CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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jeudi 2 octobre 2025
jeudi 31 juillet 2025
LES BLASONS DES PROVINCES ET VILLES BASQUES EN 1931 (troisième partie)
LES BLASONS DES PROVINCES ET VILLES BASQUES EN 1931.
Au Pays Basque, de nombreuses provinces, communes et familles possèdent leurs propres armoiries.
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| BLASON DU PAYS BASQUE |
Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin de la Société des sciences, arts & lettres de Bayonne, le
1er juillet 1931 :
"Biscaye.
Capitale : Bilbao.
Armes : D'argent au chêne terrassé de sinople, qui est le chêne de Guernica, brochant sur une croix latine de gueules, accompagné de deux loups passants de sable posés l'un au-dessus de l'autre, l'un devant, l'autre derrière le fut, et ravissant chacun un agneau au naturel, ensanglanté de gueules ; l'écu est quelquefois entouré d'une bordure d'or à cinq lions passant au naturel.
La croix affirme la foi religieuse des ancêtres.
L'arbre est le célèbre chêne de Guernica sous lequel avaient lieu les assemblées politiques du pays, jalouses de la conservation de leurs privilèges et de leurs libertés, l'arbre sous lequel était prêté par les députés euskariens le serment d'obéissance aux Fueros.
"Ceux de Biscaye, écrivait en 1635 Louvan Géliot, dans son Indice Armorial, "portoient un chesne de synople en champ d'argent parce qu'ils faisoient toutes leurs assemblées, tant de conseil que de réjouissance dessous l'arbre de Garniga."
Ces quelques mots résument tout le rôle joué dans l'histoire de Biscaye par le chêne de Guernica, le plus illustre du nord de l'Espagne, l'arbre symbolique par excellence des institutions et des coutumes basques.
Pendant tout le Moyen Age, dit M. Théodore Bachelet, les provinces basques furent des pays d'Etats, jouissant de grande liberté ; leurs fueros ou constitutions reposaient soit sur des chartes écrite, concédées par les rois, soit seulement par la coutume. Administrées par un bilçar, congrès de vieillards chefs de familles, exemptes de toute espèce de recrutement, jugées d'après leurs coutumes, elles n'accordèrent aux rois de France et d'Espagne, leurs protecteurs et non leurs maîtres, que des dons gratuits. Les municipalités étaient mi-partie populaires, mi-partie héréditaires et aristocratiques, chaque commune était représentée aux juntes ou assemblées générales convoquées tous les ans.
Le chêne était l'arbre de Zeus. Il fournissait les rameaux dont étaient tressées les couronnes des vainqueurs des Jeux ; les temples antiques étaient presque toujours élevés à proximité des bois de chênes et les prêtres écoutaient dans leur feuillage la parole des dieux. C'est encore sur les chênes que les druides coupaient le gui sacré. Pour ces lointaines raisons, l'arbre devint un symbole respecté des chrétiens du Moyen Age. Il ne faut donc pas s'étonner si les Assemblées euskariennes se sont réunies régulièrement et si toutes les plus importantes décisions ont été prises à l'ombre du chêne de Guernica. Ferdinand de Castille et Isabelle la Catholique vinrent jurer en 1476 le maintien des fueros, ce fait bien connu méritait toutefois d'être rappelé.
M. Paul Lafond dans son beau livre sur le Pays Basque a consacré plusieurs pages à l'arbre célèbre et au barde Iparraguirre qui l'a chanté :
"... Guernica la cité sainte des Basques, où se trouve le fameux chêne sous lequel, de tout temps, était prêté par les députés euskariens le serment d'obéissance aux Fueros.
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| LIVRE LE PAYS BASQUE DE PAUL LAFOND |
Le vieil arbre mort est enfermé dans une cage de fer vitrée, et un plus jeune a été planté tout près pour le remplacer.
Cet arbre célébré par Jean-Jacques Rousseau, glorifié par Tirso de Molina, salué par nos armées lors des campagnes de la République française en Espagne, comme le premier arbre de la liberté, n'est plus hélas ! qu'un symbole, l'allégorie des libertés des trois provinces. C'était sous son ombre que les Basques déléguaient à leurs souverains le droit de les protéger : "Nous qui voulons", leur disaient-ils "et qui pouvons plus que vous, nous vous faisons notre Seigneur pour que vous nous protégiez et que vous nous conserviez nos fueros, si non, non."
