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mercredi 14 octobre 2026

LE 3ÈME BATAILLON DE FUSILIERS MARINS COMMANDOS BASQUES EN 1941 ET 1942

LE 3ÈME BATAILLON DE FUSILIERS MARINS COMMANDOS BASQUES EN 1942.


Le 3ème Bataillon de Fusiliers Marins (3ème BFM) est une unité terrestre des forces navales françaises libres (FNFL) pendant la Seconde Guerre mondiale, formée uniquement de volontaires hispanophones non-français.



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ECUSSON 3EME BFM



Le 3ème BFM est créé à la suite de l'accord du 17 mai 1941 signé par René Cassin, pour la France libre, et par José Ignacio de Lizaso, pour le Conseil national du Pays Basque, organisme issu du Gouvernement Basque, créé, en 1936, par la Seconde République espagnole.



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PHOTO DE RENE CASSIN 
PAR HENRI MANUEL



Cet accord a pour but de favoriser l'entrée au sein des forces navales françaises libres de volontaires basques dans le cadre de la lutte contre les forces de l'Axe, soutiens du régime franquiste.



Le 3ème BFM est officiellement créé le 11 septembre 1941, sous le commandement du colonel Servando Marenco Reja, ancien basque républicain, qui reçoit le grade temporaire de capitaine de corvette pour gérer la mise en place de l'unité.



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FORMATION AUX ARMES 3E BFM OCTOBRE 1941




Adopté en septembre 1941, le règlement de l'unité prévoit l'usage de l'espagnol comme langue officielle, les recrues pouvant être issus de l'armée basque de 1936-1937, de l'immigration basque en Amérique, mais aussi des troupes non basques de l'armée républicaine ou d'Amérique latine.



Les volontaires sont rassemblés au camp de Old Dean à Camberley, camp d'entraînement des forces françaises libres.



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CAMP OLD DEAN CAMBERLEY SURREY
GRANDE-BRETAGNE



Début janvier 1942, l'unité regroupe une centaine d'hommes et elle reçoit, des mains du commandant Moret, chef d'Etat-Major des Forces Navales Françaises Libres, le 14 février 1942, son insigne, tandis que le lieutenant de vaisseau Rosendo Piñeiroa Plaza est reconnu comme commandant de la première compagnie du bataillon apte aux opérations.



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Vont le rejoindre peu après les lieutenants de marine Julian Hickman Urrutia et Antonio Bera Hernandez de Lardizabal.



Parmi les officiers du bataillon, 5 étaient d'origine basque et 6 ne l'étaient pas, bien que le lieutenant-commandant Arce ait également des ancêtres basques.



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OFFICIELS ET MEMBRES DU PNV
28 JANVIER 1942
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le bataillon est dissous le 23 mai 1942, officiellement à la demande des Britanniques qui se plaignent qu'une force militaire étrangère et non reconnue soit entraînée par les Forces Françaises Libres sur le sol britannique.



Une partie de ses éléments est envoyée rejoindre le 1er bataillon de fusiliers marins commandos, commandé par le lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer.



(Source : Wikipédia et Servando Marenco Reja - Les Français Libres)




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vendredi 27 mars 2026

CELA S'EST PASSÉ IL Y A 82 ANS : LE BOMBARDEMENT DE LA VILLE DE BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 27 MARS 1944


IL Y A 82 ANS LA VILLE DE BIARRITZ ÉTAIT BOMBARDÉE PAR LES ALLIÉS.


Le 27 mars 1944, un raid aérien des alliés a lieu sur Biarritz et fait de très nombreuses victimes civiles (environ 117 morts et 250 blessés).


pays basque autrefois guerre bombardement américain labourd
BIARRITZ 27 MARS 1944
PAYS BASQUE D'ANTAN



Je vous ai déjà parlé de ce bombardement dans plusieurs articles précédents, le 27 mars 2017, le 

27 mars 2018, le 27 mars 2023, le 27 mars 2024 et le 27 mars 2025.



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, régionale et nationale, dans plusieurs éditions :



  • Le Patriote des Pyrénées, le 3 avril 1944 :

"Après le récent bombardement "allié".


113 morts à Biarritz.



Dans Biarritz, ville des Basses-Pyrénées la plus atteinte lors du récent bombardement, le bilan pouvait s'établir comme suit, le 29 mars à 18 heures : 

Hommes. 51 ; Femmes, 43 ; Enfants, 11 (jusqu'à 11 ans). 

Total, 105 personnes.


A ce chiffre, il y a lieu d'ajouter 8 personnes décédées dans une ferme, ce qui porte le total connu à 113 personnes décédées.



biarritz 1944 pays basque occupation allemande bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Une fillette retrouvée vivante sous les décombres.



Dans un des quartiers les plus éprouvés par le bombardement du 27 mars, les déblayeurs ont retrouvé sous les décombres de sa maison une fillette de 11 ans, encore vivante. L’enfant était certes très affaiblie par les trois jours passés dans cette position tragique, mais son état ne présente nulle inquiétude. La mère de la jeune rescapée compte parmi les victimes du 27 mars et son père est prisonnier de guerre en Allemagne. 



Si chacun avait gagné un abri.

Paris. 3 avril. 



Le récent bombardement de Biarritz, station balnéaire dépourvue de tout objectif militaire, a plongé la région du Sud-Ouest dans la stupeur. Alors que, le raid annoncé dix minutes avant le passage des avions, les habitants circulaient dans les rues ou assistaient, aux fenêtres, à l’arrivée des avions, soudain, une centaine de bombes de petit calibre semaient la mort parmi les promeneurs ; c’est ce qui explique le nombre élevé des victimes, qui ne correspond pas aux dégâts, relativement légers, causés aux habitations. On aurait eu à déplorer beaucoup moins de morts si chacun avait cherché un refuge dans les abris ou dans les caves."




biarritz 1944 pays basque guerre occupation allemande bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


  • La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 4 avril 1944 :

"Aux industriels, commerçants et artisans sinistrés.


L'attention des industriels, commerçants et artisans sinistrés est attirée sur les disposition de la loi n° 907 du 28 octobre 1942 (Journal Officiel du 14 novembre 1942) qui leur fait une obligation de déposer dans les quinze jours du sinistre, à peine de forclusion de leurs droits, et sauf cas de force majeure dont ils devront justifier, une déclaration du sinistre auprès du délégué régional du Commissaire de la Reconstruction. 



Les Services du délégué régional dont l'adresse est Ponts et Chaussées, allées Marines, Bayonne, sont à leur disposition pour fournir les imprimés et les renseignements nécessaires.



Provisoirement les intéressés peuvent s'adresser à la permanence qui se tient à Biarritz, à la Maison du Tourisme, de 9 h. à 12 h. et de 14 h. à 18 heures.



Les déclarations doivent être adressées au délégué régional du département des Basses-Pyrénées. Les demandes des sinistrés n'ayant pas la possibilité de se rendre dans le département où a eu lieu le sinistre pourront être remises aux Services du délégué régional dont l'adresse est indiquée ci-dessus.



Les demandes doivent être signées par le sinistré lui-même ou son mandataire régulier. Des formules de pouvoir sont tenues à la disposition des sinistrés à la même adresse.



Les sinistrés prisonniers de guerre ne sont pas dispensés de cette déclaration ; les formules de pouvoirs nécessaires pour la désignation d'un mandataire devra leur être adressées par l'intermédiaire de la Direction des Prisonniers de Guerre à Paris. Les délais nécessaires pour le dépôt de leur déclaration leur seront accordés de plein droit.



Lorsqu'une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale n'est pas propriétaire des bâtiments dans lesquels elle est établie, le propriétaire de ces bâtiments est tenu, dans les mêmes conditions, de souscrire une déclaration de sinistre à moins que ces bâtiments ne soient utilisés principalement pour l'habitation et accessoirement à titre industriel, commercial ou artisanal."


biarritz autrefois pays basque occupation allemande bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN

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"Distribution d'oranges aux blessés.


