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jeudi 26 mars 2026

LE RÔLE POLITIQUE DE DOMINIQUE GARAT D'USTARITZ PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (première partie)

DOMINIQUE GARAT ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Dominique Garat dit "Garat-Aîné", né le 12 décembre 1735 à Ustaritz (Royaume de France) - Mort à Bassussary (Basses-Pyrénées) est un avocat et homme politique français d'origine Basque.




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DOMINIQUE GARAT "AÎNE"


Voici ce que rapporta Michel Etcheverry à son sujet dans le Bulletin de la Société des Sciences, 

Arts & Lettres de Bayonne, en janvier 1930 :



"Le rôle politique de Dominique Garat.



... Nous prendrons pour thème de notre entretien la personnalité de Dominique, l'aîné de la famille.



Il s'en faut d'ailleurs que notre héros soit une figure négligeable ; dans la galerie des noms qui ont marqué au 18e siècle — au moins en province — il occupe un rang honorable. Je n'en veux pour preuve que ces lignes qu'écrivait de Bordeaux votre concitoyen, M. Vienne, clerc assesseur de votre Hôtel de Ville, à la date du 7 septembre 1765 : "J'aurai peut-être la satisfaction de me retirer en compagnie d'un cher compatriote aussi célèbre par ses talents qui en font un des principaux ornements du barreau que par ses autres qualités et qui se fait autant aimer soit du Parlement, soit du public ; il serait inutile après ce portrait de dire que c'est M. Garat ; il mène avec lui Madame son épouse, qui est des plus dignes de l'être".



Venant d'un témoin aussi averti, cet éloge met en un singulier relief la valeur et la séduction de l'homme. Vous pardonnerez à un Basque d'avoir recherché ce qui fut dans une partie de sa vie publique le frère de race qui forçait ainsi le respect, disons le mot, l'admiration de ses contemporains. Peut-être m'excuserez vous même d'avoir voulu procéder à une enquête aussi large que possible et de pousser, la foi dans l'intérêt de cet examen jusqu'à accaparer deux de vos séances.



Dominique Garat était né à Ustaritz, maison Mailléa, de Pierre de Garat, médecin et de Marie d'Hiriart, le 12 Décembre 1735. Où fit-il ses classes secondaires ? Dans son ouvrage "France et Labourd", M. Darricau avance que "les deux frères Garat avaient commencé et poursuivi leurs études à Bordeaux". Il s'appuie, semble-t-il, sur un passage du Mémoire de Novembre 1789 rédigé par ordre du Bilçar où il est dit que ni l'un ni l'autre de ces fils du Labourd "n'avaient jamais habité leur patrie". Ceci est une exagération manifeste, comme il ressort des paroles mêmes de Dominique Garat dans un Mémoire lu par lui à l'Académie de Bordeaux et dont la Bibliothèque Municipale possède une copie, défectueuse d'ailleurs : "Rien de ce qui regarde un pais où j'ai reçu le jour et où j'ai joui d'un bonheur dont je n'ai même pas vu ailleurs l'image ne peut m'être indifférent". Il n'est donc pas impossible que l'aîné du moins ait reçu l'enseignement dans ce séminaire de Larressore, ouvert en 1734 qui, dès le début, accueillit les jeunes gens destinés aux carrières laïques aussi bien que les aspirants à l'état ecclésiastique.



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CHÂTEAU D'HAITZE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN


A l'exemple des familles aisées d'Ustaritz qui, nous apprennent les registres de cette commune, envoyaient leurs garçons sur les bancs des Universités "dans les villes éloignées", les parents de Dominique le dirigèrent vers quelque centre important pour y prendre les leçons de l'Alma mater. M. Darricau veut que ce centre fût Bordeaux. De fait le courant principal pour les études de droit se portait en ce qui concerne notre pays, vers Bordeaux. Est-ce donc dans l'antique maison d'Ausone que notre éphèbe s'initia aux Pandectes, aux codes Michau et Louis et aux secrets de l'art oratoire ?



En tout cas il avait de toute éternité hérité du signe qui vous fait Bordelais, et Bordelais de distinction c'est-à-dire véritable Bordelais. Inscrit comme avocat au Parlement — où le rejoignit plus tard son cadet — il prit peu à peu une place éminente dans ce barreau qui comptait tant de membres en vue. Des causes importantes, célèbres mêmes, lui ont été confiées ; je n'en citerai qu'une, dont vous savez le retentissement à l'époque et qui était une affaire Bayonnaise, l'affaire Lichigaray. Ainsi que nous l'avons vu, l'Académie de Bordeaux, corps illustre qui a jeté un si vif éclat dans le domaine des sciences, de la médecine, et, vers la fin, des lettres et de l'histoire, l'avait admis dans son sein.



