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samedi 1 août 2026

UNE EXCURSION AUX EAUX D'AHUSQUY À AUSSURUCQ EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1853 (quatrième partie)

UNE EXCURSION À AHUSQUY EN 1853.


Depuis fort longtemps, on a attribué aux eaux minérales une action physiologique bénéfique, d'où l'utilisation séculaire de certaines d'entre elles.



pays basque autrefois soule source
LA SOURCE D'AHUSQUY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet, Ulysse Barberen, avocat :



"Une excursion aux eaux d'Ahunski (Pays Basque).



... Déjà les indiscrétions de Péthiry nous avaient mis au courant de tous les détails de ce mariage. C'est la même histoire, hélas ! que dans beaucoup des nôtres. Un cœur aimant et jeune que l'on prétend acheter pour une bourse d'or. Le lecteur ne s'attendrait pas à trouver parmi les Bohémiens, le mariage de raison, dans toute sa crudité bourgeoise. J'en suis fâché pour l'intérêt de mon récit, mais la sincérité n'est elle pas le premier devoir de l'historien ?



D'ailleurs, il n'est pas impossible que ces Bohémiens ne se soient déjà corrompus au contact de notre civilisation ; je veux dire, que les mauvaises graines poussant plus vite que les bonnes, de nos usages sociaux les abus sont la première chose à fructifier sur le sol vierge du bois d'Iraty.



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CARTE D'IRATY VERS 1750


"Boulharhandi, nous avait déjà dit le vieux ménétrier, est le plus riche tondeur de mulets de toutes les provinces Basques. Aussi, quoiqu'il soit laid et brutal, qu'il ait dépassé la cinquantaine, et qu'on le soupçonne de s'être débarrassé de ses deux premières femmes, dans un accès de jalousie, c'est un grand honneur qu'il fait au vieil Aillande, de lui demander sa fille Guéréchina.


"Mon Dieu ! que va devenir le pauvre Johanné ?" observa l'une des femmes. — Johanné était un beau garçon de la tribu, danseur favori de Guéréchina.


"Je sais bien ce que je ferais à sa place," répondit le plus jeune des Bohémiens et son couteau à demi tiré de sa poche achevait sa pensée par un geste significatif.


"Taisez-vous, Asto Sarak, s'écria brusquement Péthiry... pourquoi Johanné n'a-t-il pas su gagner à sa contrebande, des colliers d'or et des mantilles de soie, comme son rival ? Il n'y a pas de jeune fille qui résiste à ces colifichets."



L'approche de Boulharhandi mit fin à ce dialogue. Il nous fit meilleur accueil que ne le promettait sa mine farouche, enchanté qu'il était de nous devoir le retour de son ménétrier, et par ses ordres, un des Bohémiens courut prévenir Aillandé et le reste de la tribu, de l'approche d'hôtes étrangers. — Puis, d'un air d'importance, il prit la tête de la caravane, fièrement campé sur un mulet harnaché de houpes et de plumets aux couleurs éclatantes.



Les Bohémiens avaient établi leur campement, au milieu des ruines d'un vieux château célèbre dans les légendes Basques.



Quoique d'origine assez récente, il ne manque pas d'un certain caractère sous les ronces et la mousse qui recouvrent ses toits effondrés.



Des souvenirs mystérieux et sanglans pèsent sur ses murs assombris par les noirs sillons de l'incendie qui les a dévorés. C'est surtout à l'heure tardive où nous arrivâmes, que le crépuscule, l'ombre projetée des arbres voisins, le reflet ardent des brasiers et des torches leur donnaient une apparence fantastique, en harmonie avec les récits terribles dont ils sont les théâtres, dans les veillées des paysans Basques.



Le pinceau d'un peintre habile pourrait seul rendre l'aspect étrange de ce campement, digne des compositions les plus piccaresques de Jacques Callot.



Autour de nous grouillait une population en guenille, les regards empreints à la fois, de convoitise et de curiosité. — C'est un pêle-mêle, d'enfants, d'ânes, de cochons, de volailles errant en liberté.



Des chaudrons et des ustensiles de cuisine jetés à terre à côté des guitares et des tambours de Basque ; en manière de tente et d'abri, des piquets fichés en terre et couverts de vieilles couvertures de cheval.



Au bout du camp, près d'une immense chaudière, où l'on voit bouillir je ne sais quel brouet infect et noir, se querellent une douzaine de vieilles femmes plus hideuses que les trois sorcières de Macbeth : celles-là font rôtir sur des charbons ardens des quartiers saignants de chevreau ; d'autres, de leurs mains sales et crochues pétrissent en forme de galette, des boules de farine de maïs appelées pastetch et destinées à tenir lieu de pain.



Les apprêts de la noce se poursuivent ainsi, au milieu des cris et du désordre ; tandis que deux ou trois Bohémiens achèvent la toilette d'une demi douzaine d'infortunés chevaux volés dans les environs, et qu'ils conduisent à la foire de Pampelune ; l'un entr'autres, assez jolie jument gris pommelée, vit changer, par un procédé de teinture fort habile, la nuance argentée de sa robe, contre la noire couleur de l'ébène. — Qui sera bien surpris ? L'acheteur, j'imagine.



Enfin, la nuit étant venue, la mariée parut et fut assise entre deux vieilles matrones, sur une espèce d'autel de verdure.



Elle était à peine âgée de 16 ans ; très brune comme les jeunes filles de sa race, mais sur ses joues, en dépit d'une émotion visible brillait le vermillon de la fleur du pêcher. Ses cheveux plus noirs que l'aile du corbeau se relevaient en deux larges bandeaux découvrant bien les tempes et le front et se ramenaient derrière la tête par une aiguille d'or.



L'expression un peu sauvage que des pommettes assez saillantes et l'arc prononcé de ses noirs sourcils donnaient à sa physionomie était heureusement tempérée par l'éclat velouté de ses grands yeux et les contours gracieux d'une bouche petite et souriante comme un vrai bouton de rose.



Son nez légèrement relevé lui donnait l'air mutin que devait avoir la Esméralda ; la ressemblance était complétée par un corset en velours noir serré autour d'une taille flexible, et par une basquine formée d'oripeaux en soie de couleur éclatante.



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ESMERALDA DE VICTOR HUGO
STEUBEN


Sous un bas gris semé de paillettes d'argent se dessinait une jambe fine et nerveuse, et ses petits pieds étaient chaussés de sandales attachées par des rubans rouges autour de la cheville. Ajoutez à ce costume, une chemise aux manches bouffantes et tailladées, une collerette droite et plissée comme elles étaient de mode en France, au temps de Catherine de Médicis, de grosses boucles d'oreille en forme de poires ciselées et un lourd collier d'or, cadeaux de noce de son fiancé.



L'assemblée fit un grand cercle et trois jeunes filles, dans un costume à peu près semblable à celui de Guéréchina, mais beaucoup moins riche, s'élancèrent, un tambour de Basque à la main.



Leur danse était un mélange de pas Espagnols bizarrement modifiés par les bonds fougueux de ces bayadères sauvages, aux jarrets d'acier ; l'œil en feu, les cheveux au vent, la bouche écumante, elles finirent à force de trémoussements, par tomber dans les bras des matrones qui les emportèrent.



C'est alors que commença la véritable cérémonie : La musique cessa son tapage et les deux futurs époux s'avancèrent, seuls, au milieu du plus grand silence. — Quatre vieilles femmes placées aux quatre points cardinaux de l'assemblée, agitaient des branches d'arbre pour conjurer les mauvais esprits et psalmodiaient lentement des paroles inintelligibles. — Les torches et toutes les lumières furent éteintes ; la lune éclaira seule, de sa lueur mystérieuse, cette nouvelle scène digne du Sabbath.



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TABLEAU SABBATH DES SORCIERES
PAR FRANCISCO GOYA



Les deux futurs époux furent placés en face de l'astre nocturne, de manière à leur faire de ses rayons une sorte d'auréole.



Aussitôt, le vieil Aillandé, montant sur le tertre que Guéréchina venait de quitter, prit un pot de terre et le lança en l'air... les éclats du vase précieusement recueillis furent immédiatement comptés à haute voix par lui et enfouis à l'instant même, dans un trou creusé de sa main.


"Vous l'avez tous vu, dit-il, ensuite, en élevant la voix ; j'ai compté sept morceaux ; pendant sept ans, cette femme t'appartiendra, Boulharbandi, tu seras son maître et tu nourriras ses enfans.


Et toi, continua-t-il en se tournant vers Guéréchina, plus tremblante qu'une feuille, pendant sept ans tu ne seras qu'à cet homme, tu seras sa servante et tu allaiteras ses enfants."



A ces mots la musique de recommencer son tapage et le vin de circuler à la ronde dans des outres de peau de bouc.



L'orgie, dès lors, régna seule dans le camp. Nous mêmes, fort embarrassés de la contenance à garder en présence de ce festin de Cannibales auquel nous étions conviés, nous prétextâmes les préparatifs de notre départ pour le pic d'Orhi, du haut duquel nous voulions assister au lever du soleil."




A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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NOUVEL ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN

  

CHANGEMENT DE MOIS = CHANGEMENT D'ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG.


Comme je m'y suis engagé il y a quelques années, nous sommes le premier du mois et je change donc l'arrière-plan de mon blog.

vendredi 31 juillet 2026

LE DÉPÔT MONÉTAIRE D'URIO BEHEREA À SARE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (première fois)

LE DÉPOT MONÉTAIRE D'URIO BEHEREA À SARE AUTREFOIS.


En 1965, des pièces romaines sont découvertes lors de fouilles à Sare.



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GROTTES DE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Jean-Luc Tobie dans le Bulletin de La Société des Sciences, Arts 

Lettres de Bayonne, en janvier 1973 :



"Le dépôt monétaire d'Urio Beherea à Sare.

Apport à l'étude de la circulation du bronze avant Gallien dans l'Aquitaine Méridionale.



Au début du mois de février 1965 explorant la petite grotte de Urio-Behera située dans la commune de Sare (Pyrénées-Atlantiques) nous découvrîmes, à proximité de l’entrée supérieure, dans un horizon stratigraphique superficiel, une monnaie dans un état d’oxydation avancé qui se révéla au nettoyage être un grand bronze à l’effigie d’Antonin le Pieux. Avec cette monnaie, avaient été trouvés divers fragments de céramique protohistorique très fragmentés.



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SESTERCE ANTONIN LE PIEUX



Une autorisation de sondage fut accordée par la Direction des Antiquités Historiques d’Aquitaine et nous pûmes, dans les mois qui suivirent, et au hasard des week-ends dont nous disposions, effectuer une fouille convenable du sol de cette petite caverne. 



La grotte d’Urio Beherea est située dans le massif calcaire de Lekugaixto. Sur le versant oriental de ce massif, surplombant le ruisseau Urio, s’élève une falaise rocheuse tranchée par une profonde entaille déterminant deux promontoires rocheux ; le méridional renferme la grotte d’Urio-Gaina, l’autre qui se relève nettement vers le Nord domine les faibles collines entourant Sare. C’est dans ce dernier promontoire rocheux que s’ouvre la grotte où fut trouvé le dépôt monétaire, Urio Beherea. Celle-ci traverse de part en part l’extrémité du promontoire dans la direction N.N.W.-S.S.È. et comporte une entrée à chacune de ses extrémités. L’accès de l’entrée méridionale est le plus malaisé : un étroit passage à flanc de falaise mène à une petite plate-forme de 3,20 m sur 3 m d’où l’on domine un très ancien chemin, lequel, sur la rive droite de l’Urio, s’accroche au flanc de la Peña Plata et aboutit en direction de l’Espagne à la ligne de crêtes qu’il utilise jusqu’au-delà du col de Navalas, et de là poursuit vers l’ouest jusqu’à la vallée de la Bidassoa et Vera. Une deuxième branche, par le col des Trois Bornes, en direction de Gorea, rejoint la vallée de la Bidassoa par Echalar. C’est donc là une route aisée vers cette vallée, certainement en tout cas plus aisée que par le col de Lizarrieta aujourd’hui emprunté. Au reste, son antiquité n’est plus à démontrer, car elle est jalonnée tout au moins dans sa montée septentrionale par bon nombre de traces de sépultures protohistoriques et sa configuration (doublement et parfois triplement de son assiette par endroits, son encaissement, des restes de pavage) ne fait que conforter d’aussi patentes preuves archéologiques. 



Sur cette plate-forme étroite s’ouvre une galerie de 2,60 m de large à son départ, allant se rétrécissant jusqu’à 2 m, pour s’élargir ensuite jusqu’à dépasser 6 m. C’est cet élargissement qui constitue la grotte proprement dite. L’ensemble a une vingtaine de mètres de long et débouche vers le Nord par une chatière (la deuxième entrée) dans un abri assez imposant et visible d’assez loin. 



Voici donc plutôt un large boyau assez inconfortable car très fortement incliné et dont le sol marque une pente constante s’abaissant vers le Nord, la dénivellation entre les deux accès étant très forte. En outre, cette dénivellation entraîne un appel d’air continuel (l’entrée la plus basse étant située aux vents dominants) qui ajoute à cet inconfort mais s’avère par contre excellent pour le tirage de foyers et l’évacuation de la fumée par l’entrée supérieure. 



Mais nous ne traiterons pas ici du site dans la mesure où il a servi d’habitat provisoire ou d’éphémère refuge à l’époque protohistorique ou historique, nous ne considérons ce lieu que comme le cadre discret d’une cachette monétaire dont nous entreprenons l’étude, et peut-être même comme le théâtre d’un petit drame d’il y a seize siècles... 



Le tamisage systématique de tout le sédiment composant le sol de la grotte livra donc treize autres sesterces, tous groupés en contrebas de l’entrée méridionale, épars, mais cependant concentrés sur une surface de 4 m 2 au maximum ; aucun débris de poterie nettement identifiable de l’époque romaine ne put être décelé. Il semble donc que ces pièces aient été jetées depuis l’ouverture méridionale et que la solifluxion très forte du fait de la pente et des infiltrations d’eau les aient entraînées, le temps aidant, jusqu’en bas où elles se sont trouvé arrêtées par un coude que fait le boyau et qui correspond très localement à une absence de pente. C’est contre la paroi de ce coude que les 80 % des monnaies ont été trouvées, le reste était encore plus haut vers l’entrée, en cours de cheminement. Il ne faut cependant pas qu’une telle constatation nous fasse repousser l’éventualité d’un dépôt moins précipité et il se peut aussi fort bien qu’un homme ait trouvé le temps de creuser, probablement à l’emplacement de la plus grande densité de trouvailles, un trou pour y enterrer à même le sol son pécule. Car les occupations postérieures dont nous avons retrouvé les traces évidentes ont pu bouleverser le sol meuble bien peu épais, les monnaies antiques ont pu même être mises au jour et la plus grande quantité emportée, soit pour la fonte,  soit encore, et cela est vraisemblable, pour les remettre en circulation : l’on a vu, dans les campagnes et jusqu’au début de ce siècle, des bronzes antiques être utilisés sur le marché comme espèces divisionnaires (gros sous). 



Nous n’aurions dans cette hypothèse que les restes d’un dépôt plus important, mais fort heureusement si tel est le cas, et nous ne pourrons jamais trancher, les espèces récupérées par nous paraîtraient bien représentatives de l’ensemble, si l’on en juge par des confrontations avec des trésors de bronzes d’époque sensiblement identique, trouvés particulièrement en Aquitaine, qui paraît se comporter en matière de durée de circulation du monnayage de bronze du Haut-Empire, différemment du reste de la Gaule. Mais nous reviendrons sur ce problème en gardant comme hypothèse de travail l’idée qu’il s’agit d’un ensemble homogène de 14 grands bronzes dissimulés pour une raison que nous tenterons d’éclairer et que leur dernier propriétaire n’a jamais pu venir récupérer. 



Il s’agit de 14 sesterces (HS), dont nous répartissons ci-dessous les émissions par règnes :


Trajan (98-117) : 1 sesterce (fruste) à l’effigie de Trajan.


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SESTERCE TRAJAN



Hadrien (117-138) : 3 sesterces (dont un fruste) à l'effigie d’Hadrien.

Antonin (138-161) :   4 sesterces à l’effigie d’Antonin. 1 sesterce à l’effigie de Faustine Jeune.


