lundi 19 novembre 2018

L'INAUGURATION DU PETIT SÉMINAIRE À USTARITZ EN LABOURD EN SEPTEMBRE 1926


L'INAUGURATION DU PETIT SÉMINAIRE À USTARITZ EN 1926.


Après la confiscation des biens du clergé en 1906, le collège fut transféré à l'abbaye de Belloc, de 1907 à 1926.

pays basque autrefois
INAUGURATION PETIT SEMINAIRE USTARITZ 1926
PAYS BASQUE D'ANTAN

Devant quitter Belloc, Mgr Gieure, l'évêque de Bayonne annonça sa décision de construire un 

nouveau séminaire à Ustaritz, dont la première pierre fut posée le 21 avril 1924.


Ensuite la construction dura environ deux ans et la rentrée put se faire en octobre 1926, même 

si le Séminaire n'était pas complètement terminé.



Voici ce que rapporta la Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans son édition 

du 30 septembre 1926, au sujet de l'inauguration officielle du Petit Séminaire, sous la signature 

de R. Cazal :


"Sur la Colline d’Ustaritz. L’Inauguration du Petit Séminaire. A la cérémonie et au banquet, aux côtés de Mgr Gieure, évêque de Bayonne, avait pris place une assistance considérable.


(De notre envoyée spéciale). 


Ustaritz, 29 Septembre. 



L’inauguration du Petit Séminaire a été un événement qui a dépassé les limites de la région ; il a été favorisé par un temps merveilleux et la solennité a été grandiose et impressionnante. 



Avant huit heures du matin la gare était envahie par une foule immense. Aucune disposition particulière n’avait été prise ; cependant, en dépit des ennuis d’une longue attente aux guichets où les files se chiffraient par centaines et par centaines d’unités, il n’y eut ni désordre, ni cohue ; cela tenait, sans doute, à la "qualité" des voyageurs, parmi lesquels nous ayons noté, au milieu d'un nombreux clergé, des figures bayonnaises bien connues. 



A Ustaritz, la ville est en fête sous un radieux soleil ; là-bas, sur sa colline, le nouveau Séminaire reçoit toute la lumière et semble irradier... 



Dès qu’on arrive sur la large terrasse qui s’étend devant l’édifice, un cri d’admiration jaillit spontanément devant le panorama merveilleux. Toute la vallée de la Nive se déploie sous nos yeux, la rivière dessine ses boucles, étincelle, et les molles collines qui bornent l'horizon, sont riches de leurs lignes et de leurs couleurs qui changent d’ailleurs avec l’heure qui passe. 



En attendant la cérémonie, sous la conduite de M. l'abbé Lamarque qui veut bien nous servir de guide, nous jetons partout un rapide coup d’œil et nous sommes émerveillés. Ici les dernières formules ont été employées et sagement appliquées. Ce séminaire, cette école de la plus ancienne tradition, est établi sur les plans les plus modernes. Il donne l’impression de "luxe" d’un palace, et cela grâce à l'harmonie des proportions, à l’ordre, à la méthode, à l'intelligence des "appropriations". Partout de la lumière, de l'air, de vastes couloirs, de larges galeries. Les couleurs sont fraîches, gaies, choisies ; elles font "riche ". De superbes verrières allègent les façades qu'elles ennoblissent. 



Mais d'essayer de décrire aujourd'hui cette "œuvre" considérable, due à MM. Joseph Hiriart et à ses collaborateurs MM. Tribou et Beau, dépasserait les limites d’un article. Nous comptons d’ailleurs y revenir bientôt, tout spécialement. Signalons cependant l’effort unanime consenti par tous les "ouvriers" de cette grande œuvre : architectes, entrepreneurs, ouvriers spécialisés, manœuvres, qui se sont relayés jour et nuit, par équipes, pour être prêts à l’heure promise, et rendons leur hommage. 



ustaritz autrefois
1924 CONSTRUCTION PETIT SEMINAIRE USTARITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

M. l’abbé Blazy organise la journée, avec une autorité, un allant irrésistibles ; il est partout à la fois, voit tout et veille à tout. 



Le représentant de la Gazette, toujours bien accueilli, a la faveur d’une place choisie d’où il pourra tout voir et tout entendre. 



La messe pontificale sera célébrée sur la grande terrasse intérieure. Un autel a été élevé, il est garni de tentures pourpres aux crépines d'or ainsi que le balcon supérieur d’où Mgr Gieure s’adressera tout à l'heure à la foule. Cette décoration est l’œuvre de notre compatriote M. Jules Perret. 



labourd autrefois
1924 CONSTRUCTION PETIT SEMINAIRE USTARITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

La messe est célébrée par Mgr Légasse, évêque de Périgueux, qui est un Basque, ancien élève de Larressore où il fut aussi professeur... Bien des titres pour justifier l’honneur de chanter la première messe dans le "nouveau Larressore". Il est assisté de trois chanoines, du Chapitre de la Cathédrale, MM. les abbés Saurel, Adéma, Larrouy. 



Nous remarquons la présence de Mgr Dibildos, de Mgr Garat ; de M. le chanoine Urtasun, secrétaire de Mgr de Périgueux ; des Supérieurs de Bellocq et de Saint-Louis de Gonzague ; de tous les chanoines du Chapitre ; d’un innombrable clergé. Tous les curés du Pays Basque sont ici, et il en est venu de la Chalosse et du Béarn, et d'Espagne aussi. A l’harmonium, M. l’abbé Lohiague, professeur au Grand Séminaire. 



Parmi les civils, citons : MM. Ybarnégaray, député des Basses-Pyrénées ; Dr Goyenetche et Dr Camino, Conseilllers généraux ; le Dr Camino, d'Hendaye ; M. Souberbielle, maire d’Ustaritz, et de nombreux conseillers municipaux ; le Dr Durisbourg, MM. de Vasserot, Taburet d’Anjou de la Garenne, Joseph Broussain, Lagrollet, Ferdinand Hirigoyen, Dr Durruty, d'Hendaye, Soulange-Bodin, Carlos Petit, Diesse, Personnaz, Sala ; Hiriart, père de l'architecte ; Joseph Hiriart, Beau, Laborde, de St-Martin d’Arossa, Lauvray, Oudin, Gellos, de Briscous ; Dr Barbasse, Louis Légasse, Jean Légasse, Etcheverry, Novion, Iribarne, Dotézac, de Croiseuil, Decorps, Louis Dassance, de Gorostarzu, Dr Pambrun, Mimiague, Reboul, de Saint-Jean-de-Luz, Larbaigt, Haulon, etc., etc... 



La messe est chantée par une Schola de séminaristes. 



Mgr Gieure prononce une vibrante allocution. Il rappelle le départ des Congrégations, la confiscation des biens de l’Eglise et il constate que vingt ans après, l’Eglise toujours forte et vivante, a affirmé ses droits et rétabli ses positions. "Un autre grand Séminaire s’élève à côté de celui qui nous fut volé et qui demeure comme un monument de honte accusatrice. Larressore, ce souvenir sacré en un jour, nous a été volé, mais voici qu'un autre Larressore s'est dressé qui le remplace." 



Et pourquoi ces résultats ? Parce que forte de sa morale et de sa vérité infaillible, immuable et éternelle, l’Eglise soutiendra toutes les attaques et en sera toujours triomphante, par ce que pendant les jours d’épreuves si elle est abandonnée des mauvais et des médiocres, elle exalte les bons, les meilleurs, jusqu’à l’héroïsme. Sa cause est grande, surnaturelle, elle suscite tous les sacrifices. 



Mgr. Gieure remercie tous ceux qui l’ont aidé dans son œuvre de relèvement, de réorganisation ; il remercie tous les donateurs. Il leur affirme que leur geste leur sera compté. "Mihi fecistis" leur dira le Seigneur, et il ajoutera : "Venez au pays de mon Père."



ustaritz autrefois
1924 CONSTRUCTION PETIT SEMINAIRE USTARITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

La procession de la relique de St-François-Xavier, qui prit ainsi possession de la maison qui portera son nom, a lieu ensuite. 



Puis l'Angelus a tinté au son de la vieille cloche de Larressore, suspendue dans son support de fer forgé. 



Peu à peu, la foule s’écoule et les convives au nombre de cinq cents, prirent place sous la galerie des buts de pelote, élargie par une vaste tente. 



Beaucoup gagnèrent les hôtels de la ville ; d’autres s’installèrent sur l'herbe des prairies ou sur les talus des chemins avec des provisions sagement emportées. 



Voici le menu du banquet réservé aux seuls Anciens Elèves : 

Consommé à l'italienne 

Hors-d'œuvre, 

Bouchées à la Reine

Volaille Médicis 

Haricots verts 

Jambon de Bayonne 

Filet de bœuf rôti 

Salade 

Galette à la crème 

Fromage 

Fruits 

Café - Liqueurs. 

Izarra offert par la maison Grattau. 




Les discours.


De nombreux discours ont été prononcés. Mais tout d’abord, M. l’abbé Jean Lamarque lut un émouvant poème que nous publions plus loin. 



Ensuite, M. le chanoine Canton, supérieur du Petit Séminaire, remercie les personnalités présentes. Il regrette l’absence de Mgr Chesnelong qui est tant de chez nous. Il fait l’éloge de Mgr Gieure et de ses oeuvres, de Mgr Gieure, l’artisan du nouveau Larressore. Il exprime la gratitude de l’Association des Anciens Elèves pour les bienfaiteurs, il magnifie l’enseignement chrétien. 



M. le Dr Souberbielle, maire d’Ustaritz, prononce un discours tout de finesse et d’humour. Il s’adresse à Mgr Gieure pour lui dire qu’il est béni du Ciel toujours radieux quand il vient. Au nom d’Ustaritz, il le remercie de l’honneur de son choix pour édifier le nouveau séminaire. Ustaritz sera désormais vraiment la Cité de Dieu. Il retrace la rapidité de l'œuvre accomplie et fait acclamer les noms de MM. Hiriart, architecte ; Destrabeau, entrepreneur ; Audibert, contremaître et les ouvriers basques et étrangers. Il finit en évoquant le son de la cloche du Petit Séminaire et les jeunes élèves qui vont peupler le nouveau séminaire et le charme du site et des études faites dans ce beau cadre. Il fait acclamer les évêques. 



M. le Dr Goyeneche parle au nom des Conseillers généraux Basques, et au nom du Canton d’Ustaritz qu’il représente. Il évoque les anciens professeurs disparus. Il stigmatise, en prenant ses responsabilités, "l’œuvre de Barthou qui a lancé au Pays Basque un défi qui sera relevé, il l’espère, aux prochaines élections". 



Mgr Dibildos prononce un discours empli d’un humour délicieux. Il voit trois invités invisibles : M. Lisle, ancien économe ; M. Abbadie, ancien supérieur ; M. Hiriart-Macola. Il les fait dialoguer d’inimitable façon. Il fait parler M. Abbadie aux professeurs actuels, pour les exhorter à brandir la torche et à inculquer à leurs élèves la fierté d’être une minorité agissante, une élite, une aristocratie. Il finit en disant à Mgr avec respect, admiration et tendresse : "Merci à Mgr Gieure". 



M. Ybarnégaray salue les évêques au nom du Pays Basque. Il s’adresse en basque à Mgr Légasse pour lui dire :  "Ongui Ethorri ! Esker mila !" et rappelle ses débuts à Périgueux. Il salue en Mgr l’Evêque des Basques dont se célèbre aujourd’hui la vraie fête dans ce haut lieu du Pays Basque. Il a triomphé de tous les obstacles, même celui du choix de l'emplacement. Il déclare que sur la Citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port ne flotte plus même l’ombre d’un regret. Il dit son admiration pour l’œuvre si belle qui lui donne des regrets de n’être plus élève. Il évoque "les tristesses de l’expulsion et la joie du renouveau". Il rapproche les trois noms chéris de Larressore, Belloc, Ustaritz. Il adresse de splendides hymnes à chacun de ces noms et à tout ce qu’ils représentent. Il renouvelle le serment fait à Orthez que "rien ne sera plus touché à nos libertés et à nos traditions". 



Mgr Légasse remercie Mgr Gieure de l’honneur qu’il a fait à l’évêque Basque, ancien élève et professeur, de dire cette première messe, trait d'union entre le passé et l’avenir. Après avoir évoqué, lui aussi, les grands disparus, il a une pensée pour les humbles serviteurs, et les bonnes sœurs d’autrefois. Il finit par le refrain aimé : 


Adieu, cher Larressore, 

Adieu, mais au revoir, 

Nous reviendrons encore 

C’est notre doux espoir ! 



Mgr Gieure excuse Mgr Chesnelong. Il lit une dépêche des conseillers généraux : "Retenus par des questions importantes, nous sommes avec vous de tout cœur." Cette dépêche, est signée de MM. Larre, Lissar, Iribarne, Barnetche, Constantin. 

Mgr Gieure remercie au nom du Séminaire, son supérieur, M. Canton, si digne de le diriger. 

Ce sera un petit séminaire, il est vrai, mais un petit séminaire basque. Il insiste pour que cet édifice reste destiné aux seuls Basques.   

Il remercie M. le Maire d’Ustaritz et son Conseil municipal. Il rend hommage à la vaillance du Conseiller général Goyeneche et à sa franchise ; au député Ybarnégaray, "qui court les villes de France pour défendre la cause catholique" ; à Mgr Dibildos, qui parle avec humour, mais aussi avec émotion. Il remercie encore le Dr Lissar, qui a donné le terrain ; ses prêtres qui ont obtenu de cent cinquante paroisses et de 172 000 habitants, deux millions et demi ! 

"Pour faire cela, il fallait Dieu et les Basque"», lui a dit un visiteur. 

Mgr Gieure remercie les quêteurs d’Amérique : le P. Donostia, les abbés Blazy et Elissalde. Il remercie les trois architectes et en particulier, M. Hiriart, Destrabeau et Audibert.


En terminant, il prend le thème favori du poète Lamarque et demande que l’âme de Larressore anime le nouveau Séminaire. Et son dernier mot est la devise basque : "Eskualdu Fededun !"


Après les discours, des groupes se forment, on cause avec une animation joyeuse. 


Il est tard, quand on se décide à descendre de la bienheureuse colline."



(Source : https://www.sfxustaritz.fr/?tag=histoire)





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