CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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jeudi 2 octobre 2025
mardi 12 septembre 2023
LES BALEINES AU PAYS BASQUE DE 1842 À 1902
LES BALEINES AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.
C'est au début du 20ème siècle qu'a été tuée, au Pays Basque, la dernière baleine en chaloupe.
Voici ce que rapporta la presse au sujet des baleines aperçues ou chassées au Pays Basque, entre
1842 et 1902 :
- La Presse, le 17 février 1842 :
"Basses-pyrénées.
— Bayonne, 11 février. — Les baleines qui, depuis plus de trois cents ans, avaient abandonné le golfe de Gascogne, viennent d'y reparaître. Ce fait est presque journellement constaté depuis huit jours par les pêcheurs de la côte compris entre Biarritz et le Socoa. Cet événement est l'objet de tous les entretiens. Les marins basques ont toujours eu la réputation d'être au nombre des meilleurs baleiniers."
| CHASSE A LA BALEINE PAYS BASQUE D'ANTAN |
- Le Constitutionnel, le 24 janvier 1854 :
"Les pêcheurs basques, jadis si renommés pour leurs exploits lointains à la pêche de la baleine, viennent de pouvoir se livrer à cette pêche en vue de Saint-Sébastien, le 17 de ce mois.
"Ce matin vers neuf heures, dit une lettre de cette ville, trois baleineaux furent signalés à l'entrée de la Suricola (fausse baie située à la droite du port). La ville tout entière courut sur les remparts, afin d'assister au curieux et intéressant combat qui allait être livré aux géans des mers par nos hardis pêcheurs.
Bientôt trois chaloupes, montées par douze intrépides marins, se sont présentées et ont cerné les baleines. Pendant deux heures, la population entière a joui d'un émouvant spectacle ; les puissans cétacés ont été poursuivis, attaqués, évités et harponnés ; successivement on les voyait paraître à la surface de la mer, lançant par leurs évents d'énormes jets de sang et d'eau, agiter leur terrible queue, dont le contact aurait brisé les frêles embarcations de leurs ennemis, puis s'enfoncer dans les profondeurs de la mer, en formant un immense remous dans lequel on aurait dit qu'elles voulaient engloutir les hardis marins. A l'aide d'une habile manœuvre, et en filant les forts câbles attachés aux harpons fichés dans leurs corps, les baleines furent, sans prévoir le piège qui leur était tendu, remorquées jusque dans la rade de Saint-Sébastien, où elles furent échouées et achevées. Sur trois baleineaux signalés, deux ont été capturés, le troisième a échappé."
Cet hiver, ajoute le Messager de Bayonne, plusieurs baleines ont successivement été signalées sur nos côtes : à Cap-Breton, à Biarritz, à Saint-Jean-de-Luz, à Saint-Sébastien et à Bilbao."
- La Gazette Nationale ou le Moniteur Universel, le 2 août 1874 :
"Le Courrier de Bayonne rapporte que dans l'après-midi d'avant-hier, plusieurs étrangers observaient du haut de la côte des Basques, à Biarritz, une masse noire qui flottait près du rivage. C’était une baleine, un cachalot ou cétacé quelconque, plein de vie, qui, après plusieurs allées et venues, s’est échoué, près du gracieux cottage de lady Bruce. Le nommé Greciet, boucher, s’est trouvé le premier sur les lieux, et, usant de ses droits de premier occupant, s’empressa d’attacher une corde à sa queue, afin de ne pas la voir enlever par un coup de mer. Le monstre marin mesure de 8 à 9 mètres de longueur."
- Le Figaro, le 6 août 1874 :
"... Heureusement, la mer s'est chargée de venir en aide au directeur du Casino. Elle vient de fournir aux baigneurs de Biarritz un spectacle et un but d'excursion.
Une jeune baleine est venue échouer sur la côte des Basques. Une baleine qui mesure huit mètres cinquante, rien que cela.
Ayant essayé en vain de la remonter, — on a attelé huit bœufs devant sans pouvoir y réussir, — on l'a solidement amarrée dans le sable où elle est visible tous les jours.
Naturellement, il y a foule.
Tous les Basques des environs, sous prétexte à expliquer la baleine, l'exploitent à qui mieux mieux. Il pleut des gros sous autour de ce poisson mort. Les femmes en font le tour avec une curiosité toute particulière.
