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dimanche 23 août 2026

EZQUIOGA TERRE DE MIRACLES EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1931 (première partie)

EZQUIOGA TERRE DE MIRACLES EN 1931.


Le 30 juin 1931, à Ezquioga, village de 700 personnes, en Gipuzkoa, deux enfants de 11 et 7 ans disent avoir vu la Vierge apparaître au milieu d'un verger de pommiers.



pais vasco antes religion guipuzcoa 1931
EZQUIOGA GIPUZKOA 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet J. P. Brainçère dans l'hebdomadaire Voilà, le 14 novembre 1931 :



"Les pays Latins, où les têtes sont chaudes et le soleil parfois éblouissant, ont toujours eu l’apanage des apparitions miraculeuses, qui, assez curieusement, coïncident toujours avec les évolutions religieuses. 


Voici les opinions véhémentes et contradictoires d’un peuple, encore à peine émancipé, sur  le dernier en date de ces troublants miracles. 


Voici ce qu’a vu "là-bas" notre envoyé spécial :


Ainsi, vous êtes venu pour vous renseigner sur les miracles d’Ezquioga ? La nouvelle est déjà arrivée chez vous ? 



Et je vis un sourire avare poindre sur la figure tannée, bleue et brune, une lueur passer dans les yeux qui ne quittaient pas la route. 



pais vasco virgen antes religion guipuzcoa 1931
EZQUIOGA GUIPUSCOA 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ce chauffeur était un incrédule, qui m’avait dit d’un air d’orgueil, quelques instants plus tôt : Vous autres, Français, il vous a fallu quarante ans de République pour voter la séparation. Nous, nous l’avons eue en six mois !...



Les apparitions miraculeuses, n’est-ce pas ? Et la jeune fille blessée aux mains par des épées divines, hein ?... 



Et, brusquement, sa figure se durcit, et d’une voix changée :


Vous voyez cette montagne, me dit-il, en parcourant du doigt le cercle de sommets qui, depuis le môle de la Rhune jusqu’aux nuages cuivrés du couchant, fortifiait l’horizon du Sud. C’était de là que pouvait venir la guerre. Et c’est là, très précisément, qu’est apparue la Vierge d’Ezquioga... 



religion pais vasco antes guipuzcoa 1931
EZQUIOGA GUIPUSCOA 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je n’avais plus qu’à laisser parler l'oracle.



Vous ne savez pas ce que cache cette montagne ? Tout simplement Saint-Ignace de Loyola, la forteresse des Jésuites. Un immense palais, avec des chambres aux murs d’argent, où ils avaient entassé des trésors comme la République n’en verra jamais. Après la Révolution, ils avaient pensé à se défendre. Nous avons failli avoir la guerre civile. Toute cette montagne est habitée par des paysans ignorants, fanatiques, prêts à marcher à la première sonnerie des cloches de Loyola. Vous ne connaissez pas ces "caserios", ces maisons perdues dans les rochers ? Quelques fusils pouvaient y arrêter des compagnies. 



Mais les apparitions d’Ezquioga



guipuzcoa religion antes pais vasco 1931
EZQUIOGA GUIPUSCOA 1932
PAYS BASQUE D'ANTAN


J’y arrive. Partout ailleurs, les gens avaient immédiatement oublié le chemin de la messe chez nous. Ces Basques montagnards, eux, restaient illuminés. Mais, pour les encourager à se battre, il fallait bien les remuer un peu. Une bonne apparition de la Vierge, vous comprenez, rien de pareil pour agiter le pays ! Alors, la Vierge est apparue dans la campa d’Ezquioga, à deux pas de Saint-Ignace. Les montagnards devenaient fous. Il n'y avait plus qu’à sonner le tocsin. 



Et les armes ? 



Elles venaient de chez vous. En France, vous avez poussé trop loin l’amitié pour Alphonse XIII... Et vous avez, sur la frontière basque, d’excellents contrebandiers qui aiment s’enrichir. Mais nous, nous avons eu la chance d’avoir au gouvernement un chef comme Manuel Azana, qui ne porte pas précisément les Jésuites dans son cœur, et qui a la main dure. Les derniers jours d’août, tandis que les miracles d’Ezquioga battaient leur plein, les carabiniers mettaient la main sur un grand dépôt d’armes et de munitions à la frontière des Aldudes. Et, en septembre, c’étaient les grandes manœuvres... 



guipuzcoa religion antes pais vasco 1931
MANUEL AZAÑA
PRESIDENT REPUBLIQUE ESPAGNOLE
DU 11 MAI 1936 AU 3 MARS 1939



Mon interlocuteur s’interrompit : 


Des manœuvres comme on n’en a jamais vues. Avec des troupes d’infanterie, des troupes sûres... Un coup de filet en remontant, de Logrono et Pamplona, jusqu’à Dijon et Oviedo, et je vous prie de croire que les nids de mitrailleuses ont été nettoyés. Sans combat d’ailleurs. Sur les rochers, les patrouilles comptaient les Winchester et les Maxims. Plus de nouvelles de Loyola. Plus de nouvelles de la Vierge d’Ezquioga... Jusqu’à la mi-octobre. Le quatorze octobre les quatorze sont toujours pour nous de grandes dates — Alcala Zamora démissionne, l’article 24 de la Constitution, qui dissout les Jésuites, est voté. Ecoutez bien ceci, et vous serez édifié sur les miracles d’Ezquioga : dès le quinze, Ramonita Olazabal, la stigmatisée, apparaissait avec les blessures miraculeuses. Une foule insensée montait à Ezquioga pour baiser ses plaies. Il fallait mobiliser la garde civile et les miqueletes. Et le voyant Goicoechea, inspiré lui aussi par la Vierge, annonçait la contre-révolution pour le dix-sept... Heureusement que nous avons un Azana. Le dix-sept octobre est passé, et nos cinq mille Jésuites n’ont plus qu’à faire leurs malles, Si vous y tenez, nous vous les enverrons. Et la Vierge d’Ezquioga n’insiste plus !



virgen pais vasco antes religion guipuzcoa1931
ANTONIA ET ANDRE BEREZIARTA
EZQUIOGA GUIPUSCOA 1931


Votre chauffeur ? C’est un secrétaire de la CNT, un Catalan, aussi étranger pour nous autres Basques qu’un Français — me dit le capitaine d’artillerie qui m’avait donné rendez-vous à neuf heures au bar Yacaré. — Il aurait pu vous raconter l’histoire du soldat et de la fontaine, qui a fait plus de bruit qu’aucun discours de chef républicain. Au cours de ces fameuses manœuvres, un soldat, qui s’était moqué en public des miracles d’Ezquioga, aurait voulu remplir sa gourde à une source voisine du lieu des apparitions. Mais, chaque fois qu’il en approchait le goulot de sa gourde, le filet d’eau pure se changeait en boue... Croyez à cette histoire symbolique. Tout ce qu’ils approchent se change en boue. 



La veille, ce bar Yacaré, où fréquentent les fidèles de la monarchie, avait servi de théâtre à un autodafé : un autre officier d’artillerie, l’arme aristocratique, avait brûlé au feu de son cigare un drapeau de la République. Cinq cents pesetas d’amende. Pas un sou de plus que pour le lieutenant qui avait crié : "Vive le Roi !" à la Taverne basque. 



— Interrogez donc les gens d’ici. Faites-vous raconter les événements d’Ezquioga. Et permettez-moi de vous rappeler l’aventure des quatre Riojanos — me dit l’officier —. Ces quatre Riojanos, c’étaient de gros marchands de bestiaux. Quelque chose comme ces grands bouchers de chez vous, qui se font servir au Cochon d’Or une entrecôte à vous nourrir une semaine. Des gens peu disposés aux apparitions ! Ils passaient par Ezquioga, et à jeun, notez bien ! lorsque la Vierge leur est apparue au milieu de la route. Ils ont arrêté leur voiture, se sont prosternés dans la poussière, et ils ont cherché dans leur tête tout ce qu’ils savaient de prières. Croyez qu’ils ont perdu toute envie de plaisanter.



pais vasco religion antes guipuzcoa 1931
EZQUIOGA GUIPUSCOA 1931
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le sept juillet dernier, alertés par des téléphones de miracle, les journaux de Saint-Sébastien lançaient leurs reporters dans la montagne de Vizcaye. Seule, la "Voz de Guipuzcoa" se réservait avec cette note d’humour : "Office National du Tourisme... Communiqué : Les environs d’Ezquioga sont si pittoresques que nous ne nous étonnons pas qu’ils aient reçu la visite de la plus haute personnalité touristique..." Mais, à la nuit tombante, plus de cinq mille personnes se pressaient dans la campa d’Ezquioga devant les arbres où la Vierge était apparue pour la première fois au petit Andres Bereciartua. Plus de deux cents voitures embouteillaient la route. On attendait les forces de police demandées par courrier rapide au gouverneur."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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jeudi 4 juin 2026

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN LABOURD ET EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (deuxième partie)

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN BASSE-NAVARRE. 


La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.



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ARMOIRIE FAMILLE BELSUNCE


Voici ce que rapporta à ce sujet Joseph Nogaret dans le Bulletin du Musée Basque N°1 de 1931 :



"... Est-ce avant ou après cet événement que les Belsunce abandonnèrent Ayherre pour faire de Macaye leur résidence habituelle ? Il n'est pas possible de répondre ni de donner la raison de ce changement ; du reste on a fort peu de renseignements sur ce qui se passa pendant cette période. Tout ce que l'on peut dire c'est que la vicomté de Macaye prit une certaine importance. En 1311, à la suite d'une enquête prescrite par le roi d'Angleterre pour établir ses droits sur le pays, l'information établit que le seigneur de Belsunce avait construit des habitations à Macayesans requérir l'assistance du bailli pour allumer le premier feu, formalité entraînant sans doute quelques frais ; mais que le dit seigneur possédait en propre les terres de la paroisse de Macaye et que le roi ne pouvait y réclamer que des droits de haute seigneurie.