Toutes les personnes blessées par suite du bombardement du 27 mars non hospitalisées à ce jour et qui continuent à être soignées à domicile sont priées de se faire connaître à la Direction de D. P. de la Mairie 2e étage. 


Après justification il leur sera délivré, ou à un membre de leur famille, un bon pour une douzaine d'oranges."



biarritz autrefois pays basque bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN

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"Les victimes civiles de guerre.


Le nombre des victimes civiles augmente continuellement puisque les bombardements s'étendent à des localités qui, comme Biarritz, semblaient certaines de n'y être jamais exposées.


Ces mutilés, ces veuves et ces orphelins, et les ascendants de ceux qui meurent par suite d'un fait de guerre doivent être indemnisés, en vertu d'une loi du 26 juillet 1941 et du décret N° 5490 du 31 décembre 1941.


Les intéressés sont invités, dans leur intérêt, à faire valoir leurs droits dans les plus brefs délais. Ils peuvent utilement se renseigner au Comité 39-40, 24, rue Feydeau, à Paris, ou, pour la région de Biarritz, au délégué dudit Comité : M. Petit, 6, rue Saint-Charles, Biarritz, l'après-midi sauf le dimanche et le jeudi."


biarritz avant pays basque guerre occupation bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


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"Jean Lambert, architecte, sinistré, informe ses clients et connaissances, que son domicile et cabinet sont transférés 1, rue Jean-Bart, 1er étage. Tél. 405.59"


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pays basque labourd économie magasin
GRAND ESCALIER MAGASIN BIARRITZ-BONHEUR
PAYS BASQUE D'ANTAN



"La Direction des Grands Magasins Biarritz-Bonheur a l'honneur d'informer sa nombreuse et fidèle clientèle que, grâce au dévouement de son Personnel et des ouvriers des entreprises travaillant à la remise en état du magasin, Biarritz-Bonheur sera à nouveau réouvert le mercredi 5 avril.


La Direction exprime ses sincères remerciements pour les nombreuses marques de sympathies qu'elle a reçues."







(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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jeudi 27 mars 2025

CELA S'EST PASSÉ IL Y A 82 ANS : LE BOMBARDEMENT DE LA VILLE DE BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 27 MARS 1944

 

IL Y A 82 ANS LA VILLE DE BIARRITZ ÉTAIT BOMBARDÉE PAR LES ALLIÉS.


Le 27 mars 1944, un raid aérien des alliés a lieu sur Biarritz et fait de très nombreuses victimes civiles (environ 117 morts et 250 blessés).


pays basque autrefois guerre bombardement américain labourd
BIARRITZ 27 MARS 1944
PAYS BASQUE D'ANTAN

Je vous ai déjà parlé de ce bombardement dans plusieurs articles précédents, le 27 mars 2017, le 

27 mars 2018, le 27 mars 2023 et le 27 mars 2024.



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, dans plusieurs éditions :



  • la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 3 avril 1944 :

"Imposante cérémonie à la cathédrale de Bayonne à l'intention des victimes du bombardement de Biarritz.

Une foule nombreuse qui occupait la nef principale et la majeure partie des bas-côtés a assisté ce matin à 11 heures à la cérémonie funèbre célébrée en la cathédrale de Bayonne pour le repos de l'âme des victimes du bombardement de Biarritz.



Au premier rang on remarquait la présence de MM. Jean-Jacques Dubreuil, délégué dans les fonctions de Préfet pour la zone occupée des Basses-Pyrénées : Marcel Ribeton, maire de Bayonne ; les adjoints ; le Conseil Municipal ; le Commandant Cazalis, maire de Biarritz ; ainsi que de nombreuses personnalités appartenant à toutes les classes de la société de Bayonne et de la région.



