DISTRIBUTION DES PRIX AU LYCÉE DE BAYONNE EN JUILLET 1922.
Pendant de nombreuses années, les distributions de prix étaient des cérémonies ayant pour but de récompenser les élèves méritants à la fin de l'année et de soutenir une certaine émulation.
LYCEE DE BAYONNE 1905 PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet Georges Blançon dans le quotidien local La Gazette de Biarritz-
Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 13 juillet 1922 :
L'adjoint au maire de Bayonne s'est exprimé en ces termes :
Lorsque M. le ministre m'a fait l'honneur de me désigner pour présider cette cérémonie, je me suis demandé, pour répondre à l'usage, quel sujet j'allais traiter devant vous.
L'adjoint au maire de Bayonne, délégué à l'Instruction publique et aux Beaux-Arts aurait pu vous montrer ce que l'instruction, le progrès social, peuvent avoir d'action, de répercussion, sur la transformation des villes, sur leur embellissement, sur le bien-être matériel et moral de ses habitants.
Mais M. Heldt vient de m'avertir qu'il est souvent préférable d'imiter le bon Conrart. Et avec quelle finesse et quel esprit nous donne-t-il cet avertissement ! Quel bonheur d'expression et quelle langue délicate ! Esope n'en a sûrement pas servi de meilleure à ses convives.
Je ne parlerai donc ni pour vous mesdames, ni pour vous, messieurs, qui êtes trop difficile mais bien pour mes petits amis dont c'est la fête aujourd'hui. Ils seront indulgents pour le vieux camarade du lycée de Bayonne qui veut évoquer, pour eux, les souvenirs d'un passé que des fonctions éphémères rendent plus chers et plus précis.
Mes jeunes camarades, vous allez tout à l'heure entrer en vacances. C'est une joie que les vacances, mais il faut l'acheter par une peine que je vais tâcher de rendre légère. Je l'ai subie autrefois.
Quand arrivait l'heure de la distribution des prix, lorsque nous apercevions sur la table recouverte d'un tapis de velours, les livres gaufrés et les couronnes vertes qu'on allait distribuer, un monsieur, parfois un général, un préfet ou un sous-préfet, se levait, un papier à la main, et au lieu de nous donner tout de suite nos volumes — avec la bienheureuse clef des champs — nous lisait un petit sermon qui, si court qu'il fut, nous semblait interminable ! Nous écoutions peu, nous applaudissions beaucoup peut-être avec le vague espoir que nos applaudissements empêcheraient le monsieur de continuer sa harangue.
La distribution des prix était pareille à celle d'aujourd'hui, mais elle avait lieu dans un cadre plus beau, plus intime et... plus frais. L'estrade décorée d'écussons que surmontaient des drapeaux, enguirlandés de feuillages, se dressait au milieu du parc, sous ses ombrages magnifiques, près des ruines du Château de Marrac.
PREAU LYCEE MARRAC BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Là aussi, le monsieur discourait et ne s'arrêtait pas. Mais, si notre attention était soumise parfois à une rude épreuve, nos yeux pouvaient contempler, une dernière fois, le bois charmant, témoin de nos confidences, de nos ébats, de nos espoirs.
J'ai voulu revoir notre cher lycée. C'était, il y a deux semaines, par une de ces belles journées que Mme de Sévigné appelait si poétiquement "un jour de cristal". La grille était ouverte. Je la franchis sans rencontrer personne. Plus ému que je ne voulais me l'avouer à moi-même, j'eus un de ces moments heureux de l'âme, en passant devant la loge du concierge. Le père Lacaussade, dont la forte moustache et l'allure martiale (on disait qu'il avait été zouave) tenaient en respect tous ceux qui voulaient approcher du panier rempli de gâteaux qu'il nous vendait, pendant la récréation de 4 heures, n'était plus là. Le vestibule, le parloir, n'avaient pas changé. Mais dans la cour d'honneur, les arbres et les arbustes des massifs que je me rappelais petits et grêles, je les retrouvais plus petits et plus hauts, ayant passé la quarantaine.
LYCEE MARRAC BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Les cours de récréation étaient vides. Seuls les pierrots gourmands se disputaient entre eux, piaillaient et jouaient au caprice de leur fantaisie pendant que, dans les classes silencieuses, vous terminiez vos devoirs ou rêviez aux vacances !
Nous aussi nous jouions : les petits jouaient aux quatre coins, à colin-maillard, aux billes ; les moyens aux barres, à la balle au chasseur, et les grands à la pelote ou à l'ours. Ces jeux simples valaient peut-être le football et le tennis ?
Avec des méthodes différentes, les exercices physiques étaient également en honneur. Depuis, la gymnastique suédoise a remplacé les agrès, les championnats de rugby ou d'association, les lendits que se disputaient tous les élèves d'une même académie. Les jeudis, sanglés dans nos uniformes qui ressemblaient à ceux des officiers d'artillerie, ce dont nous étions très fiers, nous faisions l'exercice militaire. Le bataillon de lycéens, armés du chassepot, s'exerçait déjà pour la guerre future et la "Ligue des Montagnards", dont je sais les récents succès, organisait des promenades, des rallyes, s'entraînait au saut, à la marche et à la course.
Ce régime vivifiant s'accommodait à un programme d'études dont on discute encore les réformes. Fort heureusement, M. le ministre de l'Instruction publique vient de rétablir la tradition des concours généraux où se distinguèrent les Blanchet, les Mezence, les Galatoire-Malégarie.
En cherchant bien, sous une table ou dans l'intérieur des casiers, nous trouverions peut-être, voisinant avec les inscriptions murales de "Mox dies libertatis" ou de "Mox fuga" les noms du grand chimiste Moureu, membre de l'Institut, dont la gloire dépasse les limites de la Patrie, du docteur Ernest Fourneau, membre de l'Académie de médecine, inventeur de la "Stovaïne", d'André Lichtenberger, l'auteur de "Gorri le Forban" et de tant d'oeuvres puissantes ou délicates, de Georges Bergès, d'Achille Zô, de Caro-Delvaille, dont les talents se sont affirmés sous les auspices de l'illustre bayonnais, le maître Léon Bonnat. Peut-être aussi, poussant plus loin les investigations, verrait-on, gravés au couteau, ceux des docteurs Lasserre et Lafourcade, intimes des hôpitaux de Paris, qui président avec tant de distinction l'Association des anciens élèves du lycée ; du général Vincendon, des colonels Touchard, Campagne ; de Stachling, docteur ès-sciences, Daguin, Lambert, agrégés de l'Université, de Mounier que j'ai fait souvent enrager, mais auquel je suis redevable avec reconnaissance des quelques notions de mathématiques que j'ai pu retenir. De tant d'autres enfin, dont il serait trop long de donner ici une énumération !"
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Le musée Bonnat-Helleu est le musée des Beaux-Arts de la ville de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), comportant notamment un grand nombre d'oeuvres des peintres Léon Bonnat et Paul César Helleu.
MUSEE BONNAT BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Le bâtiment a été construit à la fin du 19ème siècle par l'architecte Charles Planckaert membre
de l'Institut.
Sa construction fit suite à l'incendie qui ravagea la mairie de Bayonne en décembre 1889, au
cours duquel une grande partie des archives et des collections possédées par la ville furent
détruites. Le bâtiment avait à l'origine une quadruple vocation : archives, bibliothèque, musée de
peinture et muséum.
Inauguré en 1901, la première pierre avait été posée en 1896 par le maire Léo Pouzac.
Voici ce que rapportèrent à ce sujet Antonin Personnaz et Georges Bergès dans leur livre : "Le Musée de Bayonne. Collections Bonnat" (éditeur Henri Laurens).
LIVRE LE MUSEE DE BAYONNE PAR ANTONIN PERSONNAZ ET GEORGES BERGES
Deuxième Etage.
Salle II. — Œuvres de Léon Bonnat : 565. Portrait de M. Charles Sarvy, son oncle, en 1855 ; 1134. Falaise au bord de la mer ; 1146. Intérieur de la Chapelle Sixtine ; 1177. Etude d'après la Suzanne de Rembrandt du Kaiser Friedrichs Museum de Berlin ; 1174. Copie de la Vierge Glorieuse de Rubens à l'église Saint-Augustin, à Anvers ; 573. L'enfant endormie (Portrait de la sœur de l'artiste) ; 1179. Paysage de montagnes italiennes ; 1147. La statue de saint Pierre dans la Basilique Saint-Pierre de Rome ; 1173. D'après Rubens, Triomphe de Flore ; 1139. Maison au bord d'une clairière dans le Midi ; 1170. Copie du portrait du Pape Innocent X par Vélasquez à la Galerie Doria, à Rome ; 1172. Esquisse d'après Van Dyck ; 1153. Copie du plafond de Paul Véronèse au Louvre (La chute des géants) ; 1152. Copie de la Création de l'Homme de Michel-Ange (chapelle Sixtine) ; 1161. Trois études dans le même cadre d'après l'Ecole d'Athènes de Raphaël au Vatican ; 1160, Copie du portrait du Pape Léon X par Raphaël ; 1154, Etude d'après le Concert Champêtre de Giorgione, au Louvre ; 1166. Copie de la Mise au Tombeau du Titien, au Louvre ; 1113. Un artiste debout en train de peindre ; 1114. Portrait de Bonnat jeune par lui-même ; 46. Copie de la Vierge et de l'Enfant Jésus dans le tableau de Raphaël (La Vierge de Foligno) (Galerie du Vatican à Rome) ; 1165 Copie du Martyre de Saint Pierre de Vérone du Titien dont l'original est détruit ; 1157. Copie du Miracle de Saint Marc du Tintoret (Académie à Venise) ; 50. La Création d'Eve (Copie d'une fresque de Michel-Ange, Chapelle Sixtine) ; 1148. Etude d'après un fragment de la Mise en Croix de Fra Angelico (Couvent de Saint-Marc à Florence) ; 1108. Portrait de sa mère, de son frère et de sa sœur en 1853 ; 569. Portrait de M. Bonnat, père du peintre ; 1155. Etude de la descente de Croix de Daniel de Volterra à la Trinité des Monts à Rome ; 222. Portrait de M. Charles Sarvy, son oncle ; 1156. Etude d'après la descente de Croix de Tintoret, à l'Ecole Saint-Roch à Venise ; 1176. Copie de la Ronde de nuit de Rembrandt ; 47. Copie d'une partie de la descente de Croix de Daniel de Volterra à la Trinité des Monts à Rome ; 49. Copie de la Fresque de Raphaël, à l'Académie de Saint-Luc à Rome.
TABLEAU FAMILLE DE LEON BONNAT 1853 PAR LEON BONNAT
1094. Robert Fleury, La Pieta aux Anges d'après Van Dyck. — 665. Bonnat (Léon), Le Mont des Oliviers, — 1071. Lionnet, Paysage. — 1111. Bonnat (Léon), Portrait de M. Charles Sarvy. — 594 bis. Id., Giotto gardant les chèvres. (Premier tableau du peintre exécuté à Madrid, à l'âge de 17 ans). — 1164. Id., Copie d'après l'Amour Sacré et l'Amour Profane du Titien à la Galerie Borghèse à Rome. — 2446. Id., Portrait de Bonnat par lui-même (dessin) exécuté en 1852 (une des œuvres qui valurent à l'artiste la bourse de la ville de Bayonne). — 1100. Segé. Paysage au bord de la mer. —1112. Bonnat (Léon), Portrait de Paul Bonnat, son frère. — 1163. Id., Copie de l'Antiope du Titien, au Louvre. — 666. Id., Un couvent au désert. — 1158. Id., Copie d'un Fragment du Triomphe du Saint-Sacrement de Raphaël au Vatican (Saint Pierre et Saint Jean-Baptiste). — 1175. Id. ; Copie d'un des Syndics des Drapiers de Rembrandt au Rycks Museum d'Amsterdam. — 1151. Id., Etude d'après l'un des Prophètes de la Chapelle Sixtine. — 45. Id., Copie de la Vierge et de l'Enfant dans une fresque attribuée à Léonard de Vinci. — 1133. Id., Rochers. — 1130. Id., Paysage italien.
TABLEAU GIOTTO GARDANT LES CHEVRES 1850 PAR LEON BONNAT
Salle III. — Œuvres de Léon Bonnat: 575. Portrait de l'abbé Lavigerie peint en 1861 ; 575. Portrait de M. Adrien Barthe, compositeur de musique ; 549. Le Bon Samaritain (mention honorable, Salon 1859) ; 554. Portrait de M. Poydenot ; 2647. Portrait de Mme Edouard Pascal, née Anna Jannon ; 563. L'Assomption de la Vierge (esquisse du tableau de l'église Saint-André à Bayonne) ; 570. Portrait de la sœur du peintre (peint à Madrid en 1850) ; 571 Portrait du frère du peintre (peint à Madrid en 1850) ; 1168. Copie du martyre de saint Barthélémy par Ribera (Musée du Prado) ; 548. La Résurrection de Lazare (Premier second Grand Prix de Rome en 1857) ; 572. Portrait de M. Sarvy, son oncle ; 44. Mort d'Ananie (esquisse de concours exécutée à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, en 1855) ; 1106. Portrait de Jeanne-Marie Harostéguy, vers 1857 ; 568. Un Turco ; 566. Tête d'étude d'après Louis Arias ; 567. Nature morte ; 553. Portrait du Dr Ernest Lafont à l'âge de 18 ans ; 558. Femme Fellah portant son enfant ; 562. Etude d'après lui-même pour un personnage du Martyre de saint André ; 557. Italienne ; 555. Portrait de Mme Poydenot ; 556. Portrait de Mme Poydenot ; 1149. Copie de Dieu créant le Monde à la Chapelle Sixtine ; 550. Pochade d'après le Charles-Quint du Titien (Musée du Prado) ; 564. Son portrait par lui-même à l'âge de 17 ans ; 592. Portrait de Pie IX ; 1150. Etude d'après le Jugement dernier de Michel-Ange ; 1109. Portrait de son père ; 561. Pochade de l'Infant Don Balthazar de Velasquez.
PORTRAIT DE L'ABBE LAVIGERIE 1861 PAR LEON BONNAT
Salle IV. — Œuvres de Léon Bonnat: 588. Portrait de Mme Albert Cahen d'Anvers ; 576. Portrait de Marie Bonnat, sa sœur (1866) ; 589. Portrait de Mme Edouard Kann ; 578. Portrait de l'artiste par lui-même (1871) ; 587. Portrait de Mme Bishoffsheim ; 577. Portrait de Mme Jean de Reszké.
PORTRAIT DE MME KAHN 1881 PAR LEON BONNAT
Salle V. —Œuvres de Léon Bonnat: 586. Portrait de Mme Steinhel ; 51. Samson luttant avec un lion ; 590. Nature morte (Capucines) ; 580. Portrait du pianiste Paderewski ; 1118. Portrait de M. Pellegrini ; 559. Jacob luttant avec l'Ange ; 582. Portrait de M. Félix Faure ; 54. Aigle liant un lapin ; 583. Portrait de Mme Rose Caron, de l'Opéra ; Martyre de saint André (esquisse) ; 581. Esquisse du portrait de la comtesse P. ; 550. Le Martyre de saint André (médaille de 2e classe, Salon de 1863) ; 55. Esquisse pour un plafond au Palais de justice de Paris ; 2648. Portrait de Mme Aubryet ; 579. Portrait d'Ingres ; 53. Idylle (Salon de 1900) ; 52. Portrait de Barye ; 591. Portrait de la baronne de Hirsch, née Poliakoff.
PORTRAIT DU SCULPTEUR ANTOINE BARYE PAR LEON BONNAT
Salle VI. — 1095. Saint-Germier, Un canal à Venise. — 2380. Baronne Nathaniel de Rothschild, Vue de Venise. — 1082. Manzano, Son portrait par lui-même. — 58.Carpeaux, Portrait de M. Laporte. — 1074. Henri Martin, Portrait de Jean-Paul Laurens. — 104. Robert Fleury, Doge recevant une Ambassade (esquisse). — 15. Enrique Mélida (beau-frère de Léon Bonnat), Espagnole en mantille dans un jardin ; — 19. Id. Champignons. — 69. Degas, Portrait de Bonnat en 1862. — 68. Portrait d'Albert Mélida. — 105. Robert Fleury, Les Foscari (esquisse). — 96. Meissonier, Étude de cheval."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Roncevaux (Orreaga en Basque) se situe en Navarre et fait partie de la commarque d'Aunamendi.
EXCURSION COL DE RONCEVAUX NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet P. Etcheverry, dans le Bulletin trimestriel de la Société des
sciences, lettres & arts de Bayonne, en janvier 1926 :
"Pouillon (Landes) le 18 Septembre 1923.
Le Lieutenant P. Etcheverry au Commandant de Marien, Président de la S. S. L. A. E. R. de Bayonne.
Mon Commandant et Cher Président,
Voulez-vous permettre à un de vos modestes sociétaires de vous communiquer le compte rendu d’une excursion faite dans les hautes montagnes de la Navarre ? Je l’avais projetée en 1912 et l’ai exécutée, enfin, dernièrement, dans d’excellentes conditions.
Elle avait pour but :
1° de réchauffer l’amitié un peu refroidie de quelques parents Bas-Navarrais, éloignés, non vus depuis plusieurs années, pour cause de guerre ;
2° de repérer l’emplacement de dolmens, menhirs, tumulus, gîtes miniers, aperçus dans la montagne au cours d’excursions faites jadis ;
3° de voir encore de plus près et d’apprécier davantage les trésors accumulés au couvent de Roncevaux, admirés en 1886 et 1903, étudiés et commentés depuis, grâce à la lecture des ouvrages de sociétaires plus qualifiés que votre serviteur ;
4° enfin, de faire une bonne promenade hygiénique et salutaire, une véritable cure d’air et d’eau fraîche, à la forêt et à la montagne en souvenir des grandes manoeuvres d’autrefois.
Pour réaliser ce projet, j’ai profité de ce qu’un cousin de Lasse, maison Eluchanzenia haut, se rend une fois l’an à pareille époque à "Borthua" pour visiter le bétail au pacage. D’autres Bas- Navarrais choisissent aussi cette date, soit pour faire la même visite, soit pour assister le 8 septembre, à Roncevaux, à la fête de la Nativité de la Très Sainte Vierge Marie.