— Et dire, s'est écriée l'une d'elles, que c'est avec cela qu'on fait les corsets !"
| CHASSE A LA BALEINE PAYS BASQUE D'ANTAN |
- Gil Blas, le 14 novembre 1881 :
"On sait que, depuis fort longtemps, les baleines font, au moment de l'hiver, leur apparition sur la côte basque franco-espagnole qui s'étend de Bayonne à Santander.
Il y a quelques jours, une immense baleine, de 25 à 30 mètres de longueur, pénétra majestueusement dans la Bidassoa jusqu'au pont international du chemin de fer d'Irun-Hendaye.
Elle redescendit la rivière après s'être bien nourrie de poissons, poursuivie de près par les barques des pêcheurs des deux nations.
Comme la marée descendait, la baleine se trouva traquée et échoua sur un banc de sable, dans une profondeur de six mètres d'eau, du côté de la côte espagnole, près de Fontarabie.
Alors commença un véritable combat naval ; les douaniers, gendarmes pêcheurs, chasseurs, et amateurs espagnols et français, ouvrirent sur le monstre marin un feu très nourri.
Ce curieux combat était suivi par une immense foule échelonnée sur les deux rives, et bien que les balles sifflassent sur les rivages, il n'y eut aucun malheur à déplorer.
Comme la fusillade ne faisait rien sur la baleine, les marins de la canonnière française stationnée sur la Bidassoa pour la surveillance des pêcheurs voulurent l'abattre à coups de canon ; mais la crainte de violer les eaux les retint.
On télégraphia aux arsenaux de Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, pour avoir des harpons et autres engins pour la pêche de la baleine ; malheureusement, la marée, commençant à monter, emporta la baleine, qui, malgré ses blessures, s'en alla majestueusement en haute mer, saluée par une fusillade des mieux nourries."
| ECHOUAGE DE BALEINE PAYS BASQUE D'ANTAN |
- La Petite Gironde, le 2 novembre 1884 :
"Basses-Pyrénées,
On écrit de Biarritz qu'une baleine énorme est venue à deux cents mètres de la côte des Basques. Elle paraissait blessée. Il est donc probable qu'elle viendra s’échouer sur les côtes.
| ECHOUAGE DE BALEINE PAYS BASQUE D'ANTAN |
- La Lanterne, le 24 mai 1901 :
"Baleines sur la Côte Basque.
Il y a environ une quinzaine de jours, une jeune baleine, d'environ six mètres de longueur, vint s'échouer dans le port très peu profond de Saint-Sébastien. Le fait était assez curieux, ces cétacés n'apparaissent que très rarement dans ces parages méridionaux.
Mais voici que le fait vient de se répéter. On annonce de Saint-Sébastien que ces jours-ci une baleine d'assez forte taille fut aperçue à l'entrée du petit port de Zarauz, à quelques kilomètres de Saint-Sébastien. Le cétacé se présenta à la marée haute, près d'Orio. Cinq barques de pêcheurs se mirent aussitôt à la mer pour lui donner la chasse. Les barques cernèrent la baleine et les pêcheurs lui lancèrent plusieurs harpons avec bonheur, car une heure après elle avait succombé et était remorquée dans le port de Saint-Sébastien et traînée sur une rampe du quai. La bête a une longueur de douze mètres et une circonférence de dix mètres."
| BALEINE 1863 PAYS BASQUE D'ANTAN |
- La Gazette de France, le 11 novembre 1902 :
"Une baleine capturée.
— Saint-Sébastien, 9 novembre.
— Le bruit s’étant répandu qu’on venait de découvrir une baleine près du port, les pêcheurs de Saint-Sébastien s’embarquèrent, armés de harpons et réussirent à découvrir le cétacé. Ils le blessèrent à plusieurs reprises et le firent échouer sur les rochers. Les embarcations des pêcheurs font la garde autour de leur capture en attendant que la marée permette de faire entrer la baleine dans le port."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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jeudi 17 août 2023
LES BASQUES ET LA GUERRE AU MAROC EN JUILLET 1909
LES BASQUES ET LA GUERRE AU MAROC EN 1909.
En 1909, de nombreux Basques du Sud sont engagés, au Maroc, contre la guérilla du RIf, à Melilla.
En 1909, l'Espagne est en guerre au Maroc, dite Seconde guerre de Melilla, entre février et
décembre 1909, contre la guérilla du Rif, région montagneuse du nord du Maroc.
Cette guerre fera environ 2 000 morts dans les troupes espagnoles et 8 000 morts parmi les
Rifains.
Un décret espagnol du 11 juillet 1909 contraint les réservistes à prendre part à la guerre de
Melilla contre les Rifains.
De nombreux Basques du Sud sont appelés à y combattre et certains passent la frontière pour
déserter.
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| CAMPAGNE DE MELILLA 1909 VUE GENERALE DU POLIGANO |
Voici ce que rapporta à ce sujet la presse nationale :
- La Gazette de France, le 1er août 1909 :
"Mobilisation du 8e corps. Hendaye, 31 juillet.
— On mande de Saint-Sébastien, 31 juillet :
"Une dépêche de la Corogne dit que le 8e corps d’armée, commandé par le capitaine général Aznar, effectue sa mobilisation.
Des trains militaires sont préparés dans les gares de Vigo, Orense, Lugo et La Corogne, attendant l’ordre de départ imminent.
Les troupes sont animées du meilleur esprit de discipline."
"Mobilisation générale. Londres, 31 juillet.
— Le correspondant du Daily Telegraph à Madrid télégraphie, le 29, via Biarritz :
Toutes les informations relatives à des actes de mutinerie commis dans l’armée espagnole sont dénués de fondement. La discipline est excellente et les soldats rejoignent leur régiment avec empressement.
Mais si l’armée est prête à tous les sacrifices, le mécontentement augmente dans l’opinion publique ; certains agitateurs ont fait croire que la campagne du Riff n'avait d’autre objet que la protection des mines.
Le bruit court que le général Loma, gouverneur de Logroño, a été blessé au cours d’une émeute.
On mobilise l’armée espagnole tout Entière, et demain 100 000 hommes seront sous les armes."
"Les déserteurs.
Une manifestation à Hendaye.
Hendaye, 31 juillet. — Les réfugiés espagnols ont fait, hier soir à onze heures, une manifestation bruyante contre leur gouvernement.
Le consul d’Espagne a cru devoir intervenir et inviter ses compatriotes à plus de dignité, mais il n’a pas été écouté et la gendarmerie a dû rétablir l'ordre.
Des mesures de police vont être prises pour éviter le retour de pareils incidents. Les réfugiés espagnols seront éloignés de la frontière, conformément aux conventions internationales."
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| CAMPAGNE DE MELILLA 1909 CAMPEMENT DE L'HIPPODROME |
- La Dépêche du Berry, le 1er août 1909 :
"3 000 déserteurs à Hendaye.
Plusieurs centaines de déserteurs ont de nouveau franchi la frontière sur divers points.
Ils errent dans les rues, attendant des ressources, les uns pour leur embarquement vers l’Amérique, les autres pour pénétrer vers l’intérieur de la France et y chercher du travail.
On évalue à plus de trois mille les insoumis qui ont gagné Hendaye depuis quelques jours. Un certain nombre, affiliés au carlisme, disent qu’ils reviendront en Espagne avec Don Jaime."
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| CAMPAGNE DE MELILLA 1909 UN CANON |
- La Dépêche, le 2 août 1909 :
"Dans les autres provinces.
Journaux français interdits.
Hendaye. 1er août.
— On mande de Saint-Sébastien :
"Considérant que les informations des journaux français relatives à la guerre sont inexactes ou exagérées, le gouverneur civil a interdit la vente des journaux français sur la voie publique et a menacé de les faite saisir à la frontière."
Hendaye, 1er août. — On mande de Saint-Sébastien :
"Les dépêches officielles assurent que l'ordre est rétabli dans les régions agitées de Catalogne, d'Aragon, de Navarre et de Biscaye. Néanmoins, le gouvernement accentue les mesures de précaution pour prévenir toute nouvelle cause de perturbation.
Suivant des informations de source privée, le roi aurait décidé de revenir à Saint-Sébastien avec le ministre des affaires étrangères. Il y arriverait lundi ou mardi, sauf empêchements graves.
Aujourd'hui, malgré la suspension des garanties constitutionnelles, auront lieu les premières corridas de la saison. Il est arrivé une foule énorme de curieux.
Les fêtes religieuses de saint Ignace de Loyola ont eu lieu samedi, sans incidents, à Saint-Sébastien, à Bilbao, à Azpeitia et dans d'autres villes."
Hendaye, 1er août.
