UN RAPPORT SUR L'AGRICULTURE AU PAYS BASQUE NORD EN 1899.
Après la loi du 16 juin 1879 créant les écoles d'agriculture départementales, à la fin du 19ème siècle, plusieurs concours d'agriculture ont lieu dans les Basses-Pyrénées.
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| ATTELAGE BOEUFS 1900 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Voici ce que rapporta à ce sujet le Secrétaire-rapporteur M. G. Diriart, dans le Bulletin de la
Société d'agriculture des Basses-Pyrénées, le 1er octobre 1899 :
"... L’application de votre système imposerait à l’Etat, me dira-t-on des sacrifices qu’il est dans l’impossibilité de faire, ces sacrifices, il doit les faire pour la race chevaline parce qu’il n’y a pas d’armée sans chevaux et qu’il est de première nécessité pour la Patrie de produire le plus de chevaux possible pour avoir une armée forte... Mais pour la race bovine les mêmes raisons n’existent pas !"
Nous répondrons que s’il faut des chevaux, pour faire une armée il faut d'abord des hommes ! Et les hommes où les trouvera-t-on en majeure partie ! à la campagne !
Il faut donc pour avoir des hommes, pour avoir une armée, faire des paysans, et si faute d’aider l’industrie agricole, l’élève du bétail, le paysan déserte et quitte les champs, vous n’aurez plus d’hommes plus de soldats !
"Sed rusticorum mascula militum Proles" dit le poète latin.
La race bovine est donc aussi digne d’intérêts même au point de vue patriotique, et ce ne sera pas trop demander à l’Etat que de lui demander une petite augmentation des subventions dont elle est si parcimonieuse pour les paysans.
Je n’ai pas besoin de vous dire combien sont minimes les subventions accordées à la race bovine en comparaison de celles données à l’espèce chevaline ; cependant, je vais me permettre de mettre quelques chiffres sous vos yeux : voici, extraits d’un de nos derniers budgets départementaux, les comptes des dépenses faites par le département et par l’Etat pour les deux espèces, chevaline et bovine.
Dépenses annuelles pour la race Chevaline
1° Par le département :
Subvention pour course de chevaux...... 4 300 fr.
Primes pour l’Elève de chevaux 6 000
Primes de conservation pour juments poulinières 2 000
Hippodrome de Pau 1 200
Subvention au Trotting Club 500
Total pour le département 14 000 fr.
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| HIPPODROME 64 PAU BEARN D'ANTAN |
2° Par l’Etat :
Subvention pour primes aux pouliches et primes de conservation 11 000 fr.
Concours de juments poulinières de l/2 sang 21 500
Primes aux juments de pur sang 14 350
Subvention aux Etalons approuvés 5.000
Courses de Pau, Bayonne et St-Palais 16 000
Total par l’Etat 67850 fr.
Total des dépenses annuelles pour la race chevaline.. 81 850 fr.
Dépnse annuelle pour l'espèce Bovine
Primes cantonales aux taureaux 6 000 fr.
Primes d’arrondissement id. 1 000
Concours spécial d’animaux de race bovine 1.500
Total des dépenses annuelles pour l’espèce bovine. 8 500 fr.
Soit environ un dixième des dépenses faites pour la race chevaline ! Notre système de réglementation de l’emploi des Taureaux-Etalons est donc très possible et les dépenses qu’il occasionnerait à l’Etat seraient loin d’être excessives, comparativement surtout aux dépenses qu’occasionne l’espèce chevaline.
On n’arriverait pas par l’application de ce système de suite à une sélection parfaite mais il y aurait dans quelques années une amélioration très sensible ; cela va de soi.
Mais on me fait une objection à laquelle je dois répondre.
"La distinction des trois races Basquaise, Béarnaise et d’Urt est impossible par suite de la confusion de ces races. Il ne faut établir qu’une seule race dans laquelle les trois races se confondront et on l’appellera "race Pyrénéenne" ; donc le système de réglementation proposé n’a plus d’application."
Sans admettre précisément la nécessité de la confusion de toutes les races Pyrénéennes en une seule, nous admettons, un moment, l’utilité de procéder ainsi ; mais nous disons que, même dans ce cas, l’établissement des Taureaux-Etalons est nécessaire ; seulement la distinction des trois races ne serait plus faite et la commission de recensement dont nous avons parlé distinguerait et comprendrait dans sa liste seulement les bêtes qui présenteraient les meilleures qualités de conformation, les caractères les plus remarquables de la race du Pays et on appellerait ce premier choix de bêtes la Race Pyrénéenne.
Donc en se plaçant même à ce point de vue, en admettant qu’il ne faille s’occuper que de fondre en une seule race celles de notre Pays Pyrénéen, l’établissement du Herd-Poak serait une réglementation utile et nécessaire pour l’amélioration de l’espèce bovine.
Vous excuserez, Messieurs, ma trop longue digression et je reviens à mes... Etables.
Notre Concours n’a pas été très brillant comme nombre de concurrents.
Six éleveurs seulement se sont faits inscrire dans tout l’arrondissement, c’est donc six étables que nous avons eu à visiter.
Nous attribuons cette abstention des éleveurs, d’abord, au peu de publicité qui a été donnée au concours, et ensuite, et surtout, à l’exiguïté de la somme à distribuer en primes.
En 1884, la Société établit un pareil concours d’étables dans notre arrondissement : — 22 éleveurs se présentèrent et se disputèrent les 16 primes à répartir qui s’élevaient à douze cents francs.
Aujourd'hui, la Société d'Agriculture a mis à la disposition de la commission une somme de 200 fr. seulement !
Notre honorable Président a bien voulu nous faire savoir qu’une somme de 50 fr. pouvait être ajoutée à celle déjà votée ; c’est donc 250 fr. de primes que nous avons eu à distribuer. — Espérons que l’état de nos finances nous permettra d’être plus généreux dans les prochains concours.
Voici, Messieurs, notre appréciation sur les étables visitées :
Etable de M. Mercatbide à Aïcirits.
M. Mercatbide est le propriétaire et le fondateur d’un des plus beaux domaines de l’arrondissement. C’est le domaine Bordaberry situé à Aïcirits près Saint-Palais.
Ses étables sont vastes, bien aérées et présentent les meilleures conditions de bonne hygiène.
Un bétail composé de dix vaches, une paire de bœufs et douze bovidés de divers âges, tous nés dans le domaine, garnit ces étables.
Ces animaux de race Basquaise et d’Urt sont d’excellente conformation et dans le meilleur état d’entretien.
Le purin des étables est amené par un canal souterrain dans une fosse qui se trouve au milieu de la cour et de là il est distribué sur les tas de fumier au moyen d’une pompe.
Sur l’un des côtés de la cour un vaste réservoir, où l’eau est amenée par une pompe sert à abreuver les animaux.
Nous avons visité aussi les écuries de M. Mercatbide qui possède une excellente race de chevaux : une jument poulinière, cinq poulains de 1 à 4 ans, deux pouliches, le tout en parfait état d’entretien.
L’outillage agricole du domaine est des plus complets ; il se compose notamment de charrues Dombasle, semoir, faucheuse, hache-paille, coupe-racines, herse, etc., etc.
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| CHARRUE DOMBASLE |



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