Deux petits faits choisis entre plusieurs prouveront la vénération et le respect que tout le peuple basque éprouve pour cet arbre symbolique.
En 1897, le chanoine Adéma (le poète Zalduby) fit, à l'occasion des Fêtes de le Tradition Basque, une conférence sur le chêne sacré, rappelant les principales légendes qu'il évoque. A la fin de cette causerie, un bascophile enthousiaste, Don Resurreccion de Azkue, directeur de l'Euskalzale (le bibliophile basque), revue hebdomadaire de littérature, de musique et d'art, offrit au chanoine Adéma, comme témoignage de son admiration, une feuille authentique de l'arbre de Guernica.
Récemment, écrit le P. Lhande, "une des nombreuses sociétés euskariennes établies dans la République Argentine fêtait, à Buenos-Ayres, son trentième anniversaire. Après l'indispensable partie de pelote, les assistants se réunirent dans un jardin attenant au jeu de paume. Un trou fut creusé dans une terre préparée et on y déposa un gland détaché de l'Arbre de Guernica et récemment apporté de Biscaye. Un prêtre bénit solennellement la petite semence. On plaça à côté une urne de fer renfermant l'historique de cette fête, et, après avoir recouvert le tout de terre de Biscaye, on se retira au chant de Guernikako Arbola".
Les loups du blason de Biscaye sont détachés de celui des Haro, seigneurs de Biscaye.
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| ARMOIRIE SEIGNEURS DE HARO BISCAYE |
Les seigneurs de Haro, en effet, ont des armes parlants. Leur nom patronymique est Lopez (en latin lupus). Les anciens textes indiquent toujours ce nom lupus ou luppus précédant celui de Haro ou Biscaye : de là l'origine des loups qui chargent leur blason.
Don Juan Carlos de Guerra raconte, p. 304 de ses Estudios de Heraldica Vasca, que la légende leur accorde une origine très ancienne :
Au moment où la bataille d'Arrigorriaga allait commencer, deux loups portant chacun un agneau passèrent devant l'armée de Biscaye, ce qui fut considéré comme un présage de victoire.
La ville de Bilbao porte : d'argent au pont de deux arches, surmonté à dextre d'un clocher et accompagné en chef de deux loups passants l'un au-dessus de l'autre. (D'après un plan du XVIe siècle, conservé au musée de Saint-Sébastien).
Sans doute ces armes sont contemporaines de la fondation de la ville par D. Diego Lopez de Haro, el intruso, en 1300, et inspirées de son blason.
Alava.
Capitale : Vitoria.
Armes : De gueules au château crénelé d'or, sommé de trois tours du même et un dextrochère armé d'argent, issant de la porte dudit château vers senestre et tenant une épée d'or posée en bande, dont il menace un lion rampant du même, le tout posé sur une montagne d'argent , l'écu entouré d'une bordure d'argent chargée de cette inscription en lettres de sable : En Aumento de la Jusiticia contra malhechores.
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| ARMOIRIES DE L'ALAVA SOC SCIENC LETTRES ARTS BAYONNE 1 JUILLET 1931 |
Ou : d'or au château au naturel, posé sur une hauteur. De la porte principale dudit château sort un dextrochère armé d'une épée dont il menace un lion rampant de gueules, l'écu entouré d'une bordure d'or chargée de l'inscription en lettres de sable : "Aumento de la Justicia contra malhechores.
Nous voyons ici un bras armé sortant d'une tour, symbole de l'indépendance d'un pays puissant par ses montagnes fortifiées et toujours prêt à se défendre contre les féroces attaques de ses ennemis.
La devise complète le sens des figures : "En Aumento de la Justicia contra malhechores".
Ce blason, dit M. de Guetta, est le symbole de l'indépendance du pays, fort par ses montagnes, et toujours prêt à résister aux féroces attaques de ses ennemis. Autour de l'écusson, on lit cette inscription : "Au profit de la justice contre les malfaiteurs", allusion à ce que faisait sous l'ancien régime, le Député général, magistrat suprême d'Alava. On remarquera tout de suite que cette devise est tout à fait étrangère aux figures du blason, parce que le lion n'a jamais servi à représenter des malfaiteurs.
