, puis en Suisse, en décembre 1942.
Après la guerre, le couple revient à L'Isle-Adam.
Francis meurt le 26 mai 1958, à 71 ans, des suites de la maladie de Parkinson.
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| FRANCIS CARCO ET SON EPOUSE ELIANE 1936 Par Studio Harcourt. — https://images.grandpalaisrmn.fr/ark:/36255/08-537232, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=170785106 |
Voici le proverbe du vendredi 3 juillet 2026 :
UZTAILEKO IGUZKIAK ONDOKO ARNOARI INDAR.
Juillet ensoleillé donne force au vin de l'année.
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| FÊTE DES VIGNERONS VEVEY SUISSE 1865 |
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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ELGAR LE JOURNAL DES BASQUES DE PARIS EN NOVEMBRE 1947
LE REDÉMARRAGE DU JOURNAL ELGAR EN NOVEMBRE 1947.
En juillet 1934, a paru le premier numéro du journal Elgar ("ensemble"), fondé par Paul Legarralde, compositeur, chef de choeur et fondateur du groupe Errepika rebaptisé Gernika en 1937.
Elgar était le premier organe de presse qui s'adressait "aux Basques de Paris". Mensuel rédigé majoritairement en français, certains articles paraissaient parfois en castillan, régulièrement en langue Basque et plus particulièrement en souletin.
Elgar se faisait l'écho des événements survenus au Pays Basque ainsi que des actualités de la communauté basco-parisienne. L'autre objectif était de rassembler les membres de la communauté et d'accompagner les Basques venant d'arriver à Paris.
Une dizaine de numéros a paru jusqu'en 1936, puis sa publication s'est interrompue, avant de reprendre le 1er novembre 1947.
Voici ce que rapporta l'édito du 1er novembre 1947 :
"Elgar...
Le 1er novembre 1934, à la sortie de la messe annuelle des Basques, on distribuait le premier numéro d'Elgar.
Le 1er novembre 1947, dans les mêmes circonstances, Elgar reparaît.
Ces treize années de silence ne sont pas une défection. Il y a eu le sabordage de la guerre, les difficultés de l'après-guerre.
Après avoir bien réfléchi, bien étudié les difficultés formidables de réalisation d'un journal, nous avons pris notre décision.
Il faut qu'un journal des Basques de Paris existe : parce que les milliers de Basques qui vivent dans la capitale ont besoin d'un trait d'union ; parce que les Basques du monde entier doivent savoir que dans le centre culturel merveilleux qu'est Paris, nos compatriotes jouent leur rôle, qui n'est pas mince ; parce que, aussi, c'est par milliers qu'on compte les savants, les lettrés, les touristes, les sportifs qui s'intéressent à la chose basque.
Donc, Elgar doit reparaître.
Mais notre journal n'est pas une publication ordinaire.
Personne, chez nous, n'est payé : ni les rédacteurs, ni les messagers bénévoles qui cherchent de la publicité, ni les vendeurs.
Il n'y a, bien sûr, que l'imprimeur.
Et, malgré son amabilité, il est cher.
Pourquoi ne pas le dire ? Grâce à la générosité des dirigeants parisiens de l'Eskualzaleen Biltzarra, nos frais sont couverts pour quelques numéros.
Mais il y a la suite !
Pour qu'Elgar vive, il faut un immense élan de solidarité, une grande vague d'affection, un groupage des bonnes volontés.
Notre premier article est donc un appel. Aidez-nous par des dons, Basques d'ici et d'ailleurs ! Aidez-nous par la publicité, Basques commerçants et amis des Basques !
Pour qu'Elgar vive, aidez-le !
Fidèle à son ancienne formule, Elgar sera un journal en dehors de toute politique et de toute confession.
Toutefois, il nous est impossible de ne pas nous pencher avec un intérêt fraternel sur la situation des Basques péninsulaires.
Il nous serait difficile, en outre, d'oublier la vieille devise "Jaingoikuak eta Lege Zaharra".
Elgar publiera des articles d'éminents bascologues. Déjà il s'est assuré l'amicale collaboration de personnalités bien connues : l'abbé Lafitte, Louis Dassance, Ernandorena, Henry Poydenot, Pierre Apesteguy, Pinatel, etc...
Nous étudierons les divers problèmes de l'ethnographie, de la linguistique, des origines basques.
Nous traiterons des aspects de notre folklore, de nos danses, de nos sports.
Et aussi nous dirons les nouvelles du pays et des Basques parisiens, pour que chacun ait chaud au coeur en lisant tous les mois "son" journal.
N'est-ce pas là un beau programme ?
Mais, journal pour tous, Elgar doit être le journal de tous. Nous insérerons bien volontiers toutes les communications et les articles de tous nos amis.
Voici le départ donné. Avec une pointe d'émotion, mais avec pleine confiance, nous nous élançons, comme nos ancêtres les corsaires, sur la mer de l'espérance et de l'amour de notre patrie. Mais nous n'arriverons au but qu'aidé par vous tous, et de toutes les façons. Que l'on puisse compter sur nous, c'est indéniable ; mais Elgar compte, pour vivre, sur vous tous, Basques et amis des Basques !"