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SESTERCE FAUSTINE LA JEUNE
-




Marc-Aurèle (161-180) :  2 sesterces à l’effigie de Faustine Jeune.

Commode (180-192) :  1 sesterce de Consecratio à l’effigie de Marc Aurèle. 1 sesterce (fruste) à l’effigie de Commode.



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CESTERCE CONSECRATION MARC-AURELE



Sévère-Alexandre (222-235) : 1 sesterce à l’effigie de Sévère- Alexandre.



Ce qui donne le décompte chronologique suivant :

Trajan 1 

Hadrien 3 

Antonin 5

Marc-Aurèle 2

Commode 2 

Sévère-Alexandre 1

Total : 14 



Lorsque l’on examine ce lot, une première constatation s’impose, c’est que, à une exception près — la monnaie fruste de Commode — l’usure des pièces est plus accentuée quand on remonte dans le temps. 



Ainsi la plus ancienne, le bronze de Trajan a son avers à peine lisible, le revers, lui, est totalement effacé ; cette monnaie a donc circulé jusqu’à sa limite, en tout cas elle eût pu dans cet état difficilement tenter un thésaurisateur. Il en est de même de deux sur trois des pièces du règne suivant, celui d’Hadrien. Dans l’ensemble d’ailleurs et compte tenu d’un milieu humide dans lequel ce dépôt a été conservé, à part une frappe d’Antonin et la monnaie de Consecratio émise sous Commode, toutes ces monnaies ont beaucoup circulé et nous ne nous trouvons pas semble-t-il en présence d'espèces choisies pour être thésaurisées."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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Par contre, la monnaie la plus récente, le sesterce à l’effigie de Sévère-Alexandre, est fleur de coin, en tout cas, il n’a guère circulé entre sa frappe et l’époque de sa cachette. 




lundi 27 juillet 2026

LA VIE COMMUNAUTAIRE ET PAROISSIALE À URT EN LABOURD AU PAYS BASQUE DU XVIÈME AU XVIIIÈME SIÈCLE (première partie)

LA VIE À URT DU 16ÈME AU 18ÈME SIÈCLE.


Au 18ème siècle, la commune d'Urt compte environ 1 300 habitants.


pays basque carte labourd communes
CARTE DE URT 1887
ETUDE LINGUISTIQUE JULIEN SACAZE





Voici ce que rapporta Guy Leichtenaur, dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & arts 

de Bayonne, en février 1973 :



"La Vie Communautaire et Paroissiale à Urt du XVIe au XVIIIe siècle.



Nous avons choisi la fin du XVIe siècle comme point de départ de notre étude pour l’excellente raison que les premiers statuts communaux portent la date du 14 juillet 1598. A cette date, le "Capitou" réuni sur la Place publique (actuellement Place de l’Eglise) pour traiter des affaires communes de la paroisse, approuvèrent les conventions proposées pour la police de l’usage des bois et "Padouans" communs. Ces règlements furent faits sous "le bon vouloir de Mgr de Gramont, Seigneur Baron du dit Urt" , représenté pour la circonstance par le Procureur Jurisdictionnel de ses terres. Les habitants, au nombre d’une cinquantaine, dont le bayle et les quatre jurats, sont qualifiés, dans l’acte, de témoins. Pour donner valeur légale, les contractants engageaient leurs personnes et leurs biens, meubles et immeubles, qu’ils soumettaient volontiers à "toutes rigueurs de justice de M. le Sénéchal des Lannes, ou son Lieutenant au siège de Bayonne". Nous avons, dans une étude précédente, examiné ces statuts du point de vue protection des bois et forêts, en vue d’assurer à chacun un usage raisonnable du bien public. Il est certain que chaque urtois a pu, à cette époque, bénéficier de divers droits (glandage, pâturage, fauchage de litière, ramassage de bois mort pour le chauffage, etc.). Cette jouissance indivise des biens communaux a permis au paysan non-propriétaire, de posséder en propre, quelques têtes de bétail. Nous comprenons que les déshérités aient pu tenir fermement à la sauvegarde de cette "coutume "écrite qui leur assurait un minimum de bien-être social. Les manuels nous disent que "toutes les pensées du paysan pauvre tendaient à limiter le droit de propriété individuelle pour défendre les usages collectifs qui lui permettaient de vivre, et qu’il regardait comme une propriété aussi sacrée que les autres". On verra plus tard, au XVIIIe siècle, des difficultés se faire jour, lorsqu’on essaya de favoriser l’individualisme agraire (on clôtura surtout des prés, pour sauver des regains). 



Néanmoins certains articles des statuts de 1598 posaient de façon nette le principe de sauvegarde de la propriété privée (Répression de la saisie abusive de bétail sur les terres communes, assimilée à un vol ; défense d’abattre les arbres fruitiers situés dans un héritage voisin sous prétexte que ces arbres constituaient une gêne ; défense d’ouvrir les claies qui ferment les passages donnant accès aux terres ; défense de prendre des charges de foin vert ou sec se trouvant dans les prairies d’autrui ; défense d’emprunter un bateau sans autorisation du propriétaire "sinon pour traverser l’eau", etc.). 



pays basque armorial communes
ARMOIRIE COMMUNE D'URT LABOURD



Nous avons dressé un tableau résumant l’évolution juridique de ces premiers statuts, accompagné des noms des jurats en exercice, ainsi que le nombre d’habitants les ayant approuvés. 


14 juillet 1598. — Me Jean de Vergès ; Pétrichon de Semicourbe, jurat ; Jean de La Magdeleine, jurat ; Clément de Pellot, jurat ; Pierre de Hurtetia, jurat. 