— "Des dépêches annoncent qu'une visible agitation est répandue par des anarchistes, socialistes et républicains avancés dans les contrées minières et les fabriques de Bilbao, où le capitaine-général s'est rendu et a fait préparer une partie des garnisons de Burgos, Vitoria et San-Sébastian pour agir vite et durement, le cas échéant."
Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 4.0. Source : Article Seconde guerre de Melilla de Wikipédia en français (auteurs)
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mardi 13 décembre 2022
L'HISTOIRE DE LA NAVARRE FRANÇAISE AU PAYS BASQUE EN 1883
LA NAVARRE FRANÇAISE EN 1883.
La Basse-Navarre est la partie septentrionale de la Navarre, dont la plus grande partie, notamment la ville principale, Pampelune, se trouve sur le versant sud des Pyrénées.
Les principales villes de Basse-Navarre sont Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Palais.
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| CARTE DE LA NAVARRE VERS 1652 PAR SR SANSON D'ABBEVILLE |
Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de France, le 24 avril 1883, sous la plume de Saint-
Savin :
"La Navarre Française.
C. B. de La Grèze.
2 vol. in 8e, Imprimerie Nationale.
L'œuvre d’ensemble si riche, si considérable et si didactique des historiens de notre époque vient de s’enrichir d'une page inédite que les lecteurs de la Gazette nous sauront gré de leur signaler.
Il était réservé à l’ethnographie moderne d’entreprendre pour le mener à bonne fin cet utile labeur de défrichement local qui nous a valu depuis un demi-siècle une éclosion remarquable d'histoires provinciales.
Est-il besoin d’insister sur le côté pratique des recherches faites sur les lieux par les paléographes, les érudits du pays même ?
On conçoit tous les avantages d'une méthode qui, dans le but d’ajouter à la richesse de ce magnifique monument encyclopédique : l'Histoire de France, appelle le concours d’une légion d’ouvriers spéciaux, ouvriers du terroir, se vouant à l’étude patiente, approfondie, complète du passé de leur province.
L’excellent ouvrage de M. de La Grèze suffirait à démontrer ce que peut la division du travail en matière de recherches historiques.
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| LIVRE LA NAVARRE FRANCAISE G B DE LAGREZE |
Nous n'oserions point affirmer que ce savant magistrat, depuis longtemps connu par de nombreux travaux de jurisprudence et d’histoire fort honorablement catalogués dans toutes les bibliothèques d’Europe, ne fût pas le seul qui pût nous donner aujourd’hui une Histoire aussi complète de la Navarre française ; ce rare mérite lui sera échu, en tout cas, d’avoir été le premier à l’écrire.
Etrange destinée que celle de ce petit royaume de Navarre, intéressant et pittoresque entre tous !
Du huitième au seizième siècle, ses petits rois jouissent en Europe d’un grand et singulier prestige. Sans cesse en lutte avec de redoutables voisins, ils sauvegardent toujours leurs frontières, leur autonomie et leur glorieux renom de bravoure chevaleresque. Les plus hautes alliances sont en tous temps pour les princes et les femmes de la Maison de Navarre comme une sorte d’apanage héréditaire.
Quant au peuple navarrais, soumis à des fors traditionnels qui consacrent ses libertés et ses franchises, il gardera, longtemps encore après leur suppression, son caractère distinctif, sa noble fierté, son indépendance de race.
A dater de 1512, la Haute-Navarre, la Navarre trans-pyrénéenne cesse d’avoir pour nous un intérêt direct.
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| CARTE DE LA NAVARRE 1690 PAR FRANCESCO NERLI |
Ferdinand-le-Catholique, roi de Castille et d’Aragon, s’en empare presque par surprise et ne laisse au roi Jean d’Albret que la Navarre citérieure ou Basse-Navarre.
Tandis que la Haute-Navarre s’inféodait à la Couronne d'Espagne, tout en conservant l’antique ville de Pampelune — fondée ou restaurée par Pompée, d’où son nom, — pour capitale, que devenait la Basse-Navarre appelée depuis Navarre-Française ?
C'est ici que l’ouvrage de M. de La Grèze devient un document de premier ordre, car il comble une véritable lacune dans les annales de notre pays.