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LE CHÂTEAU DE MACAYE
DESSIN DE P. GARMENDIA
BMB N°1 1931



Quelle qu'ait été leur résidence, les Belsunce ont dû se montrer habiles politiques à l'égard de leurs suzerains. Ils étaient en effet vassaux des rois d'Angleterre et plus tard des rois de France pour la vicomté de Macaye, qui était en Labourd, tandis qu'ils l'étaient du roi de Navarre pour leur seigneurie d'Ayherre en Arberoue. Ils surent sans doute concilier les intérêts de tous, car au XVIe siècle, Jean III de Belsunce était premier panetier, conseiller et chambellan du roi de Navarre en même temps que gentilhomme ordinaire de la chambre du roi de France et gouverneur de Dax.



Mais leur loyalisme se manifesta surtout lorsque Ferdinand le Catholique se fut emparé de la Haute-Navarre. Malgré les offres alléchantes du roi d'Espagne, Jean III resta fidèle à son souverain légitime Jean d'Albret et il prit part aux expéditions organisées par lui et par son fils pour essayer de reconquérir cette partie de leurs états. Aussi jouirent-ils toujours de la faveur royale aussi bien des Bourbons que des Valois.



En 1560 Charles IX nomma Jean de Belsunce capitaine-châtelain de Mauléon et gouverneur du pays de Soule. Gagné, peu de temps après, aux doctrines de la Réforme par Jeanne d'Albret, il devint un des partisans les plus dévoués de cette reine et vécut, de 1568 à 1587, aux côtés de Henri de Navarre pendant les guerres qu'il eut à soutenir avant de devenir roi de France.



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ROI HENRI IV


Pendant ce temps, Charles de Luxe, un des chefs du parti catholique, profitant de son absence, s'empara du château de Mauléon et du gouvernement du pays de Soule. Belsunce essaya à plusieurs reprises de reprendre son bien par la politique. N'ayant pu y parvenir, il eut recours à la force et, le 2 Février 1587, après avoir réuni une petite armée, il se présenta devant Mauléon que Charles de Luxe s'empressa d'abandonner. Ses soldats commirent alors toutes sortes de cruautés et lui-même traita la Soule en pays conquis, faisant passer plusieurs Souletins, partisans de Luxe, par les armes et exigeant des impositions illégales.



Emu des plaintes qui lui parvinrent à ce sujet, le Parlement de Bordeaux commença une procédure contre lui, mais Henri de Navarre le prit sous sa protection et obtint la transmission à son grand conseil des procès civils et criminels le concernant ce qui équivalait à l'annulation pure et simple de la procédure.



Une cinquantaine d'années plus tard se produisirent, en pays de Soule, des troubles sérieux dont il sera question dans une des études qui suivront. Qu'il suffise de dire, pour le moment, que les biens royaux dont faisait partie le château ayant été aliénés en faveur du comte de Troisvilles, Armand de Belsunce, qui en avait les revenus, comme rémunération de sa charge de capitaine-châtelain, fit cause commune avec les Etats de Soule pour refuser de se conformer à la décision royale. Il en résulta des désordres qui entraînèrent de sérieux dommages pour le pays. Sa conduite, en cette circonstance, mécontenta Louis XIV qui l'invita, par lettre du 15 Mars 1640, à céder sa charge au comte de Toulongeon, fils du duc de Gramont.



A la suite de ces événements les Belsunce furent privés des privilèges dont ils avaient joui en Soule, mais non de la faveur royale et ils continuèrent à faire bonne figure dans le pays et ailleurs.



C'est à cette époque qu'ils quittèrent Macaye pour s'installer au château de Méharin dont ils devinrent propriétaires.



Les origines de la seigneurie de Méharin sont entourées de la plus grande obscurité. Bien qu'elle eut une certaine importance puisqu'elle donnait droit d'entrée aux Etats de Navarre, on ne sait à peu près rien des gentilshommes qui s'y succédèrent depuis l'origine et pendant plusieurs siècles. L'un d'eux est cependant mentionné, en 1385, avec plusieurs autres seigneurs féodaux dont il sera question dans la suite (Luxe, Huart, Echauz) parmi ceux qui accompagnèrent le prince de Viane en Portugal. Il est probable que ce ne fut pas un cas exceptionnel et que ses descendants donnèrent, en bien d'autres circonstances, des preuves de leur fidélité à leur suzerain.



Vers la fin du XVIe siècle la branche mâle s'éteignit et l'unique héritière, Jeanne, épousa Bertrand d'Armendaritz qui devint vicomte de Méharin. Cette seigneurie, en effet, avait été érigée en vicomté en 1424 par le roi de Navarre Charles le Noble. Bertrand et Jeanne n'eurent qu'une fille qui épousa, le 14 mai 1600, Armand de Belsunce dont il vient d'être question.



