CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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mardi 3 mars 2026
mardi 3 février 2026
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1946 (deuxième partie)
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1946.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet J. Calame le mensuel Au Bord de l'Eau, le 1er septembre 1946 :
"Le scandale du barrage d'Halsou ou comment on assassine une rivière.
... J'avais pour ma part quitté le Pays basque en 1938. La guerre survint en 1939, et ici se place pour moi une période de complète obscurité. Tout ce que je puis dire, c'est qu'en 1943, les saumons continuaient à passer et étaient nombreux sur le cours de la rivière jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port. En avril 1945, étant allé passer une quinzaine de jours à Cambo, je pus constater que presque aucun saumon n'avait franchi le barrage d'Halsou. Emu de ce fait, j'allai visiter ce barrage et pus constater de visu que ce dernier était muni, sur toute la longueur de sa crête, d'un surélèvement en planches incliné vers l'aval, dispositif désastreux et absolument illégal, et que de plus l'échelle elle-même était barrée sur les deux tiers de sa hauteur par une planche encastrée dans des rainures ad hoc et ne débitait, de ce fait, même pas les 500 litres-seconde de la période réservée.
On assista en même temps à un magnifique massacre où la dynamite, la foëne, le filet et le fusil harpon s'en donnèrent à coeur joie.
J'écrivis alors une lettre à M. l'inspecteur Vibert, d'Oloron, dont la réponse fut perdue et ne me parvint pas.
Pendant l'hiver 1945-1946, j'alertai M. Burnand, qui transmit ma lettre à M. l'inspecteur Vibert. Ce dernier répondit à M. Burnand qu'il m'avait écrit, à l'époque, une lettre qui s'était égarée, mais dont l'essentiel consistait en ceci : ma réclamation, au moment où je l'avais faite, en avril, était mal fondée puisqu'en cette saison le débit de l'échelle, d'après le cahier des charges, ne devait pas dépasser 500 litres-seconde, fait que j'avais en effet oublié, n'ayant personnellement jamais vu appliquer cette mesure.
Je répondis à M. Burnand, lui demandant si, une aussi grossière erreur ayant été commise autrefois par l'administration des Eaux et Forêts, il n'était pas possible à cette dernière de la réparer. M. Burnand m'adressa alors au Casting-Club de France, avec lequel venait de fusionner l'Association des Pêcheurs pour la défense du saumon. J'eus une conversation avec M. Dotin, qui m'engagea à rédiger une lettre, avec plan à l'appui, où j'exposerais succinctement ces faits, lettre qui serait transmise directement à M. l'inspecteur Vibert et appuyée par le C. C. F., ce que je fis.
Voici l'essentiel de la réponse de M. l'inspecteur Vibert :
"Monsieur le Président et Cher Monsieur,
... J'ai pu dernièrement profiter d'un différend entre l'usine d'Halsou et l'usine d'amont pour proposer aux Ponts et Chaussées un avenant au règlement d'eau de l'échelle, en accord avec l'usinier. La décision ne dépend pas de moi. Mais, si la décision intervient et que l'usinier l'enfreigne, il sera passible théoriquement d'une contravention de 20 francs.
Je sais parfaitement que l'élévation actuelle du barrage de 20 centimètres est illégale. Le concessionnaire est d'ailleurs en procès à ce sujet avec l'usine d'amont. Il n'y a aucune illusion à se faire : du moment que le barrage est muni d'une échelle, on ne pourra rien obtenir, même pas une indemnité. N'oubliez pas qu'on a eu la prétention de me faire fermer toutes les échelles à saumons pour avoir davantage de kilowatts. Là, le problème était plus sérieux et nous avions des atouts en main, j'ai eu gain de cause.
La grosse question, le braconnage intense qui se fait dans le secteur, n'est malheureusement pas facile actuellement à mettre au point. Autrefois, au temps où la société de la Nive était présidée par le commandant Rocq, c'était l'association la plus active de France, elle avait toute une brigade volante sur la Nive. Aujourd'hui, l'association de la Nive est une association fantôme.
Ce n'est pas par ailleurs avec une brigade mobile de six gardes que je puis prétendre juguler le braconnage sur 18 départements. Le problème, pour le moment, est d'avoir un gardiennage suffisant... Il est encore loin de l'être...