"L'écusson fut à l'origine celui de la ville de Portilla, dans les actes et documents intitulée Torre de la Portilla, et il garde une relation étroite avec la topographie et les conditions particulières de cette ville, place d'armes de quelque importance en 1179, avec deux châteaux-forts à l'est et à l'ouest et dont les ruines et le souvenir se trouvent dans l'église de Notre-Dame du Château. Un de ces châteaux surtout était remarquable : il était situé sur la cime du rocher calcaire sur lequel fut construite la ville primitive, alors inexpugnable. Il se trouvait à la frontière méridionale d'Alava, sur la route de Berantevilla à Logroño ; cette toute que l'on doit considérer comme stratégique, suit sur sa gauche le cours de l'Ebre, qui entoure certaines forteresses, et dont le cours est aussi protégé par d'autres châteaux à distance. Il n'est donc pas difficile de deviner quels sont les audacieux envahisseurs représentés sous la figure du lion.
D'après d'anciens usages généralement observés, les habitants de cette région avaient l'habitude de porter les actes des contrats de quelque importance au maire de Portilla qui, pour leur donner plus de solennité, et plus de force, les frappait du sceau de la ville suspendu à des fils de soie reliant les parchemins.
Plus tard, le "fuero" de Soportilla fut étendu à tous les hidalgos d'Alava en vertu de la clause 7 de l'acte d'incorporation de cette province à la couronne de Castille en 1332.
Pour ces deux motifs, les armes de Portilla devinrent celles de la province qui, au moment de la constitution des Confréries, au XVe siècle, ajouta à son blason la légende : "Au profit de la justice contre les malfaiteurs" qui exprime la pensée capitale qui présida à cette organisation.
La ville de Vitoria porte : D'argent au château au naturel ouvert et ajouré de sable, soutenu de deux lions de gueules et sommé de deux grues regardant en bas, du haut des créneaux."
(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
A suivre...
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lundi 23 juin 2025
ORGANISATION MUNICIPALE ET PROVINCIALE DE L'ESPAGNE EN 1834 (troisième partie)
LE GUIPUSCOA ET L'ALAVA EN 1834.
En 1834, la population de la province du Guipuscoa est d'environ 135 000 habitants.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le Réformateur, dans plusieurs éditions :
- le 30 novembre 1834 :
"Organisation Municipale et Provinciale de l'Espagne (Suite).
Les deux provinces de Guipuzcoa et d'Alava jouissent des mêmes libertés que la Biscaye. Elles ont chacune leurs juntes séparées et tout à fait indépendantes. Les différences qu'il y a entre elles sont sans importance. Ainsi les deux premières portent le titre de provincias tandis que la Biscaye est un Señorio. Du reste la population, les moeurs, le langage des trois sont les mêmes. La province de Guipuzcoa est sur la frontière de France, dont elle n'est séparée que par la Bidassoa. Elle renferme deux villes, Saint-Sébastien et Tolosa, soixante-cinq villes plus petites et villages, environ deux cents paroisses et cent trente-cinq mille habitants. Elle possède quelques ports commodes ; celui du Passage est un des plus beaux de l'Espagne. Les Guipuzcoans ont été de tous temps d'excellents marins ; ils monopolisèrent la pêche de la morue jusqu'au traité d'Utrecht qui leur enleva cette grande branche de commerce. On leur doit la découverte des Canaries, des Philippines et des Marianes. Le pays est montagneux ; il y a des mines de fer dont quelques unes sont exploitées.
Il fut un temps où la province de Guipuzcoa reconnaissait les rois de Navarre pour suzerains : mais Alonzo VIII de Castille ayant conquis la province d'Alava, dans ses guerres contre les rois de Navarre, celle de Guipuzcoa se soumit volontairement à son pouvoir. Alonzo confirma ses anciennes libertés, ses fueros et ses coutumes, dont les textes furent recueillis plus tard en un volume, qui fut présenté à Henri II de Navarre et sanctionné par lui.
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| ALPHONSE VIII DE CASTILLE ET ALIENOR D'ANGLETERRE |
Guipuzcoa se divise en cités et villages appelés universidades et alcadias : chacune de ces divisions envoie un procurador à la junta, qui s'assemble une fois chaque année. La junta nomme quatre députés généraux, dont l'un exerce le pouvoir exécutif ; mais ils se réunissent tous les quatre deux fois par an, afin de délibérer ensemble sur les affaires publiques. Le corrégidor ou chef suprême de la justice est nommé par le roi, il s'entremet entre lui et les autorités locales ; il préside la junta ; mais il n'y vote point ; sa nomination n'est valable que pour trois ans. le corrégidor et les quatre députés résident alternativement à Saint-Sébastien et à Tolosa. Les alcades, qui jugent les affaires en première instance, sont élus par les Ayuntamientos ou conseil commun de chaque ville ou village : les appels sont portés de leur tribunal à celui du corrégidor. Les chemins y sont bien entretenus de même qu'en Biscaye. La grande route de Bayonne à Madrid traverse la province. La police y est bien faite et crimes rares.
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| BLASON DU GUIPUSCOA |
La province d'Alava est enclose entre celles de Guipuzcoa, de la Navarre et la Vieille Castille : ses limites presque tout entières sont formées par plusieurs ramifications des Pyrénées. Alava contient un chef-lieu, Vittoria, 72 petites villes ou villages, 434 communes, et 93 habitants. La belle vallée qu'on nomme Concha de Alava, qui a 7 lieues de long sur 3 et 1/2 de large, en est la partie la plus fertile. La province entière se divise en six quadrillas, qui contiennent en tout 53 hermandades ou communautés. Chacune d'elles envoie ses apoderados, ou représentants à la junta, qui s'assemble deux fois l'année. La junta nomme un député général, qui réside à Vittoria et sort de charge après 3 années ; il exécute les ordres de la junta ; il est le chef suprême de la justice et de la force armée ; c'est à lui que les messages du gouvernement de Madrid sont adressés ; il préside la junta, mais il n'y vote point. Chaque hermandad ou commune élit son propre alcalde ou magistrat pour l'année. Les habitants d'Alava sont aussi indépendants que ceux de Guipuzcoa et les Biscayens, du fisc royal : la couronne n'a pas le droit de les taxer ; ils paient à titre de subside une somme annuelle d'environ 30 000 francs.
- le 6 décembre 1834 :
"Organisation Municipale et Provinciale de l'Espagne (Fin).
Au temps jadis, les juntas d'Alava portaient le titre de Confradia del campo de Arriaga ; elles se composaient des nobles, des ricos hombres ou tiers-état et du clergé ; les dames elles-mêmes avaient droit de présence et de vote. La junta ou hounta, d'après la prononciation espagnole, nommait chaque année quatre alcades généraux ; l'un d'eux était le grand-juge de la province ; on y choisissait aussi pour chef militaire quelque comte ou señor, ou bien le seigneur de Biscaye, quelquefois un infant de Castille. Alonzo VIII ayant conquis Alava, donna le comte d'Alava à don Louis de Faro et à ses descendants à perpétuité. En 1332, la province renonça formellement au droit d'élire son señor, et reconnut pour tel à perpétuité le titulaire de la couronne de Castille depuis le temps d'Alonzo XI. Renonçant aussi à leurs hountas d'Arriaga, ils se déclarèrent realengos ou sujets royaux pour signifier qu'ils remplaçaient désormais par la juridiction du roi, l'autorité baroniale et ecclésiastique qui les avait régis jusqu'alors. Alonzo leur octroya une charte où il les reconnaissait, eux et leur propriétés, libres de tout impôt à jamais. C'est probablement de cette époque que date la division actuelle du pays en hermandades, ainsi que la nouvelle forme de leurs hountas.
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mardi 22 avril 2025
LE PHYLLOXÉRA ET LA RIOJA ALAVESA EN ALAVA AU PAYS BASQUE EN 1920 (troisième et dernière partie)
LE PHYLLOXÉRA EN ALAVA EN 1920.
Le phylloxéra de la vigne est une espèce d'insectes hémiptères de la famille des Phylloxeridae.
C'est une variété de pucerons ravageurs parasites de la vigne, néobiotes venus de l'Est des Etats-Unis, qui a provoqué des dégâts considérables dans les principales régions viticoles d'Europe à la fin du 19ème siècle.
Voici ce que rapporta à ce sujet le Dr J. Feytaud dans l'hebdomadaire Revue de viticulture, en date
du 4 mars 1920 :
"Dr J. Feytaud. — Sur le dépérissement phylloxérique du Mourvèdre X Rupestris 1202 et de l'Aramon X Rupestris Ganzin 1 dans le Nord-Espagne.
La comparaison est surtout facile avec le 41 B et avec le Lot, qui sont assez répandus dans les vignobles de Navarre et de Rioja. Les exemples suivants, pris aux alentours d'Elciego, sont démonstratifs :
Dans une vigne plantée sur les alluvions anciennes d'une haute terrasse dominant la vallée de l'Ebre, une portion est en 1202, l'autre en 41 B ; les deux portions s'imbriquent l'une dans l'autre, leur ligne de séparation étant une ligne brisée. Le sol, assez homogène, paraît convenir mieux encore aux Franco-Rupestris qu'aux Franco-Berlandieri, sa teneur en calcaire est de 20 % (avec sous-sol plus calcaire, jusqu'au 45 %). Or, le 1202 a subi là, depuis 4 années, des dépressions telles qu'il y est actuellement au dernier terme du dépérissement, tandis que le 41 B reste en bel état.
Il arrive qu'au milieu de plantations de 1202 quelques pieds épars résistent isolément, verts et vigoureux, tandis que tout meurt ale tour. Si la souche du "rescapé" produit un rejet, nous constatons couramment que ce n'est pas un 1202, mais un 41 B, ou bien encore un Rupestris du Lot.
Inversement, il m'est arrivé de voir quelques pieds périclitant parmi des Chasselas X Berlandieri 41 B prospères. L'examen des repousses, toutes les fois qu'il fut possible, indiqua régulièrement que les moribonds appartenaient non pas au type 41 B, mais aux types Mourvèdre X Rupestris 1202 ou Aramon X Rupestris Ganzin 1.
Dans une pièce de vigne plantée en 1904 avec un mélange de Rupestris du Lot et de Riparia X Rupestris 3309, il y avait au bout de deux ans quelques manquants par-ci par-là, comme il arrive toujours. Ayant sous la main des Mourvèdre X Rupestris 1202 et des Aramon X Rupestris Ganzin 1, dont on plantait en 1907 une pièce voisine, on garnit les vides avec ces variétés. Or, quand je visitai ces vignes à l'automne dernier, je constatai partout la présence de très nombreux radicicules ; la plantation de 1907 était garnie de grandes taches phylloxériques confluentes, et considérée comme entièrement perdue ; celle de 1904 présentait au contraire dans l'ensemble une grande vigueur (Rupestris du Lot et R X R 3309) contrastant avec l'état lamentable de tous les pieds de remplacement (M X R 1202 et A X R Ganzin 1), dont les repousses permettaient de confirmer l'identité. Des dépressions se produisaient là comme ailleurs, mais elles faisaient périr les Franco-Rupestris tout en épargnant les Américains.
J'ai pu noter divers exemples analogues au cours de ma visite en Rioja. Il paraît bien net que tous les foyers de dépérissement phylloxériques apparus jusqu'à présent portent sur le Mourvèdre X Rupestris 1202 (qui est de beaucoup le porte-greffe dominant) et sur l'Aramon X Rupestris Ganzin 1, jamais sur le Chasselas X Berlandieri 41 B, ni sur le Rupestris du Lot, ni sur le Riparia X Rupestris 3309.
Ces constatations sont d'autant plus nettes qu'elles ont eu lieu dans des conditions identiques de sol, de culture, sur des lots imbriqués les uns dans les autres et parfois mélangés.
Il est probable que ce qui s'est passé aux abords d'Elciego se passe également, de la même façon, dans le reste de la Rioja, dans l'Aragon et la Navarre. Les observations faites en Navarre par M. A. Azanza paraissent l'établir nettement. Nous assisterions donc partout, dans le Nord-Espagne, à la faillite des franco-américains, tout au moins de ceux auxquels on a eu recours sur une vaste échelle : Mourvèdre X Rupestris 1202 et Aramon X Rupestris Ganzin 1. Des cas analogues semblent s'être aussi déclarés dans le Sud.
La triste expérience que sont en train de faire nos voisins espagnols n'est pas la seule qui découle d'un engouement excessif pour ces hybrides. J'ai dit qu'il y a une douzaine d'années on observait déjà un dépérissement analogue pour l'Aramon X Rupestris Ganzin 1 dans les vignobles de Sicile, dont il était le porte-greffe dominant. La découverte surprit tellement les agronomes italiens qu'ils firent effort pour expliquer la maladie sans mettre directement en cause le Phylloxéra. Ils durent toutefois reconnaître que le parasite y jouait un grand rôle dans la plupart des cas.
