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mercredi 9 septembre 2026

UN RAPPORT SUR L'AGRICULTURE AU PAYS BASQUE NORD EN OCTOBRE 1899 (deuxième partie)

 

UN RAPPORT SUR L'AGRICULTURE AU PAYS BASQUE NORD EN 1899.


Après la loi du 16 juin 1879 créant les écoles d'agriculture départementales, à la fin du 19ème siècle, plusieurs concours d'agriculture ont lieu dans les Basses-Pyrénées.




pays basque agriculture basses-pyrénées
ATTELAGE BOEUFS 1900
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet le Secrétaire-rapporteur M. G. Diriart, dans le Bulletin de la 

Société d'agriculture des Basses-Pyrénées, le 1er octobre 1899 :



"... L’application de votre système imposerait à l’Etat, me dira-t-on des sacrifices qu’il est dans l’impossibilité de faire, ces sacrifices, il doit les faire pour la race chevaline parce qu’il n’y a pas d’armée sans chevaux et qu’il est de première nécessité pour la Patrie de produire le plus de chevaux possible pour avoir une armée forte... Mais pour la race bovine les mêmes raisons n’existent pas !"



Nous répondrons que s’il faut des chevaux, pour faire une armée il faut d'abord des hommes ! Et les hommes où les trouvera-t-on en majeure partie ! à la campagne ! 



Il faut donc pour avoir des hommes, pour avoir une armée, faire des paysans, et si faute d’aider l’industrie agricole, l’élève du bétail, le paysan déserte et quitte les champs, vous n’aurez plus d’hommes plus de soldats !


"Sed rusticorum mascula militum Proles" dit le poète latin. 



La race bovine est donc aussi digne d’intérêts même au point de vue patriotique, et ce ne sera pas trop demander à l’Etat que de lui demander une petite augmentation des subventions dont elle est si parcimonieuse pour les paysans. 



Je n’ai pas besoin de vous dire combien sont minimes les subventions accordées à la race bovine en comparaison de celles données à l’espèce chevaline ; cependant, je vais me permettre de mettre quelques chiffres sous vos yeux : voici, extraits d’un de nos derniers budgets départementaux, les comptes des dépenses faites par le département et par l’Etat pour les deux espèces, chevaline et bovine.



Dépenses annuelles pour la race Chevaline


1° Par le département : 


Subvention pour course de chevaux...... 4 300 fr. 

Primes pour l’Elève de chevaux 6 000  

Primes de conservation pour juments poulinières 2 000  

Hippodrome de Pau 1 200 

Subvention au Trotting Club 500 


Total pour le département 14 000 fr.



agriculture béarn basses-pyrénées
HIPPODROME 64 PAU
BEARN D'ANTAN



2° Par l’Etat : 


Subvention pour primes aux pouliches et primes de conservation 11 000 fr.

Concours de juments poulinières de l/2 sang 21 500  

Primes aux juments de pur sang 14 350 

Subvention aux Etalons approuvés 5.000 

Courses de Pau, Bayonne et St-Palais 16 000 


Total par l’Etat 67850 fr.

Total des dépenses annuelles pour la race chevaline.. 81 850 fr.



Dépnse annuelle pour l'espèce Bovine


Primes cantonales aux taureaux 6 000 fr. 

Primes d’arrondissement id. 1 000 

Concours spécial d’animaux de race bovine 1.500


Total des dépenses annuelles pour l’espèce bovine. 8 500 fr.



Soit environ un dixième des dépenses faites pour la race chevaline ! Notre système de réglementation de l’emploi des Taureaux-Etalons est donc très possible et les dépenses qu’il occasionnerait à l’Etat seraient loin d’être excessives, comparativement surtout aux dépenses qu’occasionne l’espèce chevaline. 



On n’arriverait pas par l’application de ce système de suite à une sélection parfaite mais il y aurait dans quelques années une amélioration très sensible ; cela va de soi. 



Mais on me fait une objection à laquelle je dois répondre. 


"La distinction des trois races Basquaise, Béarnaise et d’Urt est impossible par suite de la confusion de ces races. Il ne faut établir qu’une seule race dans laquelle les trois races se confondront et on l’appellera "race Pyrénéenne" ; donc le système de réglementation proposé n’a plus d’application."



Sans admettre précisément la nécessité de la confusion de toutes les races Pyrénéennes en une seule, nous admettons, un moment, l’utilité de procéder ainsi ; mais nous disons que, même dans ce cas, l’établissement des Taureaux-Etalons est nécessaire ; seulement la distinction des trois races ne serait plus faite et la commission de recensement dont nous avons parlé distinguerait et comprendrait dans sa liste seulement les bêtes qui présenteraient les meilleures qualités de conformation, les caractères les plus remarquables de la race du Pays et on appellerait ce premier choix de bêtes la Race Pyrénéenne.



Donc en se plaçant même à ce point de vue, en admettant qu’il ne faille s’occuper que de fondre en une seule race celles de notre Pays Pyrénéen, l’établissement du Herd-Poak serait une réglementation utile et nécessaire pour l’amélioration de l’espèce bovine. 



Vous excuserez, Messieurs, ma trop longue digression et je reviens à mes... Etables. 



Notre Concours n’a pas été très brillant comme nombre de concurrents. 



Six éleveurs seulement se sont faits inscrire dans tout l’arrondissement, c’est donc six étables que nous avons eu à visiter. 



Nous attribuons cette abstention des éleveurs, d’abord, au peu de publicité qui a été donnée au concours, et ensuite, et surtout, à l’exiguïté de la somme à distribuer en primes. 



En 1884, la Société établit un pareil concours d’étables dans notre arrondissement : — 22 éleveurs se présentèrent et se disputèrent les 16 primes à répartir qui s’élevaient à douze cents francs.



Aujourd'hui, la Société d'Agriculture a mis à la disposition de la commission une somme de 200 fr. seulement ! 



Notre honorable Président a bien voulu nous faire savoir qu’une somme de 50 fr. pouvait être ajoutée à celle déjà votée ; c’est donc 250 fr. de primes que nous avons eu à distribuer. — Espérons que l’état de nos finances nous permettra d’être plus généreux dans les prochains concours. 



Voici, Messieurs, notre appréciation sur les étables visitées : 



Etable de M. Mercatbide à Aïcirits. 


M. Mercatbide est le propriétaire et le fondateur d’un des plus beaux domaines de l’arrondissement. C’est le domaine Bordaberry situé à Aïcirits près Saint-Palais


Ses étables sont vastes, bien aérées et présentent les meilleures conditions de bonne hygiène. 


Un bétail composé de dix vaches, une paire de bœufs et douze bovidés de divers âges, tous nés dans le domaine, garnit ces étables. 


Ces animaux de race Basquaise et d’Urt sont d’excellente conformation et dans le meilleur état d’entretien. 


Le purin des étables est amené par un canal souterrain dans une fosse qui se trouve au milieu de la cour et de là il est distribué sur les tas de fumier au moyen d’une pompe. 


Sur l’un des côtés de la cour un vaste réservoir, où l’eau est amenée par une pompe sert à abreuver les animaux.


Nous avons visité aussi les écuries de M. Mercatbide qui possède une excellente race de chevaux : une jument poulinière, cinq poulains de 1 à 4 ans, deux pouliches, le tout en parfait état d’entretien. 


L’outillage agricole du domaine est des plus complets ; il se compose notamment de charrues Dombasle, semoir, faucheuse, hache-paille, coupe-racines, herse, etc., etc. 



pays basque économie agriculture
CHARRUE DOMBASLE


Nous avons félicité M. Mercatbide de la bonne tenue de ses étables et de ses écuries, de la composition de son bétail et des qualités de bonne conformation et du bon état d’entretien de tous ses animaux."


A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 7 septembre 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (septième et dernière partie)

 

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



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MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :



"... Ces irrégularités ou perturbations paraissent liées à la présence ou au voisinage des culots de calcaire et de diorite, et il semble que l'apparition et le développement de ces roches aient influé sur le gisement du kaolin, car ce gisement est stérile ou seulement représenté par du gneiss granitoïde désagrégé non exploitable, partout où elles se montrent. Le quartier de Basseboure d'Espelette, les environs du passage de Laxia sur les deux rives de la Nive ; le terrain de la limite des communes de Macaye et de Louhossoa ; de la limite des communes de Macaye, de Mendionde et d'Helléte ; les environs de Bonloc, etc., offrent des exemples de cette relation entre la stérilité du gisement de kaolin, et la présence du calcaire et du diorite. Les parties riches et régulières du dépôt ont des limites bien définies par la nature des roches associées au gneiss, et par les modifications qu'ont subies les matières qui constituent le gisement même. Quoique leur étendue soit restreinte par rapport à la surface occupée par tout le terrain granitoïde, l'ensemble du gîte de kaolin exploité à Louhossoa est pourtant assez riche et assez développé pour fournir à une très grande consommation, pendant un nombre d'années indéfini ; et c'est au hasard que je dois d'avoir été assez heureux pour être appelé à constater toute l'étendue et la réelle importance de ces gisements de kaolin et de pétunzé, et à résoudre ainsi une question scientifique et technologique, qui pourra avoir de grandes conséquences pour l'avenir industriel du pays.



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BASSEBOURE ET MONT URSUYA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le granite graphique ou le pegmatite, exploité sous le nom de pétunzé pour le fondant et pour la couverte de la porcelaine, forme habituellement, en dehors de la zone kaolinifère, des amas sans allures bien distinctes, au milieu du gneiss granitoïde et du gneiss tendre argileux. Les variétés de ces pegmatites sont assez nombreuses, elles sont presque toutes exploitables ; toutefois les pegmatites graphiques et les pegmatites granulaires sont les plus pures et les plus convenables pour la porcelaine. Sur une infinité de points du versant méridional d'Oursouia, on rencontre des amas formés de la réunion des diverses variétés de ces roches, et le vrai pegmatite graphique, celui dont le quartz est en lignes brisées disposées régulièrement, est surtout commun au lieu dit Sandori-Lepoa.



Les circonstances de superposition des autres formations sur le terrain granitoïde, indiquent clairement que l'apparition de celui-ci à la surface, est postérieure au dépôt du lias et de la craie, et que le redressement de leurs couches et de celles du schiste ardoisier de transition est dû à la cause même qui a produit le relief du sol granitoïde, dont la montagne d'Oursouia avec ses mamelons et ses contre-forts, est le centre et le point culminant. Au nord de cette montagne, dans la vallée d'Urcuray à Cambo, à Hasparren, les couches du calcaire inclinent vers le nord sous un angle qui varie de 30 à 80 degrés, en s'appuyant sur le gneiss, et à peu de distance d'Hasparren, les deux terrains sont juxtaposés verticalement. Au midi, c'est-à-dire sur la ligne du schiste ardoisier de transition, les lits de cette formation sont généralement inclinés de 70 degrés au sud en s'appuyant comme le calcaire sur le gneiss argileux rouge ou sur le gneiss granitoïde, dont la stratification est bien apparente, et qui inclinent également de 70 degrés au sud. Derrière le Mondarrain, presqu'à la source du petit ruisseau d'Espelette, le gneiss est remplacé par du granité gris à petit grain, qui enveloppe des masses de calcaire, et qui se trouve en contact avec des couches de schistes argileux noirs qu'il a soulevées et fortement disloquées ; au nord d'Athari-Mendi près de la maison Bernaténia, dans un petit ravin qui en descend, et sur les côtés duquel le gneiss granitoïde et quelques masses de granite désagrégé ont été mis à découvert, on peut observer que non seulement le terrain de transition a été redressé, mais encore qu'il a été renversé et recouvert. Le gneiss granitoïde y recouvre évidemment le schiste argileux de transition.



Le fer hydroxydé compacte et spongieux, et le fer oxydulé magnétique sont à peu près les seuls minerais qu'on rencontre dans ce terrain ; ils y forment des filons ou veinules de si peu d'importance qu'ils méritent à peine d'être cités. La première espèce est toutefois plus répandue que l'oxydule, qui n'a encore été rencontré que dans le gneiss avec grenats, au-dessus de la maison Irriberria à mi-côte d'Oursouia. Sur les bords du terrain granitoïde, à peu près là où commence la zone de gneiss argileux avec kaolin, les roches renferment un grand nombre de veines ou petits lits contournés de peroxyde de manganèse et de fer, minerais qui imprègnent plus particulièrement tout le terrain dans le voisinage du dépôt de kaolin ; et les masses de kaolin elles-mêmes renferment souvent une infinité de petites plaques de peroxyde de manganèse compacte pur, associées à des veinules de collyrite.



Les porphyres verts, si communs dans les Pyrénées, découverts et décrits par Palassou sous le nom d'ophite, et compris dans les terrains secondaires comme amphibolites de cette époque par M. de Charpentier dans son excellente description géognostique des Pyrénées, forment de nombreuses masses, ou plutôt des culots dans les terrains du calcaire grossier et du grès marin supérieur, dans la craie, dans la formation du lias et du keuper, ainsi que dans le grès bigarré et le schiste ardoisier de transition. Les exemples de ces roches d'origine ignée sont excessivement multipliés ; elles n'occupent jamais une grande étendue ; leur structure est toujours massive ; elles sont souvent divisées en masses sphéroïdales qui ont depuis quelques pouces jusqu'à quelques pieds de diamètre ; et par leur manière d'être, leur aspect et leur nature, on doit les regarder comme des porphyres qui dans un état pâteux se sont fait jour, en les disloquant, au travers des terrains stratifiés. Sur plusieurs points, ces épanchements de porphyre ont été suivis ou accompagnés de grands amas de conglomérats, composés de fragments des roches environnantes ; la hauteur de Villefranque entre l'église et la Ralde, et les derrières d'Espelette du côté du Mondarrain sont des exemples bien caractérisés d'ophite accompagné de conglomérats contemporains de leur apparition ; dans la première localité, à travers les calcaires du lias et la craie ; et dans la seconde, à travers le schiste ardoisier de transition.



En général, la présence de l'ophite entraîne celle du gypse et du sel gemme, et ces trois roches paraissent toujours avoir entre elles les plus grands rapports géologiques, ainsi que l'ont constaté depuis longtemps M. de Charpentier et M. Dufrenoy dans les mémoires sur la géologie de la France.



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CARTE GEOLOGIQUE DE FRANCE 1841
PAR DUFRENOY ET DE BEAUMONT



Le fer oligiste, en petites paillettes ou pulvérulent, accompagne habituellement ces porphyres, soit en contact immédiat soit dans un rayon plus ou moins circonscrit, avec tous les caractères d'une sublimation, ce qui doit faire rapporter le fer oligiste du lias et du keuper à l'époque de l'apparition de l'ophite. L'aspect de cette roche varie beaucoup suivant que le feldspath, l'amphibole et le diallage sont en plus ou moins forte proportion, les uns par rapport aux autres, et suivant que les cristaux de feldspath sont plus ou moins déterminables. Toutes les espèces se décomposent à l'air, et donnent lieu à une croûte de quelques millimètres d'épaisseur, d'une teinte jaunâtre aisément désagrégeable, et dont il est facile de séparer, par l'analyse mécanique, une partie des minéraux constituants, surtout le fer oxydulé et le fer oligiste. Lorsque le feldspath est la partie dominante, la décomposition devient plus profonde, et par places la roche se change en kaolin plus ou moins blanc et pur, suivant la proportion du fer oxydulé et du fer oligiste, comme à la filature de laines d'Ahaxe dans la vallée de Lecumberry, et à Carrica-Gaistoa, près Baigorry. Les environs de Dax, de Salies, de Briscous, de Biarritz, de Saint-Pée, de Villefranque, d'Espelette, d'Itxassou, de Baigorry, la vallée et les environs de Saint-Jean-Pied-de-Port, offrent de nombreux exemples de la manière d'être et des diverses espèces de ces porphyres remarquables, dont il manque une bonne description en rapport avec l'état de la science."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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samedi 5 septembre 2026

LA CHASSE AUX ALOUETTES DANS LES BASSES-PYRÉNÉES EN JANVIER 1923 (troisième partie)

  

LA CHASSE AUX ALOUETTES DANS LES BASSES-PYRENEES EN 1923.


Parmi les nombreuses chasses pratiquées dans le Pays Basque d'Antan, comme la chasse au renard, aux vautours, à la palombe, et autres goélands, la chasse aux alouettes n'en était pas la moins pratiquée.




pays basque autrefois chasse béarn alouettes
CHASSE AUX ALOUETTES AUTREFOIS


Voici ce que rapporta le quotidien La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, dans plusieurs éditions :



  • le 23 janvier 1923 :

"L'alouette.



La demande de prolongation de la chasse aux alouettes pendant les mois de février et mars préoccupe beaucoup le monde des chasseurs, ainsi qu'on l'a vu par les articles et les lettres que nous avons publiés. La "Petite Gironde" publie, à ce sujet, une lettre de M. Abéberre, instituteur en retraite des Basses-Pyrénées, où celui-ci écrit :


"L'auteur de ces quelques lignes s'intitule vieil ami des paysans, et pour cause ; en effet, dès qu'il remplaça son vieux père ; comme instituteur, en 1867, il s'employa de son mieux à montrer les multiples avantages de la vie des champs pour l'homme et pour le pays, faisant ainsi la guerre au fléau du jour, à l'exode rural...


Il existe aujourd'hui, comme alors, comme toujours, que le paysan est le père nourricier de la France, tout en lui donnant ses plus solides défenseurs ; que l'agriculture est et doit être notre première industrie nationale, industrie qu'il faut protéger, encourager de toutes les façons, sous toutes ses formes, sans négliger la conservation des oiseaux utiles à l'agriculture. Mais voilà plus d'un demi-siècle qu'il chasse ; il connaît parfaitement l'alouette des champs et ses moeurs. Il peut donner l'assurance, avec M. le commandant Harriet, lieutenant de louveterie, que l'alouette n'est pas un oiseau utile à l'agriculture, au contraire ; qu'il y aurait lieu, par conséquent, d'autoriser sa capture. En défendant cette chasse, on porte préjudice à nos chers et très intéressants serviteurs de la glèbe, et l'on prive pas mal de gens de la campagne d'une précieuse source de revenus, ce qui leur fournit l'occasion de maugréer et de médire, ce qu'il serait facile d'éviter. A lire les divers journaux s'occupant d'agriculture, de comités de retour à la terre, etc., etc., il semblerait qu'on aurait à coeur de donner des gages d'encouragement à nos braves cultivateurs, pour tâcher d'arrêter la désertion de nos chères campagnes. Dans l'attente d'une nouvelle preuve de la sollicitude paternelle des pouvoirs publics pour nos paysans, leur vieil ami est, avec respect, Monsieur le Préfet, votre humble et dévoué serviteur."



pays basque autrefois béarn alouettes basses-pyrénées
CHASSE AUX ALOUETTES AUTREFOIS



  • le 23 février 1923 :

"La chasse aux alouettes.

M. Chéron a répondu à M. Le Barillier.



"Impossible. Mille regrets."



A la demande de la Fédération des Chasseurs de notre région, M. le sénateur Le Barillier s'est occupé, une fois encore, de défendre leurs intérêts auprès du ministre de l'Agriculture.



pays basque autrefois béarn alouettes basses-pyrénées
HENRY CHERON 1921
MINISTRE AGRICULTURE DE 15 JANVIER 1922 AU 29 MARS 1924
Par Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18753429



Il remit donc à M. Chéron une pétition par laquelle nos braves chasseurs exposaient leurs doléances et réclamaient des libertés plus grandes, notamment pour la chasse des alouettes au moment du passage de retour.



M. Le Barillier fit au ministre le commentaire et le développement de tous les arguments fournis par les chasseurs, voici la réponse qu'il vient de recevoir :


"Monsieur le Sénateur,



Vous avez bien voulu appeler mon attention sur les chasseurs des Basses-Pyrénées qui désireraient pouvoir capturer à l'aide de filets à mailles de 2 cm l'alouette jusqu'au 31 mars et chasser au fusil, jusqu'à cette même date, l'alouette, la grive, la palombe, le ramier, le pluvier et le vanneau.



J'ai l'honneur de vous faire connaître tout d'abord que l'arrêt de clôture générale dans les Basses-Pyrénées donne satisfaction au désir exprimé par les chasseurs de ce département en ce qui concerne le pluvier, le vanneau, le ramier et la palombe, qui peuvent être chassés au fusil jusqu'au 31 mars.



Quant à la chasse à la repasse de la grive, elle a été interdite d'une manière générale dans toute la France depuis plusieurs années, parce qu'il a été reconnu qu'elle favorisait le braconnage du gibier sédentaire et la destruction des petits oiseaux migrateurs utiles et il n'est pas possible de faire une exception à cette mesure en faveur des Basses-Pyrénées.



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CHASSE AUX ALOUETTES AUTREFOIS

En ce qui concerne la réglementation de la chasse actuellement en vigueur dans divers départements du Sud-Ouest et relative à l'emploi de moyens exceptionnels pour la capture des oiseaux, elle a été appliquée en 1917, conformément au projet élaboré par la Commission permanente de la chasse, d'accord avec les représentants des chasseurs du Sud-Ouest.



Grâce aux arrêtés préfectoraux intervenus à cette époque, les chasseurs du Sud-Ouest peuvent désormais capturer certains oiseaux à l'aide des engins et aux époques qui ont été déterminées pour les divers départements, sans risquer des condamnations pour délit de chasse, comme cela s'était produit en 1913 ; les concessions qui leur ont été faites, représentent le maximum de ce qu'il était possible de leur accorder, eu égard aux engagements résultant de la Convention Internationale de 1902 et à l'intérêt essentiel qui s'attache à la protection des oiseaux utiles à l'agriculture.



Il y a lieu de remarquer, d'ailleurs, que les allégations des chasseurs des Basses-Pyrénées relatives aux dégâts que les alouettes causeraient aux cultures n'ont pas été reconnues fondées ; de nombreuses autopsies ont permis de constater, au contraire, que ces oiseaux consommaient, en général, des insectes nuisibles (charançons, pyrales, eudémis, alucites, cécydomyies, aiguillonniers, oscives, etc...) et beaucoup de graines nuisibles.



Il n'est pas possible, dans ces conditions, de donner une suite favorable au voeu dont vous vous êtes fait l'interprète auprès de moi en ce qui concerne la capture de l'alouette au printemps et je vous en exprime mes regrets.



Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l'assurance de ma haute considération.


Pour le Ministre et par autorisation : Le Chef de Cabinet.



pays basque autrefois béarn alouettes basses-pyrénées
CHASSE AUX ALOUETTES AUTREFOIS



Cette réponse, on le voit, n'est pas pour satisfaire les chasseurs.



Nous croyons savoir que M. le sénateur Le Barillier ne considère pas l'affaire comme terminée, et qu'il s'en occupera de nouveau au Sénat lorsque sera discuté le budget de l'Agriculture."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 





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lundi 17 août 2026

L'IDÉE D'UN DÉPARTEMENT ADOUR EN AVRIL1936

L'IDÉE D'UN DÉPARTEMENT ADOUR EN 1936.


Dès 1928, le club de réflexion et d'échanges, L'Etat Moderne, est créé.



pays basque adour département 1936
NOVEMPOPULANIE AN 600

L'Etat moderne est un groupe de réflexion politique d'orientation technocratique fondé en 1928 par Georges Mer et Joseph Patouillet. L'Etat moderne est aussi le nom de la revue associée au groupe.



Le but du groupe était de devenir "l'organe de la collaboration des contribuables, des fonctionnaires et du Parlement", rapprocher des groups professionnels en se plaçant hors des partis, organiser des échanges entre parlementaires, techniciens et usagers et permettre aux acteurs de la vie politique et économique de formuler et de tester leurs propositions de réforme. La devise du groupement était : "Indépendance, technicité, collaboration, réalisation".



Cinq grands groupes de propositions sont retravaillées et remises à jour : premièrement, la réforme fiscale qui comprend deux volets, d'une part "la détente fiscale" qui consiste en la baisse des taux et vise à la déthésaurisation financière et de l'autre, la réforme des services financiers afin d'accroître les rendements et de limiter la fraude fiscale ; deuxièmement, la recherche d'économies sur les dépenses militaires au sein de la Guerre et de la Marine et la planification des "dépenses productives" ; troisièmement, la réforme régionale et départementale, ainsi que celle de la carte administrative ; quatrièmement, la réforme administrative, pour laquelle, à côté des préconisations classiques telles que la collaboration techniciens/syndicats, la réforme de l'organisation gouvernementale ou du travail parlementaire, on voit surgir de nouveaux concepts : organisation et méthodes, organisation scientifique du travail, fayolisme, abaissement du prix de revient, "machinisme", recensement des personnels, établissement de ratio de productivité par service, détermination et comparaison des taux d'encadrement, codification des emplois, standardisation ; cinquièmement, la réforme de l'appareil gouvernemental et de la politique économique avec la création d'un ministère de l'économie nationale, l'introduction de la planification, la renonciation de l'équilibre budgétaire au profit des investissements, le développement de statistiques économiques et un Conseil National Economique renforcé.



Voici ce que rapporta à ce sujet J. Rodrigues-Ely, dans le quotidien la Gazette de Bayonne, de 

Biarritz et du Pays basque, le 22 avril 1936 :



"Essai d'organisation régionale.


Aurons-nous un jour un département de l'Adour ?... ... avec Bayonne pour sous-préfecture et les arrondissements de Bayonne et de Mauléon plus une partie de l'arrondissement de Dax ?



On parle beaucoup, depuis plusieurs mois, de la réforme de l'Etat et aussi d'une réforme administrative qui s'étendrait aux départements.


L'Etat Moderne publie une étude de M. J. Rodrigues-Ely, où il s'occupe de la région de l'Adour. Nos lecteurs liront avec intérêt les suggestions de l'auteur, discutables évidemment, mais quand même curieuses :



Historiquement, cette région est constituée par les anciennes provinces de Gascogne (capitale Auch), du Béarn (capitale Pau), de la Navarre (capitale Saint-Jean-Pied-de-Port), du Labourd (capitale Hasparren) et de la Soule (capitale Mauléon) ; ces trois dernières provinces constituent le Pays basque français. Avant la Révolution, la première et la troisième provinces faisaient partie du gouvernement de Guyenne et Gascogne, tandis que la deuxième formait un gouvernement séparé ; les deux dernières avaient leurs organisations particulières. Plus loin dans l'histoire, cependant, toute cette région avait formé un tout unique : la Novempopulanie gallo-romaine (capitale Eauze).



pays basque adour département 1936
NOVEMPOPULANIE



Economiquement, le grand centre est Bayonne, port d'embarquement des produits de la région landaise. La principale ressource de la région est, en effet, la forêt landaise ; l'agriculture est très développée dans la partie sud des Landes, les Basses-Pyrénées et le nord des Hautes-Pyrénées ; l'élevage est la principale ressource du Gers, il est également très développé dans les Pyrénées (pour le mouton). L'industrie mécanique est développée dans la région de Tarbes et Bagnères-de-Bigorre, l'industrie textile et la cordonnerie dans la partie béarnaise des Basses-Pyrénées, l'industrie des conserves dans la partie basque des Basses-Pyrénées et une partie des Landes (poissons, jambons, oies, chocolat) ; il y a des hauts fourneaux dans la région de Bayonne ; les industries minières sont très peu exploitées, sauf en ce qui concerne le sel (région de Dax-Bayonne) et quelques mines métalliques ; nous avons observé pourtant de très sérieux indices de combustibles minéraux solides qui pourraient faire de cette région l'une des principales régions minières de France (lignites tertiaires bruns, lignites secondaires noirs, houille et anthracite). Enfin, le tourisme est très développé dans cette région.