Il est d’erreur générale d'admettre que la Navarre a été réunie à la France par le roi Henri III de Navarre, qui fut aussi Henri II de Béarn et devint Henri IV de France. La réunion de la Navarre au royaume de France ne se fit qu’ensuite de l’édit rendu à Pau par Louis XIII au mois d’octobre 1620. Le roi Louis XIII déclarait — ce sont ses propres termes — que la réunion des deux royaumes s’accomplissait "sans déroger aux fors, franchises, libertés, privilèges et droits appartenant aux sujets dudit royaume de Navarre, que nous voulons leur être inviolablement gardés et entretenus."
Ainsi, alors que le royaume de Navarre perd son identité pour devenir partie intégrante du royaume de France, il garde ses lois et coutumes, ses privilèges et ses libertés. Son titre de royaume lui sera même conservé et tous nos rois jusqu’à Charles X porteront, avec celui de rois de France, le titre de rois de Navarre ; accotées seront aussi les armes des deux pays et "jureront tous les rois à leur sacre, dit Ploverel, en particulier à leurs sujets du royaume de Navarre de les entretenir et conserver dans leurs fors, privilèges et libertés."
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| CARTE DES FRONTIERES DE FRANCE ET D'ESPAGNE 1694 PAR HERMAN VAN LOON |
Et voilà ce petit peuple, le plus petit des peuples, le plus pittoresque aussi, qui continue pendant près de deux siècles à vivre paisiblement aux pieds des Pyrénées, constituant en fait un Etat dans l'Etat et sauvant de l’aventure tout à la fois son originalité et son autonomie.
Son coefficient est des moins homogènes : il est formé de cinq races au moins, absolument différentes. Basques, Béarnais, Espagnols, Cagots et Bohémiens, tels sont les éléments bizarres de cette agglomération humaine, de cette personne morale dont on ne saurait préciser l'origine perdue dans la nuit des âges.
Aux Basques tous nobles, aux Béarnais, tous féaux, aux Cagots tous maudits, aux Bohémiens tous bohèmes, la patrie est commune ; ils foulent le même sol antique sous le même ciel bleu éternel. Et, cependant, si ces cinq races vivent entremêlées, elles ne vivent pas de même ; soumises aux fors nationaux, elles conservent leurs mœurs et leurs coutumes distinctes ; elles sont pleines de disparates dans leur unité séculaire.
Particularité bizarre ! à elles cinq, elles parlent au moins quatre langues différentes dont l'une, la langue basque, appelée la doyenne des langues d'Europe, n'est comprise que des Basques et dont une autre, la langue gitane est une langue fermée, aujourd'hui encore presque inconnue.
Si bien que l’on a pu dire qu’en Navarre, on s’est toujours entendu sans se comprendre et compris sans s’entendre.
Le fait est bien connu : les Basques vivant au milieu des Espagnols, n’ont jamais pu se rendre familière la langue espagnole ; de là ce vieux dicton : parler le français comme un Basque l’espagnol, dans la suite et par corruption : comme une vache espagnole.
Qui pourrait définir le génie d’un pareil peuple, qui pourrait donner la résultante morale de cette vitalité concrète mise en commun pendant des siècles pour la patrie commune ?
Il ne me parait pas contestable que la caractéristique des Navarrais a toujours été un amour indomptable de ses libertés. Ces libertés et franchises, que les héritiers de Jean d’Albret ne cessèrent de respecter, la Révolution française, au nom de la liberté, les supprima.
Liberté ! liberté ! que de crimes on commet en ton nom ! Convoqués aux Etats-généraux de 1789, les Navarrais ne cédèrent point à l’entraînement général ; ils pressentaient que c'en était fait bientôt de leur indépendance et de leur autonomie et répondirent fièrement : "Quand la France aura établi ou recouvré une Constitution aussi bonne ou meilleure que celle de la Navarre"... nous verrons...
On le leur fit bien voir et, en 1790, le royaume de Navarre, agrandi de l’ancien Béarn et d'une portion de l’ancienne Gascogne, devint tout simplement le département des Basses-Pyrénées et tomba sous la loi commune.