Devant l'autel était dressé un important catafalque entouré d'agents de la police d'Etat en grande tenue montant la garde d'honneur. La messe a été dite et l'absoute donnée par M. l'abbé Bordarrampé curé archiprêtre de la cathédrale.



Cette pieuse cérémonie a pris fin à 11 heures 45.



biarritz avant pays basque guerre occupation bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les quartiers sinistrés de Biarritz demeurent interdits.


biarritz autrefois pays basque bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Sans doute ne convient-il plus d'épiloguer à longueur de semaine sur le bombardement de Biarritz.



Cependant si imprévue et si formidable a été la secousse que Biarritz ne se remet que peu à peu de l'émotion ressentie il y a aujourd'hui une semaine.



Toutes les conversations ont encore roulé sur le drame du 27 mars en ce dernier dimanche. On en a parlé d'ailleurs un peu à tort et à travers. Et comme toujours en pareil cas ce sont ceux qui n'ont rien vu qui racontent le plus grand nombre d'histoires, nécessité d'en savoir plus que le voisin, imagination débordante ; c'est ainsi que naissent les bobards, bobards parfois néfastes.



Gardons-nous de les répandre ; le mal est assez grand, ne l'amplifions pas.


biarritz autrefois pays basque occupation allemande bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Zone interdite.



De même on est venu hier très nombreux des environs pour visiter les ruines ; on en a été pour ses frais. Des barrages ont empêché et continuent d'empêcher le passage de la zone dévastée. La mesure est sage. La peine des sinistrés est assez grande pour qu'on ne l'aggrave pas par le spectacle d'une procession de gens scrutant les décombres. D'autre part les aces malhonnêtes sont toujours à craindre. On a parlé d'emprisonnement ; cependant il existe un arrêté qui devrait, dans la circonstance, être appliqué sans faiblesse.



Le champagne ne coule pas quand le sang se répand à flots ; de même une exclusivité pour si absolue soit-elle perd normalement ses droits dans une semblable catastrophe. A plus forte raison, il faut éviter que des gens puissent penser à aggraver le malheur du voisin. Et on ne l'empêchera qu'en appliquant impitoyablement la loi.




biarritz 1944 pays basque guerre occupation allemande bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Un poignant silence.



Donc, pour l'instant encore, les quartiers qui ont le plus souffert demeurent inexploités. Cela rend d'ailleurs le spectacle plus attristant. Là où, il y a huit jours, c'était la vie, le mouvement, il n'y a plus aujourd'hui qu'un poignant silence. Les maisons n'offrent plus que des façades délabrées, les magasins semblent camouflés sous leur visage de bois. Seul, dans toute une longue voie, un bureau de tabacs a été épargné et ses clients peuvent toujours y prendre leur ration de tabac ou cigarettes.



Le déblaiement n'est pas encore terminé ; dans une rue montante on marche encore sur des gravats et aussi sur de souvenirs de famille qu'on y a abandonné ; ici c'est un diplôme décerné après un concours de tir ; là c'est une photo de premier communiant, là encore une collection de vieux journaux y compris la Gazette grand format.



Des escaliers qui conduisent près d'un ancien temple disparaissent encore sous un amoncellement de matériaux et d'objets les plus hétéroclites.



biarritz 1944 pays basque occupation allemande bombardement allié
27 MARS 1944 BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les suites dangereuses d'un bombardement.



Une autre raison pour laquelle ces quartiers demeurent zone interdite : des maisons menacent ruines et risquent à tout moment de s'effondrer. Sur chacune d'elles un avis est placardé ; d'autre part on a découvert de nombreuses bombes qui n'avaient pas éclaté. Les services compétents ont procédé à leur enlèvement et font de nouvelles recherches. De même on essaie d'établir le nombre exact des points de chutes des bombes ; il se chiffre déjà par plusieurs centaines."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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jeudi 9 janvier 2025

LE CAMP D'INTERNEMENT DE GURS EN BÉARN EN AOÛT 1940

LE CAMP DE GURS EN 1940.


Le camp de Gurs était situé en Béarn, à 20 km à l'Est d'Oloron-Ste-Marie et à 5 km de Navarrenx, dans le département des Basses-Pyrénées.


pays basque autrefois camp prisonniers béarn
CAMP DE GURS
BEARN D'ANTAN


Le camp de Gurs était un camp d'internement construit en France à Gurs près d'Oloron-Sainte-Marie dans les Basses-Pyrénées (actuellement Pyrénées Atlantiques) par le gouvernement d'Edouard Daladier entre le 15 mars et le 25 avril 1939 pour interner les personnes fuyant l'Espagne (Républicains espagnols, combattants des Brigades internationales) après la prise du pouvoir du général Franco.



Au début de la Seconde Guerre mondiale, le même gouvernement y interna des étrangers ressortissants des pays en guerre contre la France ainsi que des militants du Parti communiste français, favorables au Pacte germano-soviétique.



Après l'armistice du 22 juin 1940, signé avec l'Allemagne par le gouvernement français de Pétain, le camp fut utilisé comme camp d'internement mixte pour des Juifs de toutes nationalités — sauf français — capturés et déportés par le régime nazi dans des pays sous contrôle (Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas). Près de 4 000 juifs furent transférés au camp de Drancy, entre le 6 août 1942 et le 3 mars 1943, puis en Pologne au camp d'Auschwitz où ils furent presque tous assassinés.



Voici ce que rapporta au sujet du camp de Gurs, le quotidien La France au Travail, le 6 août 1940 :



"La Garde Mobile, tyran domestique.



On peut dire de la garde mobile qu'elle est deux fois impopulaire : le 6 février et les jours suivants, elle se déconsidérait en prenant la défense armée des complices de Stavisky... Le 19 mars 1937, elle tirait sur les ouvriers au cours des émeutes sanglantes de Clichy.



pays basque autrefois camp prisonniers béarn
MANIFESTANTS ET GARDES MOBILES CLICHY 19 MARS 1937
REGARDS 25 MARS 1937



La population parisienne n'est pas près d'oublier de si doux souvenirs. Aussi bien la garde mobile a-t-elle suivi dans la zone... inoccupée, son gouvernement naturel.



Il n'est dès lors pas étonnant qu'elle y continue ses exploits. Car cette troupe policière, bien payée et bien nourrie, préposée à la surveillance de ceux qui se battaient pour 10 sous par jour, a consenti la retraite sans renoncer à la tuerie. Seulement, elle ne s'attaque plus qu'aux prisonniers. C'est plus commode et moins dangereux.



C'est à Gurs, dans les Basses-Pyrénées, qu'elle occupe ses loisirs forcés. C'est à Gurs, en effet, que sont internés la plupart des prisonniers politiques. C'est à Gurs qu'on assassine les militants ouvriers.




pays basque autrefois camp prisonniers béarn
REFUGIES ESPAGNOLS CAMP DE GURS
BEARN D'ANTAN



Car tous n'ont pu s'enfuit au cours de leur exode forcé de la prison de la Santé. Beaucoup ont connu pire, roulant des nuits et des journées entières dans des voitures cellulaires, cantonnés deux par deux dans des cabines étroites où ils ne pouvaient ni se coucher ni s'asseoir et contraints de faire leurs besoins sur place... Enfin, c'est à coups de crosses de fusils et baïonnettes qu'on les a finalement parqués dans ce camp déjà trop fameux, cerné d'une double haie de fils barbelés. Mais laissons la parole aux victimes :


Ici, écrit Fauré, tout est sujet à brimades et humiliations. Nous souffrons toujours de la faim. Nous pouvons recevoir des colis, mais, si nous avons un paquet de cigarettes, on nous le casse en deux ; les tubes de dentifrices sont coupés dans le sens de la longueur ; les cahiers sont déchirés ; les gâteaux et le chocolat sont brisés... et nous serrons les poings sans rien pouvoir. Le courrier n'est pas distribué et un adjudant s'est vanté d'avoir gardé, par mesure disciplinaire, pour nous dresser, 1 000 lettres, 70 mandats et 50 colis... Des individus malpropres nous ont amené des poux et nous faisons la chasse toute la journée à la vermine et aux rats — des rats énormes qui viennent sur nous la nuit. Il n'y a aucune hygiène dans ce camp ; 2 lavabos et 7 robinets pour 1 000, et les w.-c. d'un type moyenâgeux. On n'ouvre l'eau que 3 heures le matin et 3 heures l'après-midi. Le service sanitaire est inexistant. Nous n'avons pas même de comprimés d'aspirine. Aussi, depuis notre arrivée, un pauvre vieux de 62 ans est mort faute de soins. Des cas de scorbut sont déclarés.



pays basque autrefois camp prisonniers béarn
CAMP DE GURS
BEARN D'ANTAN


Des cas de scorbut... et aussi de dysenterie ! Aujourd'hui, c'est la contagion. Demain, ce sera l'épidémie.



Et de cette façon, MM. Daladier, Mandel et Reynaud seront assez vengés ; la garde mobile exécute fidèlement leurs volontés posthumes. Faute d'avoir pu mener leurs ennemis au poteau d'exécution, ils organisent pour eux une mort médicalement préparée. Et puis, il y a la provocation...



A chaque instant, écrit encore un autre détenu, les gardes nous promettent de descendre ceux qui broncheraient. Tout est prétexte à coups de fusils. A Ovard, c'est notre camarade André Lambert, délégué des cimentiers du pont de Saint-Cloud, qui a été tué en plein sommeil. Le 1er juillet, on a ramené un soldat avec une balle dans le ventre. Et nous avons un fusil-mitrailleur toujours en batterie, jour et nuit, à chaque coin du camp.



pays basque autrefois camp prisonniers béarn
CAMP DE GURS
BEARN D'ANTAN


Chaque jour qui passe amène une funèbre nouvelle : l'assassinat organisé continue, comme à Clichy. Et cependant, les injures pleuvent : canailles, bandits, etc. Les gardes mobiles traitent ainsi des hommes qui, durant des mois, étaient en première ligne et faisaient leur devoir deux fois dangereusement.



"Si un jour je revois ceux du 19e bataillon de chasseurs, avec qui j'ai accompli 7 mois de front, ils me prendront pour un Marseillais quand je leur dirai que, calibré depuis Orléans comme Parachutiste, j'ai été lardé de coups de baïonnettes par la mobile !" écrit Varloteau, du syndicat des métaux.



pays basque autrefois béarn camp prisonniers
CAMP DE GURS
BEARN D'ANTAN



Car les policiers en armes ne reculent devant rien : à la cruauté qui paraît leur être naturelle ils ajoutent la mauvaise foi. Cependant que les familles de leurs victimes, demeurées pour la plupart à Paris, se désespèrent de leur impuissance.



Il faudrait tout de même que, sans attendre davantage, le gouvernement de Vichy prenne l'initiative rapide d'une amnistie générale ; il est impossible qu'il soit sincère en organisant la paix s'il continue à tenir dans les bagnes de Gurs et d'ailleurs les gens que, par voie de conséquence, il continuerait de considérer comme des témoins trop gênants.



Ceux qui se sont élevés contre la guerre impérialiste demeurent les seuls véritables défenseurs du peuple français. Leur libération n'est pas affaire de justice : elle est affaire de gouvernement... ou de révolution. Nous saurons bientôt ce que l'on veut de l'autre côté de la... barricade.



Mais qu'on prenne garde : la complicité est punie comme le crime. Ceux qui mourront à Gurs auront des vengeurs."



(Source : http://archives.le64.fr/ et https://fr.wikipedia.org)




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samedi 22 juin 2024

LE LAIT AU PAYS BASQUE EN 1918 (troisième partie)

 

LE LAIT AU PAYS BASQUE EN 1918.