49 habitants nommés. — 24 articles votés pour 6 années. 

12 septembre 1606. — Me Jean de Vergès, bayle ; Bertrand de Latzague, jurat ; Pierre de Cruchette, jurat ; Saubat de Mimizan, jurat ; Arnaud Darremond, jurat ; Pierre de Lafourcade, jurat. 

43 habitants nommés. — Additif de 2 articles (Reconduction des statuts pour 10 années). 

26 juin 1616. — Pierre de Suhigaray, écuyer ; Sieur de Vergès, gentilhomme servant le Roy et bayle d’Urt ; Jean de Latzague, jurat ; Pierre Detchepare, jurat ; Joannès de Laserre, juat ; Clément de Pellot, jurat ; Bertrand de Merlat, jurat ; Joantha de Haïet, jurat. 

65 habitants nommés. — Additif de 4 articles (reconduction des statuts pour 20 années). 

23 mars 1642. — Me Robert de Salajuzan, bayle ; Bertrand Berhondo, jurat ; Joannès de Cazaumajour, jurat ; Jean de Samot, jurat ; Pierre de Hiriberry, jurat. 

97 habitants nommés. — Approbation des statuts afin "qu’à l’avenir on ne puisse s’oublier de ce que l’usage a converti en force de loy". 



Les statuts furent finalement homologués le 17 mai 1642, par le Parlement de Bordeaux. En 1690, une copie sur parchemin était en possession du Sieur de Gestède, jurat. En 1747, une autre copie, ou la même était "au pouvoir de la Veuve du Sieur Martin de Laforcade-Daguerre, marchand de son état", probablement une notabilité à qui on avait confié ce dépôt, qui passa à sa veuve. 



Nous avons jusqu’ici parlé des droits reconnus aux habitants appelés également "voisins", sur les documents de l’époque. Les devoirs avaient été sommairement exposés dans l’article premier qui précisait que : "Les habitants seraient tenus de continuer à payer les tailles tant ordinaires, qu’extraordinaires, au Roy, et autres charges qui pourraient survenir, et aussi de continuer à faire les chemins, réparations des ponts et autres vessiaux (édifices) accoutumées à la dite paroisse et de continuer à la garde des bois et forêts, tant le fort que le faible." On reconnaissait en 1642 que les "abus glissés par le trop de licence, ayant causé plusieurs dégâts dans les bois et terres communes appartenant à la dite communauté, il aurait été trouvé à propos, pour le bien commun d’icelle, de faire des règlements qui ont été renouvellés à diverses reprises, etc. » On lit plus loin que les règlements contiennent également que : "la distribution des charges ordinaires et extraordinaires, afin d’en faire le département (le partage), et cotisations selon les sentiments communs de tous les habitants a toujours été observée inviolablement." 



Nous avons employé indifféremment les mots "Communauté" et "Paroisse" respectant en cela le texte des articles. Il faut entendre par "Paroisse" le village proprement dit ; la "Communauté" étant l’ensemble des habitants. Plus tard, la distinction deviendra effective. 



Les habitants ayant témoigné par leur présence seule (la plupart ne sachant signer), nous révèlent des noms de maisons ou de lieux qui subsistent encore de nos jours. Citons ceux qui reviennent le plus souvent sous la plume du Notaire Royal : Jouandourdouil, Navarine, Selurt, Micalle, Mimizan, Semicourbe, Hurtetia, Sabalue, Jocou de Bas, Chandieu, Greciet, Joanpoulitneuf, Pouyanne, Larralde, Ordoby, Espaloumeyres, Bustin, Joanchicoy, Peyroutet, etc. Ces noms sont répétés avec des orthographes diverses ; seule la consonnance ne trompe pas. Toutes les maisons citées plus haut existent encore avec les réparations ou transformations subies au cours des siècles. Le fait que certains noms propres soient accolés à des noms de maisons laisserait supposer que seuls les propriétaires avaient voix au chapitre lors des Assemblées Capitulaires, mais ceci n’est pas historiquement prouvé. Les locataires ou métayers ne semblaient pas détenir de droits réels sur les forêts (ceci d’après une lettre du Notaire Royal de la Paroisse d’Urt, adressée au Duc de Gramont). 



En ce qui concerne l’organisation municipale, nous ignorons le mode d’élection et la durée du mandat des jurats. Il est évident que rien ne nous permet de comparer, sur ce point, les villes et les campagnes. En 1692, les villes qui tenaient à leurs privilèges ont eu des facilités de rachat des fonctions municipales. C’est le cas de Saint-Jean-de-Luz, dans notre région. Les premières élections se firent certainement par suffrage direct et universel ; par la suite, sans doute au XVIIe siècle, elles se firent au second degré, la nomination finale dépendant des notables. Il nous faudra attendre le XVIIIe siècle, et les nouveaux statuts de 1754, pour apprécier le rôle des jurats. 