On pourrait, en Espagne, comme on l'a fait en Sicile, soulever la question de l'acclimatation des hybrides porte-greffes et de leur adaptation au terrain et se demander si ce n'est pas le facteur essentiel. Au Congrès de Madrid, à une époque où l'on n'observait pas encore de dépressions phylloxériques dans les vignobles reconstitués. M. Garcia de los Salmones traita avec autorité le problème de l'adaptation aux terrains calcaires et secs. Ce problème, disait-il, se pose en termes difficiles, particulièrement lorsque le climat est sec et le sol superficiel. Il estime avec raison que l'étude sur place, en champs d'expériences, d'hybrides nouveaux obtenus par croisement secondaire d'un franco-américain et du Berlandieri, pourra donner de meilleurs porte-greffes pour les sols les plus calcaires et les plus secs. Il considère que le Mourvèdre X Rupestris 1202 comme un des meilleurs et des plus recommandables parmi les porte-greffes déjà éprouvés. Il le dit surtout excellent dans les terrains calcaires hargneux frais, profonds, et déconseille plutôt son emploi dans les terrains maigres et secs.
Or, les principaux foyers de dépérissement du 1202, aux alentours d'Elciego, sont précisément dans les terrains caillouteux et hargneux, assez profonds et frais, dosant de 20 à 40 % de calcaire, tandis que les plantations des côtes pauvres et très sèches sont jusqu'à présent moins éprouvées. Je ne pense donc pas que l'on puisse faire passer l'invasion phylloxérique au second plan, pour invoquer une mauvaise adaptation du porte-greffe comme cause essentielle de la maladie. Il est logique, à mon avis, d'admettre les conditions favorisantes de climat, de sol ; mais la véritable cause, le facteur essentiel et déterminant serait bien l'invasion phylloxérique des racines. L'insecte, ici comme ailleurs, ne pullule qu'en milieu favorable, c'est entendu ; mais il y trouve un aliment facile sur les racines du 1202 et du Ganzin 1, qu'il abat en quelques minutes.
En Rioja alavesa, les premiers indices du mal, notés en 1915, affectaient déjà nettement la forme de taches d'huile ; il n'en eût pas été de même si les vignes avaient dépéri par manque d'affinité ou par défaut d'adaptation ; le fléchissement aurait été diffus et les taches phylloxériques ne s'y seraient superposées que plus tard.
En résumé, je crois que le Phylloxéra est bien le facteur essentiel du dépérissement des Mourvèdre X Rupestris 1202 et des Aramon-Rupestris Ganzin 1 dans les vignobles de Rioja, et je m'imagine que le terrain et le climat interviennent moins en diminuant les facultés de résistance du végétal qu'en renforçant les facultés agressives du parasite. Les sols dans lesquels la vigne périclite sont en grande partie des terrains assez meubles, sableux sans excès, argileux à point, très "phylloxérants". Quant au climat, il est naturellement sec et chaud ; il le fut plus que d'ordinaire pendant les dernières années, ce qui contribua certainement à l'extension et à l'intensification des foyers.
On sait que le Phylloxéra est particulièrement actif dans les vignobles méridionaux, en Espagne, en Sicile, en Algérie. Son activité est plus modérée dans nos vignobles de France. Il n'est pourtant pas sûr que certaines régions de notre pays où la reconstitution a été faite sur les mêmes bases ne seront pas menacées, à plus ou moins longue échéance, d'une crise analogue à celle qui sévit aujourd'hui plus au Sud. Nos viticulteur ont donc intérêt à connaître les mécomptes qu'ont donnés par ailleurs des porte-greffes franco-américains. Il est bon qu'ils se persuadent que le greffage n'a pas supprimé le Phylloxéra, que celui-ci persiste, peu ou prou, en terres propices, dans toutes nos régions viticoles et qu'il pourrait, à un moment donné, redevenir agressif sur des plantations reconstituées dont les porte-greffes n'offriraient pas des garanties suffisantes.
L'adoption des porte-greffes que nous incriminons ici ne fut pas sans prêter à la critique. Des polémiques s'engagèrent sur leur compte presque aussitôt après leur création. Les objecteur célébraient les qualités de leurs produits et la plupart des agronomes les vantèrent à leur suite, tandis que d'autres, et non des moindres, MM. Viala et Ravaz par exemple, faisaient de judicieuses réserves dont le public viticole ne tint pas un compte suffisant. Ainsi, dès 1895, M. Ravaz contestait leur résistance, après avoir constaté qu'en champs d'expériences leurs racines portaient de nombreuses tubérosités phylloxériques. Il est remarquable que dans les mêmes conditions, ilne put découvrir de lésions sur les racines du Chasselas X Berlandieri 41 B, cet autre franco-américain dont la résistance s'affirme si nettement aujourd'hui dans les foyers phylloxériques de la Rioja, à côté des Riparia X Rupestris et des Berlandieri X Riparia.