Signé : Vibert."
Je n'ajouterai à cette lettre qu'un commentaire.
La "grosse question" n'est pas, comme le dit M. l'inspecteur Vibert, le braconnage intense qui se fait dans le secteur, car ce braconnage n'est dû qu'à l'accumulation des saumons retenus par le barrage d'Halsou. Au surplus, ces saumons étant perdus pour la reproduction, il importe assez peu qu'ils disparaissent de cette façon ou d'une autre.
Vers le 1er avril 1946, poussé par le démon de la pêche qui se réveille en chacun de nous vers cette époque, j'affrontai les rigueurs d'un long et coûteux voyage en Pays basque, sans grand espoir d'ailleurs.
Le résultat de mes démarches dépasse, je dois le dire, toutes mes espérances. Cette fois-ci, le désastre est complet.
Non seulement le surélèvement en planches du barrage subsiste intégralement, mais l'échelle Dunil est maintenant totalement fermée et pas une goutte d'eau n'y passe. J'affirme qu'à l'heure actuelle aucun saumon n'a franchi le barrage d'Halsou. De plus, la réserve aval du barrage n'est plus alimentée par un débit d'eau quelconque, les saumons s'y accumulent et s'accumulent aussi 900 mètres plus bas, à la sortie des turbines de l'usine d'Halsou, où, ce qui est un comble, le personnel de l'usine se réserve le droit de la braconner à loisir, considérant ces derniers comme leur propriété personnelle, pas pour longtemps d'ailleurs, car il est facile de prévoir, que dans un laps de temps très court, le saumon sera devenu légendaire ici, comme pour tant d'autres belles rivières de France où il abondait autrefois.
Patiemment j'écrivis de nouveau à M. l'inspecteur Vibert pour signaler ces faits.
Voici l'essentiel de sa réponse :
"Monsieur,
J'ai bien reçu votre lettre du 10 courant qui me précise que l'échelle du barrage d'Halsou est à nouveau fermée.
Cela ne m'étonne qu'à moitié ; je vous ai précisé, soit directement, soit à M. Tony Burnand, soit au Casting-Club, que l'usinier n'encourrait de ce fait que 20 francs de contravention, et les P. V. qui lui ont été déjà dressés par les gardes du commandant Rocq pour le même objet n'ont eu aucune suite.
La Société de Pêche de la Nive, sous la présidence active du commandant Rocq, n'est pas arrivée à grand'chose sur ce point ; les archives sont là pour le montrer. Cette société est actuellement complètement inerte.
Je n'ai ni le pouvoir d'en changer les dirigeants, ni la possibilité de me substituer à elle pour faire son travail.
Je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet, que j'ai déjà dû traiter trois fois par écrit à la suite de vos réclamations.
Je reconnais que vous avez parfaitement raison d'être outré de la situation, mais vous ne paraissez guère tenir compte ni des possibilités légales et juridiques, ni des possibilités en matériel, personnel ou trésorerie.
Signé : Vibert."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 3 janvier 2026
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1946 (première partie)
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1946.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet J. Calame le mensuel Au Bord de l'Eau, le 1er septembre 1946 :
"Le scandale du barrage d'Halsou ou comment on assassine une rivière.
Si le hasard de vos pérégrinations vous conduit un jour dans cette charmante ville qu'est Bayonne, vos yeux de touriste et de pêcheur admireront d'abord, au sortir de la gare, ce fleuve majestueux qu'est l'Adour, et vous ne pourrez songer sans émotion qu'en dessous du pont Mayou qui le franchit tant de beaux saumons passent que leur instinct guide sûrement vers le gave d'Oloron. Puis, au sortir de ce pont, vous traverserez l'embouchure plus modeste d'une autre rivière au cours tranquille, où se mirent les Halles et d'anciennes maisons pittoresques.
Cette rivière-là porte un joli nom, évocateur d'eaux fraîches et limpides. Elle s'appelle la Nive. Remontez-en le cours pendant une vingtaine de kilomètres, et à partir de Cambo, qui abrita autrefois la chancelante santé d'un poète fameux, elle prend des allures de gave de montagne. Elle s'encaisse entre des collines et des défilés magnifiques, bordée par une route splendide dans un paysage édénique jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port. Promenade classique de tous les touristes de Biarritz et du Pays basque.
