mercredi 1 mai 2019

LE PREMIER MAI À PASAJES - PASAIA EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1931


PREMIER MAI 1931 À PASAJES.


Le premier mai 1931 est une journée de revendications en Guipuscoa.


pais vasco antes arrue
PASAJES - PASAIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


La tradition du premier mai  revendicatif des travailleurs remonte au premier mai 1886.



Cette année là, les syndicalistes américains organisent des actions collectives le premier mai en 

faveur de la journée de huit heures.


Certains travailleurs obtiennent satisfaction mais 340 000 d'entre eux doivent faire grève 

pour avoir eux aussi gain de cause.


Le 3 mai 1856, une manifestation est violemment réprimée par la police et il y a trois morts 

parmi les grévistes.


Une marche de protestation a lieu le lendemain et au moment de la dispersion, une bombe 

explose.


Il y a une quinzaine de morts parmi les policiers.


Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité.

Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines. 

Ils seront réhabilités plusieurs années après.

En souvenir de ce drame va être instauré chaque année une "journée internationale des 

travailleurs" ou "Fête des travailleurs", appelée plus communément "Fête du Travail".




Voici ce que rapporta la Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans son édition 

du 2 mai 1931, sous la plume de Léon Sylvain :


"Primero de Mayo".



"Pasajes sous toutes les couleurs.



Où fallait-il aller sans s'aventurer dans un trop long voyage, pour se faire une idée de la façon dont se passerait le 1er mai en Espagne ? A Saint-Sébastien ? Ville d'affaires, mais ville mondaine où la population ouvrière est peu dense, celle-là ne paraissait pas indiquée. Pourquoi ne pas se rendre à Pasajes où les dockers, les ouvriers des industries, les marins sont en nombre notable ? Nous sommes allé à Pasajes. 




Quand, en route pour Saint-Sébastien et le Guipuzcoa espagnol, on passe au-dessus de la ville, soit que vous transporte la Compagnie du chemin de fer del Norte ou le tramway électrique qui part de la gare d'Hendaye, on ne se fait qu’une idée bien imparfaite de sa structure et de celle de son port. On aperçoit quelques grands bateaux. Mais tous n'apparaissent pas derrière la gare et les bâtiments qui entourent le grand bassin. La vue des bateaux de pêche, qui sont toute une flottille, échappe également au voyageur. 



euskal herria lehen
PASAJES - PASAIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Singulière ville que Pasajes.... 




Elle se fragmente en plusieurs quartiers depuis la voie du tramway jusque de l’autre côté du port, à l'extrémité de la pointe où est bâtie la seconde église. Ses habitations par des rues étroites et tortueuses paraissent vouloir grimper à l’assaut de la montagne et d'un château à tourelles : Salinas, dont la grande porte d'entrée porte un écusson surmonté d'une couronne de marquis. 




Mais la porte est fermée, comme sont clos hermétiquement tous les volets et, derrière les volets, à n'en pas douter, toutes les fenêtres. 




Pasajes, ville qui ne manque pas de couleur pittoresque, sent le poisson, les filets et le linge qui sèchent presque à toutes les fenêtres. Aujourd'hui Pasajes sent même un peu la poudre. Mais qu'on se rassure : il ne s'agit que de celle des pétards qu'on tire en l'honneur du 1er Mai.



pasajes guipuzcoa antes
PASAJES - PASAIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le premier Mai... dès la descente du tramway et dès les premiers pas dans la ville, on sent qu'il doit être célébré là avec comment pourrait-on dire... - avec ferveur, si vous voulez, comme aussi avec joie. Aux revers des vestons des hommes, au corsage des jeunes fil les, on voit non pas une, mais deux, trois, quatre ou cinq églantines rouges. Aux fenêtres, souvent à côté du linge dont nous parlions tout à l'heure, flottent le drapeau national violet, jaune et rouge et, par endroits, le drapeau rouge, avec ou sans inscriptions. 




Dans le bassin, à côté d'un ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique, le Roussillon, dont Le Havre fut le port d'attache mais qui vient d'être acquis par une compagnie espagnole, à côté aussi d'un navire de la marine de l’Etat et d’un élégant trois-mâts mixte, les autres vapeurs ont hissé leur pavillon national respectif. Mais à ce drapeau, les bâtiments espagnols ont tous ajouté le grand pavois. Ils sont nombreux, ces bateaux, ils sont beaux et d’un tonnage respectable. 


pasaia lehen
PASAJES - PASAIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je ne le constate pas sans mélancolie, en songeant à Bayonne. 




Mais voici les pétards et voici un cortège. Il est composé surtout de jeunes gens et de jeunes filles. Ils chantent l'Internationale qu'accompagne une fanfare rudimentaire. En tête, le drapeau national, mais, tout auprès, une immense banderole rouge que tiennent d'un côté une jeune fille et, de l'autre, un manifestant. Puis encore des drapeaux rouges avec des inscriptions en lettres blanches ; en fin, en dernier lieu, le drapeau rouge des Soviets, avec la faucille et le marteau. Il s’avoisine d’une pancarte, nous avisant que ce dernier groupe est composé de la représentation soviétique.




Les manifestants continuent leur marche en chantant. 




Tout est calme d’ailleurs. Les habitants, les uns souriants, les autres indifférents, regardent passer. Pas un garde civil, pas un agent. 



guipuzcoa antes
PASAJES - PASAIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le cortège éloigné, nous avons poursuivi notre chemin. Un vieux poivrot rubicond nous demande une cigarette et nous interroge : "Francès, senor?" 



— Oui, répondons-nous. 




Alors, pour nous prouver sa sympathie, à moins que pour faire montre de ses connaissances linguistiques, il nous dit, en prenant la cigarette : "Thank you !" qu’il prononce d’ailleurs "Tenkiou"... 




Le dos courbé sous la pluie et l'orage intermittent, nous revenons sur nos pas. Un son aigrelet frappe nos oreilles : "La chirula", pensons-nous. 


pais vasco antes
PASAJES - PASAIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nous approchons : c’était un biniou. 




Un biniou de Bretagne, un jour de premier Mai, en Espagne? Internationale, voilà bien de tes coups !




Au retour nous nous sommes arrêté un instant à Irun. Les habitants se promènent dans une ville quasi-morte. Tout est fermé. 




A la façade de l'agence consulaire de France est arboré notre drapeau."











Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1844ème article.


Plus de mille huit cent quarante autres articles vous attendent dans mon blog :


https://paysbasqueavant.blogspot.fr




N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, c'est gratuit!!!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire