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jeudi 15 janvier 2026

L'ACTEUR PIERRE ETCHEPARE D'IRISSARRY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1927

PIERRE ETCHEPARE D'IRISSARRY.


Pierre Paul Lucien Salvetat Etchepare, né le 2 octobre 1891 à Irissarry (Basses-Pyrénées) - mort le 20 avril 1943 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un acteur français.




pays basque basse-navarre cinéma théâtre irissarry
ACTEUR PIERRE ETCHEPARE



Voici ce que rapporta à son sujet, R. Dominique, dans le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne 

et Saint-Jean-de-Luz, le 8 février 1927 :



"Nos interviews.

Un comédien Basco-Parisien : M. Pierre Etchepare.



En tournant autour du village natal d'Irissary— La carrière de l'artiste et ses projets.



— M. Pierre Etchepare ?


— Lui-même.



Mais déjà j'avais reconnu la petite voix brève et gaie, cette voix de gamin de Paris, du camarade électricien  devenu ministre, que nous avons tant applaudie dans les "Nouveaux Messieurs", et qui, hier, fut la joie de la soirée. Une voix si parisienne avec un nom tellement basque !


— Vous êtes Basque, bien entendu ?


— Mes parents sont Basques et je suis né à Irissary.


— Au coeur même du pays.


— Seulement j'ai quitté mon patelin alors que j'étais tout enfant pour venir à Paris. Ce qui me fait en réalité bien plus Parisien que Basque.



pays basque basse-navarre cinéma théâtre irissarry
ACTEUR PIERRE ETCHEPARE


— Etes-vous revenu quelquefois à Irissary ?


— Quand je viens en tournée à Biarritz ou à Bayonne, le temps est tellement limité que je ne puis aller jusqu'au village natal. Je sais qu'il est joli et souriant, que les gens y sont aimables, mais c'est tout. Il y a quelques années, de passage pour quelques jours à Biarritz, j'allais enfin m'y rendre, quand un télégramme m'a brusquement rappelé à Paris. C'est une fatalité.


— Et votre vocation théâtrale ?


— J'ai commencé par être refusé au Conservatoire, en compagnie de Francen et de quelques autres qui ont tout de même fait leur chemin au théâtre.


— Vos débuts ?


— En 1911, aux matinées enfantines du Théâtre Fémina, avec Monna Gondré.


— Ensuite ?


— La Comédie Royale. Puis, j'ai fait l'ouverture de la Sirène, cette salle en sous-sol, devenue au temps des Gothas : l'Abri. Au Théâtre Impérial, je jouais des petites comédies très courtes dont trois ou quatre formaient le spectacle. On aimait assez ce genre de spectacle coupé à cette époque.


"Après ce fut 1914... autre genre de spectacle et de distraction... Passons ! ... On joue tout de même de temps à autre. Je fais la réouverture des Capucines. Avec Marcel Simon, je reprends le cycle des pièces de Feydeau, et je suis de la création au Michel, avec Marnac, de l'"Ecole des Cocottes", le fameux succès d'Armont et Gerbidon. La vie reprend et je suis encore de la création de "Saison d'Amour", d'Edmond Sée...



pays basque basse-navarre cinéma théâtre irissarry
PHOTOGRAPHIE D'EDMOND SEE 1903


— Un Bayonnais !


— ... et de l'"Eternel Masculin", de Romain Coolus, puis de la reprise, des "Amants de Sazy" et de "Plus ça change...". Et je retourne aux Capucines pour y créer "Pourquoi m'as-tu fait ça ?", de Mirande et Quinson et "Madame est saisie", de Pierre Veber. Je passe ensuite au Daunou où j'ai la joie de jouer "Phili", une pièce charmante, tirée du livre d'Abel Hermant, par Bousquet et Falk. Après ça, je vais à la Potinière jouer une opérette 'Mon Vieux", de Géroule et Dieudonné, et le "Coup de Deux", de Géroule.


A la Comédie Caumartin, je suis de la création de la "Fleur d'Oranger", la jolie comédienne de Birabeau et Dolley, et du "Mage du Carlton", de Marchand et Dolley.




pays basque basse-navarre cinéma théâtre irissarry
ACTEUR PIERRE ETCHEPARE


Tout cela me mène jusqu'aux "Nouveaux Messieurs" que, pendant sept mois, j'ai promené à travers la France, passant et repassant à Biarritz, et, je puis bien l'avouer, partout avec succès. Mais quand on joue une pièce comme celle-là, ça n'est pas bien difficile.


— M. Etchepare est un modeste qui ne veut s'attribuer aucun mérite... Et après "Monsieur de Saint-Obin", qui nous a tant fait rire, grâce à vous, quels sont vos projets ?


— Dans quelques jours, je rentre à Paris pour remplacer, au Palais-Royal, Victor Boucher, dans "Le Monsieur de Cléopâtre", d'Armont et Gerbidon. Je ne sais jusqu'à quand cela va mener. Pour l'instant, je ne me préoccupe que d'apprendre mon rôle".



pays basque basse-navarre cinéma théâtre irissarry
VICTOR BOUCHER
PAR ALEXIS VOLTON



Je laisse Monsieur de Saint-Obin potasser consciencieusement le "Monsieur de Cléopâtre" en souhaitant de le revoir bientôt à Biarritz nous présenter ce nouveau... Monsieur."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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samedi 27 décembre 2025

LES SAUTS BASQUES ET LES VIEILLES DANSES DU LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (deuxième et dernière partie)

 

LES SAUTS BASQUES ET LES VIEILLES DANSES DU LABOURD.



Les sauts basques (ou Mutxikoak) existent depuis des centaines d'années au Pays Basque.



pays basque autrefois danses sauts
SAUTS BASQUES
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet Louis Dassance dans le Bulletin du Musée Basque N° 1-2 de 1927 :



"Les sauts Basques et les vieilles danses Labourdines.



... En revanche, on y exécutait d'autres belles variantes tels les "Churiñoak " dont la musique n'a pas été, je crois, recueillie et qui étaient très populaires, ainsi qu'une foule de "suites" ou de sujets variant avec les villages dont ils portaient les noms "Azkaindarrak", "Kamboarrak", etc..., ou bien suivant la fantaisie et l'inspiration du ménétrier ou du tambourinaire.



Toutes ces danses s'exécutaient bien entendu lors des fêtes locales ; mais en dehors de ces trois ou quatre jours dans l'année, il n'était pas rare que dans les villages et même dans les quartiers il y eût une musique rustique et sommaire, "soinuia", tous les dimanches, sauf pendant l'Avent et le Carême ; de telle sorte que les jeunes gens avaient de fréquentes occasions de s'exercer au contact de leurs ainés plus expérimentés. Quand il y avait bal public, il était de règle que la musique fît alterner quelques sauts avec une série de trois ou quatre quadrilles ou contre-danses.



En dehors de ces fêtes locales et des bals publics pour lesquels les danseurs de sauts basques n'ont pas de costume spécial, il est d'usage en Labourd, pendant l'époque du Carnaval et les dimanches précédents, qu'un groupe de jeunes gens revête des costumes dont la tradition doit être bien ancienne et forme un cortège qui se rend à la ville voisine pour égayer de ses entrechats les curieux Bayonnais.



Cet usage remonte fort loin et il nous souvient avoir lu qu'à plusieurs reprises, au temps jadis, les Bayonnais firent appel aux danseurs Basques des environs pour donner un attrait de plus aux fêtes organisées lors de la visite de quelque personnage important.



Quoiqu'il en soit, voici qu'elle était, il y a une quarantaine d'années, la composition d'un de ces groupes Labourdins de danseurs du Carnaval.



En tête venaient :

Quatre "besta-gorri" (vestes rouges) : leur costume était le suivant : Pantalons blancs et sandales blanches décorés de rubans et de petits grelots ; veste courte de couleur écarlate souvent ornée de brandebourgs et de grelots ; béret rouge garni de rubans et de fleurs artificielles en métal doré. Leur visage était souvent recouvert d'un masque rouge et leur attribut consistait en une sorte de sabre de bois blanc.



Venaient ensuite :

Quatre "Kachkarot" habillés comme ceux de nos jours : chemise blanche soigneusement lissée et empesée ; pantalons blancs, sandales blanches et béret rouge ornés comme ceux des "besta-gorri". N'oublions pas les bretelles brodées ni la ceinture de soie rouge ou grenat et enfin les chaînes d'or et bijoux de valeur qui leur étaient confiés par les "Etcheko-andere" et jeunes filles du voisinage pour rehausser l'éclat de leur costume. Leur visage était toujours découvert et leur attribut une baguette enrubannée.



Puis :

Quatre "Marika" ou "Kotilun gorri" — littéralement : jupons rouges. Ces personnages étaient ainsi nommés à cause de leur costume dont l'une des caractéristiques était le jupon de laine rouge que les basquaises portaient autrefois communément. Ils étaient choisis parmi les plus solides gaillards à cause de leur fonction qui était de faire la police et d'amuser tout en faisant peur aux femmes et aux enfants.



Leur coiffure était faite d'une sorte de casque pyramidal très haut portant un petit miroir sur le devant et décoré de rubans et de fleurs métalliques. Le reste de leur costume bizarre consistait en un tricot de laine blanc un peu crème, un châle ancien tombant en pointe dans le dos, le jupon de laine rouge décoré dans le bas d'une large bande de velours noir et descendant jusqu'aux chevilles, des bas blancs et des sandales blanches. Autour de leurs reins une ceinture de cuir à laquelle étaient accrochées de multiples sonnailles de vaches.



Les "Marika" étaient toujours masqués et leur attribut consistait en une queue de vache fixée au bout d'un manche de balai et dont ils se servaient en guise de fouet. 



Le cortège était fermé par les musiciens précédés d'un couple, "Jaun-andereak" (le Monsieur et la Dame), habillés de façon aussi cossue que possible : Redingote et haut de forme d'une part, superbes atours de l'autre. La dame bien entendu n'était autre chose qu'un jeune garçon choisi parmi les plus minces et de visage délicat. Le couple suivait gravement les danseurs, s'arrêtait pour les admirer, puis souvent, au moment de la quête, la "dame" lançait une œillade incendiaire à quelque gentil "besta-gorri" où même à quelqu'un de l'assistance qui faisait aussitôt mine de l'enlever. Ce manège excitait immanquablement la colère du "Monsieur" qui brandissait sa canne pendant que la foule se moquait de lui. Mais les "Marika" survenaient aussitôt et, à grands coups de leurs fouets rustiques, remettaient tout en ordre frappant indistinctement le ravisseur, sa proie, le pauvre "Monsieur" ou même les spectateurs qui s'attardaient à les contempler.



Nous sommes heureux de donner ici la reproduction du tableau si pittoresque et exact de notre distingué compatriote le peintre A. Casaubon ; il nous montre un cortège de Carnaval dans une de ses fonctions essentielles, dansant la "Maska Dantza", avec ses deux ou trois figures, devant une maison cossue. Le propriétaire, l'Etcheko-jaun, qui se souvient de son jeune temps, offre de quoi boire aux danseurs qui sans doute le remercieront par le traditionnel et bruyant "tope".



pays basque autrefois danses sauts
TABLEAU MASKA DANTZA A USTARITZ 1926
DU PEINTRE A. CASAUBON



Le cortège représenté appartient à une époque de transition entre ceux que nous avons décrits et ceux que l'on voit de nos jours ; d'où quelques menues différences : en tête marche le "bandedari" ou porte-drapeau, d'introduction relativement récente ; les kachkarots précèdent les "besta-gorri" au lieu de les suivre ; enfin deux des "marika" sont remplacés par des personnages également récents appelés "pumpierak", les pompiers (sic), et qui ne tinrent dans ces manifestations qu'une place éphémère.



pays basque autrefois danses sauts
SAUTS BASQUES ET JOUEURS DE FLUTE
DESSIN JACQUE LE TANNEUR


La composition des cortèges de Carnaval que l'on voit aujourd'hui n'est plus la même et les danseurs adoptent en général uniformément l'élégante tenue du "Kachkarot" ; ils sont alors précédés du "banderari" ou porte-drapeau, d'habitude le meilleur danseur du groupe.



Cependant en 1921 et 1922, nous avons vu encore à Ustaritz des cortèges suivant l'ancienne mode et comportant des "besta-gorri" et des "manka". Mais il est à craindre que ces personnages ne deviennent de plus en plus rares ne serait-ce que parce que l'on ne trouve plus de jupons rouges — ils venaient autrefois d'Espagne — que la mode actuelle a sans doute bannis de la garde-robe de nos basquaises.



pays basque autrefois danses sauts
DANSES CARNAVAL ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



Et c'est dommage, car les cortèges étaient ainsi plus variés et plus originaux. Miss V. Alford qui tout récemment conduisait le groupe de danseurs Anglais que l'on a justement applaudis au Musée Basque, nous disait que les "Marika" en particulier ne seraient pas sans analogie avec certains figurants des vieilles danses Anglaises. Quoiqu'il en soit, il semble que leur costume soit une très vieille tradition que nous devrions nous efforcer de conserver ; peut-être ces modestes lignes, tout en fixant quelques détails de l'organisation des cortèges, inspireront-elles aux jeunes gens de notre pays le désir de remettre en honneur les costumes traditionnels de nos Carnavals d'autrefois."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://www.eke.eus/fr/)







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vendredi 5 décembre 2025

LE RÉGIME JURIDIQUE DE LA NIVE AU PAYS BASQUE EN 1927

LE RÉGIME JURIDIQUE DE LA NIVE EN 1927.


En 1927, la Société des Pêcheurs de la Nive rappelle les droits et devoirs des pêcheurs sur la Nive.



LA NIVE
CAMBO-LES-BAINS 1928
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta le Bulletin N°1 de la Société des Pêcheurs de la Nive :



"Le Régime Juridique de la Nive.



La rivière principale formée à Saint-Jean-Pied-de-Port de la réunion des Nives d'Arnéguy, d'Esterençuby, de Laurhibar, est classée sous trois régimes distincts.



Jusqu'à 1 500 mètres environ en aval du confluent des trois Nives, elle est rivière particulière.



De ce point au pont de la gare de Cambo, elle est flottable ; de là au barrage qui se trouve à 1 500 mètres en aval d'Ustaritz, elle est navigable ; de ce barrage à l'Adour, elle est soumise à la juridiction maritime.



Dans toute rivière navigable ou flottable le droit de pêche appartient à l'Etat en vertu de la loi de 1829 qui n'a d'ailleurs fait que préciser des états de fait et de droit antérieurs. Ce droit de pêche s'accompagne de l'usage des chemins de halage et des marchepieds le long des rives.



Les rivières ont été divisées en lots. Sur la : 8, de longueurs inégales. Pour ces lots, les droits de pêche au filet, aux cordeaux, à la ligne plombée, sont mis en adjudication tous les cinq ans.



L'Etat a rigoureusement limité le nombre des permis à distribuer dans chaque lot ; ainsi pour le lot n° 6 à Cambo, un adjudicataire aurait le droit de délivrer 8 permis de pêche aux lignes, donnant droit chacun à pêcher avec deux lignes à cannes et six cordeaux de six hameçons chacun, trois permis de petite pêche donnant droit d'utiliser en plus des engins ci-dessus : un échiquier, un épervier ou trois verveux.



Dans le lot N° 7, à Ustaritz, les nombres de permis sont les mêmes, ils confèrent à onze personnes le droit de pêche au cordeau.



Une disposition nouvelle introduite dans le cahier des charges de 1924 permet au concessionnaire de délivrer en outre, sur le lot 7 par exemple, 15 permis de pêche à la ligne plombée à une ou deux cannes, ces permis ne donnant aucun droit au cordeau. Sur les lots 7 et 8, les seuls que la Société des Pêcheurs de la Nive ne possède pas, ces permis de pêche à deux lignes sont cédés, paraît-il, à 50 francs par an.



Lorsque la rivière est louée à une Société de pêche, celle-ci peut louer soit sous le régime ordinaire, c'est-à-dire, le régime des permis aux lignes, cordeaux et filets en nombre limité, soit sous le régime spécial de la loi de Janvier 1902.



Cette loi accorde à "tous" les membres d'une Société de pêche, sur les lots loués par elle, le droit de pêche à trois lignes flottantes ou plombées ; ce droit leur conférant en même temps l'usage des chemins de halage et de marchepied. (Les propriétaires peuvent en effet interdire le passage le long de la rivière à toute personne non munie d'un permis de pêche signé de l'Administration des Eaux et Forêts).



Par contre la Société doit interdire sur ces lots l'usage de tous autres engins, c'est-à-dire filets et cordeaux.



Telle est la loi, et l'Assemblée générale de mai 1924 décida à l'unanimité que pour tous les lots que la Société pourrait acquérir à l'adjudication publique elle demanderait le régime de la loi de 1902 pour faire profiter tous ses sociétaires des droits de pêche aux lignes plombées et du droit de passage sur toute la rivière.



Mais, tout en s'inclinant devant la loi, la Société a toujours affirmé son intention d'obtenir l'autorisation d'accorder dans chaque lot des permis de pêche au cordeau, estimant d'une part que l'espèce dominante étant la truite, il est peu fait usage du droit de pêcher à deux ou trois lignes plombées, que, d'autre part, l'anguille étant grande destructrice d'alevins, et très abondante en Nive, le seul moyen pratique de la prendre est le cordeau, vu les habitudes nocturnes de ce poisson.


Cette revendication a reçu l'appui de la Fédération du Sud-Ouest-Midi, et est actuellement soumise au Ministère de l'agriculture par le Syndicat Central de toutes les Fédérations de Sociétés de Pêcheurs.



BULLETIN N°1
SOCIETE DES PÊCHEURS DE LA NIVE



Nous avons grand espoir d'aboutir, car cette demande est absolument justifiée, mais comme elle est non du ressort des autorités locales, mais de celui du ministère, elle ne peut être résolue en quelques mois, ce qui peut faire croire à ceux qui ont intérêt à créer des difficultés à la Société ou qui ne réfléchissent pas aux difficultés d'une telle dérogation, que s'il n'y a aucun changement, c'est parce qu'"on ne fait rien".



La Société a mis deux ans à faire cesser le déversement du sable dans la Nive par la carrière d'Ossès, elle en mettra peut-être trois à quelques cordeaux. Le jour où elle aura ce droit, elle pourra, dans chaque section, l'attribuer aux sociétaires particulièrement intéressants et dans l'ordre d'ancienneté.



PÊCHEUR DANS LA NIVE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Dès maintenant, la Société serait en droit de faire dresser procès-verbal à toute personne qui, sur les six premiers lots de la Nive, pêche à la ligne plombée, sans être de la Société, mais n'ayant pour but que d'aider les pêcheurs à la ligne, sociétaires ou non, elle n'a jamais contrôlé ce droit. Elle pourra cependant rappeler, s'il le faut, au respect de ses privilèges, ceux qui l'attaqueraient."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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jeudi 27 novembre 2025

LES SAUTS BASQUES ET LES VIEILLES DANSES DU LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (première partie)

LES SAUTS BASQUES ET LES VIEILLES DANSES DU LABOURD.


Les sauts basques (ou Mutxikoak) existent depuis des centaines d'années au Pays Basque.



pays basque autrefois danses sauts
SAUTS BASQUES
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet Louis Dassance dans le Bulletin du Musée Basque N° 1-2 de 1927 :



"Les sauts Basques et les vieilles danses Labourdines.