8 SEPTEMBRE NATIVITE DE LA VIERGE
Le 7 septembre, à la pointe du jour, nous avons pris à l’Ouest et au haut d’Arnéguy, la vieille route muletière de France en Espagne (voir sur la carte l’itinéraire). A 10 h. nous étions au sommet de Harri-Behaka (pierres qui regardent), d’où partent trois ravins rocheux vers Arnéguy. En effet, sur ce plateau, se trouvent réunis et debout plusieurs rochers, formant cercle autour d’un autre de forme rectangulaire, plus grand et plus large que les précédents. Ces pierres sont exposées de telle façon qu’elles semblent regarder, à l’Est, les villages d’Arnéguy, d’Ondarolle et de Val-Carlos, qu’elles dominent majestueusement. Tout donne à croire que cet endroit est bien l’emplacement d’un dolmen entouré de menhirs.
CARTE ITINERAIRE SOCIETE SCIENCES LETTRES & ARTS BAYONNE JANVIER 1926
Après une demi-heure de halte, nous reprenons le sentier, afin de nous trouver sur les hauts plateaux avant la grande chaleur. A midi (heure vieille) nous fîmes la 2e halte au col de Ahunz-aro (pacage de chèvres). De ce point le coup d’œil est charmant : on aperçoit vers l’Ouest, dans la vallée de la Nive les villages de Baïgorry, d’Eyharce, d’Anhaux, d’Irouléguy ; à l’Est, sur la Nive d’Arnéguy, ceux de Valcarlos, d’Ondarolle, d’Arnéguy. Deux carabineros (douaniers espagnols montent, en permanence, la garde sur ce col où aboutissent les sentiers qui communiquent entre les deux Nives. Des pèlerins arrivent de tous côtés ; ils sont joyeux, contents de se rencontrer, encore une fois, sur ces hauteurs, pour se rendre en groupe à la cérémonie traditionnelle.
Chemin faisant, bientôt, devant nous, face au sud, se dresse un grand pic. Nous sommes arrivés à la montée escarpée, la plus rude du voyage, qui va nous permettre d’atteindre "Harri Goyarak" (pierres hautes) 1 217 m . Le sentier est à flanc de coteau, tantôt en Espagne, tantôt en France. Pendant cinq kilomètres, nous grimpons, en longeant toujours la frontière.
A l’entrée de la grande forêt de Hayra, 3e halte. Au col de Mehatze, un pèlerin des Aldudes m’annonce qu’une grande coupe de hêtres est en train de s’exécuter, par une Compagnie anonyme. Je lui demande s’il ne connaît pas l’endroit où l’on a exploité, jadis, une mine de plomb. Il me répond, qu’en effet, dans un bas fond, non loin de notre direction, il existe des trous et des baraquements démolis d’anciens mineurs. Je me rends à l’endroit indiqué et prélève quelques échantillons de ce précieux minerai.
FORÊT DE HAYRA BANCA BASSE-NAVARRE
Nous faisons la 4e halte, à 16 h., au col de Lindux. J’en profite pour monter sur la redoute abandonnée 1 207m.) qui se trouve entre ce col et Burdin-Kurutzetako lephoa, (col de la Croix de fer). Il n’existe pas de croix, mais on y rencontre un croisement de plusieurs sentiers et deux sources d’eau ferrugineuse. De la redoute le coup d’œil est encore plus beau que de partout ailleurs. L’horizon s’étend au loin : au N. O. vers Urepel, les Aldudes, Banca, la vallée du Bastan ; au sud vers la vallée d’Erro, Mesquiri, Espinal et Burguete.
COL DE LINDUS ARNEGUY BASSE-NAVARRE
D’autres pèlerins nous croisent encore, toujours joyeux, chantant ; ils nous souhaitent la bienvenue. Ceux-ci arrivent d’Urephel (eau tiède), des Aldudes, Aldeat-uda (printemps perpétuel), d’Elizondo (près l’Eglise) et de la vallée du Bastan. Pendant que je cause avec les uns et les autres, tout en contemplant le beau panorama qui se déroule à mes pieds, le cousin fait la reconnaissance de son troupeau à Borthua (voir la carte). Là, se trouvent de vastes pâturages, que les communes espagnoles avoisinantes, peu délicates, se sont empressées de fermer pendant la guerre. Aussi manque-t-il des fourrages pour nos pauvres bêtes qui souffrent et s’anémient. Cependant leurs propriétaires payent fort cher au gouvernement espagnol le droit de pacage ! Ils sont très mécontents de ces abus et se demandent pourquoi l’on ne respecte plus les conventions du "Quintoa" des traités d’Utrecht et de Rastadt ( 1714).
