mardi 20 juin 2017

QUAND LES BASQUES D'EIBAR EN GUIPUSCOA PRODUISAIENT DES PISTOLETS POUR LA FRANCE


LA FABRIQUE D ARMES LLAMA, GABILONDO y CIA SA.


Cette fabrique d'armes située à Eibar (Guipuscoa), spécialisée dans la fabrique d'armes, et plus spécialement d'armes de poing semi-automatiques et de revolvers, reçoit en 1915, la commande du siècle.

Au début de la Grande Guerre, voyant que la guerre risque de durer, contrairement aux 

prévisions de l'Etat-Major Français, la mobilisation de masse commence et les effectifs de 

l'armée française passent rapidement de 800 000 à 3 500 000 hommes.


Les fabriques d'armement françaises produisent principalement des mitrailleuses et des armes 

d'épaule et ont abandonné la production des armes de poing.

Par contre, la nature du conflit a changé, passant de guerre conventionnelle classique en guerre 

de tranchées et il faut gagner chaque mètre de terrain avec des unités spéciales "les nettoyeurs 

de tranchées".

pays basque avant
PISTOLET SEMI-AUTOMATIQUE RUBY MODELE 1915


pays basque avant
PISTOLET RADIUM ET RUBY FIRME GABILONDO Y UIRRESTI  EIBAR 1914

Ces unités spéciales sont chargées d'éliminer les points de résistance isolés et  les hommes qui 

les composent, dont l'efficacité réside dans la rapidité et la discrétion, ont fait du revolver, du 

pistolet et du poignard leurs armes de prédilection.


Cette guerre de tranchées va également multiplier les postes de téléphonistes, brancardiers, 

grenadiers lanceur, postes dont les manuels d'infanterie prévoient l'équipement en armes de 

poing.

De plus, comme le conflit s'enlise, la perte et la destruction augmentent encore ce besoin.

Les services du matériel vont remettre en service toutes les armes de poing utilisant la 8 mm 

réglementaire.

Les 1887 et les 1892 du commerce disponibles sur le marché des armes viendront compléter ces 

derniers.


Mais cela ne suffira pas.

On va donc créer une commission, dirigée par le député Albert Thomas, chargée d'acheter des 

armes auprès des pays qui ne sont pas en guerre.

On se tournera d'abord vers les Etats Unis où l'on achètera 5 000 Colt 1911 mais devant les 

prix proposés, on s'adressera à la production armurière du Pays Basque Sud, de Guernica et 

d'Eibar, qui se pose en fournisseur idéal, grâce à sa frontière commune avec la France.


Le pistolet Ruby dessiné et proposé à la France par la Société Gabilondo Y Urresti était 

primitivement destiné à un marché militaire ou de police, ce qui explique l'anneau de 

Dragonne.

Il en fut livré en mai 1915 deux séries de test.

La société Gabilondo Y Urresti, la plus importante par sa production à l'époque, sera retenue 

pour la fourniture d'un pistolet semi-automatique en 7,65 mm dénommé Ruby dans le 

catalogue de cette firme.

Un contrat est signé fin mai 1915 pour la fourniture de 10 000 pistolets par mois puis à partir 

d'août de la même année, de 30 000 armes.

Chaque arme devant être livrée accompagnée de 3 chargeurs à la commission de réception du 

parc d'artillerie annexe de Bayonne.

La France achètera au total plus de 968 000 pistolets Ruby dont 709 775 reçus par la 

commission de Bayonne et 23 000 pistolets Star auxquels viendront se joindre les 485 000 

revolvers dit 92 espagnol commandés en 1917.

pays basque avant
SOLDATS FRANCAIS GUERRE 1914 1918

pays basque avant
SOLDATS FRANCAIS GUERRE 1914 1918



pays basque avant
PISTOLET STAR SOCIETE GABILONDO 1915

Un inventaire de 1920 ne comptabilisera plus que 580 000 Ruby.


Compte tenu du volume d'armes commandé, la société Gabilondo Y Urresti ne sera pas en 

mesure de produire cette arme seule.

Elle commencera par demander de l'aide à quatre autres entreprises armurières d'Eibar :

  • Armeria Elgoibaressa qui produira le Lusitania en hommage au Transatlantique coulé 
par les Allemands.

  • Etchealasa Y Vincinal y Cia.

  • Hijos de Angel Etcheverria y Cia.

  • Iraola Salaverria y Cia.

qui devaient produire chacune 5 000 pistolets par mois et payer une indemnité pour chaque 

pièce non livrée ou recevoir une gratification au dessus du prix fixé pour chaque pistolet livré 

en supplément.

Ceci explique certainement qu'on ait privilégié la quantité à la qualité... 


Chaque contractant devait les envoyer à la société Gabilondo, qui devait produire 10 000

pistolets par mois de son côté, les regrouper et les livrer à la France.


pays basque avant
PISTOLET RUBY SOCIETE GABILONDO


Mais à la demande française viendra s'ajouter celle de l'Italie et Gabilondo devra faire appel à 

la sous-traitance d'une quarantaine d'armuriers de la région d'Eibar et de Guernica.

Certains armuriers viendront négocier directement avec les autorités militaires françaises et 

proposer leur propre production.


Dans cette confusion, il sera impossible d'établir avec exactitude combien d'armes furent 

réellement livrées par chacun.


Pourtant, cette arme ne sera jamais reconnue comme arme réglementaire bien qu'elle restera 

en service jusque dans les années 1950 pour équiper les fonctionnaires de police, les gardes 

mobiles, les gendarmes, les douaniers et les gardes champêtres.

De plus, cette arme participera aux diverses campagnes coloniales et durant le conflit de 1939-

1945 tant dans l'armée que dans la résistance où elle était très appréciée pour ses dimensions 

réduites.

A noter que la France a vendu  9 000 de ces armes à la Finlande au titre des surplus.


(Source : http://militariacollec.free.fr/dossiers/ruby/Dossier_Ruby.htm)

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