Décembre 1919."
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samedi 22 mars 2025
LE PHYLLOXÉRA ET LA RIOJA ALAVESA EN ALAVA AU PAYS BASQUE EN 1920 (deuxième partie)
LE PHYLLOXÉRA EN ALAVA EN 1920.
Le phylloxéra de la vigne est une espèce d'insectes hémiptères de la famille des Phylloxeridae.
C'est une variété de pucerons ravageurs parasites de la vigne, néobiotes venus de l'Est des Etats-Unis, qui a provoqué des dégâts considérables dans les principales régions viticoles d'Europe à la fin du 19ème siècle.
Voici ce que rapporta à ce sujet le Dr J. Feytaud dans l'hebdomadaire Revue de viticulture, en date
du 26 février 1920 :
"Dr J. Feytaud. — Sur le dépérissement phylloxérique du Mourvèdre X Rupestris 1202 et de l'Aramon X Rupestris Ganzin 1.
... Ce serait fort beau si les destructeurs des racines étaient aussi réservés. Malheureusement il n'en est pas ainsi : le Phylloxéra se signale en Rioja, comme en Navarre, par des dégâts très sérieux qui retiennent actuellement l'attention des viticulteurs espagnols.
Ce n'est pas la première fois qu'il y est question du Phylloxéra. L'Espagne eut déjà sa grande crise, ouverte vers 1880 dans le Sud (Malaga) et dans le Nord-Est (Gérone), quelques années plus tard dans le Nord-Ouest en Galice (1888), puis en Navarre (1892). Elle sévissait en Rioja de 1893 à 1900 ; les vieilles vignes européennes étant dévastées par le fléau les propriétaires, profitant des exemples venus de France, se mirent à reconstituer.
Lorsque fut entreprise la replantation des vignobles de Navarre et de Rioja, la vogue des américains purs était passée. Jacquez, Taylor, Vialla, Rupestris, Solonis, Clinton étaient à peu près délaissés comme porte-greffes et le Riparia lui-même avait fait faillite en de nombreux terrains. Les problèmes de l'adaptation et de la résistance au calcaire avaient sollicité l'attention des chercheurs, et la création des premiers hybrides semblait révolutionner le monde viticole. Les porte-greffes franco-américaine étaient tout à fait à l'ordre du jour et les dithyrambes de leurs partisans étouffaient les meilleurs conseils de prudence.
La reconstitution des vignes en Espagne se fit sous ce courant d'idées ; en Navarre, en Rioja, étant donnée la nature calcaire des terrains, on se lança en toute confiance vers les franco-américains, qui convenaient si parfaitement en apparence à ces sols où le Riparia ne pouvait tenir. On prit le Mourvèdre X Rupestris 1202 et l'Aramon X Rupestris Ganzin 1. Ces deux porte-greffes ont servi à refaire la presque totalité des vignobles du Nord de l'Espagne. Une place assez importante était cependant prise à côté d'eux par le Chasselas X Berlanderie 41 B., le Rupestris du Lot et le Riparia X Rupestris 3309.
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| POETE-GREFFE MURVEDRE RUPESTRIS 1202 |
De prime abord, le 1202 et le Ganzin 1 semblaient convenir admirablement. Ils supportent en effet, le premier surtout, de fortes doses de calvaire. Au Congrès d'Angers, en 1907, M. Garcia de los Salmones, le distingué agronome de Pampelune, présentait ces deux Franco-Rupestris comme les meilleurs porte-greffes de l'Espagne. En 1909, M. Roger Marès, cherchant dans une comparaison avec le Sud-Europe des données pour la reconstruction du vignoble algérien, constatait que dans la péninsule ibérique, de la Navarre à l'Andalousie, ces mêmes hybrides jouissaient d'une "popularité parfaite".
Déjà cependant, à cette époque, des plaintes étaient venues d'Italie au sujet de l'un des deux favoris, l'Aramon X Rupestris Ganzin 1. Mais la publication de quelques rapports notoires sur les inquiétudes des propriétaires siciliens, ne fut pas suffisamment connue du grand public et la vogue de ce porte-greffe dans les autres pays n'en fut pas diminuée.
Or, depuis 1900, les viticulteurs riojanais avaient peu à peu rétabli leurs plantations sur les bases que je viens de dire. Cette reprise des terres phylloxérées s'achevait à peine au début de la guerre, et déjà une nouvelle crise allait s'ouvrir.
Des plantations de 6, 8, 10 ans présentaient de-ci de-là quelques traces de fléchissement, des traces de chlorose suspectes. Ces indices furent bien apparents en 1915. En 1916 et 1917, le caractère pathologique s'accentuait ; mais, confiants dans le greffage, les propriétaires ne songeaient guère que ce fût un retour offensif du parasite.
Lorsque, il y a deux ans, M. Georges Dubos me fit part de ses craintes et me décrivit les symptômes, il me parut probable qu'il s'agissait d'attaques phylloxériques ; l'examen de lots de racines reçus au laboratoire me permit de confirmer cette probabilité.
Au reste, la Rioja n'était pas seule à subir les conséquences d'une erreur de reconstitution. La Navarre les subissait déjà : les vignobles réputés de Sansol, Solana, Estella, Puenta la Reina, Sanguesa, Mendigorria, Olite, etc., avaient offert successivement, à partir de 1912, des dépressions nombreuses et des dépérissements rapides.
Les remarques que je publie se rapportent aux constatations que j'ai pu faire personnellement dans la partie de Rioja alavesa voisine d'Elciego. La similitude des terrains, des porte-greffes et des greffons rend très probable que les choses se passent de même sur les autres points du Nord-Espagne.
Tous les foyers de dépression en tache d'huile au niveau desquels j'ai fait des sondages correspondent à des foyers de multiplication du Phylloxéra et il me paraît indiscutable que la crise de dépérissement correspond à une reprise intense des ravages de cet Insecte.
Fait digne de remarque, les dépressions sont apparues tout d'abord et me semblent être jusqu'à présent beaucoup plus communes sur les terres les plus riches (ou les moins pauvres), les plus profondes, les moins calcaires, notamment sur les terres d'alluvions anciennes, caillouteuses, rougeâtres, où les foyers primitifs, apparus en 1914 et 1915 sur des plantations de 5 ou 6 ans à peine, prennent une extension couramment progressive, en dépit des soins culturaux.
Dans les terres les plus pauvres, dans les sols superficiels recouvrant à peine le rocher, la végétation est parfois languissante aux points les plus mal lotis ; mais il n'y a généralement pas encore beaucoup de taches phylloxériques proprement dites. Les dépérissements qui s'y sont produits et que l'on pourrait être tenté d'attribuer tous à cette cause tiennent en grande partie à l'insuffisante épaisseur de la couche arable.
En somme, pour un porte-greffe donné, les terres d'alluvions ou les mélanges de ces terres et de terres miocènes paraissent être, sur le point considéré, beaucoup plus favorables à la multiplication des radicicoles, beaucoup plus "phylloxérantes" en un mot, que les terres miocènes pures.
Même dans les sols propices, les attaques de l'Insecte ne sont pas générales. Certaines parties du territoire sont très éprouvées, tandis que d'autres sont jusqu'à présent indemnes. Ce que nous savons du mode de diffusion l'explique : les pépinières de porte-greffes américains ou franco-américaine sont restreintes, localisées au voisinage des centres habités ; dans l'ensemble du pays, il n'y a pour ainsi dire pas de souches susceptibles de recevoir la ponte des ailes et des sexués, ni de faire vivre des gallicoles. Dans ces conditions, la propagation du fléau par les ailés est impossible ; la diffusion n'a donc lieu que par le fait de radicicoles qui, émigrant du sol, sont transportés par le vent ou par l'homme ; elle est ainsi plus limitée au point de vue distance.
Quoi qu'il en soit, dans un sol donné, bien infesté de Phylloxéra, nous voyons le Mourvèdre X Rupestris 1202 péricliter et mourir très rapidement, l'Aramon X Rupestris Ganzin 1 presque aussi vite, tandis que le Chasselas X Berlandieri 41 B, autre franco-américaines, demeure solide, ainsi que le Rupestris du Lot et en général tous les américo-américains : Riparia X Rupestris 3309, Riparia X Rupestris 101, Berlandieri X Riparia 34 EM, Berlandieri X Ruparia 420 A."
(Source : Wikipédia)
A suivre...
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