De Lindux à Burguete, nous descendons sans cesse le long du Macharrua, qui coule dans un ravin bordé de hêtres. Nous avons rencontré plusieurs scieries abandonnées qui ont fourni aux alliés des milliers de traverses pendant la guerre. Au crépuscule, nous étions rendus à Burguete. Nous trouvons le village en fête, pavoisé, éclairé à l’électricité ; les maisons et les "posadas" (restaurants) regorgent de pèlerins. A l’hôtel "Armanda" on nous fit bon accueil ; seule la cuisine à l’huile ne fut guère appréciée ; nous lui fîmes tout de même honneur, car l’air vif de la montagne nous avait mis en bon appétit. Une excellente nuit, passée à quatre dans une chambre modeste, acheva de réparer nos forces (5e halte).
HÔTEL BURGUETE NAVARRE NAVARRE D'ANTAN
Le lendemain, debout à l’aurore, j’ai parcouru les alentours du village et admiré les grands champs d’herbe, d’avoine et de froment que renferme le vaste plateau de Burguete. La vigne, le maïs ne poussent pas ; il y fait trop froid. L’hiver dure sept mois. Les habitants sont robustes, affables ; ils accueillent bien les étrangers. Beaucoup d’enfants à Burguete ; certaines familles en possèdent jusqu’à quinze ! A 10 h., nous nous sommes rendus à Roncevaux (3 k.) L’Eglise trop petite pour contenir la foule, était illuminée ; elle avait revêtu pour la circonstance, sa plus belle parure. Les pèlerins, recueillis, debout, se serraient à s’étouffer. A force de jouer du coude, du genou et du pied, j’ai pu me glisser jusqu’au bas de la chaire."
L'ABANDON DU STADE HENDAYAIS RUGBY À PARIS EN 1925.
Lors de la saison de rugby de la FFR 1924-1925, le Stade Hendayais est dans la poule A, avec Stade Toulousain, Stade Français, AC Perpignan et SU Agen.
STADE HENDAYAIS RUGBY PARC DES PRINCES 15 FEVRIER 1925 PHOTO AGENCE ROLL
Voici ce que rapporta à ce sujet J. Faget dans la revue hebdomadaire La Côte basque :
revue illustrée de l'Euzkalerria, le 22 février 1925 :
M. Faget, le dévoué secrétaire général du Stade Hendayais qui accompagna notre vaillante équipe à Paris pour le match Stade Français Hendaye, match comptant pour les Poules de 5, a bien voulu expliquer lui-même à nos lecteurs dans un article spécialement écrit à leur intention comment le Stade Hendayais dut abandonner le terrain, victime des circonstances. Nul mieux que lui n’étant qualifié pour décrire cette épreuve — dans le plus triste sens du mot — à laquelle il assista et au cours de laquelle il soutint nos joueurs de tout son dévouement. Nous lui passons donc la parole.
JERÔME FAGET STADE HENDAYAIS RUGBY PAYS BASQUE D'ANTAN
Ce match est sans histoire, une tempête imprévue de pluie et de neige fondue ayant enlevé tout intérêt à une rencontre qui s’annonçait sévère, intéressante, où chaque équipe avait ses chances de succès. Hendaye dont l’équipe était supérieurement entraînée a été vaincue par les éléments. Partis de Hendaye avec 15° au dessus de zéro, les Hendayais se trouvaient subitement plongés au Parc des Princes, dans des bains de boue glacée.
Les Parisiens revêtus au-dessous de leurs maillots de chemisettes imperméables, véritables cirés, pouvaient victorieusement braver les intempéries, beaucoup mieux que le modeste maillot de coton des Hendayais, et il a fallu un réel courage à ces derniers pour oser affronter non pas le Stade Français, les Toulousains étaient autrement durs, mais la bise glacée du Nord, qui n’a rien de comparable à nos vents du Sud. L’arbitrage de M. Payret fut très contestable et alors que les Hendayais les membres raidis par le froid, s’essayaient à faire du jeu régulier, les Parisiens jouaient au sifflet, c'est-à-dire, fort des déclarations de l’arbitre parues sur un journal du matin, mettaient en pratique toutes les irrégularités du jeu, hors-jeux de 4 et 5 mètres, rampant à terre quoique tenus et c’est ainsi que fut marqué le deuxième essai, l’homme plaqué à deux mètres des buts de Hendaye rampa, rampa, sous les yeux indulgents de l’arbitre, quoique tenu par trois Hendayais, ce qui fit dire à l'Echo des Sports : l'arbitrage de M. Payret fut large, large, large. . . et cet arbitre serait à revoir.