A suivre...
(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://www.bilketa.eus/)
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jeudi 2 juillet 2026
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 2 JUILLET 2026 SAINT MARTINIEN - ZUMAR
PROVERBE DU 2 JUILLET 2026 (SAINT MARTINIEN) (ZUMAR).
MARTINIEN : Selon une légende tardive, Martinien et Processus sont des soldats romains, au 1er siècle, ayant reçu la charge de surveiller les apôtres Pierre et Paul dans leur prison.
| 2 JUILLET SAINT MARTINIEN |
Sensibles à la foi et à l'éloquence de leurs prisonniers, Martinien et Processus se convertissent et sont à leur tour martyrisés.
Martinien et Processus ont été décapités sur la voie Aurélia.
Martinien est le saint patron des gardiens de prison.
ZUMAR : Olmo, Orme, Zumarragako Jaiak Sta. Isabel Baselisan Ezpata Dantza.
(...) zumar iz. Zuhaitz luzea, hosto horzdunak eta azpialdean iletsuak dituena Zumar zurrunak Ulmus sp. (...)
Un décès du 2 juillet : Henry Caro-Delvaille né Daniel Auguste Benjamin Henri Delvaille.
![]() |
| PHOTO D'HENRY CARO-DELVAILLE PAR NADAR |
Né le 9 juillet 1876 à Bayonne (Basses-Pyrénées) - Mort le 2 juillet 1928 à Sceaux (Hauts-de-Seine).
C'est un peintre et décorateur français du début du 20ème siècle.
Henry est issu d'une famille juive.
Après avoir étudié de 1895 à 1897 à l'école des beaux-arts de Bayonne, il est l'élève de Léon Bonnat à l'école des beaux-arts de Paris.
Il expose pour la première fois au Salon de la Société des artistes français à Paris en 1899.
Il y remporte une médaille de 3ème classe en 1901 pour son tableau intitulé La manucure.
En 1900, Henry épouse Aline Fernande Lévy, avec laquelle il aura 2 enfants.
Membre de la Société nationale des beaux-arts à partir de 1903, il en devient secrétaire en 1904.
En 1905, il remporte la grande médaille d'or de l'Exposition internationale de Monaco.
La même année, son ami Edmond Rostand lui confie la décoration de sa villa de Cambo.
Henry se fait alors connaître comme portraitiste et bénéficie de très nombreuses commandes.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1910.
A partir de 1917, il voyage avec son épouse aux Etats-Unis où il s'installe jusqu'en 1925.
Il y réalise de nombreux portraits, des nus, des paysages et des panneaux décoratifs.
Il meurt le 2 juillet 1928, à 51 ans.
UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE EN 1941 (septième partie)
UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE.
Depuis des siècles, il y a des pêcheurs au Pays Basque.
Voici ce que rapporta à ce sujet Madame Maxime Dégros dans le Bulletin de la Société des
sciences, lettres & arts de Bayonne, en juillet 1941 :
"La grande Pêche Basque des Origines à la fin du XVIIIe siècle (Suite).
... La politique du gouvernement de "l’Ancien Régime" et la grande pêche.
Il peut être intéressant de terminer cette étude historique de la grande pêche basque en résumant l’attitude qu’eut vis-à-vis d’elle le gouvernement de l’ancienne France.
Les encouragements qu’il lui donne sont de deux sortes : directs et indirects. Ces derniers, tout en favorisant la pêche, ne la concernent pas spécialement, telles, par exemple, les lois douanières permettant l'entrée libre dans la province des denrées nécessaires à l'équipement ou à l'approvisionnement des navires, la libre sortie du royaume de certaines quantités de vivres. Telle la création à Saint-Jean-de-Luz d’un entrepôt pour emmagasiner sans frais de circulation tout ce qui est nécessaire à la pêche.
Telle est la franchise dont jouit le sel destiné à la conservation du poisson. Telle enfin la franchise du Labourd, qui laissant les étrangers, Espagnols surtout, s’approvisionner en marchandises diverses, favorise le commerce général de la ville et en particulier le débouché des fruits de la mer.
Les encouragements directs sont ceux qui s’appliquent aux produits de la pêche, primes pour les favoriser à certains égards, exemptions pour les soustraire à un règlement commun.
Il existe des primes à l’armement et à l’exportation. La première prime à l’armement semble être de 1765 ; elle accorde une gratification de 40 livres par tonneau à l’armateur d’un baleinier, d’autres ensuite accordèrent à l'armateur d’un bâtiment, pêchant entre Bonavista et St-Jean, 500 livres pour un équipage de moins de 40 hommes ; 750 livres pour un équipage de 40 à 60 hommes et 1 000 livres ensuite (1768) ; ou encore 75 livres par homme pour un navire pêchant entre Cap de Raye et Ingornachoa (1785).