Il paraîtra peut-être étonnant à quelques lecteurs, même Basques, de voir consacrer ici un article aux danses Labourdines. N'est-il pas, en effet, généralement admis que les danses proprement Basques, c'est-à-dire les "Sauts" — Jauziak ou Jauzikoak — sont l'apanage exclusif de la Basse-Navarre et surtout de la Soule ? Il est certain que les danseurs de cette dernière province ont toujours joui d'un renom bien mérité et qu'ils ont l'immense avantage d'avoir conservé vivants la tradition et l'usage de ces danses si originales.



Mais il n'est pas besoin de remonter bien loin en arrière pour se rendre compte que presque toutes les variétés de sauts basques se dansaient il y a quelques années encore dans tous les villages du Labourd et d'autre part les noms mêmes de la plupart de ces variétés semblent attester, comme nous le verrons plus loin, une origine indiscutablement Labourdine.



Encore aujourd'hui certains de nos villages tels que Mendionde et Macaye demeurent fidèles au vieil usage et immédiatement après la grand-messe ou la partie de pelote les sauts basques y sont exécutés religieusement.



Tout en le déplorant, on pourra se demander à quelles causes il convient d'attribuer le déclin et la perte quasi-totale de ces danses traditionnelles si élégantes et si originales dans toute une partie du Pays Basque très attachée par ailleurs à ses vieux usages. Peut-être bien le grand coupable aura-t-il été celui que dénonçait Charles Bordes dans l'étude qu'il fît de la Musique et de la Chanson Basques pour le Congrès de la Tradition qui se tint à St-Jean-de-Luz en 1897. Après avoir passé en revue et décrit les instruments qui servent à faire danser les Basques : d'un côté le "chirula" ou flûte de bois à trois trous et le violon "chirribika", et de l'autre les instruments d'accompagnement : tambourin, "ttunttun" et tambourin de Gascogne de Soule, il ajoute : "... Mais le piston nous menace !" Et de fait, quelques lignes plus loin, il dénonce l'invasion des fêtes de village par la "fanfare funeste, corruptrice du goût populaire. Nous connaissons, ajoute-t-il, au Pays Basque, certaine troupe pistonnante engagée dans toutes les fêtes de la région, dont les pas redoublés et les "défilés" viennent gâter les plus belles parties de pelote. Cette horrible musique de cirque, fausse d'ailleurs à miracle, accompagnant ce noble jeu, cette lutte antique, quelle dérision ! Puisque la musique y est traditionnelle ramenez-nous le vieux tambourinaire ou un chœur de gaïtas adouci de flûtes jouant les danses, les airs et marches du pays."



pays basque autrefois danses sauts
SAUTS BASQUES ET JOUEURS DE FLUTE
DESSIN JACQUE LE TANNEUR



Ces fanfares et petits orchestres "étrangers" qu'on laissa malencontreusement s'introduire dans nos fêtes locales eurent tôt fait de remplacer les vieux "chirulari" et "chirribikari" de hameau qui, en dehors de leurs thèmes vénérables et traditionnels, ne possédaient qu'un maigre répertoire de quadrilles et de contredanses surannés. Et puis, ces vieux musiciens eux-mêmes étaient trop fréquemment jaloux de leur savoir et de leur répertoire purement oral ne l'oublions pas : ils redoutaient en formant de jeunes élèves de se faire des concurrents, tels l'un des ménétriers les plus connus de la région dont le violon, pauvre stradivarius qui pendant un demi-siècle égrena toutes les notes de nos vieilles branles a été recueilli par le Musée Basque, ne consentit jamais à en enseigner les différents airs à son propre beau-fils, musicien lui-même ; et celui-ci dût avoir recours pour s'instruire à la mémoire d'un vieux danseur de bonne volonté qui lui chantait les airs tout en les dansant lui-même.



Car les sauts basques comportaient de nombreuses variantes. Combien exactement ? Il est probable que nous ne le saurons jamais plus, car, ainsi que nous l'avons dit, le répertoire en a été oral pendant des siècles — et du reste les ménétriers souletins n'ont encore aujourd'hui aucune musique écrite. Le recueil le plus ancien que l'on possède ne date que du milieu du siècle dernier et dans ces conditions il est à craindre que bien des airs ne se soient perdus.



Francisque Michel qui transcrit par ailleurs une partie des "Mutchikoak" nous apprend qu'il en existe dix ou douze variétés. De son côté, Charles Bordes, qui se borne à reproduire la version des Mutchikoak de F. Michel, nous dit qu'il existe vingt et une manières de danser le Saut Basque. 



france médiéviste philologue cagots juifs 19ème siècle
PHILOLOGUE FRANCISQUE MICHEL


Ces chiffres assez discordants en apparence peuvent pourtant ne pas être inconciliables. En effet le meilleur guide que nous ayons dans le répertoire des Sauts Basques, consiste en une brochure de vingt-quatre pages éditée à Bordeaux sous le titre de :


Dantza Yauzi Osoak Bere Segidekin

Sauts Basques authentiques avec leurs suites publiés par P. L. P. (Chanoine Pierre Laharrague)



Nous y trouvons douze sauts principaux "Yauzi osoak" dont voici les noms dans leur ordre :

Laburrak

Baztandarrak (ou "Laphurtarrak")

Chibandriak

Orzaiztarrak

Mutchikoak

Chochuarenak

Antchierorrak

Moneindarrak

Alemanak

Milafrangarrak

Ainhoarrak

Laphurtar-laburrak (ou "Laphurtar-motchak").



Après ces douze sauts principaux, sont notés neuf "suites" où "sujets" ( yauzi buztanak — ce qui signifie littéralement queues de sauts) : 


Hegi, Ostalertsa, Matelotta, Zertara Yiten zira ?, Hatcha Pete, Hatcha Pelo, Zalhu Yuanes, Phik' et 'izul et Phik' et 'ebats.



Soit donc douze sauts principaux et neuf suites faisant un total de vingt et un, chiffre donné par Ch. Bordes qui du reste le tenait peut-être du chanoine Laharrague lui-même.



Dans un autre cahier manuscrit plus ancien et qui nous appartient, nous rencontrons les mêmes dénominations à l'exception des Orzaiztarrak, Moneindarrak et Chochuarenak qui n'y sont pas notés. En revanche, outre quelques autres sauts secondaires et "suites", nous y trouvons la musique de "Dantza Korda", sorte de farandole, seule danse locale, croyons-nous, à laquelle les jeunes filles prissent part. Disons en passant que la "Dantza Korda", qui se dansait principalement pour la clôture de la fête locale était composée d'une longue file de garçons et de jeunes filles alternés et se tenant par le bout de leurs mouchoirs. En tête marchait l'un des boute-en-train de la jeunesse qui exécutait de temps en temps quelques entrechats pendant que le cortège s'arrêtait pour les admirer.



Mais revenons aux sauts basques. En ce qui concerne le Labourd et au témoignage des vieux danseurs qui les pratiquèrent, les sauts dansés les plus fréquemment et les plus appréciés à cause de leur difficulté et de leur beauté semblent avoir été les Laphurtarrak et Milafrangarrak ; les Mutchikoak, Chibandierak, Ainhoarrak, etc... étaient aussi fort courants ; seuls parmi les sauts que nous avons énumérés plus haut, les Moneindarrak et Orzaiztarrak ne se dansaient pas ou guère et semblent n'avoir pas été connus en Labourd."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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samedi 1 novembre 2025

LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1927

LE BARRAGE D'HALSOU EN 1927.


Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.



halsou autrefois pays basque nive pêcheurs
SAUMON AU BARRAGE D'HALSOU
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin N°12 de la Société des Pêcheurs de la Nive :



"Chronique du barrage d'Halsou.



Nous avions annoncé dans notre dernier bulletin que pour remédier provisoirement à l'obstacle apporté par le barrage à la migration du saumon, son propriétaire, M. Larroulet, avait spontanément offert d'ouvrir les vannes une fois par semaine. 



Le 24 janvier, M. l'Ingénieur en Chef du Contrôle des Forces hydrauliques du Sud-Ouest, M. Crescent, accompagné de M. Lachadenède, Conservateur des Eaux et Forêts, vint inspecter le barrage. 



Il décida, d'accord avec M. Larroulet, qu'étant donné le non fonctionnement de l'échelle et l'état du barrage, les vannes seraient ouvertes selon un règlement d'eau transmis par le service des Ponts et Chaussées de Bayonne, après essai fait en présence de ce service et de M. Claverie, Inspecteur Principal des Eaux et Forêts. 



Il convient ici de bien préciser. 



L'échelle est défectueuse pour deux raisons, dont chacune est essentielle et indépendante du type et des caractéristiques. 



 La première, c'est qu'à la demande expresse de M. Larroulet,  l'échelle fut placée près des vannes et que nous avons toujours soutenu, d'accord avec le Service forestier et les riverains, que sa place était au centre du barrage et que ce serait toujours là que viendrait le saumon. L'expérience nous a malheureusement donné raison. La seconde, c'est que le seuil de l'échelle est 25 centimètres plus haut que la côte qu'il devrait avoir, c'est-à-dire qu'au lieu d'une lame de 0 m. 60 d'épaisseur indispensable au fonctionnement de l'échelle Denil, la lame d'eau n'a que 0 m. 40 et qu'il est impossible que l'échelle fonctionne ainsi. 



Le relèvement du seuil de l'échelle avait été autorisé à tort en tenant compte du relèvement futur du barrage. 



Mais si l'on veut bien se reporter au compte rendu de la réunion du 4 décembre 1926, fait dans notre Bulletin N° 2, page 40, on verra que Chambeau, Conservateur des Eaux et Forêts, M. Roux, Inspecteur, et les représentants de la Société de la Nive, n'ont accepté l'emplacement près des vannes qu'à la prière instante du constructeur du barrage. 



BULLETIN N12
SOCIETE DES PÊCHEURS DE LA NIVE



Nous le regrettons pour nous et pour lui, car si nous avons perdu deux saisons de pêche et de frai, c'est-à-dire quatre années en fait, puisque les frayères presque nulles de 1929 et 1930 auront leur répercussion en 1934 et 1935, le propriétaire a, lui, dépensé inutilement des dizaines de mille francs. 



Son barrage est plus solide qu'il ne le croyait lui-même, Enfin, tout cela c'est du passé regrettable, et pour l'avenir tout ira bien. 



Le 22 février, le nouveau règlement d'eau ayant été établi, l'essai d'ouverture des vannes et de mise à sec du canal fut effectué devant MM. Lesbre et Claverie. 



Il fut décidé que les vannes seraient ouvertes une fois par semaine, de minuit à 6 heures, aux jours fixés par le service de la pêche. La première ouverture eut lieu dans la nuit du 24 au 25 février ; une seconde dans la nuit du 3 au 4 mars ; une troisième dans la nuit du 10 au 11 fut empêchée par l'annonce de la crue. 



Chaque fois, les opérations furent contrôlées par le garde domanial Bernard, avec de nombreux gardes de la Société, car il faut éviter tout braconnage dans le secteur. 



Une quantité inouïe de saumons était accumulée dans la réserve d'Halsou, quantité tout à fait anormale au début de la saison. 



Dès le 6 mars un groupe important de saumons était signalé dans le pool de l'église de Cambo. Le résultat était donc atteint. 



A la même réunion, M. Larroulet avait renouvelé son offre d'établir une échelle dans le centre du barrage ; M. Crescent en prit acte et il fut décidé que le plan en serait établi au plus tôt d'accord entre M. le Conservateur des Eaux et Forêts, chef de la Commission des Barrages, et l'ingénieur de M. Larroulet, M. Banet. 



Le plan vient d'être terminé, il nous donnera certainement toute satisfaction, les travaux seront entrepris dès que l'état de l'eau le permettra. 



En attendant, les vannes seront ouvertes 6 heures chaque semaine. 



Nous devons remercier M. Larroulet de sa bonne volonté présente, elle servira ses intérêts en même temps que l'intérêt général, mais nous devons surtout remercier le service des Forces Hydrauliques en la personne de M. Crescent ; son esprit de décision va faire merveille dans les régions inondées et il n'est pas étonnant qu'en plus de son service régulier, on l'ait chargé de cette reconstitution. 



M. l'Inspecteur Principal Claverie et M. l'Ingénieur Lesbre nous apportent en la circonstance, un concours sans réserve, nos sociétaires ne devront pas l'oublier. 



Espérons enfin que l'achèvement prochain de cette nouvelle échelle qui est du type fonctionnant sur le Rhin, mettra un point final à cette chronique du barrage d'Halsou, ouverte il y a trois ans et demi."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



  

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jeudi 25 septembre 2025

L'HISTOIRE DE HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE RACONTÉE EN 1927 (neuvième et dernière partie)

   

L'HISTOIRE DE HENDAYE RACONTÉE EN 1927.


En 1927, la commune d'Hendaye comprend environ 5 700 habitants et est administrée par le Maire Léon Lannepouquet.




pays basque autrefois histoire plage labourd
VUE GENERALE D'HENDAYE PLAGE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet M. Henry Martinet à Georges Velloni dans le mensuel Pyrénées et océan : organe des stations thermales et des bains de mer desservant tout le littoral et la chaîne des Pyrénées, le 1er mars 1927 :


"Hendaye Autrefois-Aujourd'hui-Demain.


— Somme toute, à quelle autre station existante aimeriez-vous comparer Hendaye ?



— A mon avis, et dans un avenir prochain, Hendaye doit être, par rapport à Biarritz, ce que Cannes est à Nice, c'est-à-dire, la station non bruyante et mouvementée, mais calme et élégante, fleurie, susceptible de convenir aux bonnes familles et aux personnes qui pratiquent les sports.



De toute façon, Hendaye sera bientôt une très grande et très belle station, car étant donné que l'on pouvait "tailler en plein drap" dans un immense domaine, il était possible de "voir grand" et nous n'y avons pas manqué.



pays basque autrefois histoire plage labourd
GROUPE DE VILLAS HENDAYE-PLAGE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Un de mes rêves les plus chers est de pouvoir assister à l'épanouissement complet de cette jolie fleur en bouton.



— Ce doit être véritablement passionnant que de suivre la réalisation d'une oeuvre comme celle que vous avez entreprise ?



— Oui, je l'avoue, je me suis réellement passionné pour Hendaye et il a fallu véritablement que je sois mû par un sentiment de cette nature pour arriver à surmonter toutes les difficultés que j'ai rencontrées depuis 22 ans.



La tâche devenue aujourd'hui, beaucoup plus facile par suite du développement du tourisme et de la faveur que les entreprises de ce genre ont fini par trouver auprès du grand public, n'a pas en effet, été toujours aisée.