RUGBY : STADE FRANCAIS PARC DES PRINCES 1 FEVRIER 1925 PHOTO AGENCE ROLL
A la mi-temps Hendaye rentra au vestiaire, immédiatement de l'eau chaude préparée d’avance fut jetée sur les équipiers Basques, un bon café chaud et des frictions énergiques ranimèrent les joueurs lesquels, quoique vêtus des mêmes maillots maculés de boue glacée, enfoncèrent en coin le pack Parisien et foncèrent plus de 10 minutes dans leurs 20 mètres.
Le soleil, que n’était-il de la partie ! La bise, la pluie persistante, et avec quelle vigueur tombait- elle, eurent raison de nos braves petits joueurs. Léon Pardo, le premier faiblit : ses orteils étaient gelés et le vertige s’était emparé de lui ; il avait peur de tomber sur le terrain et se retira, houspillé par un public abrité qui ne comprenait pas que des conditions atmosphériques déplorables risquaient d’amener des accidents regrettables.
Léon Pardo devant cette manifestation stupide, revint sur le terrain, pas pour longtemps, les mêmes symptômes de congestion le reprenant. Pée, la figure gonflée se retira également, le capitaine Siro, qui cependant est d’une énergie peu commune, soutenu par deux de ses camarades, put à peine articuler deux paroles pour demander à l’arbitre l’autorisation de se retirer du terrain, et éviter ainsi des accidents possibles. C’est pendant cette phase de la partie que les deux essais de la seconde mi-temps furent marqués par le Stade français, dont les sous vêtements imperméabilisés protégeaient magnifiquement ses joueurs.
Imprévoyance des Hendayais, disaient certains journaux. Non! Manque de moyens financiers, répondront les gens logiques, car Hendaye, (4 200 habitants) n’est pas Paris et pour faire le voyage en 3e classe et emporter les repas dans un panier, car ni les wagons-restaurants, ni les wagons-couchettes ne sont faits pour les déshérités ; Hendaye, la petite commune s’est imposée une souscription pour envoyer ses enfants à Paris.
"Le Stade Hendayais a été vaincu par la tempête" et si l’équipe a quitté le terrain, c’est par force, malade, la rage au cœur de n’avoir pu montrer au public parisien, ce que peuvent la volonté et la persévérance, car le Stade Hendayais était prêt et capable de gagner : complet dans toutes ses lignes, la mêlée, son point faible, avait été travaillée et faisait merveille dès le début, (sur 5 mêlées, 3 fois le ballon) la Fatalité est toujours très dure pour les petits, en raison précisément des forces matérielles précaires dont ils disposent.
Effondrement complet pour les Hendayais, les éléments cruels annihilant leurs moyens physiques et anéantissant leurs espérances matérielles fondées sur une belle recette. Ah ! qu’ils auraient été les bienvenus ces 15 billets de mille, et que de projets échafaudés ! Au lieu de cela le déficit dans la modeste caisse et les gros Pontifes vous diront encore "Imprévoyance".
Bref, la seconde mi-temps fut interrompue au bout de 18 minutes de jeu, des concours bénévoles s’offrirent, de l’eau chaude fut encore jetée sur les joueurs, qui passèrent à la douche, chacun prit un homme, et des massages très durs furent employés, des boissons très chaudes complétèrent les soins. Comme le public continuait à protester, ainsi que quelques dirigeants du Stade Français, vite, je pris le petit demi de mêlée Recarte dans mes bras et le présentai à l’arbitre, à la foule et à beaucoup de journalistes et leur criai s’il était humain d’exposer inutilement la santé d’un homme. Le petit Recarte claquait des dents, ses bras étaient inertes et pour lui enlever ses souliers il fallut lui couper les lacets ainsi que les genouillères. M. Payret l’arbitre mentionna dans son rapport :
Le match fut joué une première mi-temps correctement. A la deuxième mi temps au bout de 18', le capitaine Siro voyant ses hommes à bout, malades me demanda l’autorisation de quitter le terrain. Un temps affreux persistant, j’accordais cette autorisation les Hendayais étant frigorifiés.
Donc la conduite du Stade Hendayais a été en la circonstance absolument au-dessus de toute critique.
STADE HENDAYAIS RUGBY 1926
Persister à jouer, c’était courir au devant de risques bien gros et pour avoir voulu courir ces risques St-Girons qui jouait à Buffalo quitta le terrain 10' avant la fin, mais eut trois évanouissements sur le terrain et un quatrième dans le vestiaire, un joueur fut ramené sérieusement malade.
René Petit qui jouait dans la sélection Guipuzcoa avouait le soir que le froid intense empêchait ses camarades de dribbler et qu'il souffrit cruellement de voir les équipiers de deux camps souffrir énormément du froid et c’était de l’Association, donc pas de plaquages dans la boue glacée qui vous coupait toute respiration comme à Buffalo, comme au Parc des Princes.
