CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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mardi 3 mars 2026
mardi 3 février 2026
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1946 (deuxième partie)
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1946.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet J. Calame le mensuel Au Bord de l'Eau, le 1er septembre 1946 :
"Le scandale du barrage d'Halsou ou comment on assassine une rivière.
... J'avais pour ma part quitté le Pays basque en 1938. La guerre survint en 1939, et ici se place pour moi une période de complète obscurité. Tout ce que je puis dire, c'est qu'en 1943, les saumons continuaient à passer et étaient nombreux sur le cours de la rivière jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port. En avril 1945, étant allé passer une quinzaine de jours à Cambo, je pus constater que presque aucun saumon n'avait franchi le barrage d'Halsou. Emu de ce fait, j'allai visiter ce barrage et pus constater de visu que ce dernier était muni, sur toute la longueur de sa crête, d'un surélèvement en planches incliné vers l'aval, dispositif désastreux et absolument illégal, et que de plus l'échelle elle-même était barrée sur les deux tiers de sa hauteur par une planche encastrée dans des rainures ad hoc et ne débitait, de ce fait, même pas les 500 litres-seconde de la période réservée.
On assista en même temps à un magnifique massacre où la dynamite, la foëne, le filet et le fusil harpon s'en donnèrent à coeur joie.
J'écrivis alors une lettre à M. l'inspecteur Vibert, d'Oloron, dont la réponse fut perdue et ne me parvint pas.
Pendant l'hiver 1945-1946, j'alertai M. Burnand, qui transmit ma lettre à M. l'inspecteur Vibert. Ce dernier répondit à M. Burnand qu'il m'avait écrit, à l'époque, une lettre qui s'était égarée, mais dont l'essentiel consistait en ceci : ma réclamation, au moment où je l'avais faite, en avril, était mal fondée puisqu'en cette saison le débit de l'échelle, d'après le cahier des charges, ne devait pas dépasser 500 litres-seconde, fait que j'avais en effet oublié, n'ayant personnellement jamais vu appliquer cette mesure.
Je répondis à M. Burnand, lui demandant si, une aussi grossière erreur ayant été commise autrefois par l'administration des Eaux et Forêts, il n'était pas possible à cette dernière de la réparer. M. Burnand m'adressa alors au Casting-Club de France, avec lequel venait de fusionner l'Association des Pêcheurs pour la défense du saumon. J'eus une conversation avec M. Dotin, qui m'engagea à rédiger une lettre, avec plan à l'appui, où j'exposerais succinctement ces faits, lettre qui serait transmise directement à M. l'inspecteur Vibert et appuyée par le C. C. F., ce que je fis.
Voici l'essentiel de la réponse de M. l'inspecteur Vibert :
"Monsieur le Président et Cher Monsieur,
... J'ai pu dernièrement profiter d'un différend entre l'usine d'Halsou et l'usine d'amont pour proposer aux Ponts et Chaussées un avenant au règlement d'eau de l'échelle, en accord avec l'usinier. La décision ne dépend pas de moi. Mais, si la décision intervient et que l'usinier l'enfreigne, il sera passible théoriquement d'une contravention de 20 francs.
Je sais parfaitement que l'élévation actuelle du barrage de 20 centimètres est illégale. Le concessionnaire est d'ailleurs en procès à ce sujet avec l'usine d'amont. Il n'y a aucune illusion à se faire : du moment que le barrage est muni d'une échelle, on ne pourra rien obtenir, même pas une indemnité. N'oubliez pas qu'on a eu la prétention de me faire fermer toutes les échelles à saumons pour avoir davantage de kilowatts. Là, le problème était plus sérieux et nous avions des atouts en main, j'ai eu gain de cause.
La grosse question, le braconnage intense qui se fait dans le secteur, n'est malheureusement pas facile actuellement à mettre au point. Autrefois, au temps où la société de la Nive était présidée par le commandant Rocq, c'était l'association la plus active de France, elle avait toute une brigade volante sur la Nive. Aujourd'hui, l'association de la Nive est une association fantôme.
Ce n'est pas par ailleurs avec une brigade mobile de six gardes que je puis prétendre juguler le braconnage sur 18 départements. Le problème, pour le moment, est d'avoir un gardiennage suffisant... Il est encore loin de l'être...
Signé : Vibert."
Je n'ajouterai à cette lettre qu'un commentaire.
La "grosse question" n'est pas, comme le dit M. l'inspecteur Vibert, le braconnage intense qui se fait dans le secteur, car ce braconnage n'est dû qu'à l'accumulation des saumons retenus par le barrage d'Halsou. Au surplus, ces saumons étant perdus pour la reproduction, il importe assez peu qu'ils disparaissent de cette façon ou d'une autre.
Vers le 1er avril 1946, poussé par le démon de la pêche qui se réveille en chacun de nous vers cette époque, j'affrontai les rigueurs d'un long et coûteux voyage en Pays basque, sans grand espoir d'ailleurs.
Le résultat de mes démarches dépasse, je dois le dire, toutes mes espérances. Cette fois-ci, le désastre est complet.
Non seulement le surélèvement en planches du barrage subsiste intégralement, mais l'échelle Dunil est maintenant totalement fermée et pas une goutte d'eau n'y passe. J'affirme qu'à l'heure actuelle aucun saumon n'a franchi le barrage d'Halsou. De plus, la réserve aval du barrage n'est plus alimentée par un débit d'eau quelconque, les saumons s'y accumulent et s'accumulent aussi 900 mètres plus bas, à la sortie des turbines de l'usine d'Halsou, où, ce qui est un comble, le personnel de l'usine se réserve le droit de la braconner à loisir, considérant ces derniers comme leur propriété personnelle, pas pour longtemps d'ailleurs, car il est facile de prévoir, que dans un laps de temps très court, le saumon sera devenu légendaire ici, comme pour tant d'autres belles rivières de France où il abondait autrefois.
Patiemment j'écrivis de nouveau à M. l'inspecteur Vibert pour signaler ces faits.
Voici l'essentiel de sa réponse :
"Monsieur,
J'ai bien reçu votre lettre du 10 courant qui me précise que l'échelle du barrage d'Halsou est à nouveau fermée.
Cela ne m'étonne qu'à moitié ; je vous ai précisé, soit directement, soit à M. Tony Burnand, soit au Casting-Club, que l'usinier n'encourrait de ce fait que 20 francs de contravention, et les P. V. qui lui ont été déjà dressés par les gardes du commandant Rocq pour le même objet n'ont eu aucune suite.
La Société de Pêche de la Nive, sous la présidence active du commandant Rocq, n'est pas arrivée à grand'chose sur ce point ; les archives sont là pour le montrer. Cette société est actuellement complètement inerte.
Je n'ai ni le pouvoir d'en changer les dirigeants, ni la possibilité de me substituer à elle pour faire son travail.
Je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet, que j'ai déjà dû traiter trois fois par écrit à la suite de vos réclamations.
Je reconnais que vous avez parfaitement raison d'être outré de la situation, mais vous ne paraissez guère tenir compte ni des possibilités légales et juridiques, ni des possibilités en matériel, personnel ou trésorerie.
Signé : Vibert."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 3 janvier 2026
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1946 (première partie)
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1946.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet J. Calame le mensuel Au Bord de l'Eau, le 1er septembre 1946 :
"Le scandale du barrage d'Halsou ou comment on assassine une rivière.
Si le hasard de vos pérégrinations vous conduit un jour dans cette charmante ville qu'est Bayonne, vos yeux de touriste et de pêcheur admireront d'abord, au sortir de la gare, ce fleuve majestueux qu'est l'Adour, et vous ne pourrez songer sans émotion qu'en dessous du pont Mayou qui le franchit tant de beaux saumons passent que leur instinct guide sûrement vers le gave d'Oloron. Puis, au sortir de ce pont, vous traverserez l'embouchure plus modeste d'une autre rivière au cours tranquille, où se mirent les Halles et d'anciennes maisons pittoresques.
Cette rivière-là porte un joli nom, évocateur d'eaux fraîches et limpides. Elle s'appelle la Nive. Remontez-en le cours pendant une vingtaine de kilomètres, et à partir de Cambo, qui abrita autrefois la chancelante santé d'un poète fameux, elle prend des allures de gave de montagne. Elle s'encaisse entre des collines et des défilés magnifiques, bordée par une route splendide dans un paysage édénique jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port. Promenade classique de tous les touristes de Biarritz et du Pays basque.
Cette rivière charmante, au même titre que le gave d'Oloron, contient depuis des temps immémoriaux de magnifiques saumons. Je dis contient, je devrais dire "contenait", car là comme ailleurs la malfaisance humaine empêche maintenant cette richesse naturelle et ce magnifique poisson de sport qu'est le saumon de croître et de multiplier en paix, si bien que dans un temps très court sa présence sera devenue une légende.
C'est inouï de stupidité, mais c'est ainsi, et je ne me décide à écrire ces lignes qu'après avoir épuisé tous les moyens légaux d'obtenir satisfaction.
Voici comment se présente la situation actuelle de cette magnifique rivière qu'est la Nive.