Pendant la première Guerre Mondiale, il y a un grand problème d'approvisionnement en laitage pour les habitants du Pays Basque.




pays basque autrefois laiterie labourd guerre agriculture
LAITERIE CHÂTEAU DE MONTDEVILLE ANGLET 1917
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

plusieurs éditions :


  • le 13 mars 1918, sous la plume de son Directeur, Louis-Etienne Seitz :

"Toujours à propos du lait.



Nous avons reçu de M. J. d’Arcangues la lettre suivante : 


Dans la "Gazette" du 10 mars, un article paraissait : "Laissez-nous le lait". 


Un groupe de personnes animées d’un affectueux intérêt a bien voulu y répondre en adressant une lettre à M. Seitz, lettre qui fut insérée et que le directeur du journal fit suivre d’un commentaire, cette fois, tout à notre éloge. 


Je tiens sans tarder à exprimer toute notre reconnaissance à celui ou à ceux qui prirent cette aimable initiative et à leur dire au nom de mon frère qui n’est pas ici, et au nom de toute ma famille, combien nous avons été touchés par ce témoignage d’une amitié que nous ne saurons oublier. 


J’ajouterai qu’il faut croire, en constatant la différence de ton des deux articles dont nous avons eu l’honneur de faire les frais, que M. le directeur de la "Gazette" a pris dans l’intervalle quelques renseignements supplémentaires, et je dois dire, très nécessaires au respect de la vérité. 

Comte J. D’Arcangues. 



Nous n’avons rien à modifier à nos conclusions. Il n’y a d’ailleurs pas à rechercher entre nos articles du 10 et du 12 mars une "différence de ton". La même courtoisie, le même parti-pris d’union sacrée et de recherche du bien public caractérisent l’un et l’autre ; si le second contient des passages qui ont été agréables à l’amour-propre de M. J. d’Arcangues et de sa famille, c’est que l’occasion nous avait été donnée de rendre justice à des mérites reconnus et que nous aimons infiniment mieux relater des faits louables que discuter sur d’autres : nous sommes heureux d’avoir été agréables en étant justes et impartiaux. 



Mais il faut revenir à la vraie question, celle du lait indispensable à la vie de la population et surtout des enfants et celle des fromages, dont on peut se passer, à la rigueur, en ces temps de restriction. 



Nous espérons que, très prochainement, M. le comte d’Arcangues et sa famille nous donneront l’occasion de les féliciter pour l'abandon momentané d’une industrie devenue inopportune et de rassurer une population inquiète. Ils auront ainsi calmé certaines appréhensions et quelques colères dont nous avons entendu les échos ; ils auront gagné des sympathies qui ne demandent qu’à rester fidèles ; ils auront accompli un acte de patriotisme d’autant plus méritant qu’il comportera quelques sacrifices."



  • le 21 mars 1918, sous la plume de son Directeur, Louis-Etienne Seitz :

"La question du lait.



Les lecteurs de la "Gazette" ont suivi avec une bienveillante faveur notre série d’articles sur le lait. Nous pouvons affirmer qu’il y a unanimité, parmi toutes les voix que nous avons entendues, pour approuver nos conclusions et réclamer la cessation, — au moins momentanée — des industries qui, dans notre région, provoquent la disette du lait en le récoltant pour la fabrication du beurre et du fromage. 



Nous avions espéré, sur la foi de renseignements qui nous étaient parvenus, que la dernière en date des fromageries récemment créées, celle d’Arcangues, cesserait son exploitation et que le patriotisme et le souci de l’intérêt public l’emporteraient sur toute autre question d’intérêt ou d’amour-propre. 



arcangues autrefois pays basque châteaux labourd
CHÂTEAU ARCANGUES - ARRANGOITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nous devons reconnaître qu’il n'en est rien encore et que la situation, loin de s’améliorer, s’aggrave chaque jour. De toutes parts, on nous demande de persévérer dans notre campagne ; on réclame une sanction ; on se plaint de la raréfaction d’un produit essentiel à l’alimentation des enfants et des malades. 



Un pharmacien de Biarritz écrit : 


Ma laitière m’annonce qu’elle ne me portera plus le lait car M. le marquis d’Arcangues va monter une fabrique de fromages de Camembert. Il paraît que M. d’Arcangues achètera le lait à plusieurs laitières à un prix raisonnable et leur donnera, en plus, du terrain pour la culture des pommes de terre... 


Vous n’ignorez pas la difficulté que nous avons, nous autres ménagères, à nous procurer un peu de lait. Voilà pourquoi j’ai l'honneur de m’adresser à vous pour vous demander de juger s’il est rationnel que des enfants comme ma fillette d’environ 3 ans soient privés de lait tandis que tout celui de la région serait employé à fabriquer des fromages dont on peut très bien se passer. 

Recevez, etc.  



Un des médecins les plus distingués de notre station nous disait, il y a quelques jours, que des malades qu’il avait mis au régime lacté, et pour qui ce régime était peut-être une question de vie ou de mort, ne pouvaient se procurer du lait. 



Le propriétaire d’un des plus grands hôtels de Biarritz, vient de se voir tout à coup supprimer le lait parce que le fermier qui le fournissait écoule tout son lait à la fromagerie d’Arcangues. 



La laitière qui servait le directeur d’une très importante maison de commerce, directeur qui a plusieurs enfants en bas-âge, a cessé hier de fournir le lait habituel en invoquant la même raison. 



Sans avoir eu à faire aucune enquête et rien qu’en recueillant les doléances qui nous viennent spontanément, nous pourrions citer de nombreux autres cas et nous tenons les noms et les faits à la disposition des autorités. 



Les propriétaires de la fromagerie d’Arcangues ont beau prétendre qu’ils tiennent leur promesse de ne pas récolter de lait dans les villages immédiatement voisins de Biarritz ; Biarritz n’est pas tributaire seulement, pour le lait, de tel ou tel village plus proche, mais de toute la région circonvoisine et tant que les fermiers trouveront au domaine d’Arcangues un débouché très proche et très rémunérateur pour cette denrée d’alimentation, les laitières cesseront une à une de récolter et d’apporter ici le lait, et notre population, y compris enfants et malades, souffrira de plus en plus de la très pénible situation qui lui est faite. 



On dit bien que si demain la fromagerie cessait son industrie, le lait serait perdu car les laitières ne trouveraient pas une rémunération suffisante pour la récolte du lait de ferme en ferme et pour son transport à Biarritz dans les familles. 



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LAITIERES
PAYS BASQUE D'ANTAN


Cela est-il bien démontré ? Et si même il en était ainsi ce serait la faute à ceux qui ont donné des habitudes nouvelles aux producteurs de lait ; mais la nécessité d’apporter cet aliment à notre population provoquerait alors une organisation reconnue indispensable. Si le village ne vient pas à nous, c’est nous qui irons au village et, à défaut de l’intervention de la municipalité, il ne serait pas difficile d’organiser un service spécial chargé de récolter le lait, tous les matins, dans les villages avoisinant Biarritz et de le mettre en vente ici à un prix suffisant pour rémunérer les producteurs et couvrir les frais exposés. 



Nous pouvons d’ailleurs rappeler que les pouvoirs locaux, qui ont charge de la santé et de l’alimentation publique, ne peuvent pas rester inertes et désarmés. Nous pourrions rappeler par exemple qu’à Toulon l’autorité a solutionné, il y a quelques mois, la crise du lait en réquisitionnant chez les fermiers toute la production. On sait aussi que les agents du ravitaillement réquisitionnent chez le paysan tout le blé, toutes les céréales nécessaires à l’alimentation du pays. 



Si nous devons nous trouver en présence de personnes assez peu soucieuses des souffrances d’une grande cité pour invoquer, contre l’intérêt public, un prétendu droit du "charbonnier maître chez soi" il y aura lieu de leur faire savoir qu’il y a droit supérieur au droit du charbonnier, c’est le droit à la vie d’une ville de 20 000 habitants."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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