CARTE DE TERRE-NEUVE 1783

Parmi les primes à l'exportation, signalons celle de 1767, renouvelée en 1775, accordant une gratification de 25 sous par quintal de morue sèche expédié aux Îles d’Amérique (en plus des 5 livres habituelles depuis la création des colonies) ; celle de 1785 portant à 10 livres par quintal la somme donnée à l’armateur (si l'envoi est d’au moins 50 quintaux) et celle de 1787 la portant à 12 livres ; enfin la prime de 1788 qui favorise la préparation et l’expédition de la rogue en France.
Parmi les exemptions, les unes sont purement matérielles ; elles dispensent par exemple du droit de coutume la morue sèche venant de l'Ile Royale, les fanons, les huiles, à condition que le chargement soit bien, de pêche nationale. Ou bien elles suppriment les droits de circulation intérieure pour les produits venant de Miquellon (1767).
![]() |
| CARTE ST PIERRE 1793 |
D’autres exemptions concernant des règlements sociaux que, par faveur, l’Etat consent à supprimer : exemption du service des classes pour quelques matelots privilégiés, plus souvent pour les pilotes ou capitaines ; dispenses d’âge pour l’obtention de leur grade.
Une des mesures les plus efficaces que prit le gouvernement pour relever la pêche de la baleine, fut d’appeler les Nantuckois qui s’installèrent à Dunkerque en 1786 et donnèrent vraiment à la pêche une nouvelle impulsion dont la ville profita et qui aurait pu s’étendre aux autres ports si la Révolution n’avait arrêté les armements.
Il faut mettre au nombre des encouragements, la protection qu’il accorda contre l’invasion des produits étrangers en les taxant à l’entrée du royaume, plus ou moins fortement suivant les nécessités (on verra les variations des droits pour les huiles et fanons de baleines et pour les morues).
Est-ce à dire que le gouvernement ait pris toutes les mesures nécessaires et se soit occupé de la pêche avec une grande sollicitude ? affirmons le contraire. Sauf au temps de Colbert, il néglige sa marine en général et la pêche particulièrement lui est très indifférente. Il n’accorde les encouragements qu’après avoir reçu force doléances, quand la situation est déjà trop compromise pour se rétablir rapidement ; or il ne les accorde qu’à titre provisoire, pas assez généreusement et avec des restrictions de cas d’espèce. Ainsi, les armateurs ne peuvent obtenir que la prime à l’exportation de la morue sèche, s’applique à celle de la morue verte, ni que l’exemption des
droits d’entrée concernant la morue pêchée à l’Ile Royale ou Saint-Pierre s’étende à celle provenant de Terre-Neuve.
![]() |
| CARTE DE TERRE-NEUVE CANADA |
La protection qu’il accorde aux produits français est insuffisante ; il faudrait, à certains moments, prohiber complètement l’importation étrangère.
Mais surtout il laisse subsister beaucoup trop de droits qui tuent le commerce ; les armateurs sont souvent obligés de vendre le poisson à perte pour pouvoir s’en débarrasser et sont encore rebutés par les chinoiseries qu’une administration semble multiplier à plaisir.
Il faut convenir cependant que, ne pouvant satisfaire tout le monde, le gouvernement eut quelquefois des intentions meilleures que le résultat obtenu. En créant, par exemple, des compagnies à monopole, il crut favoriser la pêche ; il le fit effectivement, quand la compagnie, de caractère national, était un groupement contre une rivale étrangère (ainsi la compagnie havraise). Mais quand une province obtenait le monopole de la vente en France, c’était au détriment de la province voisine, obligée de lui vendre ses produits à un prix très bas, et des consommateurs obligés de les acheter au prix imposé par la compagnie et généralement assez élevé.
Quand un armateur obtenait le monopole de la pêche dans une région, son action paralysant celle des autres.
De plus, certains habitants des îles, sous prétexte qu’un droit exclusif leur avait été donné, interdisaient aux pêcheurs de faire leur saison.
Le gouvernement eut aussi une bonne intention en octroyant la franchise du Labourd. S’il n’en obtint pas les résultats espérés, la faute en est, et ce n’est pas à sa décharge car il aurait dû les surveiller mieux, aux employés des fermes qui se montrèrent trop négligents pour n’être pas complices des fraudeurs. A cause d’eux, 10 000 quintaux de morue étrangère entrèrent en France par Bayonne et Saint-Jean-de-Luz entre 1784 et 1786. Cette introduction frauduleuse fit diminuer le prix de la morue française et risqua d’annuler les avantages procurés par la franchise.
Dans bien d’autres cas aussi, l’Etat fut trahi par ceux qui auraient dû le servir.
Les Basques résumèrent ce qui les attendait dans leurs Cahiers de revendications, à la veille de la Révolution. Noblesse et Tiers-Etat demandèrent des "encouragements pour le commerce de la morue", les primes à l’armement permettaient au pays de soutenir la concurrence étrangère. Le Clergé réclama la prohibition complète de la morue étrangère et le Tiers, d’accord avec lui sur ce point, revendiqua de plus l’abolition des droits intérieurs.
Madame Maxime Dégros."
A suivre...
(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Wikipédia)
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