L'on sait, en effet, comment notre béret remonte à la première guerre carliste. Le cidre des gros foudres est exquis ; cet homme du nord couche sur des fascines de Biarritz, admire un laurier poussé dans la terre basque. Il entre en Espagne par Béhobie. Jouant de la musique, il quête çà et là les deniers ; mais à Yrun, le "biscayen" lui paraît une langue plus difficile que l'allemand.
De retour par Madrid et Roncevaux, il fait l'éloge du couvent et de l'hospitalité basque, du cidre excellent à 2 sous le pot. Quelle différence avec le pèlerin Picaud du XIIe siècle ! Saint-Jean-Pied-de-Port, horresco referens, n'est qu'un trou.
Cet homme du nord est tout étonné de voir les maisons dispersées, leurs toits de tuiles, la douceur des hommes, la bonté du cidre supérieur à celui de Normandie. Ni milice, ni impôt, dit-il, quoiqu'il faille lever aux jours d'alarme au pays de Labourd, 1 400 hommes de milice, aux frais du pays, mais à utiliser dans le cadre de ses frontières. Les "sabots ouvragés" laissent à découvert le dessus du pied sous les courroies habilement mises. Quelques mots de "biscayens" ont été recueillis, d'une crudité un peu trop brutale pour être recueillis. A Bayonne, on a arrêté un domestique qui avait volé 10 000 livres à la marquise de Poyanne et l'affaire fit grand bruit.
PELERIN RONCEVAUX NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN
Guidé par des sentinelles, le pont de bois est superbe avec ses peintures rouges ; on se croirait à Rouen. La ville de grand commerce, aux rues étroites, est fort peuplée.
A propos des Juifs de Bayonne, nous lisons naïvement que "le roi des Juifs y fait ordinairement sa résidence". Saint-Esprit est presque aussi grand que Bayonne : ici, les Juifs ont des chapeaux distincts des autres.
Ajoutons que Manier a laissé un court guide de la conversation franco-basque : la cruauté obscène du vocabulaire empêche de le reproduire.
CARTE DES CHEMINS DU PELERINAGE DE ST JACQUES DE COMPOSTELLE
Notre paysan picard chantait en chemins. Et c'est M. Nicolaï qui a encore étudié tout un stock d'images populaires du 18e siècle dont l'enluminure s'accompagnait de la chanson des pèlerins. Le texte a été reproduit par Pierre Cuzacq dans ses "Etudes Historiques et Géographiques sur les Grandes Landes de Gascogne".
PELERINS ESPAGNOL ET ALLEMAND RONCEVAUX PAYS BASQUE D'ANTAN
A propos de la complainte, surgit aussi le Miracle du pendu dépendu, étudié par nos auteurs, plus ou moins intelligemment copiée depuis, à ce propos jusqu'à notre époque. Mais comme l'atmosphère a changé depuis le XIIe siècle, jusque dans la traversée du Pays Basque ! Du moins, s'esquisse de la sorte à grands traits, l'histoire du pèlerinage de Saint-Jacques en nos régions frontières."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
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