Comment cela se fit-il ? Est-ce lui qui sollicita un mandat politique ? Alla-t-on le chercher ? Crut-il ou crut-on que dans ces Etats Généraux dont l'annonce avait éveillé de si grands espoirs et qui apparaissaient comme un tournant capital de l'histoire aucun enfant du Labourd n'était plus désigné pour siéger avec compétence et plus capable de faire honneur au pays ? M. Darricau (op. cit. p. 10) et, à sa suite M. Yturbide (Bulletin de la Société, 1909 p. 9) ont accusé l'avocat Bordelais d'ambition et d'intrigue. L'ambition ? Peut-être ; mais que de candidats, dans les annales électorales, qui se sont crus appelés, même quand ils n'ont pas été élus ? L'intrigue ? Je ne voudrais pas faire de mon compatriote une rosière, mais je me figure volontiers qu'il n'eut guère d'autre agent que lui-même ni d'autre moyen de pression que son prestige et sa popularité ! Il y a dans les Registres municipaux d'Ustaritz une page qui me paraît témoigner en faveur de cette thèse. Nous sommes le 18 Avril 1789. A Kapitoharri, lieu de réunion ordinaire des habitants de ce bourg, se tient l'assemblée qui doit choisir les électeurs des députés aux Etats Généraux et leur confier le cahier des doléances, après sa définitive mise au point. Les deux frères Garat sont là et ne disent rien. Au moins le compte rendu ne fait aucune allusion à une harangue d'eux. Se taire en une pareille circonstance, dans la langue même des électeurs — car les deux Garat étaient restés fidèles à leur idiome maternel — voilà qui révèle une curieuse ignorance ou — et pourquoi pas ? — un fier dédain du battage électoral.



Les Ustariztars savaient gré aux deux grands hommes du lustre qu'ils jetaient sur le clocher natal. Et ils leur portaient aussi une vive affection. Dominique avoue le plaisir qu'il éprouvait, lors de ses visites au pays, à causer dans les champs avec les laboureurs. Comment refuser sa sympathie à une âme demeurée si simple et si modeste malgré l'encens de la renommée ? Quant au puîné — la future vedette de la scène politique — je ne résiste pas à la tentation de signaler les rapports de cordialité et même de familiarité charmante qu'il entretenait avec ses compatriotes. Vous me passerez, j'espère, cette digression... Savez-vous le délicieux diminutif en lequel on avait cristallisé ses prénoms de Joseph Dominique ? On dirait vraiment une coquille recueillie jadis sur ses propres lèvres, à l'époque, où petit bambin, il avait d'exquises gaucheries de prononciation. Ustaritz l'appelait Doncoseph. Et, le plus curieux, c'est que lui-même, lui, l'avocat, le journaliste, le professeur de Paris signe ce jour-là Doncoseph Garat. Gentillesse d'enfant gâté ? Joie de se retrouver parmi les amis d'autrefois ? (Joseph avait alors 40 ans). Elan de reconnaissance pour les braves gens qui venaient de lui accorder leurs suffrages ainsi qu'à Dominique, en leur donnant même le pas sur les cinq notables de la ville, nommés le même jour ? En tout cas le geste ne manque pas de saveur.



Les sentiments des Basques d'Ustaritz à l'égard des Garat devaient être, n'en doutons pas, partagés par ceux de tout le Labourd. Et il n'est pas, me semble-t-il, besoin de recourir à d'autre hypothèse pour expliquer l'élection de tous les deux, le 22 Avril, en qualité de députés aux Etats-Généraux. Joseph Garat recueillit l'unanimité. Quelle fut la majorité de l'aîné ? N'ayant pas le procès-verbal des opérations électorales du Tiers, et M. Armand Brettes s'étant, sauf erreur, abstenu de reproduire le chiffre des voix dans son "Recueil des Documents relatifs à la convocation des Etats-Généraux", je n'ai pu élucider ce point. Permettez-moi à ce propos de relever une erreur qui traîne chez nombre d'historiens. Salvador Paul Leremboure aurait été désigné comme suppléant pour le Tiers, dans cette journée du 22 Avril. Il n'y a rien de tel dans le récit de M. Brettes ; et d'autre part les registres municipaux d'Ustaritz, à la date du 20 Mai, insinuent nettement le contraire.



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OUVERTURE DES ETATS GENERAUX
5 MAI 1789



Investi de la grandiose mission d'aller à Versailles aider à la régénération de l'Etat, Dominique Garat partit, laissant sa famille à Bordeaux. Pas plus que ses collègues, il ne prévoyait l'immensité de la tâche qui s'imposerait à lui, la longue durée d'une séparation qui le tiendrait deux ans et demi éloigné des siens. Il devait connaître là-bas des heures de nostalgie. A deux reprises, le 10 Avril 1790 (déjà) et le 21 Février 1791, on l'entendra exhaler ses regrets en pleine séance ; mais il se raidira par devoir patriotique, restera jusqu'au bout et, sauf pendant le temps où il fut secrétaire, se mêlera activement aux débats. Signataire du serment du jeu de Paume (A. Brettes, Le Serment du Jeu de Paume), il remplira fidèlement son engagement.




député tiers ustaritz avocat pays basque
LE SERMENT DU JEU DE PAUME
20 JUIN 1789

Nous ne songerions à feuilleter page par page la "Réimpression du Moniteur" pour noter à mesure les interventions de Dominique Garat à la Constituante. Je me suis donc attaché à dégager les principaux aspects de cette activité parlementaire et à les ordonner suivant un plan méthodique. Ce système me paraît préférable à un relevé chronologique. Nous distribuerons, si vous voulez, toute cette matière en quatre chapitres fondamentaux."



A suivre...


(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



 

  







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