Cette rivière charmante, au même titre que le gave d'Oloron, contient depuis des temps immémoriaux de magnifiques saumons. Je dis contient, je devrais dire "contenait", car là comme ailleurs la malfaisance humaine empêche maintenant cette richesse naturelle et ce magnifique poisson de sport qu'est le saumon de croître et de multiplier en paix, si bien que dans un temps très court sa présence sera devenue une légende.
C'est inouï de stupidité, mais c'est ainsi, et je ne me décide à écrire ces lignes qu'après avoir épuisé tous les moyens légaux d'obtenir satisfaction.
Voici comment se présente la situation actuelle de cette magnifique rivière qu'est la Nive.
Le bas cours de la rivière jusqu'à Cambo, c'est-à-dire à 20 kilomètres de Bayonne, est coupé par six barrages. Cinq d'entre eux, dont deux partiellement détruits et inutilisés, alimentant des minoteries locales, sont peu dangereux pour les saumons, barrages rudimentaires et peu élevés faits de pierres sèches et munis de glissières à poissons, bien entendu braconnées quand elles ne sont pas surveillées, mais le tout sauvé par des crues assez violentes pour que les saumons les franchissent alors aisément.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel mit à exécution le projet d'édifier à Halsou une usine hydro-électrique. Il procéda à la construction d'un barrage en ciment, et personne, à l'époque, ne se préoccupa de lui fournir les plans d'une échelle à poissons. Comme il avait, malgré tout, un léger scrupule, il édifia sur des vannes de décharge de crue une espèce de corridor coudé de 0 m 30 de large et de 3 mètres de hauteur dans lequel coulait un filet d'eau et que seuls des saumons munis de mains, de pieds et d'une queue prenante auraient pu, s'ils l'avaient découvert, franchir en faisant un glorieux rétablissement.
Vers la même époque, quelques pêcheurs honnêtes, alarmés par la dépopulation rapide de la Nive en truites et en saumons, s'étaient groupés et avaient fondé une société de pêche qui, en quelques années, grâce au dévouement et à la parfaite compétence d'un ancien officier de marine, prit un développement considérable.
Cette société alerta les Eaux et Forêts dans la personne de feu le vigoureux et peu commode M. le conservateur Chambeau. Il vint au barrage d'Halsou et poussa quelques rugissements qui furent entendus. L'échelle (?) acrobatique fut, sur ses ordres, transformée et alimentée, sous réserve qu'étant donnée sa position elle devrait, en cas de non-fonctionnement constaté, être supprimée et rétablie à sa place naturelle, qui était évidemment dans le centre du barrage. Inutile de vous dire que cela dura quelques années, pendant lesquelles les malheureux saumons vinrent s'accumuler au pied du barrage ou, quand ils ne moururent pas de mort violente, on en fut réduit à les faire passer de l'autre côté "à la main".
Bref, car il me faut abréger, au bout de quelques années, la preuve était faite que cette "semble échelle" ne fonctionnait pas ; les Eaux et Forêts intervinrent de nouveau en la personne de M. le conservateur de Lachanède. Une excellente échelle de type Denil fut construite sur ses plans au milieu du barrage. L'usinier, alors alarmé par le débit de cette échelle, demanda qu'en dérogation de son fonctionnement normal ce débit fût réduit pendant la période des basses eaux d'été, période qui est également celle où les saumons ont normalement terminé leur migration. Rien n'était plus légitime, et la société de pêche ne s'y opposa pas. Le débit de l'échelle en fonctionnement était de 1 800 litres-seconde. On convint de le réduire à 500 litres-seconde pendant une période à déterminer...
