jeudi 1 juin 2017

LA BANDE DESSINEE AU CAMP DE GURS (DEUXIEME PARTIE) : "LA JOURNEE D'UN HEBERGE"

LE DEUXIEME CARNET D HORST ROSENTHAL : "Le journal d'un hébergé".

C'est un de mes articles les plus émouvants, parmi tous ceux que j'ai déjà publiés à ce jour, que je vous propose avec "Le journal d'un hébergé".


Je vous ai parlé du camp de Gurs dans un  article précédent.

Je vais vous raconter aujourd'hui l'histoire d'un anonyme Horst Rosenthal.

Celui-ci a 17 ans, en 1933, lorsqu'il fuit Breslau en Allemagne, à cause de  l'arrivée d'Hitler au 

pouvoir, car juif et militant socialiste.

Il trouve refuge en France, tout d'abord généreuse, puis moins respectueuse des Droits de 

l'Homme, lorsqu'elle l'interne au camp de Gurs , du fait de sa "germanité" en 1940, et surtout 

lorsqu'elle le livre aux nazis, du fait de sa "judéité", deux ans plus tard, en 1942, via Rivesaltes 

et Drancy, pour être exterminé, le 11 septembre 1942,  à Auschwitz-Birkenau, comme des 

millions d'autres êtres humains.

De son passage à Gurs, il reste trois carnets de dessins, pleins de tendresse et d'humour, dont 

deux sont conservés au Mémorial de la Shoah et le troisième à l'Ecole Polytechnique de Zürich, 

grâce à Elsbeth Kasser, responsable du Secours Suisse à Gurs.


Après le premier carnet que je vous ai présenté, voici aujourd'hui un second carnet, surgi 

"d'outre-tombe" : 

"La journée d'un hébergé, camp de Gurs 1942"







"Il était une fois un petit hébergé. Ce n'était pas un super-hébergé, il n'avait aucun grade et aucune fonction. Il n'était même pas chef de baraque.

Voulez-vous savoir ce que fait notre petit hébergé pendant toute la journée ?

Si oui, tournez la page..."




"8h du matin! L'heure du (é) Berger! La Direction soigne ses clients et fait apporter le café au lit  (mais pas "au lait")"




"Toilette matinale."



!!!!



"Rien ne vaut une petite discussion politique. Les uns avancent toujours et les autres gagnent toutes les batailles. Comme cela, tout le monde est content."




"Il est temps maintenant de se rendre à la poste, car notre petit hébergé  reçoit un colis, un colis gare. Il est préoccupé et anxieux. Est-ce qu'on va lui saisir quelque chose?"




"Non, tout a bien marché."



"Midi.

Assis sur son lit, le petit hébergé déguste sa soupe aux navets en silence. Il essaie de savourer un rôti arrosé de vieux Bourgogne..."



"Après la soupe vient la corvée. Prélude pour l'après-midi..."




"L'heure du courrier..

Comme notre hébergé est un optimiste, il fait toujours des demandes de libération. Il en est à sa 517ème. Il les adresse à tout le monde, au directeur, au préfet, au chef de baraque, à la Croix-Rouge et au sous-secrétariat d'Etat pour la récupération de la vieille ferraille".





"Une petite émotion! Il reçoit une convocation de la Censure d s'y rendre, muni de tous ses papiers d'identité. Pourtant, il a la connaissance tranquille. Il n'a pas adressé de lettres à la tante Lechem et à l'oncle Roof. 

C'était simplement l'inspecteur de service qui lui demande de bien vouloir lui donner le timbre d'une lettre du Chili, qui vient d'arriver. 

Soulagé, le petit hébergé l'accorde gracieusement."



"Ah, voici les informations.

Les Russes n'ont plus de troupes et les Allemands n'ont plus de munitions.

Parfait. La R.A.F. a survolé New-York et Gandhi a déclaré la révolte à Yokohama.

Très bien! Churchill a prononcé une allocution à l'occasion de l'arrivée à Londres d'une délégation des joueurs de contre-basse de Libéria, du cours de laquelle il a déclaré notamment : la guerre sera finie en 1953. Y a de l'espoir!"



"6h. Dîner. La soupe.

A midi, on savait que c'était une soupe aux navets, mais maintenant on se demande (en vain, d'ailleurs) ce que le chef de cuisine a bien pu mettre dans l'eau bouillante."



"Pour calmer sa Faim grandissante, notre petit hébergé est bien obligé d'acheter une livre d'haricots blancs au marché noir.

Par suite de notre discrétion habituelle et pour ne pas compromettre personne, nous avons omis de vous informer du nom du vendeur et du prix de l'objet en question."




"Viens, le soir descend....

C'est l'heure des évasions, mais c'est aussi l'heure des amoureux.

Grâce à un faux ticket permanent, le petit hébergé se promène jusqu'à minuit avec l'élue de son coeur, une petite jeune Fille (!) de l'îlot L, qui a 3 enfants à Bruxelles et dont le mari à disparu sans laisser d'adresse."




"Petit homme, c'est l'heure de faire dodo!

Dors, petit hébergé, dors, Fais de jolis rêves !

Rêves de ta libération prochaine, rêves, que tu mangeras à ta Faim, demain.

Mais avant de t'endormir, n'oublies pas de remercier M. Le ministre de l'Intérieur qu'il t'a envoyé ici et M. Le Directeur de cet hôtel pour ses soins incessants. Et remercie les bons gardiens qu'ils te protègent pendant ton sommeil.

Ainsi soit il ! "



"FIN"


On ne vous oubliera pas Monsieur Horst Rosenthal!!!


(Source : books.google)

Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.


Plus de quatre cents autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.fr




N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, c'est gratuit!!!


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire