samedi 17 novembre 2018

LES ORIGINES BASQUES DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1927


LES ORIGINES BASQUES DE BAYONNE.


Bayonne au Pays Basque ou en Gascogne?


bayonne autrefois
AFFICHE DES FÊTES DE BAYONNE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que raconta à ce sujet la Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans son 

édition du 18 septembre 1927 :


"La Place des Basques.



Quelques extraits documentaires sur les origines de la Ville de Bayonne et son caractère euskarien.




M. Garat, Député, Maire de Bayonne, nous a communiqué hier, sur cette question, un second article. Nous le reproduisons ci-dessous : 


A toutes les époques, les savants, les historiens les érudits ont tour à tour proclamé cette vérité historique, que Bayonne est et a été de temps immémorial la capitale de la province basque, appelée Labourd. 




Je sais bien que tout ce qui touche à l'origine des Basques est sujet à controverses, en raison du manque de documentation écrite, comme de monuments de pierre, qui eux aussi contribuent à l'histoire d'un pays. 




Une pareille absence de vestiges du passé permit à notre distingué compatriote, M. Camille Jullian, membre de l'Académie Française et de l’Institut, de dire dans son Histoire de la Gaule : 


PAYS BASQUE AUTREFOIS
CAMILLE JULLIAN
PAYS BASQUE D'ANTAN

"Le plus difficile des problèmes que présente notre histoire est celui de l’origine des Basques". 



Et c'est peut-être la difficulté même des recherches qui a toujours provoqué la curiosité des savants et des érudits sur l’origine mystérieuse de ce petit peuple, si original ! 




Pressés par les réalités urgentes et immédiates, ne nous attardons pas dans le labyrinthe du passé, ne recherchons pas si l’existence de cette race fort ancienne, accrochée aux flanc des Pyrénées, est le résultat de migrations venues de pays lointains : l’Afrique ou l’Asie ou si tout simplement suivant l'hypothèse émise par Julien Vinson, les Eskualdunak ont toujours vécu sur ce même coin de terre, dont ils seraient les premiers autochtones. "Grammatici certant". 



pays basque autrefois
JULIEN VINSON
PAYS BASQUE D'ANTAN

Restons dans les limites de la question posée dès le début : l’origine et le caractère euskariens de Bayonne. 




Placée au confluent de l’Adour et de la Nive, comme au point de jonction de deux races, Bayonne est certainement basque avec d'importants apports gascons. 




Ce sont MM. Jules Balasque et Dularens qui le disent dans leurs Etudes Historiques sur la Ville de Bayonne : On ne saurait que hasarder des conjectures sur les commencements de Bayonne : cependant le nom euskarien qu'elle porte, Bai-une, et qui, d'après Oihénart, signifie port, autorise à penser qu elle eut pour premiers habitants les Laphurtarrac, tribu eskualdunaise de la confédération tarbellienne, établie de temps immémorial à l’extrémité sud ouest de l’Aquitaine, et dont les Basques Labourdins sont actuellement les représentants directs. Elle en était même, selon nous, la capitale à l'époque de la conquête des Gaules par Jules César : de là ce surnom de cité labourdine ou cité de Labourd qui lui est donné par une foule d’actes depuis la chute de l’empire jusqu’à la fin du XIIe siècle. Nous disons surnom parce que nous sommes convaincus que le nom de Bavonne est son vrai nom d'origine, qu'elle n’en a jamais eu d'autre, et que celui de Labourd a toujours servi, lorsqu’on l’a employé avec exactitude, à désigner la contrée où elle est située. Dans les divisions anciennes de la France, on appelait encore pays de Labourd toute cette portion de territoire qui s'étend le long de la mer entre l’Adour et la Bidassoa. 




M. Camille Jullian, dans une intéressante étude sur le Musée Basque de Bayonne écrit ces lignes : 




bayonne autrefois
MUSEE BASQUE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN

"Il est là à sa vraie place. Bayonne a tous les droits de l’abriter, et pratique à son endroit tous les devoirs du patronage. Car Bayonne est la vraie capitale, ancienne et moderne, païenne et chrétienne, du Pays Basque. Le nom qu’elle portait, Lapurdum ou Labourd, elle l'a donné à cette terre de Labourd qui possède aujourd'hui encore les charmes les plus attirants de la région basquaise. Au port et au marché de Bayonne convergeaient toutes les rivières, toutes les routes, toutes les denrées de la contrée. Elle était la seule place forte que les empereurs romains aient construite pour protéger le rivage contre les descentes des pirates ou les routes contre les incursions des brigands. Seule encore, entre Adour et Pyrénées, elle eut son évangéliste et elle eut son évêque. Il importe qu'aujourd'hui les arrivées de Gascons aient fait s’effacer la langue et les coutumes basques : Bayonne est aussi bien la mère du Pays Basque que Lutèce le fut du bassin parisien. Elle l’a si bien compris qu’elle a créé, qu’elle entretient, qu’elle fait grandir et prospérer, comme l’enfant le plus cher de ses oeuvres, le musée de l'Eskuara


Certes, ce musée n’est point le plus riche, le plus ancien des musées français de vie régionale. Et Nancy, et Quimper et Mulhouse, et bien d'autres grandes villes ont le leur, quelques-unes depuis plusieurs lustres, quelques-uns splendidement dotés. Mais celui de Bayonne a été, dès sa récente origine, le type le mieux caractérisé de ces collections visibles de souvenirs provinciaux. 




On n’est pas plus net sur la réponse au problème et de l’origine de Bayonne. 




Dans un opuscule, datant de 1925, "Le Pays Basque à vol d’oiseau", M. Pierre Lhande exprime l’opinion suivante : 



pays basque autrefois
PAYS BASQUE A VOL D'OISEAU DE PIERRE LHANDE
PAYS BASQUE D'ANTAN

"Le Labourd forme une langue de terre, relativement- mince, comprise entre les deux embouchures de l’Adour et de la Bidassoa, le long de la mer, et bornée à l’Est par une ligne qui, partie d’Urt, côtoie les cimes de l’Urtzuya et va mourir sur la frontière près d’Ainhoa. 




S’il est vrai que, d’un point de vue étroitement compris, on puisse disputer à Bayonne, ville de parler mixte, basque et gascon, l’honneur d’être la vraie capitale du Labourd, pour octroyer ce privilège à Hasparren, la petite cité toute basque, ou à Ustaritz antique cité du Biltzar, c’est-à-dire de l’Assemblée des notables qui gouvernaient la province sous l’ancien régime, il est indéniable que par son histoire, par sa géographie, sur tout par son influence religieuse, littéraire et artistique, Bayonne est étroitement liée à l’Eskual Herria. Les plus anciens documents que nous possédons sont unanimes sur ce point : "Terram Basclorum qui caput est Baionam in maritima... La terre des Basques, possédant la ville de Bayonne près de la mer ", dit au XIle siècle le Codex des pèlerins de saint Jacques de Compostelle; "Baionam urbem Basclorum...Bayonne la ville des Basques" dit vers le même temps la Chronique de Turpin ; "Terram Basclorum qui caput est civitas Bajonae... La terre des Basques, dont la capitale est la cité de Bayonne", dit plus explicitement encore, en 1440, l’historien anglais Walsingham. C’est pourquoi, après avoir cité ces témoignages, un érudit indépendant, M. le chanoine Dubarat, pouvait conclure que Bayonne fut jadis "ville incontestablement basque". S’il est vrai que jusqu’à la Révolution cette petite cité eut son autonomie administrative, entièrement séparée de celle du Labourd, elle n’en demeura pas moins, par son influence religieuse et littéraire, l’âme et le cerveau de l'Eskual Herria. Et s’il est vrai que le gascon, importé des Landes par le bourg de Saint-Esprit, put y supplanter plus eu moins largement, à certaines époques, l’euskara, c’est pourtant Bayonne qui, par ses imprimeries, ses journaux, ses institutions, a fourni le plus large apport, de beaucoup, dont ait bénéficié la littérature basque. De nos jours encore c’est de Bayonne que sont parties les plus puissantes et les plus intelligentes initiatives en faveur du renouveau euskarien : telles, la fondation du Musée Basque et de la revue Gure Herria, la création des chaires de basque dans les collèges, séminaires et lycées, les travaux remarquables d’une pléiade d’universitaires bayonnais : Louis Colas (La Tombe Basque). Georges Hérelle (Les Pastorales Basques), Henri Gavel (Phonétique Basque), Albert Léon (La pastorale Hélène de Constantinople), J. Saroïhandy, etc... Linguistiquement même, Bayonne est Basque, autant pour le moins que gasconne, et nous sommes en assez grand nombre, Dieu merci, les Bayonnais qui, nés et grandis en plein Bayonne, avons appris le basque en même temps que le français, au point de parler couramment la première de ces langues et même quelque peu la seconde."




Il paraît inutile d’insister davantage. Bayonne est basque d’origine, de nom fort probablement ; au double point de vue ethnique et historique, elle est la capitale d’une des sept provinces basques, le Labourd. Cependant, elle bénéficie d’une importante contribution d’éléments gascons surtout depuis que l’adjonction de Saint-Esprit à Bayonne lui a donné sur la rive droite de l’Adour en plein terroir landais, une emprise sur le pays gascon, alors que jadis elle se confinait entièrement sur la rive gauche du fleuve et celle de la Nive."








Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1505ème article.


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