Le bas cours de la rivière jusqu'à Cambo, c'est-à-dire à 20 kilomètres de Bayonne, est coupé par six barrages. Cinq d'entre eux, dont deux partiellement détruits et inutilisés, alimentant des minoteries locales, sont peu dangereux pour les saumons, barrages rudimentaires et peu élevés faits de pierres sèches et munis de glissières à poissons, bien entendu braconnées quand elles ne sont pas surveillées, mais le tout sauvé par des crues assez violentes pour que les saumons les franchissent alors aisément.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel mit à exécution le projet d'édifier à Halsou une usine hydro-électrique. Il procéda à la construction d'un barrage en ciment, et personne, à l'époque, ne se préoccupa de lui fournir les plans d'une échelle à poissons. Comme il avait, malgré tout, un léger scrupule, il édifia sur des vannes de décharge de crue une espèce de corridor coudé de 0 m 30 de large et de 3 mètres de hauteur dans lequel coulait un filet d'eau et que seuls des saumons munis de mains, de pieds et d'une queue prenante auraient pu, s'ils l'avaient découvert, franchir en faisant un glorieux rétablissement.
Vers la même époque, quelques pêcheurs honnêtes, alarmés par la dépopulation rapide de la Nive en truites et en saumons, s'étaient groupés et avaient fondé une société de pêche qui, en quelques années, grâce au dévouement et à la parfaite compétence d'un ancien officier de marine, prit un développement considérable.
Cette société alerta les Eaux et Forêts dans la personne de feu le vigoureux et peu commode M. le conservateur Chambeau. Il vint au barrage d'Halsou et poussa quelques rugissements qui furent entendus. L'échelle (?) acrobatique fut, sur ses ordres, transformée et alimentée, sous réserve qu'étant donnée sa position elle devrait, en cas de non-fonctionnement constaté, être supprimée et rétablie à sa place naturelle, qui était évidemment dans le centre du barrage. Inutile de vous dire que cela dura quelques années, pendant lesquelles les malheureux saumons vinrent s'accumuler au pied du barrage ou, quand ils ne moururent pas de mort violente, on en fut réduit à les faire passer de l'autre côté "à la main".
Bref, car il me faut abréger, au bout de quelques années, la preuve était faite que cette "semble échelle" ne fonctionnait pas ; les Eaux et Forêts intervinrent de nouveau en la personne de M. le conservateur de Lachanède. Une excellente échelle de type Denil fut construite sur ses plans au milieu du barrage. L'usinier, alors alarmé par le débit de cette échelle, demanda qu'en dérogation de son fonctionnement normal ce débit fût réduit pendant la période des basses eaux d'été, période qui est également celle où les saumons ont normalement terminé leur migration. Rien n'était plus légitime, et la société de pêche ne s'y opposa pas. Le débit de l'échelle en fonctionnement était de 1 800 litres-seconde. On convint de le réduire à 500 litres-seconde pendant une période à déterminer...
Mais alors... tenez-vous bien. Par suite d'une erreur de l'Administration des Eaux et Forêts, le débit normal de 1 800 litres-seconde fut fixé pendant une période comprise entre le 1er octobre et le 31 décembre, et le débit réduit de 500 litres-seconde prit date entre le 1er janvier et le 30 septembre. C'est-à-dire que les saumons, sous peine de se voir interdire la Nive, devaient à tout prix changer leur période de migration et de fraye. Désormais, sous peine de mort, il ne leur était plus permis de remonter la rivière que de septembre à janvier. Mal renseignés probablement, les malheureux ne comprirent pas... Je suis de trop bonne foi pour voir là autre chose qu'une regrettable mais mortelle erreur de l'Administration. Si une pareille mesure se justifie en effet sur un barrage d'amont d'une rivière comme le gave d'Oloron, où les saumons ont pu monter, vivre et frayer dans des eaux vives et glacées pendant une centaine de kilomètres, elle est par contre, je le répète, mortelle pour des saumons obligés de stagner pendant tout le printemps et tout l'été dans des eaux calmes, chaudes et non aérées du bas cours d'une rivière, où la faune, à cet endroit, se compose exclusivement de hotus, de barbeaux et de poissons blancs.
De plus, l'aval du barrage, constitué très judicieusement en réserve, mais insuffisamment alimenté par les 500 litres-seconde de débit de l'échelle, se transformait en vivier à saumons, où la quasi-totalité de ces derniers se faisait massacrer à loisir.
Mais la société de pêche veillait. Puissante alors avec ses 1 500 membres, un budget de plus de 60 000 francs (considérable à l'époque), 4 piscicultures et 6 gardes-pêche munis de deux autos, elle n'était pas décidée à se laisser faire. On le comprit bien vite du côté de l'usine d'Halsou, où d'ailleurs le débit d'hiver et de printemps était largement suffisant avec l'échelle alimentée à 1 800 litres-seconde. Sans qu'il fût besoin de s'en occuper autrement, le débit de l'échelle fut d'un accord tacite, inversé et les saumons purent, pendant douze ans au moins, franchir librement le barrage d'Halsou et gagner l'amont jusqu'à leurs frayères naturelles. En juin ou juillet, quand pratiquement la montée était terminée, l'usinier pouvait, sans qu'on y vit inconvénient, réduire le débit de l'échelle à 500 litres-seconde. En fait, aucune accumulation de saumons dans la réserve ne fut plus constatée pendant cette très longue période. J'insiste sur ce fait, on verra tout à l'heure pourquoi.
Vint la crise économique mondiale. La société de pêche en souffrit comme tout le monde. Vers 1936, une campagne, d'abord sourde, puis ouverte, menée dans un journal local, par un "journaliste" occasionnel soutenu par quelques démolisseurs professionnels, applaudi par tout ce que le pays contenait de braconniers et par quelques douzaines de braves gens abusés, fut menée contre les dirigeants de la société. Ces derniers, mis en minorité à Bayonne, et écoeurés de récolter des engueulades en récompense de leurs efforts et des dépenses personnelles qu'ils prodiguaient sans compter, s'en allèrent en claquant les portes. Ceux qui les avaient attaqués s'avérèrent immédiatement incapables de continuer leur oeuvre, et la société de pêche est depuis ce temps en complète léthargie."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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lundi 1 décembre 2025
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1931
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1931.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin N°14 de la Société des Pêcheurs de la Nive :
"Chronique du barrage d'Halsou.
Nous avions eu l'espoir de mettre un point final à cette chronique commencée dès notre premier bulletin en 1927 pour les faits qui ont débuté en 1924.
J'ai dit souvent qu'il était en général mauvais de mettre à la tête d'une Société de pêche le meilleur pêcheur de la confrérie, car il pouvait être mauvais administrateur.
Néanmoins, il est indispensable que le président soit un vieux pêcheur.
Voilà trente-quatre ans que je pêche, ayant commencé à 8 ans, et j'ai consacré à ce sport tous mes loisirs, sauf durant la guerre, et depuis deux ans, devant consacrer ces loisirs à mes fonctions de président de Sociétés, Fédération, Syndicats etc., cela m'a donné une bonne qualité de pêcheur : la patience, la ténacité.
Aussi, dans cette affaire d'Halsou, tous nos camarades peuvent être tranquilles, nous aurons le dernier mot, parce que jamais on ne nous lassera.
Il y a des poissons qui se débattent, mais des engins de bonne marque, de la patience et du temps ont fini par les mettre au panier.
Le barrage d'Halsou aura en 1931 une échelle efficace ; il aurait dû l'avoir en 1930, mais l'étude du projet d'échelle a été remise au concessionnaire du barrage par les services des Forces Hydrauliques et des Eaux et Forêts en août ; quelques lettres ont permis de faire traîner le sujet jusqu'au moment où l'on pouvait dire qu'il n'était pas prudent, vu le risque des crues, d'engager des travaux.
Force est donc d'attendre l'été, mais le service du contrôle des Forces Hydrauliques et le conservateur des Eaux et Forêts, chargés des barrages, prendront leurs précautions pour que cette fois-ci le cahier des charges soit observé.
On doit bien répéter qu'actuellement la concession est violée dans une de ses clauses essentielles. L'article 9 prévoyait que dans un délai de deux ans, soit en juin 1929 au plus tard, le barrage actuel devait être remplacé par le barrage neuf prévu sur les devis descriptifs de la concession, barrage situé en aval et beaucoup plus favorable au passage du poisson comme à l'écoulement des crues.
On ne peut pas dire que le barrage soit un article secondaire de la concession, et si l'on avait dit en 1924 que le barrage actuel serait conservé, la concession n'eût pas été donnée, et pour notre part, au nom de la pêche, nos réserves eussent été différentes.
Comme l'a fait observer M. Crescent ingénieur en chef des Forces Hydrauliques, le barrage actuel est illégal.
En attendant que la saison permette la construction de la nouvelle passe à saumons, les vannes seront ouvertes durant une nuit chaque semaine pour éviter l'accumulation du poisson en aval du barrage."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 1 novembre 2025
LE BARRAGE D'HALSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1927
LE BARRAGE D'HALSOU EN 1927.
Quelques années après la Grande Guerre, un industriel édifie à Halsou une usine hydro-électrique, avec un barrage en ciment.
Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin N°12 de la Société des Pêcheurs de la Nive :
"Chronique du barrage d'Halsou.
Nous avions annoncé dans notre dernier bulletin que pour remédier provisoirement à l'obstacle apporté par le barrage à la migration du saumon, son propriétaire, M. Larroulet, avait spontanément offert d'ouvrir les vannes une fois par semaine.
Le 24 janvier, M. l'Ingénieur en Chef du Contrôle des Forces hydrauliques du Sud-Ouest, M. Crescent, accompagné de M. Lachadenède, Conservateur des Eaux et Forêts, vint inspecter le barrage.
Il décida, d'accord avec M. Larroulet, qu'étant donné le non fonctionnement de l'échelle et l'état du barrage, les vannes seraient ouvertes selon un règlement d'eau transmis par le service des Ponts et Chaussées de Bayonne, après essai fait en présence de ce service et de M. Claverie, Inspecteur Principal des Eaux et Forêts.
Il convient ici de bien préciser.
L'échelle est défectueuse pour deux raisons, dont chacune est essentielle et indépendante du type et des caractéristiques.
La première, c'est qu'à la demande expresse de M. Larroulet, l'échelle fut placée près des vannes et que nous avons toujours soutenu, d'accord avec le Service forestier et les riverains, que sa place était au centre du barrage et que ce serait toujours là que viendrait le saumon. L'expérience nous a malheureusement donné raison. La seconde, c'est que le seuil de l'échelle est 25 centimètres plus haut que la côte qu'il devrait avoir, c'est-à-dire qu'au lieu d'une lame de 0 m. 60 d'épaisseur indispensable au fonctionnement de l'échelle Denil, la lame d'eau n'a que 0 m. 40 et qu'il est impossible que l'échelle fonctionne ainsi.
Le relèvement du seuil de l'échelle avait été autorisé à tort en tenant compte du relèvement futur du barrage.
Mais si l'on veut bien se reporter au compte rendu de la réunion du 4 décembre 1926, fait dans notre Bulletin N° 2, page 40, on verra que Chambeau, Conservateur des Eaux et Forêts, M. Roux, Inspecteur, et les représentants de la Société de la Nive, n'ont accepté l'emplacement près des vannes qu'à la prière instante du constructeur du barrage.
![]() |
| BULLETIN N12 SOCIETE DES PÊCHEURS DE LA NIVE |
Nous le regrettons pour nous et pour lui, car si nous avons perdu deux saisons de pêche et de frai, c'est-à-dire quatre années en fait, puisque les frayères presque nulles de 1929 et 1930 auront leur répercussion en 1934 et 1935, le propriétaire a, lui, dépensé inutilement des dizaines de mille francs.
Son barrage est plus solide qu'il ne le croyait lui-même, Enfin, tout cela c'est du passé regrettable, et pour l'avenir tout ira bien.
Le 22 février, le nouveau règlement d'eau ayant été établi, l'essai d'ouverture des vannes et de mise à sec du canal fut effectué devant MM. Lesbre et Claverie.
Il fut décidé que les vannes seraient ouvertes une fois par semaine, de minuit à 6 heures, aux jours fixés par le service de la pêche. La première ouverture eut lieu dans la nuit du 24 au 25 février ; une seconde dans la nuit du 3 au 4 mars ; une troisième dans la nuit du 10 au 11 fut empêchée par l'annonce de la crue.
Chaque fois, les opérations furent contrôlées par le garde domanial Bernard, avec de nombreux gardes de la Société, car il faut éviter tout braconnage dans le secteur.
Une quantité inouïe de saumons était accumulée dans la réserve d'Halsou, quantité tout à fait anormale au début de la saison.
Dès le 6 mars un groupe important de saumons était signalé dans le pool de l'église de Cambo. Le résultat était donc atteint.
A la même réunion, M. Larroulet avait renouvelé son offre d'établir une échelle dans le centre du barrage ; M. Crescent en prit acte et il fut décidé que le plan en serait établi au plus tôt d'accord entre M. le Conservateur des Eaux et Forêts, chef de la Commission des Barrages, et l'ingénieur de M. Larroulet, M. Banet.
Le plan vient d'être terminé, il nous donnera certainement toute satisfaction, les travaux seront entrepris dès que l'état de l'eau le permettra.
En attendant, les vannes seront ouvertes 6 heures chaque semaine.
Nous devons remercier M. Larroulet de sa bonne volonté présente, elle servira ses intérêts en même temps que l'intérêt général, mais nous devons surtout remercier le service des Forces Hydrauliques en la personne de M. Crescent ; son esprit de décision va faire merveille dans les régions inondées et il n'est pas étonnant qu'en plus de son service régulier, on l'ait chargé de cette reconstitution.
M. l'Inspecteur Principal Claverie et M. l'Ingénieur Lesbre nous apportent en la circonstance, un concours sans réserve, nos sociétaires ne devront pas l'oublier.
Espérons enfin que l'achèvement prochain de cette nouvelle échelle qui est du type fonctionnant sur le Rhin, mettra un point final à cette chronique du barrage d'Halsou, ouverte il y a trois ans et demi."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 2 octobre 2021
LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : AHETZE ET ARBONNE ET HALSOU EN LABOURD (sixième partie)
LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.
Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :
"Ahetze et Arbonne, en basque Ahetze et Arbona.
Le premier est cité sous les noms de "Villa quæ dicitur Ahece" au XIIe s. ; d’Aheze, au XIIIe s. (cart. de Bayonne fos 8 et 12), d’Ahetce en 1302 (charte du chap. de Bayonne. Le second appelé Narbonna en 1186 (cart. de Bayonne f° 82) fut quelque temps la résidence d’été des évêques de Bayonne. Nous regrettons de n’avoir pas pu connaître le nom de leur demeure.
Ahetze et Arbonne formaient une seule paroisse au XVIIIe s. La population d’Ahetze en 1650, était de 107 foyers ; en 1718, de 747 habitants, en 1820, de 509. Celle d’Arbonne en 1650, de 150 foyers, en 1718, de 1 050 habitants et en 1820, de 577.
| EGLISE D'ARBONNE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le curé, à la nomination de l’évêque, résidait ordinairement à Ahetze et le vicaire à Arbonne, annexe. Les revenus de la cure consistaient :
1° dans la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des terres anciennes et novales, 700 1.
2° dans la 1/2 des fruits décimaux et des terres anciennes et novales d’Arbonne, 460 1. ;
3° dans le casuel d’Ahetze 100 1., celui d’Arbonne 80 1. avec charge de 200 1. pour le vicaire, résumé net 1 140 1.
La fabrique possédait, à Ahetze, un revenu net de 120 1. et à Arbonne une part dans les dîmes de quelques terres d’Arbonne et d’Ahetze évaluées 60 1.
A Ahetze, il y avait quelques obits tombés en désuétude ; les prébendes étaient celles d’Arretchea (12 mars 1692) 25 1. ; — de Chahirenea N. ; — de Hargues ; — de Juncas ; — d’Ilbarots-Hirigoyen ; — d’Achoutoa ; — de Dominique d’Ostalerie ; — du Sr Casaubon, curé de St-Pé-d’lbarren (13 août 1693) 100 1. ; — de Harambillague (15 novembre 1741) 20 1. ; de Lartucea (9 mai 1698) N. ; — de Janier Etcherenea N.
Les obits et prébendes d’Arbonne étaient : 7 obits d’un rapport annuel de 257 1. — Les prébendes : celles de Juncas, fondée par Armand Juncas, vicaire, le 29 août 1727, revenu 50 1. ; — de Labiton, aliàs de Socobie, (4 septembre 1701) 201. ; — de Sorhouet-Etcbesarry 21 1. ; — de Pouy (26 octobre 1710) 200 1. ; — de St-Paul (?) 100 1. ; — de Mentaberria N.
Chapelle : celle de Pouy à Arbonne, mentionnée en 1751 (Intendance E. 38). — Confrérie : celle de N.-D. du Rosaire érigée en 1714 dans l’église de St-Martin d’Ahetze, et approuvée, le 19 juillet 1738, par Mgr de Bellefont. Parmi les membres figurent : "Arnaud Harambillague, prestre et prieur de la frairie 1761 ; Bernard de Hirigoyen, prestre ; Saubot Detcheverry, prestre ; et Dominica Duhalde, gouvernante de Duhart prestre".
Les actes paroissiaux de 1774 à 1779 portent les signatures de Munduteguy et de Duhart, prêtres.
Période révolutionnaire. — A cette époque Ahetze n’avait qu’un vicaire à la tête de la paroisse : c’était Martin Daguerressar, né à Lahonce. Grâce à la piété des fidèles qui ne voulaient pas que leur chef spirituel apostasiât, Daguerressar hésita quelque temps entre sa conscience et son ambition. Les 26 et 30 janvier 1791, il déclare au maire Dupouy, ne pouvoir prêter que le serment restrictif. Quelques jours après il dit au même magistrat : "C’est une affaire qui m’embarrasse, mais il faut en passer par là", et le 13 février suivant, il prêta le serment pur et simple. Grâce à son apostasie, à l’aide de Daguerressar, notaire de Mouguerre, il devint curé constitutionnel de Lahonce jusqu’à l’abolition du culte. Alors il abdiqua et, devint juge de paix. Avant son départ, d’Ahetze, il envoya à la municipalité un don patriotique de 116 1. 13 s. 4 d. .
| PLACE D'ARBONNE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
— Un autre prêtre l’abbé Duhart, ancien curé et trésorier de la fabrique d’Ahetze, abdiqua aussi.
La Révolution enleva d’Ahetze une cloche, une petite croix du poids de 1° 21 d etc. On parvint à sauver une belle croix du XVe s. que l’on montre encore dans cette paroisse. Véritable objet d’art, elle a été décrite dans les Annales de M. Didron, par un professeur des plus distingués du séminaire de Larressore, l’abbé Laran, de Bayonne, prématurément enlevé par la mort aux sciences et aux lettres. On nous a assuré que la belle croix d’Ahetze n’a échappé à la rapacité des révolutionnaires que grâce à l’inaltérable fidélité d’un enfant de la paroisse, dont nous regrettons de ne pouvoir pas donner le nom.