Dans une transaction de 1617 passée entre le Baron et les habitants, les droits du seigneur, dont nous avons peu parlé, étaient nettement définis. Il se réservait le droit absolu de faire arpenter à tout moment les bois et terres du lieu, possédés "tant en général, qu'en particulier". Egalement celui de se faire délivrer le bois de chauffage ou de construction nécessaire à l’entretien de ses bâtiments (châteaux, moulins, nasses, etc.). Les habitants devaient user ensemble du bien commun, sous peine d’en être déchus, sans autre déclaration, ni jugement, moyennant la somme de 550 écus, et 15 livres de droits. La transaction permet aux habitants de continuer d’extirper (défricher) à peu près 64 arpents (une trentaine d’hectares) dans la barthe d’Etchepette ; cette surface partagée et clôturée contre paiement d’une somme raisonnable. Le Baron d’Urt se plaint dans cet acte de n’avoir pas reçu les "Lods et Ventes" qui lui sont dus depuis 27 ans (!), par l'usurpation de certaines terres : les unes prises par des particuliers et les autres baillées par les jurats, sans aucune permission. Un état ayant été dressé des sommes dues, les habitants assemblés, furent mis en demeure de s’acquitter sous peine d’être traduits en justice. Il apparaît, au cours de la lecture de ce contrat de transaction, qu’un Ecuyer du nom de Jean de Bédourède avait cédé en fief la totalité des droits de la Maison de Gramont sur notre localité, alors qu’il ne possédait qu’une hypothèque. L’affaire étant complexe, nous vous résumerons les décisions."





A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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dimanche 26 juillet 2026

LE RÔLE POLITIQUE DE DOMINIQUE GARAT D'USTARITZ PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (cinquième partie)

 

DOMINIQUE GARAT ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Dominique Garat dit "Garat-Aîné", né le 12 décembre 1735 à Ustaritz (Royaume de France) - Mort à Bassussary (Basses-Pyrénées) est un avocat et homme politique français d'origine Basque.




député tiers ustaritz avocat pays basque
DOMINIQUE GARAT "AÎNE"


Voici ce que rapporta Michel Etcheverry à son sujet dans le Bulletin de la Société des Sciences, 

Arts & Lettres de Bayonne, en janvier 1930 :



"Le rôle politique de Dominique Garat. 



... Garat était déjà suspect d'"aristocratiser le pays" comme lui-même nous l'apprendra plus loin. Les Jacobins de tout rang qui détenaient maintenant la force accentuèrent leur hostilité contre sa personne et celle de ses amis. L'un des griefs qu'on releva à sa charge, ce fut le silence qu'il avait gardé lorsque l'assemblée primaire renvoya le vote sur l'Acte constitutionnel. Sa conduite de ce jour contribua plus que tout le reste à déchaîner sur lui la colère et la vindicte de ses adversaires politiques, particulièrement celle des représentants Monestier du Puy de Dôme et Pinet aîné.



député tiers ustaritz avocat pays basque
JEAN-BAPTISTE-BENOÎT MONESTIER



Le 2 Octobre 1793 il était appréhendé chez lui. D'autres subirent le même traitement : les deux frères Haitze, Pierre et André (le cadet, Bernard, était mort à Bagnères le 5 Septembre 1793), Pierre Dithurbide, ex-député à l'Assemblée Législative, l'Abbé Harambillet, ancien curé d'Itxassou.



Aussitôt arrêtés, on les mena tous trois sous bonne escorte devant les deux terribles dictateurs. Nous avons sur cette entrevue une déposition faite par les collègues de l'ex-constituante, le 26 Plairial An IV (14 Juin 1796) devant l'Administration municipale du canton d'Ustaritz dont Garat était président. "Les citoyens Haitze frères et Dithurbide déclarent que lorsqu'à l'époque de leur arrestation, le 2 Octobre 1793, avec le citoyen Garat aîné, ils furent conduits à Bayonne devant les représentants Monestier du Puy de Dôme et Pinet qui avaient lancé l'ordre de leur arrestation, ils entendirent Monestier du Puy de Dôme adresser au citoyen Garat aîné une réprimande du style des gouverneurs despotes de l'Ancien Régime dans laquelle, parmi beaucoup d'imputations vagues et insignifiantes, celle-ci fut par eux distinguée comme ayant un peu de précision, c'est que le citoyen Garat l'aîné, présent à l'assemblée primaire de son canton où l'acceptation de la constitution de 1793 avait été suspendue jusqu'à traduction imprimée en langue Basque, ne lui avait pas sauvé cet affront soit en traduisant lui-même en Basque sur le champ à ses concitoyens, soit en n'employant pas l'ascendant qu'on lui connaissait sur eux pour le leur faire accepter au moment même".



Quoique la Terreur ne fût pas encore officiellement instaurée en France, Garat put mesurer l'arbitraire et le sans-gêne dont ces deux tout puissants despotes se montraient déjà capables. Laissons-le raconter dans cette même séance la désinvolture avec laquelle on agit à son égard : "J'atteste que lorsque je fus arrêté le 2 Octobre 1793 avec les citoyens Haitze, Dithurbide et Harambillet, vieux curé d'Itxassou démissionnaire depuis longtemps, par le même détachement qui alla mais en vain arrêter le citoyen Harriet, Gorse, commandant de ce détachement, sur ma demande qu'il eût à me notifier l'ordre de mon arrestation, s'y refusa ; qu'il mit seulement sous mes yeux la partie de cet ordre qui me nommait et les signatures de Monestier du Puy de Dôme, et Pinet auteurs de l'ordre, tâchant de me cacher les noms de mes concitoyens enveloppés dans le même ordre avec ses doigts, à travers lesquels je lus cependant ces noms ; que ce fut qu'en me déposant à Montauban dans la maison de réclusion appelée des Carmélites, que, Labourié, le chef des Gendarmes mes conducteurs, me remit une copie sur papier commun signée de lui de mon ordre d'arrestation laquelle je garde soigneusement devers moi à telles fins que de raison et laquelle est ainsi conçue :


"Les représentants du peuple près des Pyrénées Occidentales et les départements voisins.


Il est ordonné au citoyen Gorse, capitaine de Gendarmerie nationale de faire conduire sous bonne et sûre garde le citoyen Garat l'aîné ex-constituant dans la maison de réclusion de Montauban.


Les frais résultant du transport du prisonnier et de l'escorte qui lui sera fournie seront à sa charge.


Fait à Bayonne le 3 Octobre 1793 l'an II de la République Française une et indivisible.


Signé à l'original J. B. D. Monestier et J. Pinet aîné. Conforme à l'original. A Montauban le 11 Octobre 1793 l'an II de la République Française une et indivisible. Labourié lieutenant de la Gendarmerie nationale".



La réaction Thermidorienne vint arracher Garat à sa geôle. Le 28 Vendémiaire an III (19 Octobre 1794) le Comité de Sûreté Générale donnait l'ordre de le remettre en liberté et le captif rentrait à Ustaritz le 3 Frimaire suivant (23 Novembre 1794).



La municipalité d'Ustaritz semblait ignorer la marche des événements et s'acharnait encore à vouloir perpétuer la réclusion des nombreux compatriotes qu'elle avait fait incarcérer. La haine de ces fanatiques n'a rien appris ni rien oublié ! En ces mois d'Octobre et de Novembre ils renouvellent leur diatribes contre les personnages marquants qui envoient des tableaux politiques pour obtenir un avis favorable à leur élargissement. Vains efforts ! L'une après l'autre les victimes de cette furieuse persécution voient les portes de leur prison s'ouvrir avec l'assentiment des représentants Monestier de la Lozère, Baudot, Garrau ou du Comité de Sûreté Générale.



Aussi bien l'heure approchait où l'esprit nouveau balaierait ces tyranneaux. On s'étonne qu'ils n'aient pas senti la menace. Elle était claire pourtant et venait de haut. Dès le 14 Octobre 1794 Monestier de la Lozère, représentant du peuple dans les départements des Landes, des Hautes et Basses-Pyrénées, manifestait dans un arrêté son intention "d'épurer et organiser les autorités constituées" en conformité de la loi du 7 Vendémiaire (28 Septembre 1794) et la lettre du 13 du même mois (4 octobre) du Comité de Législation. La première étape allait être la reconstitution des administrations de district. Puis, ajoutait-il, "les nouvelles administrations de district indiqueront au Représentant du peuple les autorités de leur arrondissement qui ont besoin d'être épurées ainsi que les citoyens qui peuvent y être appelés par leur patriotisme, leur probité et leur amour pour la chose publique. Cette indication sera faite d'après le voeu du peuple".



Le premier acte de cette rénovation fut, en effet, le remplacement du Directoire du district composé de Delissalde, Lacoste, Duronéa, Daguerressar, Dhiriart, par un Conseil Révolutionnaire provisoire où siégeaient Danglade, Dolabaratz, Bouche, Sarrouble, Dithurbide, Destibeaux et enfin par le nouveau Directoire en titre qui comprenait les citoyens Moracin, Président, Diharce, Dubroca, Fourcade, Bertrand, Ducos et Garrou.



Le travail d'élimination se continua à l'échelon inférieur et ménagea à Dominique Garat une revanche qui dut lui être douce. Par décision du 9 Ventôse an III (27 Février 1795) le nouveau Directoire de district changeait la composition des municipalités dans diverses localités de son ressort et désignait l'ex-consultant "à l'effet de recevoir le serment et procéder à l'installation des autorités qui viennent d'être constituées pour les communes d'Ustaritz, de Hasparren et de Cambo. Le 17 Ventôse (7 Mars), le commissaire s'acquitte de sa mission à Ustaritz, on devine avec quelle joie. Il tint à dégager le sens de cette révolution de palais : "J'ai ouvert la séance, écrivait-il au Directoire du district, après un discours où, développant les vues et les principes de l'arrêté des administrateurs de district j'ai tracé un tableau rapide des crimes et des désastres dont la tyrannie triumvirale avait frappé notre pays et toutes les autres contrées de la République Française ; où j'ai fait sentir, autant qu'il m'a été possible, toutes les vertus qui dans les séances du 9 et 10 Thermidor délivrèrent la République de cette épouvantable tyrannie en envoyant à l'échafaud les 3 tyrans et leurs principaux complices ; où j'ai observé que l'épuration de toutes les autorités constituées sous la tyrannie était devenue l'un des résultats les plus nécessaires de ces séances à jamais mémorables ; où j'ai parlé de l'épuration des principales autorités constituées dans la commune de Bayonne par le représentant Monestier de la Lozère comme dirigée par la véritable opinion publique, c'est-à-dire celle de tous les hommes de bien et où enfin j'ai annoncé aux citoyens d'Ustaritz que celle des autorités constituées dans leur commune confiée par ce représentant à l'administration heureusement renouvelée de notre district leur paraitrait éclairée par la même opinion et formée selon leur voeu pressenti."



député tiers ustaritz avocat pays basque
ARRESTATION DE ROBESPIERRE 
28 JUILLET 1793




A suivre...

 

(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://www.parismuseescollections.paris.fr/)




 

  







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jeudi 23 juillet 2026

HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1912

HENDAYE EN 1912.


En 1912, la commune d'Hendaye compte environ 4 200 habitants et est administrée par M. Ferdinand Camino, vainqueur des élections municipales de mai 1912.




pays basque labourd frontière 1912
VUE GENERALE HENDAYE 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta un électeur Hendayais dans l'hebdomadaire La Frontière du Sud-Ouest, le 

17 mars 1912 :



"Hendaye.