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LE CHÂTEAU DE MEHARIN
DESSIN DE P. GARMENDIA 
BMB N°1 1931



Quarante ans plus tard, par contrat du 10 Novembre 1640, Armand vendit à son gendre, Jacques de Castaignolés, gentilhomme navarrais, tous ses biens de Macaye avec les titres, bénéfices et prérogatives qui y étaient attachés. En juillet 1643, Jacques de Castaignolés reçut des lettres patentes lui confirmant le titre de vicomte, attendu que "la dite terre a esté de toute ancieneté décorée du titre de vicompté et lesdits sieurs de Belsunce et leurs prédécesseurs qualifiés, depuis quatre cents ans, de vicomptes de Macaye."



Quant à Armand de Belsunce, il se fixa à Méharin où il vécut ainsi que ses descendants.



Cette époque est la plus brillante de l'histoire des Belsunce. Ceux qui avaient embrassé la Réforme reviennent dans le giron de l'église Romaine à l'exemple de leur roi. Ils fournissent de nombreuses illustrations au clergé, à l'armée, à la magistrature ; ils sont baillis, capitaines-châtelains, conseillers du roi, gentilshommes de la chambre, colonels, etc... Sous le règne de Louis XIV seulement, neuf seigneurs de Belsunce furent tués glorieusement, les armes à la main, à la tête des régiments qu'ils commandaient. Mais, celui qui jeta le plus vif éclat sur la famille fut l'héroïque évêque de Marseille dont le dévouement, la charité et l'abnégation, pendant l'épidémie de peste de 1721, ont rendu le nom à jamais célèbre."



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MGR HENRI DE BELSUNCE



A suivre...



(Source : http://onvqf.over-blog.com/2014/06/chateau-de-belzunce-ayherre-pyrenees-atlantiques-64-a.html et Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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lundi 4 mai 2026

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN LABOURD ET EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (première partie)

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN BASSE-NAVARRE. 


La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.



grandes familles pays basque belsunce labourd basse-navarre
ARMOIRIE FAMILLE BELSUNCE


Voici ce que rapporta à ce sujet Joseph Nogaret dans le Bulletin du Musée Basque N°1 de 1931 :



"Les châteaux historiques du Pays Basque Français.


Les châteaux Bas-Navarrais.


Les châteaux de Belsunce à Ayherre, Macaye et Méharin.



Trois châteaux ont été habités successivement par la famille de Belsunce : l'un est à Ayherre, un autre à Macaye et le troisième à Méharin.



Le château d'Ayherre, aujourd'hui en ruines, situé sur une éminence commandant la vallée d'Arberoue, est de beaucoup le plus ancien, mais on ne sait rien de ses origines.



basse navarre autrefois pays basque château
CHÂTEAU DE BELSUNCE AYHERRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les Belsunce habitèrent ensuite celui de Macaye qu'ils quittèrent, en 1640, pour se fixer à Méharin où ils ont vécu jusqu'au milieu du XIXe siècle.



Ces deux dernières demeures ont subi, à diverses époques, des modifications et sont encore habitées.



Il est fait mention, pour la première fois, des Belsunce lorsque Raymond-Arnaud, vicomte de Dax, érigea la seigneurie de Macaye en vicomté en faveur de Roger, pour le prix de six mille florins d'or. L'acte fut passé le jour de Pentecôte 1145 ; trente-neuf habitants, dont les noms y figurent, rassemblés devant l'église de Macaye, promirent de reconnaître Roger pour leur vicomte.



Il n'est pas possible de dire si cet acte a été passé à l'arrivée des Belsunce dans le pays, auquel cas ils auraient reçu du vicomte de Dax la seigneurie d'Ayherre et la vicomté de Macaye à la même époque, ou si, possesseurs déjà de la première, ils reçurent plus tard la seconde. Il est encore possible que cet acte vise seulement l'érection en vicomté d'une terre leur appartenant déjà.



Quoiqu'il en soit, c'étaient, dès le milieu du XIIe siècle, des féodaux jouissant de grands biens. Ils furent aussi des batailleurs comme tous les gentilhommes basques, car on les trouve dans toutes les guerres, prêtant leur concours à leur suzerain.



Don Garde-Arnaud de Belsunce suivit le roi Thibaut II à la croisade, avec d'autres féodaux du pays, notamment Luxe et Gramont. Il se distingua, peu après, à l'occasion des troubles qui désolèrent la ville de Pampelune en 1277. Ce fut un auxiliaire précieux d'Eustache de Beaumarchais, gouverneur du royaume, sous le règne de Jeanne I, dans la lutte contre les factieux qui refusaient de reconnaître Jeanne comme leur suzeraine légitime.



Les Belsunce étaient alors connus pour leur bravoure mais ils avaient conservé les mœurs un peu rudes du Moyen Age. Leur valeur a été symbolisée par une légende transmise d'âge en âge jusqu'à nos jours.



Une branche de la famille habitait alors Bayonne où l'on peut voir encore son ancienne demeure au n° 8 de la rue de la Salie. Elle fournit, pendant l'occupation anglaise, plusieurs magistrats municipaux dont l'un, Antoine, était maire en 1372. Son fils, Gaston-Armand, est le héros de la légende.