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| CARTE DES BASSES PYRENEES |
Les deux beaux volumes de M. de La Grèze, riches en documents inédits, forment une étude originale et complète du royaume de Navarre et de ses habitants aux divers points de vue géographique, légendaire, héroïque, administratif, politique et judiciaire. Nous aurions aimé voir l’auteur pousser plus avant ses recherches sur les races maudites, mais le regret que nous exprimons vient sans doute de l’attrait qui s’attache, dans le livre de M. de La Grèze, aux chapitres consacrés à cette étrange caste de parias appelés cagots. Le mouvement antisémitique qui passionne en ce moment les pays slaves donne un véritable regain d’actualité à la condition des juifs en Navarre et les mœurs des gitanos que l’auteur a étudiées, ont toujours eu le don de piquer au vif la curiosité non-seulement des linguistes, mais aussi de tous ceux qui s’occupent de recherches anthropologiques.
A quelle race appartiennent les gitanos ? De quelle contrée se sont-ils répandus sur l’Europe ? De même que pour la race basque, ces questions n'ont pas encore été parfaitement résolues.
Suivant l’opinion la plus accréditée, ils seraient les descendants des anciens Tchinganes, originairement établis sur les bords de l'Indus, et qui furent forcés d’abandonner leur pays à l’époque de l’invasion de Tamerlan : leur physionomie, bien plus asiatique qu’européenne, et leur langage, qui contient un nombre assez considérable de mots dérivant du sanscrit, donnent une grande vraisemblance à cette hypothèse. En Danemark et en Suède on les nomme Tartares, désignation qui tendrait à confirmer leur origine asiatique.
M. Georges Borrow, l’auteur du curieux livre intitulé The Zincali, est celui qui a le mieux étudié les gitanos : on sait qu'il eut la patience d’apprendre leur langue, le calo, et qu’il vécut plusieurs années au milieu d’eux.
Quant aux Basques, qu'un écrivain humoristique définit : "un peuple qui danse aux pieds des Pyrénées", il ne serait pas sans intérêt de les étudier même au point de vue de ce détail typique.
Dès le XVIe siècle, l'instrument favori des Vascongados était connu en France sous le nom de Tambourin de Basque ; leur danse, telle qu’elle est encore en usage, est décrite dans un curieux ouvrage imprimé à Langres en 1589, sous le titre d'Orchésographie, traité en forme de dialogue, par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et pratiquer l'honneste exercice des danses. L’auteur était un brave chanoine de Langres âgé de 69 ans qui rappelait à ses lecteurs ce passage de l'Ecclésiaste : Templus plaugendi, tempus saltandi. Après avoir conté, comment il a vu exécuter la danse des Morisques "par mesure binaire, avec tappements de pieds et tappements de talons", il décrit aussi celle des Basques et Béarnais et leur Tambourin de Basque "environné de sonnettes et de petites pièces de cuivre reniant un bruit agréable".
| PANDERETA PAYS BASQUE D'ANTAN |
Les danses de la Navarre, sur lesquelles le baron Davilliers, de regrettée mémoire, nous a donné tant de détails curieux que nous voudrions pouvoir tous citer ici à propos du livre de M. de La Grèze, ont de l’analogie avec celles du pays basque.
C’est de la Navarre qu’était originaire, à ce qu'on assure, la célèbre danseuse chantée par Voltaire :
Ah ! Camargo que vous êtes brillante !...
Certaines danses basques sont si caractéristiques et expressives que, comme un bon sonnet, elles valent un long poème. Poème plus compréhensible en tout cas à l’étranger que celui que pourrait lui déclamer un indigène de Saint-Palais ou de Saint Jean-Pied-de-Port.
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| CARTE DES ALDUDES 1764 BASSE-NAVARRE D'ANTAN |
Les Basques ont un alphabet très ancien, nous dit M. de La Grèze, mais ils n’ont pas un seul document écrit. C’est là, on en conviendra, un fait bien extraordinaire. Voilà un peuple dont les origines et dont la langue ont été l’objet d’innombrables recherches et d’importants travaux. Ce peuple est remarquablement doué physiquement et intellectuellement, il a une histoire aussi ancienne que lui et l’on ne retrouve pas un seul contrat ou seing privé ou acte quelconque écrit en langue euskarienne !
Grandes ont été les difficultés de l’auteur de la Navarre française pour fixer certains points d’histoire restés obscurs. Ses importants travaux antérieurs, tels que l'Histoire du Droit dans les Pyrénées, in 8e également imprimé à l’Imprimerie Nationale, le Château de Pau, l'Histoire de la Bigorre, 2 vol. etc., etc., ont, il est vrai, facilité sa tâche, mais l’essentiel pour l’histoire et, égoïstement, pour nous, c’est qu'il l’a remplie avec un incontestable bonheur."
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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