A la Révolution, Arbonne avait son curé et son vicaire. Loin d’imiter leur triste voisin, ils se refusèrent à prêter le serment schismatique. Le premier était Laurent Duhart, né à Ayherre, de Jean D. et de Marie Haramboure, ordonné à St-Jean-Pied-de-Port, le ler juin 1765, et le deuxième Guillaume d’Etchepare, né à Ainhoa, le 1er septembre 1758, de Jean d’E. et de Ursule Marticorena, ordonné à Oloron en avril 1783. 11 devint vicaire à Espelette et mourut le 23 août 1810. Arbonne perdit à la Révolution trois cloches, etc.
Au rétablissement du culte, la paroisse d’Arbonne fut confiée à Martin Duhart. Nous avons déjà dit que celle d’Ahetze fut donnée à Louis Duhalde, d’Ustaritz. En 1793, on appela Arbonne Constante.
Halsou :
Halsou, en basque Haltsu, est cité au XIIIe s. dans le cartulaire de Bayonne (f° 49) et dans les collations du diocèse en 1760, sous le nom de Beata-Maria de Halsou. Ce fut d’abord une chapelle dédiée à la Ste Vierge, fondée en 1506, par Martin d’Uhalde et son épouse Marie de Haïtze. Leur demeure se voit encore près l’église de Halsou. Un jour de dimanche, les deux nobles époux allaient entendre la messe à l’église de Larressore. La rivière de la Nive, grossie par d’abondantes pluies, avait un courant des plus violents. Durant la traversée, une de leurs filles tomba dans le torrent et s’y noya. Dans leur désolation, ils demandèrent et obtinrent de Mgr Bertrand de Lahet, évêque de Bayonne, de fonder, près de leur château, une chapelle particulière ; c’était en 1506. Le seigneur de St-Martin de Larressore ayant hérité de la maison d’Uhaldea nommait à la cure de Halsou.
| HALSOU LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
Picamillh dit que "l’église de Halsou est une ancienne chapelle édifiée par les soins du baron de Lacarre, en commémoration de la mort de sa fille noyée au passage de la Nive." Mais, comme le dit le capitaine Duvoisin, ce n’est pas dans les anciens écrits que l’auteur a puisé ce renseignement. Les barons de Lacarre n’étaient pas encore alliés à la noble famille de St-Martin de Larressore.
La chapelle fut érigée en paroisse, en 1512, avec l’autorisation du prélat et le consentement du curé de Cambo et de Larressore, annexe. (Halsou ne formait alors qu’un quartier de Larressore). Le manuscrit attribué à l’abbé Larréguy nous donne le nom de ce curé. C’était Monsieur St-Martin. Il était en même temps abbé du couvent d’Urdach. Au XVIIIe s. M. St-Martin, seigneur de Larressore, nommait à la cure de Halsou.
La population, en 1650, était de 100 feux ; en 1718, de 500 habitants et en 1820, de 273. — Les revenus de la cure consistaient en une portion de la dîme, quelques prémices évaluées 336 1. et dans un casuel de 30 l., total 366 l. — Il y avait 14 obits d’un rapport annuel de 68 l. 15 s. — Les prébendes étaient celles de Hiriberria (21 mars 1713), 11 l. 5 s. ; — d’Etchegoyen, aliàs Dithurbide, (20 juin 1693), 30 l. ; — de Hiriartea (30 novembre 1667), 11 1. 5 s. ; — de Dithurbide, aliàs Etehegoyen, (prébende confondue avec la précédente), 45 l. 4 s. ; — d’Ourbarroa (28 février 1727), 6 1. ; — d’Etchegoyen, aliàs Lascorret, (7 avril 1734), augmentée postérieurement, 13 l.10 s.
— La fabrique possédait une rente constituée d’un capital de 120 l. avec charge de quatre messes.
A la Révolution, était curé de Halsou, Pierre Haramboure, enfant de la paroisse, né le 24 septembre 1716 dans la maison Etcheverry-Zahar. Après deux années de professorat à Aire, il y fut ordonné en 1742. Il devint curé de sa paroisse natale et refusa le serment schismatique ; ce qui lui valut la déportation malgré ses 84 ans. Il mourut dans son exil à Mayo (Espagne).
Une de ses sœurs, Gratianne, était mariée à Martin Harriet, grand-père des abbés Fabien et Maurice, chanoines de Bayonne ; Gratianne avec ses trois filles Haurra-Marie, Marie et Josefa, fut victime des mêmes fureurs révolutionnaires. Les quatre furent un moment emprisonnées dans l’église de St-Jean-de-Luz, changée en prison. Josefa y mourut au milieu d’un grand nombre d’internés, entassés pêle-mêle, sans distinction ni d’âge ni de sexe. Les deux autres sœurs rentrèrent au foyer paternel avec leur mère âgée de 80 ans.