S'il n'y avait eu que des difficultés d'ordre matériel à surmonter, cela n'aurait pas eu grande importance, mais il m'a fallu compter aussi avec le dénigrement systématique, avec le dénigrement systématique, avec les fausses nouvelles, avec des tentatives d'accaparement, des abandons, pour ne pas dire plus, en un mot, avec bien des vilenies dont j'étais souvent écoeuré, mais qui, par contre, m'ont rendu philosophe et m'ont permis d'acquérir l'expérience des hommes et des choses. Mais aussi, quelle satisfaction intime et profonde, lorsque l'obstacle est renversé et que l'on voit ses efforts couronnés de succès ! Quelle joie encore de sentir que l'on est approuvé et encouragé par les personnes qui sont susceptibles de comprendre et de juger l'effort, par ceux, enfin, dont seule l'opinion compte au fond. On trouve alors parfois, en quelques instants, la récompense de longs mois d'efforts.



pays basque hendaye foncière labourd
ACTION DE CENT FRANCS
LA FONCIERE DE HENDAYE ET DU SUD-OUEST


C'est ainsi, qu'à plusieurs reprises, je me suis senti réconforté par les belles majorités de voix que m'ont données les électeurs hendayais ; c'était la réponse à ceux qui critiquent toujours dans l'ombre, renouvelant sans cesse leurs attaques en répandant des bruits pessimistes.



Pendant que M. Martinet me parlait ainsi, son regard s'était voilé d'un peu de mélancolie, mais il ne tarda pas à s'animer à nouveau lorsque je lui posai mon ultime question :


Vous venez de me dépeindre ce que sera, selon votre rêve, Hendaye, demain, mais que pensez-vous de ce qui devrait être fait dans les autres villes du Pays Basque ?



— Vous me posez là, une question très indiscrète et je le garderai bien, en y répondant, de m'ériger en donneur de conseils. Le Conseil Municipal de Bayonne m'a fait l'honneur de me confier l'étude et la réalisation des projets d'agrandissement et d'embellissement de cette Ville. Là, je sais que l'on peut faire une oeuvre grandiose, dont la réalisation sera prochainement commencée, et je suis bien certain que les âpres critiques formulées, dès avant que le projet fut connu, tomberont d'elles-mêmes, lorsqu'on constatera que, rien de ce qui concerne le passé n'aura été compromis, mais au contraire, sera mis en valeur et qu'ainsi Bayonne sera devenue une des plus belles Villes qui existent en France.



Des autres stations, qui ont toutes à leur tête des Conseils Municipaux avides de bien faire, entourés de techniciens compétents, je ne dirai rien et je me contenterai simplement de formuler un souhait : c'est que toutes les Municipalités de la Côte Basque s'entendent entre elles pour élaborer un vaste projet d'ensemble embrassant toute la région.



Il ne suffit pas, en effet, que chacun fasse les choses à son seul point de vue, sans se soucier du voisin ; c'est ainsi que l'avenir serait compromis.



Je voudrais donc voir établir, non seulement des plans d'extension pour chaque ville, mais un plan d'ensemble de tous les pays, prévoyant des liaisons futures entre les différentes stations, par un tracé de nouvelles routes devenues déjà indispensables, appropriées à la configuration du sol et aux besoins divers.


Lorsque je vois surgir, à chaque pas, partout entre la Bidassoa et l'Adour, des lotissements partiels, avec des rues trop étroites, souvent tortueuses et sans issue, je me lamente, car je me dis que peut-être à ces endroits devraient passer de grandes voies dont la construction deviendra beaucoup plus difficile, sinon impossible plus tard.



Un premier pas a déjà été fait dans cet ordre d'idées, par la construction, l'an dernier, sur l'initiative du Maire d'Hendaye d'un groupement des Maires des Villes de la Côte Basque ; ceux-ci sont déjà accablés par l'exercice de leurs fonctions journalières, mais je souhaite ardemment qu'ils puissent quand même trouver le temps de mettre à l'étude le projet d'ensemble que je viens d'évoquer.



Et c'est ainsi que la Côte Basque, comme d'ailleurs le Pays Basque tout entier, deviendra de plus en plus une des villégiatures mondiales, les plus connues et les plus fréquentées d'un bout de l'année à l'autre, pour le plus grand profit des habitants de cette région.



Après avoir remercié M. Martinet de l'importante et intéressante documentation qu'il nous a permis de donner ci-dessus à nos lecteurs, je terminai la journée dans ce cadre prestigieux d'Hendaye, dont le charme varie à chaque heure du jour.



Ce n'est que le soir, après un de ces crépuscules magiques, au cours desquels les montagnes se teintent d'améthystes et de saphirs, au-dessus des eaux et des sables dorés par le couchant et sur le fond ensanglanté du ciel que strient des raies d'aigues marines, que je regagnai Hendaye-Ville. Et tandis que je remontais le long de l'Estuaire, les mille feux de la côte Espagnole, piquant la nuit plus noire, et se reflétant dans l'eau calme, étoilaient de lueurs vacillantes le cirque merveilleux dominé par les monts. Après avoir été glorifié dans sa grâce et sa diversité par le jour, le paysage était magnifié par la nuit dans sa sereine Majesté."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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