Le Stade Hendayais a vu d’autres déconfitures les dirigeants sont des énergiques, et l’équipe qui se dispose à partir à Perpignan affronter les Arlequins n’est pas découragée. Que la chance nous favorise un peu, et on verra !"
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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En juillet 1934, paraît le premier numéro du journal Elgar ("ensemble"), fondé par Paul Legarralde, compositeur, chef de choeur et fondateur du groupe Errepika rebaptisé Gernika en 1937.
CHÊNE DE GUERNICA BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet Xey, dans le mensuel Elgar, Journal des Basques de Paris, le 1er avril 1948 :
Guillaume de Humboldt, dans son Journal du voyage basque (1801), raconte qu'il vit "un vieux chêne, grand et épais, sinon gracieux. Le tronc était abîmé par les vents et plusieurs branches étaient desséchées. Autour du vieux chêne, trois ou quatre autres arbres plus jeunes, de façon qu'il y eût toujours un chêne. Derrière le grand arbre, un monument de pierre, des balustrades de pierre également, et, adossé au mur de derrière, un banc de pierre où sept personnes pouvaient s'asseoir. Au milieu, la place du "Corregidor", à droite et à gauche, celles des députés, des syndics et des secrétaires. Quatre colonnes supportaient une toiture, parce qu'auparavant la "Junta" avait lieu près de l'arbre, avant la construction de la chapelle de Santa-Maria-la-Antigua, vers le début du XVe siècle, par le Corregidor de Biscaye, docteur Gonzalo Moro."
LIVRE LES BASQUES OU REMARQUES...1801
DE GUILLAUME HUMBOLDT
Les armes royales figuraient sur les murs du Gouvernement basque, et, à côté, celles de Biscaye : deux loups avec une croix recouverte de feuillage. Sous le dôme décrit ci-dessus, Ferdinand le Catholique et la reine Isabelle, en personne, prêtèrent le serment des "Fueros".
ARMOIRIES DE LA BISCAYE SOCIETE SCIENCES LETTRES ARTS BAYONNE 1 JUILLET 1931
La chapelle de Santa-Maria-la-Antigua était destinée aux sessions des Juntas générales, mais ces assemblées étaient toujours inaugurées sous l'arbre sacré. Autour du chêne, assis, les députés de Biscaye s'entretenaient en "Isatu zarra" (réunions d'anciens).
Avant le XVIe siècle existait un seul banc, où prenaient place les rois ou les seigneurs ; c'est en 1565 que les sept sièges de pierre dont parle Humboldt furent édifiés ; et, en 1826, la Députation générale de Biscaye fit édifier la Maison des Juntas que nous avons connue.
Cet édifice se compose de trois constructions. En façade, deux écussons aux armes de Biscaye. La salle, toute en longueur, peut contenir 300 personnes. Dans la partie intérieure la plus rapprochée du mur de fond, les bancs pour les députés, et, sur ce mur de fond, un autel avec l'image de l'Immaculée-Conception : c'est là qu'avant chaque session, se célébrait la messe dite du Saint-Esprit.
Devant la salle des réunions et sous l'arbre, s'élève un monument de pierre de vingt-deux colonnes de style corynthien. Et, en face, deux tribunes avec des balcons ; d'une de ces tribunes, le secrétaire de la Députation procédait à l'appel des représentants des villages. L'assemblée présentait un curieux aspect : on y voyait le vieil habit biscayen et la culotte courte, le béret de la campagne et le chapeau de la ville, le frac, l'élégant pantalon, le gant ajusté, le col repassé et la chemise ouverte du "gizon"... Le principe de l'égalité régnait et le plus grand respect était observé réciproquement par tous les membres et l'on tenait le plus grand compte de la moindre observation du Corregidor qui présidait au nom de la couronne de Castille...
PAYANS BISCAYENS BISCAYE D'ANTAN
Et durant les dix ou douze jours que durait la session, la ville de Guernika, fondée par le comte de Tello, seigneur de Biscaye, présentait un aspect animé, car les Juntas attiraient tous les candidats aux postes administratifs, tous ceux qui avaient des affaires à traiter et de nombreux curieux du pays basque.
STATUE DE DON TELLO GUERNICA PAYS BASQUE D'ANTAN
Que reste-t-il de tout cela ? L'arbre de Guernika et la Maison des Juntas, en guise de souvenir. La Députation provinciale a remplacé la Députation des "Fueros". Du vieux chêne, qui inspira son hymne à Iparraguire, une de ses souches..."
CASA DE JUNTAS GUERNICA BISCAYE D'ANTAN
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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