Dans la nouvelle organisation, la suppression des arrondissements aurait comme corollaire la création d'un cinquième département qu'on pourrait nommer l'Adour, et dont Bayonne deviendrait la préfecture. Il serait constitué principalement par les arrondissements de Bayonne et Mauléon Soule (du département des Basses-Pyrénées) et une partie de l'arrondissement de Dax (des Landes). Une question annexe se trouvera posée : celle de la répartition des charges des départements lors de la constitution de ce nouveau département. En effet, on ne pourrait laisser à la charge du département des Landes et de celui des Basses-Pyrénées la totalité des emprunts, alors qu'on leur prélèverait une partie importante de leur population. Aucune règle n'avait été établie jusqu'à présent pour ce genre d'opérations, celle-ci étant très rare et ne portant généralement que sur de toutes petites fractions de territoire d'un département et, par conséquent, ne posant pas de véritable problème budgétaire aussi bien pour le département cédant que pour le département concessionnaire. Ici, on devra, à notre sens, et par analogie à ce qui se passe lors des fractionnements de communes, partager les dettes des départements en proportion des populations. En outre, les biens formant le domaine privé de chaque département pourraient être partagés en proportion des populations, mais il devrait être admis que les immeubles resteraient attachés au département sur le territoire duquel ils se trouvent, sauf à parfaire ou diminuer sur le chapitre des dettes du département.


J. Rodrigues-Ely."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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dimanche 9 août 2026

UN RAPPORT SUR L'AGRICULTURE AU PAYS BASQUE NORD EN OCTOBRE 1899 (première partie)

UN RAPPORT SUR L'AGRICULTURE AU PAYS BASQUE NORD EN 1899.


Après la loi du 16 juin 1879 créant les écoles d'agriculture départementales, à la fin du 19ème siècle, plusieurs concours d'agriculture ont lieu dans les Basses-Pyrénées.




pays basque agriculture basses-pyrénées
ATTELAGE BOEUFS 1900
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet le Secrétaire-rapporteur M. G. Diriart, dans le Bulletin de la 

Société d'agriculture des Basses-Pyrénées, le 1er octobre 1899 :



"... Le concours d’animaux reproducteurs que la Société d’Agriculture a établi cette année à Mauléon, sans avoir été brillant, a cependant été satisfaisant, M. Berdoly, député, a offert un prix supplémentaire de 100 fr. pour lequel la Société lui adresse des remerciements. 



pays basque politique élections soule
MARTIAL-HENRI BERDOLY
DEPUTE ET SENATEUR DES BASSES-PYRENEES
DE 1893 A 1905


Quelques jours auparavant le jury nommé à cet effet avait formulé ses conclusions au sujet du concours d’étables également institué dans l'arrondissement de Mauléon en 1899. La parole est donnée à M. Diriart pour la lecture de son rapport à ce sujet. 



A Messieurs les Présidents et Membres de la Société d’Agriculture des Basses-Pyrénées


Monsieur le Président, Messieurs, 



Vous venez d’instituer, par une de vos récentes délibérations, un concours d’Etables pour le département. 



Ce concours a pour objet d’encourager la création, la propagation et la perpétuation dans l’Espèce bovine, de familles sélectionnées d'animaux de la race du Pays. 



Vous avez décidé que, chaque année, et successivement dans chacun des arrondissements du département, à tour de rôle, aura lieu, pour l'arrondissement désigné seulement, un concours d’étables qui pourra comporter un ou plusieurs prix. 



L’ordre dans lequel les arrondissements devront participer à ces Concours a été déterminé par un premier tirage au sort. 



L’arrondissement de Mauléon a été favorisé par le sort, il est le premier à bénéficier de la nouvelle institution. 



Une commission nommée par le bureau de la Société vient de procéder à l’inspection des étables des éleveurs de l’arrondissement qui se sont faits inscrire pour participer au concours. 



Cette commission, sous la présidence de l’honorable Monsieur Etcheverry, vice-président de la Société d’Agriculture pour l’arrondissement de Mauléon m’a fait l’honneur de me déléguer pour vous faire le rapport des opérations de son inspection. 



pays basque autrefois elections politique soule 19ème siècle
LOUIS ETCHEVERRY
DEPUTE BASSES-PYRENEES 1890


La commission a été très satisfaite de la tenue des étables au point de vue de l’installation des bâtiments de l’hygiène et de l’alimentation des animaux et aussi des bonnes qualités de conformation de ces derniers, sans cependant trouver qu’il y ait une réelle amélioration dans les races du pays. 



Nous ne disons pas qu’il y a dégénérescence mais bien confusion. Nos races Basquaise, Béarnaise et d’Urt qui sont celles qui composent le bétail de notre arrondissement, se confondent, et nos éleveurs eux-mêmes ne savent pas le plus souvent nous dire à laquelle de ces trois races appartiennent leurs animaux ; cependant il serait utile que cette distinction soit établie, chaque race ayant une aptitude différente, les unes sont propres à l’engraissement, les autres ont plus de force et sont destinées au trait, enfin les autres sont plus laitières. 



Mais il serait bien difficile, nous dira-t-on, d’établir ces distinctions, après tant d'années de confusion et après tant de croisements faits au hasard. Et ensuite comment faire pour sélectionner les animaux dans chaque race et conserver pures les races après cette sélection ? 



Il faudrait être plus compétent que je ne le suis en la matière pour résoudre la question cependant je me permettrai d’émettre, en peu de mots, mon opinion. 



Puisque la Société veut créer, propager et perpétuer l’espèce bovine de familles sélectionnées des races du pays (ce sont les termes de votre délibération) il faut commencer par sélectionner les animaux, c’est-à-dire rechercher dans chaque famille les sujets qui réunissent le plus les caractères distinctifs de la race à laquelle ils appartiennent. 



Sans ce sélectionnement nos races du pays se confondront de plus en plus. 



Pour cette première opération ne pourrait-on pas appliquer à l’espèce bovine un système analogue à celui qui règle l’emploi des étalons pour l’espèce chevaline sans cependant exiger de l’Etat et du département les sacrifices qu’ils font pour les chevaux et sans imposer aux éleveurs une règlementation aussi sévère et aussi compliquée. 



Une commission nommée par la Société d’Agriculture du département et dont les membres seraient pris soit dans cette société, soit dans les divers comices agricoles d’arrondissement, ferait un recensement des taureaux du département qui présenteraient à la fois les conditions les meilleures de conformation et les caractères les plus remarquables de pureté des trois races, Basquaise, Béarnaise et d’Urt. 



De la liste de ce recensement, serait rigoureusement écartés tous les animaux qui ne réuniraient pas ces qualités. 



L’Etat achèterait un nombre de taureaux égal à celui des reproducteurs éliminés de ce recensement et les placerait en mains d’éleveurs qui les garderaient à des conditions déterminées — par exemple à la condition que les éleveurs qui recevraient des taureaux de l’Etat les livreraient à la reproduction pendant un an deux ans, moyennant un prix de saillie qui ne pourrait dépasser un ou deux francs — et, après ce temps le taureau deviendrait la propriété de l’éleveur... 



Ainsi, les taureaux compris dans la liste de recensement arrêté par la Commission et ceux achetés par l’Etat formeraient le Herd-book départemental.



Le Herd-book ainsi établi, ces bêtes provenant des taureaux qui y seraient inscrits, seraient seuls admis à concourir aux divers concours, soit de l’Etat, soit des diverses sociétés d’agriculture et des comices agricoles.



Bien entendu que si d'autres taureaux de race pure, telles que la race Landaise, Charolaise, ou autre, étaient importés dans le pays, ils figureraient dans le Herd-Book dans les catégories bien distinctes de leurs races respectives. 



pays basque agriculture basses-pyrénées
LITHOGRAPHIE TAUREAU RACE LANDAISE 1856
GALERIE NAPOLEON


Tous les ans, une commission analogue à celle constituée par la loi du 14 août 1885 pour l’admission des étalons-chevaux, inspecterait, à chaque chef-lieu de canton, les taureaux-étalons pour les maintenir dans le Herd-Book ou les en exclure.



Il n’y aurait plus qu’à faire successivement à ce livre généalogique, les modifications et améliorations dont le temps et l’expérience démontreraient la nécessité. 



Par ce moyen, les éleveurs auraient à leur disposition, de bons reproducteurs pour leurs belles vaches dont les produits auraient leur carte d’origine qui leur donnerait accès à tous les concours ; et cette carte d’origine favoriserait même la vente de ces produits, comme cela arrive pour les chevaux. On sait en effet, que la première question que fait l’acheteur d’un cheval, c’est de demander, "avez-vous sa carte d’origine ?"



On m’objectera que l'établissement de ce premier livre présentera des difficultés presque insurmontables dans un pays où aucune distinction de race, aucune sélection n'ont été faites jusqu’à présent. C’est vrai ! 



Mais ces mêmes difficultés ne se sont-elles pas présentées pour les Herd-Book des chevaux ?



Dernièrement encore, après de nombreuses controverses entre les éleveurs et les fonctionnaires des Haras, le Herd-Book du demi-sang du Midi vient d’être établi. Et plus spécialement encore nous pouvons citer le Herd-Book de la race Nivernaise-Charolaix qui, sur l’initiative de la Société d’Agriculture du département de la Nièvre, vient d’être créé à Nevers. 



pays basque agriculture basses-pyrénées
TAUREAU RACE NIVERNAISE



Plus près de nous encore, la Société d’Agriculture du Lot-et-Garonne vient de former un Herd-Book pour la conservation de la race garonnaise. 



pays basque agriculture basses-pyrénées
VACHE GARONNAISE



La chose peut donc se faire ; puisqu’elle a été possible dans la Nièvre et le Lot-et-Garonne, pourquoi ne le serait-elle pas dans les Basses-Pyrénées ?



Et d’ailleurs le mot impossible n’est pas Français !



Mais les moyens d’exécution où les trouverons-nous ?



C’est ici que se place la question financière, question toujours brûlante, et qui est la pierre d’achoppement dans la plupart des projets d’intérêt public à réaliser."


A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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