On raconte que, en 1407, une bête monstrueuse et fantastique avait élu domicile dans une caverne appelée "grotte de Lissague" à Saint-Pierre d'Irube, et terrorisait le pays, dévorant les animaux et même les hommes qui avaient essayé de la tuer. Dans leur affolement, les habitants abandonnaient leurs demeures pour chercher un refuge dans des endroits moins exposés. La terreur fut portée à son comble lorsqu'on apprit que deux jeunes filles de Villefranque étaient devenues la proie de l'animal.



Après avoir cherché à le faire combattre par les jeunes gens du pays, sans pouvoir y réussir, le jeune Belsunce résolut de l'attaquer dans son repaire. Dans ce but, il se rendit, avec son écuyer, à la grotte de Lissague. A sa vue, le monstre s'élance sur lui avec fureur tandis que l'écuyer terrifié abandonne son maître. Un corps à corps terrible s'engage et Belsunce allait, d'un coup de dague, achever son adversaire, lorsque celui-ci, paralysant ses mouvements, se précipite avec lui dans la Nive où on les retrouve tous deux, morts, le lendemain. Pour perpétuer la mémoire de ce noble trépas, Charles III de Navarre permit à la famille d'ajouter un dragon à ses armes. Quant au héros de cet épisode, il fut inhumé dans la chapelle des Dominicains de Bayonne où le fils de l'historien Oyhénart vit son tombeau, d'après ce qu'il dit dans un de ses mémoires de 1675.



A en croire certains étymologistes, le mot "Irube", en basque "hirurburu, trois têtes", aurait été ajouté au nom de Saint-Pierre à cette occasion. Cette version n'est certainement pas exacte, attendu que, bien avant cette époque, le Livre d'Or de Bayonne mentionne plusieurs gentilshommes de ce nom, entre autres Gaston de Irube en 1150-1152 et Arbel de Irube en 1193, c'est-à-dire trois cents ans avant l'événement.



grandes familles pays basque belsunce labourd basse-navarre
BLASON 64 ST PIERRRE D IRUBE




Ce qui est certain, c'est que, à la fin du XVe siècle, un dragon figurait dans les armes des Belsunce. Cette légende a donc un fond de vérité et on s'est demandé quel pouvait bien être l'animal qui lui avait donné naissance. MM. Colas et Veyrin ont fourni chacun une explication d'après lesquelles il se serait agi d'un des derniers survivants des reptiles de grande taille s'étant maintenus dans le Labourd depuis les époques préhistoriques. En voici une tout aussi vraisemblable.



L'équipage d'un navire revenant d'Afrique, aurait rapporté un crocodile qui se serait échappé et aurait vécu, pendant quelque temps, à l'état sauvage, sur les bords de la Nive. Belsunce, ne connaissant pas la dureté de la carapace de l'animal, l'aurait attaqué sans pouvoir le tuer et aurait été la victime de son inexpérience.



Le premier événement historique dont le château d'Ayherre ait été le témoin fut la reconnaissance de la domination française par le pays de Labourd, le 18 Mai 1450, après trois siècles d'occupation anglaise. Lautrec et Gaston XI de Foix, vicomte de Béarn, agissant pour le roi de France Charles VIl, signèrent avec les Labourdins une convention réglant les conditions de leur soumission à leur nouveau suzerain. Le Labourd conserva son organisation politique et ses privilèges, moyennant une indemnité de deux mille écus."



A suivre...




(Source : http://onvqf.over-blog.com/2014/06/chateau-de-belzunce-ayherre-pyrenees-atlantiques-64-a.html et Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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dimanche 29 mars 2026

L'ÉCRIVAIN PIERRE HARISPE DE SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS

L'ÉCRIVAIN PIERRE HARISPE.


Pierre Harispe ou Jean-Pierre Harispe, né à Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées) le 6 avril 1854 et mort à Paris le 5 novembre 1929, est un prêtre catholique et écrivain français.



LIVRE LE PAYS BASQUE
DE PIERRE HARISPE




Voici ce que rapporta à son sujet, Emile Baumann, dans le Figaro du 9 février 1931 :



"Pierre Harispe Basque.



Le triomphe à Bordeaux, du Perkain de P.-B. Gheusi et de Jean Poueigh est une occasion de commémorer celui qui aurait eu grande joie s'il avait pu vivre 14 mois de plus, jusqu'à cette gloire de son héros. Pierre Harispe, Basque de Saint-Jean-de-Luz (ville qui, dans la langue du pays, s'appelle d'un joli nom : Donibané), avait eu la première conception d'un poème lyrique où s'enchâsseraient, autour du légendaire et réel pelotari, les chants et les danses de la région.




pays basque musique opéra aldudes pelote
OPERA PERKAIN
LE JOURNAL 28 JANVIER 1934


Le pays basque, dont il s'est fait l'historien comme Gaétan Bernoville s'en est fait le peintre, inflige un puissant démenti au lieu commun sur les vieilles races. Le passé des Basques, de même que les origines de leur langue, se perd dans la nuit des temps. Les gens doctes attribuent à ces Ibères des ancêtres asiatiques. Je le croirais volontiers : le long d'un admirable film sonore que j'ai vu présenter récemment, la chorale de Saint-Jean-de-Luz faisait entendre les cantilènes nationales ; ce qu'elles ont de nostalgique, de grave, la brusque alternative de langueur et de gaîté ivre évoque les mélodies russes ; les laboureurs, les bergers d'Ustaritz m'ont rappelé, avec de plus honnêtes visages, les montagnards de la Cilicie. Or, ces hommes de souche antique n'annoncent pas une humanité déclinante ; la plupart sont splendides par la stature, la carrure, la vigueur souple ; ils portent en eux la richesse d'un sang que l'usure des générations n'a pas amolli.



Le paysan basque, d'ordinaire taciturne et replié, se débride dans les fêtes, laisse jaillir de son fon des sources naïves de lyrisme ou de drôlerie malicieuse. Religieux par-dessus tout ; et la paroisse est là, comme dans l'ancienne France, comme au Canada, l'unique force vitale de la communauté. Il demeure étonnamment fidèle à ses traditions, même aux superstitions familiales (quand le maître d'une maison meurt, l'héritier va en avertir, parmi les ruches, les abeilles protectrices du logis).



Mais ce pays aux cimes abruptes a des pentes vertes d'une merveilleuse douceur ; loin d'être bloqué dans ses montagnes, il regarde vers l'Océan. Cette race de laboureurs têtus est aussi une race de marins que l'esprit d'aventure, de conquête, de chimère aussi emporte jusqu'aux Amériques.



Pierre Harispe exprimait dans sa personnalité complexe les multiples aspirations du génie basque. Même au physique, malgré tout ce que raffinement de la culture et les souffrances de la vie peuvent modifier dans le type ancestral, il restait bien l'homme de son pays. Sous le béret qu'il gardait, comme tout vrai Basque, chez lui, du matin au soir, ses yeux saillants, son nez long et charnu, son menton fort auraient pu le faire prendre pour un vieux capitaine qui a beaucoup navigué. Sa parole avait le son et, si j'ose dire, le goût du terroir. C'était un conteur et un improvisateur persuasif, tour à tour pathétique et mordant, âpre et d'une tendresse enveloppante. S'il s'indignait, il devenait parfois grand orateur. Avec de tels dons, il aurait pu s'imposer, réussir n'importe où.



Mais son esprit d'indépendance et sa fierté lui rendaient tous les jougs insupportables. Par là il demeurait Basque jusqu'aux moelles. Les Basques sont un des derniers peuples qui tiennent à leurs franchises ou qui voudraient au moins en sauver quelque chose. Il fallait entendre Harispe glorifier les fueros, ces immunités locales que les Basques des provinces espagnoles ont conservées plus intactes.



pais vasco antes fueros
LES FUEROS DU PAYS BASQUE ET DE LA NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Harispe ne se résignait à devenir l'esclave de personne et surtout des gens qu'il sentait eux-mêmes des esclaves. En outre, il se tenait sans cesse prêt à combattre pour les causes qu'il chérissait ; il bataillait à la vieille mode, défiant au besoin l'adversaire en champ clos. Tout cela était parfaitement basque, mais ne pouvait le mener aux succès faciles.



Par surcroit, chez cet homme si fidèle en ses amitiés, si généreux en ses dévouements, il y avait une étrange instabilité d'action. Une idée le captivait, tant qu'elle demeurait dans les limbes du possible ; il s'évertuait avec une fougue magnifique à l'en faire sortir ; dès qu'il se voyait assuré de la mener à bien, il s'en déprenait et rêvait d'autre chose comme un marin qui, ayant fait le tour d'une île, se rembarque pour des parages moins connus.



Le point ferme de son activité, c'tait l'énergie de ses croyances. Il égalait par la simplicité de sa foi les plus humbles de ses compatriotes. Néanmoins, l'intelligence basque demeure intuitive et réaliste, si peu tournée vers l'abstraction que la langue n'a pas un mot pour signifier l'âme et ne saurait nommer Dieu sans une périphrase : le Seigneur du ciel. Pierre Harispe, au contraire, était doué d'éminentes aptitudes métaphysiques ; il les a déployées dans son poème thomiste : La Divine Tragédie, et, en prose, dans les effusions éloquentes des Etapes de Dieu vers nous.



Mais son mysticisme religieux et social nous laisse retrouver une singularité basque. On sait qu'à Saint-Jean-de-Luz se sont établis de nombreux Bretons ; et les Basques fraternisent avec eux ; les deux races font très bon ménage. Or, Harispe s'est principalement signalé par ses études sur Lamennais. Une passion l'attira vers le Celte obstiné, chimérique, à l'imagination visionnaire.



Là encore, il dut sa plus nette originalité aux inspirations latentes du pays natal. Son exemple, entre mille autres, dément le préjugé humanitaire qui travaille à détruire les liens des âmes avec la terre, la paroisse, la région, la patrie. Un homme ne grandit pas quand il se déracine ; un peuple non plus, quand il cesse d'être lui-même. La force est dans la fidélité à tout ce nous a faits ce que nous sommes. Une humanité fondue en un amalgame, si elle pouvait être, ne serait qu'un ramassis de poussières piétinées par quelques tyrans."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mardi 2 décembre 2025

LES BLASONS DES PROVINCES ET VILLES BASQUES EN 1931 (septième et dernière partie)

  

LES BLASONS DES PROVINCES ET VILLES BASQUES EN 1931.