Pierre Harriet, fils de cette dernière, était procureur du roi au bailliage d’Ustaritz. Il occupait dignement sa charge, quand la Révolution vint le condamner à mort comme réactionnaire. Pendant quelque temps, il se cacha dans les bois qui entouraient sa maison natale d’Etcheverry-Zahar. Un jour, il était dans une ferme appartenant à la famille et située au bois de Jatxou. Des agents de Hasparren, lancés à sa poursuite, abordent le fermier et réclament la victime. "Il a pris la direction de Hasparren", répond le fermier fidèle. Dépistés un moment, les agents reviennent encore. "Maître, dit le fermier à Harriet, les voici revenus ; ils sont quatre. Je me charge de deux, vous pourriez vous charger des deux autres, nous prendrions leurs chevaux et nous passerions la frontière." Le fermier était un vigoureux bohémien, qui ne quittait jamais son maître. L’ancien procureur rejeta la proposition et franchit la nuit même la frontière. Il alla rejoindre six prêtres émigrés de ses amis et condisciples de Larressore.
C’étaient les abbés Haramboure, curé de Halsou, dont nous avons parlé, Munduteguy, curé de Jatxou, Bernard Etchegoyen, vicaire de Jatxou, Michel Garat, missionnaire de Larressore. et deux autres dont nous regrettons de n’avoir pas les noms. Ils se mirent en communauté, faisant les prières et autres exercices de piété ensemble, exemple suivi toute sa vie, au sein de sa famille, par l’ancien procureur depuis son retour d’Espagne ; l’ex-magistrat servait la messe à ses co- exilés, à raison de deux sous par messe. Le petit pécule servait à augmenter le menu du dîner à certains jours de fête. L’ordinaire se composait de pain et de quelques fruits, assaisonné du bonheur d’une conscience tranquille.
| LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II |
Martin de Munduteguy, dont nous avons déjà parlé, était né à Halsou le 19 novembre 1729, et ordonné à Aire en décembre 1755. Un moment il eut la faiblesse de prêter le fameux serment, faute qu’il répara immédiatement en le rétractant publiquement et en déclarant que jamais il ne reconnaîtrait que l’autorité de l’évêque légitime. Il avait la réputation d’un grand prédicateur.
Bernard Etchegoyen, dit Choko, naquit à Halsou, le 25 décembre 1766, et fut ordonné le 20 mars 1790. Sitôt l’onction sacerdotale reçue, il fut nommé vicaire à Jatxou et peut-être aussi chargé de l’administration de sa paroisse natale, après le départ du curé Haramboure, car sur la liste des déportés ou lui donne le titre de curé de cette paroisse. Mais il ne tarda pas d’aller rejoindre ses confrères à Pampelune. La Révolution enleva de l’église de Halsou 1 calice avec patène, 1 ciboire, 1 soleil sans pied, 1 croix brisée, 1 porte-Dieu ; le tout pesant l6 m 50.
A l’ouverture des églises, Martin de Mundutegpy devint curé de Halsou et Jatxou réunis. Il fut remplacé bientôt par Bernard Etchegoyen. Chez ce dernier se retira, à son retour d’Espagne, l’abbé Michel Garat, missionnaire de Larressore, en attendant sa nomination à la cure de St-Pierre d’Irube vers 1805. Démissionnaire de sa cure en 1817, l’abbé Etchegoyen vécut en prêtre habitué dans sa paroisse natale, jusqu’à sa mort, en 1828.
Doué d’une excellente mémoire et connaissant la vie du saint fondateur du séminaire de Larressore, l’abbé Etchegoyen fournit, nous a-t-on assuré, d’intéressants détails à l’auteur de sa vie. Mais son bonheur, surtout dans ses vieux jours, était d’aller raconter aux élèves de cet établissement les événements de la Révolution, sa vie et celle de ses confrères sur la terre d’Espagne. Ses visites étaient désirées autant par les maîtres que par les élèves. Un jour, il y était allé dîner. Que ce fut la faute du fournisseur ou celle de l’économe, on servit à table une viande des plus coriaces. Le vénérable vieillard n’en pouvant détacher miette passa son plat à son chien, qui se tenait à ses pieds. A la récréation qui suivit, il narrait ses aventures, quand son chien vint le caresser. "Saute, lui dit-il, saute, Napoléon, c’était le nom du gardien fidèle, tu as mieux dîné que ton maître". Il paraît que désormais l’économe surveilla sa cuisine, et fêta mieux l’aimable visiteur."
| HALTE DE HALSOU-LARRESSORE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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