Mais alors... tenez-vous bien. Par suite d'une erreur de l'Administration des Eaux et Forêts, le débit normal de 1 800 litres-seconde fut fixé pendant une période comprise entre le 1er octobre et le 31 décembre, et le débit réduit de 500 litres-seconde prit date entre le 1er janvier et le 30 septembre. C'est-à-dire que les saumons, sous peine de se voir interdire la Nive, devaient à tout prix changer leur période de migration et de fraye. Désormais, sous peine de mort, il ne leur était plus permis de remonter la rivière que de septembre à janvier. Mal renseignés probablement, les malheureux ne comprirent pas... Je suis de trop bonne foi pour voir là autre chose qu'une regrettable mais mortelle erreur de l'Administration. Si une pareille mesure se justifie en effet sur un barrage d'amont d'une rivière comme le gave d'Oloron, où les saumons ont pu monter, vivre et frayer dans des eaux vives et glacées pendant une centaine de kilomètres, elle est par contre, je le répète, mortelle pour des saumons obligés de stagner pendant tout le printemps et tout l'été dans des eaux calmes, chaudes et non aérées du bas cours d'une rivière, où la faune, à cet endroit, se compose exclusivement de hotus, de barbeaux et de poissons blancs.
De plus, l'aval du barrage, constitué très judicieusement en réserve, mais insuffisamment alimenté par les 500 litres-seconde de débit de l'échelle, se transformait en vivier à saumons, où la quasi-totalité de ces derniers se faisait massacrer à loisir.
Mais la société de pêche veillait. Puissante alors avec ses 1 500 membres, un budget de plus de 60 000 francs (considérable à l'époque), 4 piscicultures et 6 gardes-pêche munis de deux autos, elle n'était pas décidée à se laisser faire. On le comprit bien vite du côté de l'usine d'Halsou, où d'ailleurs le débit d'hiver et de printemps était largement suffisant avec l'échelle alimentée à 1 800 litres-seconde. Sans qu'il fût besoin de s'en occuper autrement, le débit de l'échelle fut d'un accord tacite, inversé et les saumons purent, pendant douze ans au moins, franchir librement le barrage d'Halsou et gagner l'amont jusqu'à leurs frayères naturelles. En juin ou juillet, quand pratiquement la montée était terminée, l'usinier pouvait, sans qu'on y vit inconvénient, réduire le débit de l'échelle à 500 litres-seconde. En fait, aucune accumulation de saumons dans la réserve ne fut plus constatée pendant cette très longue période. J'insiste sur ce fait, on verra tout à l'heure pourquoi.
Vint la crise économique mondiale. La société de pêche en souffrit comme tout le monde. Vers 1936, une campagne, d'abord sourde, puis ouverte, menée dans un journal local, par un "journaliste" occasionnel soutenu par quelques démolisseurs professionnels, applaudi par tout ce que le pays contenait de braconniers et par quelques douzaines de braves gens abusés, fut menée contre les dirigeants de la société. Ces derniers, mis en minorité à Bayonne, et écoeurés de récolter des engueulades en récompense de leurs efforts et des dépenses personnelles qu'ils prodiguaient sans compter, s'en allèrent en claquant les portes. Ceux qui les avaient attaqués s'avérèrent immédiatement incapables de continuer leur oeuvre, et la société de pêche est depuis ce temps en complète léthargie."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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vendredi 5 décembre 2025
LE RÉGIME JURIDIQUE DE LA NIVE AU PAYS BASQUE EN 1927
LE RÉGIME JURIDIQUE DE LA NIVE EN 1927.
En 1927, la Société des Pêcheurs de la Nive rappelle les droits et devoirs des pêcheurs sur la Nive.
Voici ce que rapporta le Bulletin N°1 de la Société des Pêcheurs de la Nive :
"Le Régime Juridique de la Nive.
La rivière principale formée à Saint-Jean-Pied-de-Port de la réunion des Nives d'Arnéguy, d'Esterençuby, de Laurhibar, est classée sous trois régimes distincts.
Jusqu'à 1 500 mètres environ en aval du confluent des trois Nives, elle est rivière particulière.
De ce point au pont de la gare de Cambo, elle est flottable ; de là au barrage qui se trouve à 1 500 mètres en aval d'Ustaritz, elle est navigable ; de ce barrage à l'Adour, elle est soumise à la juridiction maritime.
Dans toute rivière navigable ou flottable le droit de pêche appartient à l'Etat en vertu de la loi de 1829 qui n'a d'ailleurs fait que préciser des états de fait et de droit antérieurs. Ce droit de pêche s'accompagne de l'usage des chemins de halage et des marchepieds le long des rives.
Les rivières ont été divisées en lots. Sur la : 8, de longueurs inégales. Pour ces lots, les droits de pêche au filet, aux cordeaux, à la ligne plombée, sont mis en adjudication tous les cinq ans.
L'Etat a rigoureusement limité le nombre des permis à distribuer dans chaque lot ; ainsi pour le lot n° 6 à Cambo, un adjudicataire aurait le droit de délivrer 8 permis de pêche aux lignes, donnant droit chacun à pêcher avec deux lignes à cannes et six cordeaux de six hameçons chacun, trois permis de petite pêche donnant droit d'utiliser en plus des engins ci-dessus : un échiquier, un épervier ou trois verveux.
Dans le lot N° 7, à Ustaritz, les nombres de permis sont les mêmes, ils confèrent à onze personnes le droit de pêche au cordeau.
Une disposition nouvelle introduite dans le cahier des charges de 1924 permet au concessionnaire de délivrer en outre, sur le lot 7 par exemple, 15 permis de pêche à la ligne plombée à une ou deux cannes, ces permis ne donnant aucun droit au cordeau. Sur les lots 7 et 8, les seuls que la Société des Pêcheurs de la Nive ne possède pas, ces permis de pêche à deux lignes sont cédés, paraît-il, à 50 francs par an.
Lorsque la rivière est louée à une Société de pêche, celle-ci peut louer soit sous le régime ordinaire, c'est-à-dire, le régime des permis aux lignes, cordeaux et filets en nombre limité, soit sous le régime spécial de la loi de Janvier 1902.
Cette loi accorde à "tous" les membres d'une Société de pêche, sur les lots loués par elle, le droit de pêche à trois lignes flottantes ou plombées ; ce droit leur conférant en même temps l'usage des chemins de halage et de marchepied. (Les propriétaires peuvent en effet interdire le passage le long de la rivière à toute personne non munie d'un permis de pêche signé de l'Administration des Eaux et Forêts).
Par contre la Société doit interdire sur ces lots l'usage de tous autres engins, c'est-à-dire filets et cordeaux.
Telle est la loi, et l'Assemblée générale de mai 1924 décida à l'unanimité que pour tous les lots que la Société pourrait acquérir à l'adjudication publique elle demanderait le régime de la loi de 1902 pour faire profiter tous ses sociétaires des droits de pêche aux lignes plombées et du droit de passage sur toute la rivière.
Mais, tout en s'inclinant devant la loi, la Société a toujours affirmé son intention d'obtenir l'autorisation d'accorder dans chaque lot des permis de pêche au cordeau, estimant d'une part que l'espèce dominante étant la truite, il est peu fait usage du droit de pêcher à deux ou trois lignes plombées, que, d'autre part, l'anguille étant grande destructrice d'alevins, et très abondante en Nive, le seul moyen pratique de la prendre est le cordeau, vu les habitudes nocturnes de ce poisson.
Cette revendication a reçu l'appui de la Fédération du Sud-Ouest-Midi, et est actuellement soumise au Ministère de l'agriculture par le Syndicat Central de toutes les Fédérations de Sociétés de Pêcheurs.
Nous avons grand espoir d'aboutir, car cette demande est absolument justifiée, mais comme elle est non du ressort des autorités locales, mais de celui du ministère, elle ne peut être résolue en quelques mois, ce qui peut faire croire à ceux qui ont intérêt à créer des difficultés à la Société ou qui ne réfléchissent pas aux difficultés d'une telle dérogation, que s'il n'y a aucun changement, c'est parce qu'"on ne fait rien".
La Société a mis deux ans à faire cesser le déversement du sable dans la Nive par la carrière d'Ossès, elle en mettra peut-être trois à quelques cordeaux. Le jour où elle aura ce droit, elle pourra, dans chaque section, l'attribuer aux sociétaires particulièrement intéressants et dans l'ordre d'ancienneté.
Dès maintenant, la Société serait en droit de faire dresser procès-verbal à toute personne qui, sur les six premiers lots de la Nive, pêche à la ligne plombée, sans être de la Société, mais n'ayant pour but que d'aider les pêcheurs à la ligne, sociétaires ou non, elle n'a jamais contrôlé ce droit. Elle pourra cependant rappeler, s'il le faut, au respect de ses privilèges, ceux qui l'attaqueraient."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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lundi 1 décembre 2025
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1931
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1931.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin N°14 de la Société des Pêcheurs de la Nive :
"Chronique du barrage d'Halsou.
Nous avions eu l'espoir de mettre un point final à cette chronique commencée dès notre premier bulletin en 1927 pour les faits qui ont débuté en 1924.
J'ai dit souvent qu'il était en général mauvais de mettre à la tête d'une Société de pêche le meilleur pêcheur de la confrérie, car il pouvait être mauvais administrateur.
Néanmoins, il est indispensable que le président soit un vieux pêcheur.
Voilà trente-quatre ans que je pêche, ayant commencé à 8 ans, et j'ai consacré à ce sport tous mes loisirs, sauf durant la guerre, et depuis deux ans, devant consacrer ces loisirs à mes fonctions de président de Sociétés, Fédération, Syndicats etc., cela m'a donné une bonne qualité de pêcheur : la patience, la ténacité.
Aussi, dans cette affaire d'Halsou, tous nos camarades peuvent être tranquilles, nous aurons le dernier mot, parce que jamais on ne nous lassera.
Il y a des poissons qui se débattent, mais des engins de bonne marque, de la patience et du temps ont fini par les mettre au panier.
Le barrage d'Halsou aura en 1931 une échelle efficace ; il aurait dû l'avoir en 1930, mais l'étude du projet d'échelle a été remise au concessionnaire du barrage par les services des Forces Hydrauliques et des Eaux et Forêts en août ; quelques lettres ont permis de faire traîner le sujet jusqu'au moment où l'on pouvait dire qu'il n'était pas prudent, vu le risque des crues, d'engager des travaux.
Force est donc d'attendre l'été, mais le service du contrôle des Forces Hydrauliques et le conservateur des Eaux et Forêts, chargés des barrages, prendront leurs précautions pour que cette fois-ci le cahier des charges soit observé.
On doit bien répéter qu'actuellement la concession est violée dans une de ses clauses essentielles. L'article 9 prévoyait que dans un délai de deux ans, soit en juin 1929 au plus tard, le barrage actuel devait être remplacé par le barrage neuf prévu sur les devis descriptifs de la concession, barrage situé en aval et beaucoup plus favorable au passage du poisson comme à l'écoulement des crues.
On ne peut pas dire que le barrage soit un article secondaire de la concession, et si l'on avait dit en 1924 que le barrage actuel serait conservé, la concession n'eût pas été donnée, et pour notre part, au nom de la pêche, nos réserves eussent été différentes.
Comme l'a fait observer M. Crescent ingénieur en chef des Forces Hydrauliques, le barrage actuel est illégal.
En attendant que la saison permette la construction de la nouvelle passe à saumons, les vannes seront ouvertes durant une nuit chaque semaine pour éviter l'accumulation du poisson en aval du barrage."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 1 novembre 2025
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1927
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1927.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin N°12 de la Société des Pêcheurs de la Nive :
"Chronique du barrage d'Halsou.
Nous avions annoncé dans notre dernier bulletin que pour remédier provisoirement à l'obstacle apporté par le barrage à la migration du saumon, son propriétaire, M. Larroulet, avait spontanément offert d'ouvrir les vannes une fois par semaine.
Le 24 janvier, M. l'Ingénieur en Chef du Contrôle des Forces hydrauliques du Sud-Ouest, M. Crescent, accompagné de M. Lachadenède, Conservateur des Eaux et Forêts, vint inspecter le barrage.
Il décida, d'accord avec M. Larroulet, qu'étant donné le non fonctionnement de l'échelle et l'état du barrage, les vannes seraient ouvertes selon un règlement d'eau transmis par le service des Ponts et Chaussées de Bayonne, après essai fait en présence de ce service et de M. Claverie, Inspecteur Principal des Eaux et Forêts.
Il convient ici de bien préciser.