Au Pays Basque, de nombreuses provinces, communes et familles possèdent leurs propres armoiries.




pays basque zazpiak bat blason armoirie province communes
BLASON DU PAYS BASQUE



Voici ce que rapporta à ce sujet Jacques Meurgey dans le Bulletin de la Société des sciences, arts & 

lettres de Bayonne, le 1er juillet 1931 :




"... Saint-Jean-de-Luz.

Arr. de Bayonne, chef-lieu de canton.



pays basque zazpiak bat blason armoirie province communes
BLASON DE LA VILLE DE SAINT-JEAN-DE-LUZ LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



Armes : 1er type. — D'azur à un saint Jean d'argent tenant une croix avec bannière du même, posé sur une terrasse d'argent accompagné à dextre d'un soleil d'or posé en chef.

(Ed. Prévost, d'après un ancien manuscrit.)


2e type. — De gueules à un navire d'or soutenu de trois coquilles d'argent rangées en fasce. (Malte-Brun.)


3e type. — Coupé au 1 d'argent, au navire équipé de sable, voguant à pleines voiles du premier sur une mer d'argent ondée de sable, au 2, parti de gueules au lion d'or couronné d'une couronne de vicomte et d'azur à une crosse d'évêque d'argent posée en pal.


Ces dernières armes ont été enregistrées par Jean de Haraneder-Poutil, bayle de St-Jean-de-Luz. Elles sont les seules exactes et authentiques.


Le bateau rappelle que les habitants de St-Jean-de-Luz furent marins et pêcheurs, la crosse indique la suzeraineté du chapitre de Bayonne, le lion paraît venir des armes des Vicomtes de Labourd.



Saint-Jean-Pied-de-Port.

Arr. de Mauléon, chef-lieu de canton.



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BLASON DE LA VILLE DE SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Armes : 1er type. — De gueules à un château d'argent senestré d'un saint Jean-Baptiste de carnation, vêtu d'or, la main droit étendue vers le château et tenant de la gauche une crosse d'or ornée d'une banderole d'argent chargée des lettres San Juan de sable.

(Armorial de Basse-Navarre par Genestet de Chairac d'après l'armorial général du royaume de Navarre conservé à Pampelune).


2e type. — Même blasonnement avec ces adjonctions : Les chaînes de Navarre au-dessous du château, et un agneau couché aux pieds de saint Jean.

(Armorial de Don Martin de Biscay.)


3e type. — Le même que le précédent avec cette différence que le château est d'or et sommé de trois donjons ajourés de sable. (De Cauna).


4e type. — D'azur, à un château donjonné de trois pièces d'argent, maçonné ouvert et percé de sable, senestré d'un saint Jean-Baptiste aussi d'argent tenant sa main dextre appuyée sur un des donjons et de l'autre tenant une longue crosse posée en pal du même.

D'Hozier (XIII), Lemau de la Jaisse, Traverser, Girault de St fargeu, Malte-Brun ont adopté cette version.


5e type. — De gueules au château donjonné de trois pièces d'or, maçonné de sable senestré d'un saint Jean-Baptiste d'argent tenant de la main dextre une longue croix d'or et posant sa main senestre sur sa poitrine, accompagné en pointe d'un mouton couché d'argent. (fig.)

(Guilbert, Histoire des Villes de France. Ed. Prévost.)



L'explication de ces armes est très simple : saint Jean-Baptiste est la patron de la ville située au pied d'un des passages les plus fréquentés du pays qu'on appelle généralement Ports ou Porta. Le château indique que la ville était fortifiée.


Paul Raymond décrit deux sceaux aux armes de Saint-Jean-Pied-de-Port, tous deux du XIVe siècle.


Le premier est de 1328 : un saint à senestre d'un pin et d'un château maçonné, à trois portes et à cinq créneaux (Légende détruite).


Le second est de 1396 : Saint Jean à senestre, à dextre une muraille crénelée à trois tours crénelées, entre le saint et la muraille, un pin. (Légende détruite.)


De toutes les variétés ci-dessus décrites, le cinquième blason a nos préférences, ayant été composé d'après un bois gravé du XVIIe siècle et conservé au Musée Condé, à Chantilly.



Saint-Palais.

Arr. de Mauléon, chef lieu de canton.



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BLASON DE LA VILLE DE SAINT-PALAIS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Armes : De gueules aux chaînes d'or posées en pal, an fasce, en sautoir et en orle, et chargées en coeur d'une émeraude au naturel.


Saint-Palais, capitale de la Basse-Navarre après Saint-Jean-Pied-de-Port, porte les armes pleines de l'ancien royaume de Navarre.



Sare.

Arr. de Bayonne, cant. d'Espelette.



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BLASON DE LA VILLE DE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Armes : D'azur à la cuirasse d'argent surmontée d'un casque du même, et accompagnée de trois fleurs de lys d'or.

(D'après une pierre sculptée sur la façade de la mairie.)


Var. — Trophée d'armes accompagné de trois fleurs de lys, deux en chef une en pointe ; le trophée formé d'une cuirasse au centre et accompagné d'une bannière, d'un tambour, d'une massue, d'une pique et d'une hallebarde. Les armoiries martelées durant la Révolution, n'ont pas laissé deviner les émaux qui les distinguaient. Une inscription lapidaire en dit l'origine :

Sarari Balhorearen Eta Leyaltasunaren Saria, Emana Luis XIV. 1693.

(Récompense de la valeur et de la loyauté, concédée à Sare par Louis XIV en 1693.)


Ce petit village a ses armoiries, et il les tient d'assez bonne source : ce fut le grand roi qui les lui accorda en 1693, à la suite d'un événement assez remarquable. Depuis quelque temps les corps de miquelets faisaient des irruptions sur le territoire de Sare, pillant, dévastant, saccageant et mettant à mal tous les habitants. Des plaintes avaient été portées au gouvernement qui semblait être impuissant dans cette affaire ; les habitants désolés par tant de désastres, résolurent enfin de se défendre et de se faire eux-mêmes justice.

"Ils se réunirent à cet effet en très grand nombre, hommes et femmes, tous furent s'embusquer avec des fusils, faux, fourches et autres instruments de défense, dans la gorge de Béra qui était alors très boisée. Lorsque l'ennemi parut, ils se laissèrent dépasser se quelques pas, puis au signal convenu, se ruant sur lui avec la plus grande impétuosité, ils le défirent en quelque instants, tuèrent le chef et emportèrent comme trophée de leur victoire les armes et les bagages qui restèrent déposés à la maison commune jusqu'en 1793. Le chef fut enterré à l'entrée de la petite porte de l'église, où l'on voit encore sa pierre tumulaire dont l'inscription a été effacée par le temps.

"Ces armoiries ont figuré sur la porte de la maison commune jusqu'en 93 ; à cette époque elles furent brisées et la place qu'elles occupaient badigeonnée. Ce n'est qu'en 1844 lorsqu'on a restauré la maison commune et que le mur de devant a été entièrement reconstruit que l'on a retrouvé la pierre sur laquelle elles étaient gravées au-dessous de laquelle se trouvait une autre pierre, que l'on a conservée à la mairie portant l'inscription ci-dessus indiquée."

"Il appartenait aux héros de la Terreur, écrit l'abbé Haristoy de marteler cent après, le prix de la valeur et de la loyauté mérité par une action héroïque. Le Gouvernement n'avait pas de troupes pour défendre la frontière. Les habitants de Sare prirent les armes pour défendre le défilé qui donne en France du côté de Véra. On savait que l'ennemi se proposait de faire une incursion sur notre territoire ; il tomba dans l'embuscade des gens de Sare, qui tuèrent le chef et taillèrent la troupe en pièces."


A la clef de voûte qui se trouve au-dessus du choeur de l'église de Sare est peint un écu aux armes de Sare. La grande hauteur ne permet pas de distinguer très bien les figures. Très certainement le champ est d'azur, à trois fleurs de lys d'or. On devine assez bien le casque et la cuirasse. Au-dessous paraît être un tambour accosté de drapeaux blancs et d'armes.



Socoa.

Arr. de Bayonne, canton de St-Jean-de-Luz, commune de Ciboure.



pays basque zazpiak bat blason armoirie province communes
BLASON DE SOCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Armes : Parti d'azur à trois fleurs de lys d'or (France) et de gueules aux chaînes d'or poses en pal, en fasce : en sautoir et en orle, chargées en coeur d'une émeraude au naturel (Navarre).


Ainsi qu'un grand nombre de places fortes dépendant du roi, le fort de Socoa portait les armes royales, c'est-à-dire de France et de Navarre. Il convient de noter que les armes de Navarre ne figurent pas ici à titre d'emblème basque, mais comme emblème de la monarchie.



Tardets.

Arr. de Mauléon, chef-lieu de canton.



pays basque zazpiak bat blason armoirie province communes
BLASON DE LA VILLE DE TARDETS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Armes : Losangé d'or et de gueules.

Armoiries attribuées d'office par d'Hozier.



Urrugne.

Arr. de Bayonne, canton de St-Jean-de-Luz.




pays basque zazpiak bat blason armoirie province communes
BLASON DE LA VILLE D'URRUGNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Armes : D'or à un lion de gueules tenant de sa patte dextre un dard un peu péri en barre la pointe en haut du même, parti d'azur à une fleur de lys d'or.


Telles sont les armes enregistrées par d'Hozier (Armorial général, XIII,593) pour "la ville d'Ourrogne, capitale du pays de Labourd."


On y voit d'un côté un lion, qui paraît être l'emblème des anciens vicomtes de Labourd, de l'autre une fleur de lys, qui est un souvenir de l'annexion de ce pays, en 1451, par Charles VII roi de France.



Ustaritz.

Arr. de Bayonne, chef-lieu de canton.


On a quelquefois attribué à la ville d'Ustaritz les armes d'Urrugne, ci-dessus représentées."



(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 




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