Quelques mois à peine nous séparent des nouvelles élections municipales de mai. Alors que dans nombre de communes environnantes, les différents partis politiques cherchent, les uns à conserver les positions acquises, les autres à prendre la direction du pouvoir, à Hendaye, règne le pouvoir le plus absolu. Comment en serait-il autrement ? Après l’accomplissement d’un programme si chargé, notre municipalité n’aurait-elle n’aurait-elle le droit vie se reposer, et l’électeur jetant un regard sur les quatre années écoulées ne serait-il point satisfait des travaux exécutés ou des projets en voie d’exécution?



Ils seraient bien ingrats, ceux qui ne seraient pas satisfaits et ils devraient bien comprendre qu’en affaires communales de même qu’en affaires particulières, des empêchements viennent mettre opposition à la prompte réalisation des meilleures idées, et tout ne peut se faire à la fois.



Nous allons reprendre une à une les différentes questions portées sur la profession de foi de notre municipalité et de la sorte, avoir une idée bien établie sur le chemin parcouru et les avantages acquis par une municipalité qui porte haut et ferme le drapeau républicain.



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


En premier lieu, examinons la question des écoles.



Depuis une vingtaine d’années, ce projet est à l’étude et ne paraît pas résolu de sitôt. Cela coûte si cher ! Malgré les bonnes finances faites par la ville et le concours de l’Etat, il est impossible de caresser de trop près ce rêve. En attendant nos élèves et ceux de la nation voisine ne sont pas si mal que cela. N’ont ils pas dans la mairie de vastes salles de classe et pour les moments de récréation de grands préaux les mettant à l’abri du mauvais temps ?



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


Pourquoi d’ailleurs se presser ?



Les résultats acquis, sous une haute direction, ne viennent-ils pas satisfaire les plus mécontents ?



Le cours complémentaire n’obtient-il pas chaque année une série de réussites à en rendre jaloux le personnel enseignant du département ? Il faut être bien grincheux pour songer à envoyer les enfants, à Saint-Jean-de-Luz, Bayonne, ou à Dax. C’est méconnaître le zèle et le dévouement apportés dans la direction de ce cours. D’ailleurs des communes plus petites que Hendaye ont réussi à créer des oeuvres post-scolaires, telles que Guéthary etc... C’est que la municipalité y était plus pressée, et le nombre d’élèves plus élevé que chez nous, voilà tout !



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


La création promise d’une école dans le quartier du Subernoa est un grand point acquis. Par le choix de la première titulaire installée à ce poste, on voit bien que cette question n’a été réglée aussi rapidement que grâce au souci constant qu’a notre municipalité d’être agréable... aux pères de famille habitant ce quartier.



Sur la question de l’abattoir, il y a aussi un projet.



Il est vrai que rien ne presse, le local actuel remplissant toutes les conditions d’hygiène, si ce n’est toutefois sa proximité de la route qui va à la plage.



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


Mais quoi ? Ce n’est que rarement en pleine saison, que les touristes sont avertis par le beuglement du bétail renfermé, ou... par les parfums spéciaux.


Il est vrai qu’à Hendaye, nos braves bouchers, abattent un peu dans tous les quartiers, quittes à faire ensuite leur déclaration à la mairie (lorsqu’ils ne l’oublient pas) pour la perception de la taxe. Quant à la vérification de la viande, les habitants sont également à l’abri de toute manoeuvre malhonnête.



Chaque jour le tampon municipal de l’abattoir est apposé par un vétérinaire à deux galons, dont la compétence ne saurait être mise en doute. N’émarge t-il pas pour cette fonction au budget de la ville ?



De temps à autre d’ailleurs, le vétérinaire principal qui habite Saint-Jean-de-Luz, vient voir si tout est en règle. Que veut-on de plus ? nous sommes sûrs de ne manger que de bonne viande.



Nous voyons également parmi les promesses faites par nos édiles, la question du plaçage et des améliorations à apporter à ce service.



Où en sommes-nous ? a-t-on cherché un système meilleur de perception, soit par adjudication, soit autrement, comme cela se fait à Hasparren, Espelette, Saint-Jean-Pied-de-Port, etc. ?



Non, on s’est contenté de mettre un percepteur de plus, grevant ainsi le budget de ce chapitre. Il est vrai que l’autorité et le prestige y gagnent, car les règlements appliqués par deux fonctionnaires empanachés de galons de lieutenant, ne peuvent qu’être bien appliqués.



Pour la question de l’eau potable nécessaire à la population rurale, il nous reste également à féliciter notre municipalité de sa bonne volonté à se procurer et à répartir cet élément si nécessaire. Il est cependant regrettable que le captage des eaux de la ville n’ait servi qu’à pourvoir le sanatorium et la plage, alors que la population rurale se voit réduite à n’utiliser que le superflu. C’est d’ailleurs ce qui légitime le zèle apporté durant la saison d’été, à la fermeture des bornes fontaines.



Est-ce tout ? Non. Bien d’autres questions aussi vitales que les précédentes mériteraient notre attention, mais pour aujourd’hui nous arrêtons là l’énumération.



Pour finir sur une note plus gaie, disons qu’une mention toute particulière doit être décernée pour la bonne organisation de notre musique municipale. Cette phalange sous la haute direction du comité des fêtes, suit également une marche ascendante et de jour en jour nous fait admirer les progrès accomplis.



Il va de soi — vous le savez d’avance — que le programme du mois de mai prochain, sera en tous points, semblable au dernier.



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


Si tous les imprimés n’ont pas été utilisés, il y a quatre ans, il serait économique de les apposer cette année encore, de façon que l’électeur apprenne par coeur les désidérata d’une municipalité républicaine.


Un électeur Hendayais."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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