L'échelle est défectueuse pour deux raisons, dont chacune est essentielle et indépendante du type et des caractéristiques.
La première, c'est qu'à la demande expresse de M. Larroulet, l'échelle fut placée près des vannes et que nous avons toujours soutenu, d'accord avec le Service forestier et les riverains, que sa place était au centre du barrage et que ce serait toujours là que viendrait le saumon. L'expérience nous a malheureusement donné raison. La seconde, c'est que le seuil de l'échelle est 25 centimètres plus haut que la côte qu'il devrait avoir, c'est-à-dire qu'au lieu d'une lame de 0 m. 60 d'épaisseur indispensable au fonctionnement de l'échelle Denil, la lame d'eau n'a que 0 m. 40 et qu'il est impossible que l'échelle fonctionne ainsi.
Le relèvement du seuil de l'échelle avait été autorisé à tort en tenant compte du relèvement futur du barrage.
Mais si l'on veut bien se reporter au compte rendu de la réunion du 4 décembre 1926, fait dans notre Bulletin N° 2, page 40, on verra que Chambeau, Conservateur des Eaux et Forêts, M. Roux, Inspecteur, et les représentants de la Société de la Nive, n'ont accepté l'emplacement près des vannes qu'à la prière instante du constructeur du barrage.
![]() |
| BULLETIN N12 SOCIETE DES PÊCHEURS DE LA NIVE |
Nous le regrettons pour nous et pour lui, car si nous avons perdu deux saisons de pêche et de frai, c'est-à-dire quatre années en fait, puisque les frayères presque nulles de 1929 et 1930 auront leur répercussion en 1934 et 1935, le propriétaire a, lui, dépensé inutilement des dizaines de mille francs.
Son barrage est plus solide qu'il ne le croyait lui-même, Enfin, tout cela c'est du passé regrettable, et pour l'avenir tout ira bien.
Le 22 février, le nouveau règlement d'eau ayant été établi, l'essai d'ouverture des vannes et de mise à sec du canal fut effectué devant MM. Lesbre et Claverie.
Il fut décidé que les vannes seraient ouvertes une fois par semaine, de minuit à 6 heures, aux jours fixés par le service de la pêche. La première ouverture eut lieu dans la nuit du 24 au 25 février ; une seconde dans la nuit du 3 au 4 mars ; une troisième dans la nuit du 10 au 11 fut empêchée par l'annonce de la crue.
Chaque fois, les opérations furent contrôlées par le garde domanial Bernard, avec de nombreux gardes de la Société, car il faut éviter tout braconnage dans le secteur.
Une quantité inouïe de saumons était accumulée dans la réserve d'Halsou, quantité tout à fait anormale au début de la saison.
Dès le 6 mars un groupe important de saumons était signalé dans le pool de l'église de Cambo. Le résultat était donc atteint.
A la même réunion, M. Larroulet avait renouvelé son offre d'établir une échelle dans le centre du barrage ; M. Crescent en prit acte et il fut décidé que le plan en serait établi au plus tôt d'accord entre M. le Conservateur des Eaux et Forêts, chef de la Commission des Barrages, et l'ingénieur de M. Larroulet, M. Banet.
Le plan vient d'être terminé, il nous donnera certainement toute satisfaction, les travaux seront entrepris dès que l'état de l'eau le permettra.
En attendant, les vannes seront ouvertes 6 heures chaque semaine.
Nous devons remercier M. Larroulet de sa bonne volonté présente, elle servira ses intérêts en même temps que l'intérêt général, mais nous devons surtout remercier le service des Forces Hydrauliques en la personne de M. Crescent ; son esprit de décision va faire merveille dans les régions inondées et il n'est pas étonnant qu'en plus de son service régulier, on l'ait chargé de cette reconstitution.
M. l'Inspecteur Principal Claverie et M. l'Ingénieur Lesbre nous apportent en la circonstance, un concours sans réserve, nos sociétaires ne devront pas l'oublier.
Espérons enfin que l'achèvement prochain de cette nouvelle échelle qui est du type fonctionnant sur le Rhin, mettra un point final à cette chronique du barrage d'Halsou, ouverte il y a trois ans et demi."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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