VICTOR HUGO AU PAYS BASQUE EN 1843.
Victor Hugo, durant l'été 1843, visite le Pays Basque, et s'arrête en particulier à Pasajes, en Gipuzkoa.
Voici ce que rapporta à ce sujet Gilberte Guillaumie-Reicher dans le Bulletin de la Société des
Sciences, Arts & Lettres de Bayonne, en juillet 1935 :
"La question du retour de Hugo en France.
Cette dernière supposition reste admissible puisque désormais nous n’allons plus trouver pour le reste du voyage, que des notes éparses, hâtives et sans lien essentiel.
Je supposai donc que Hugo avait pu rentrer en France par le chemin suivant :
Pampelune, Burguete, Roncevaux, Valcarlos, Saint-Jean-Pied-de-Port, Irissarry, Hasparren, Bayonne.
Chemin parcouru journellement par les voyageurs. Avec quelle impatience je rêvais de rencontrer une preuve !
J’espérais que Hugo aurait peut-être laissé trace de son passage à Roncevaux. Ne pouvant moi-même effectuer des recherches à la bibliothèque de l’abbaye, puisque l’accès en est interdit aux femmes, je m’adressai au Prieur. Plusieurs fois, dans mes voyages à Roncevaux, j’avais dû me contenter d’écouter parler les pierres ! La bonne grâce du Prieur tempéra ce que la défense avait de fâcheux pour mon travail, je reproduis ici ses conclusions :
"aqui no hay relacion alguna de la estancia o paso por Roncesvalles del senor Victor Hugo. Nada tampoco hay en album, ni puede haber, porque en aquella epoca no habia album en Roncesvalles ; por otro parte la Colegiata o Abadia no recibia ni recibe ahora huespedes en la casa, fuera de los Prelados o Obispos.
Firmin Goicoechea,
Abad Prior."
Descendant alors la montagne, en suivant la route tant de fois parcourue dans mon enfance, je souhaitais ardemment rencontrer en France ce qui n’existait pas en Espagne.
Et je cherchai à Saint-Jean-Pied-de-Port.
La tâche m’y fut facilitée ; car, m’y trouvant presque chez moi je n’eus aucune peine à m’y faire ouvrir toutes les portes. J’ai cherché à l’Hôtel de ville où Monsieur le Maire Haramburu, Monsieur l’adjoint Chemitz, la secrétaire Mademoiselle Jauréguiberry, mirent à ma disposition la mairie entière et tous les précieux papiers que l’on est en train de descendre de leur place surannée, pour les transporter dans la nouvelle mairie qui va occuper la magnifique maison Mansart.
J’ai cherché à la Cure où Monsieur le Doyen me confia ses vieux registres.
J’ai cherché dans l’étude de Maître Cabrol qui, depuis peu, a réuni sous sa direction les trois études de Saint-Jean. Il mit dans mes mains tous les recueils de minutes que je voulus consulter.
J’ai interrogé la science de Monsieur l’Abbé Barbier qui, à peine remis d’une grave maladie, travailla pourtant avec une bonne grâce infinie à m’aider. Nous n’avons rien trouvé. A la mairie, j’espérais découvrir un visa quelconque de passeport. Hugo voyageait incognito, c’est entendu ; mais je connais si bien son écriture de cette époque que j’aurais facilement retrouvé sa signature.
Des passeports, j’en ai vu de bien curieux datant de cette année 1843. Ceux que l’on délivrait à Bayonne étaient signés à Saint-Jean avant l’entrée en Espagne. Il en était de même pour le retour. Aucune trace de celui qui aurait pu appartenir à Hugo, même avec une fausse signature. Entre le 31 juillet et le 6 septembre, le registre de la mairie ne signale aucun passage important.
J’essayai de suivre une autre piste. Si Hugo avait traversé Saint-Jean, il y avait peut-être couché. La route est longue entre Roncevaux et Bayonne : une centaine de kilomètres.
Peut-être aussi n’y avait-il pas couché ; ayant couché à Roncesvalles il avait pu voyager tout le jour et arriver à Bayonne le 13 au soir, c’était faisable, même pour des mules et des diligences, par une longue journée d’été.
De toutes façons il lui fallait s’arrêter à Saint-Jean pour les relais, cette ville étant tête de ligne de la diligence pour Bayonne. Peut-être qu’à l’hôtel, à la fonda où avaient lieu ces relais, il existait un livre de voyageurs ?
L’entrée à Saint-Jean, lorsqu’on venait de Valcarlos ne se faisait pas comme aujourd’hui par le nouveau grand pont en face de la place du marché, ce tronçon de route ne date que de 1900. Après Uhart, les voyageurs suivaient la hauteur des remparts et entraient en ville par la porte d’Espagne.
En haut de la rue d’Espagne se trouvait une auberge.
| RUE ESPAGNE SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT PAYS BASQUE D'ANTAN |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire