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vendredi 23 octobre 2026

LA FÊTE NAUTIQUE DU CLUB DES "CANARDS ET DES DAUPHINS" À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1925

LA FÊTE NAUTIQUE DU CLUB DES "CANARDS ET DES DAUPHINS"À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN 1925.


A la fin du mois d'août 1925, a lieu une fête nautique du Club "Canards et Dauphins", à Saint-Jean-de-Luz.




pays basque club labourd natation 1925
LES "DAUPHINS DE FRANCE" 
SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la revue hebdomadaire La Côte basque : revue illustrée de 

l'Euzkalerria, le 6 septembre 1925 :



"La Fête Nautique du Club des "Canards et Dauphins".



Les Canards et Dauphins se moquent des intempéries ; ils l’ont bien prouvé en commençant leur concours du 20 août, sous une pluie battante et par une mer des plus agitées, où les petits canetons semblaient devoir disparaître. Enfin, le jour suivant, le soleil daigna se montrer et ce fut, alors, un gai et brillant spectacle ; une nombreuse affluence se pressait sur la plage, autour de la tente du Club, tandis que sur les eaux calmes de la baie circulaient les barques pavoisées et chargées d’invités et de spectateurs. 



Sur le "St-Charles" avaient pris place le jury et de nombreuses personnalités parmi lesquelles on remarquait la comtesse de Nava de Tafo, Mrs Watrons, Mrs Mallory, Mme Gibaut, MM. Pierre Laffitte, les peintres Ribera et le sculpteur M. Real del Sarte, M. Tartois, le représentant de l’aviation française en Extrême-Orient, M. Citroën, le neveu du grand constructeur, qui filma toute la fête. Mme Catulle-Mendès, en vraie sportive, préféra monter sur la plateforme supérieure du plongeoir pour mieux suivre les événements. La foule des concurrents était telle qu’il y eut, au début, quelque confusion ; mais après le départ de la course des canoës et périssoires, les épreuves se disputèrent avec régularité, sous la direction du professeur Villepion, dont nous ne pûmes qu’admirer l’énergique maîtrise et le talent d’organisateur. Nous donnons plus loin le palmarès du concours mais nous ne pouvons manquer de relever certaines performances particulièrement intéressantes, et qui prouvent la valeur des nageurs et nageuses du Club.



pays basque club labourd natation 1925
PROFESSEUR VILLEPION



Ladies first ! Ce fut d’abord la gracieuse Miss Janett Lee, de New-York, qui gagna l’amusante course à la cigarette et se fit remarquer par ses plongeons impeccables. La course à l’aiguille était réservée aux hommes et c’est un Australien M. Burbrick, de Sydney, qui la gagna, ayant réussi à passer le fil dans l’aiguille, tout en nageant ! 



L’un des concurrents avait mis le bout de fil dans sa bouche, et quand il l’ouvrit pour respirer il perdit le fil. La course du kilomètre nous fit assister à une belle lutte entre MM. Dick Heslop et F. Gardner, deux étudiants de l’Université de Londres. Ce fut Gardner qui s’assura de peu l’avantage, ayant nagé toute la distance en un crawl rapide et régulier. M. Keslop, nageur très puissant, perdit en raison d’une faute de direction. 



Se fit remarquer dans cette course le jeune Tom Higgings (14 ans), qui s’assura la 3e place. C’est un excellent nageur de crawl ; son père, M. Patrick Higgins, de l’Athlétic Club de Los Angeles, est lui-même un ancien champion de natation, fort connu en Californie. C’est encore à Tom Higgins que revient la Coupe du Modern Hôtel pour le concours de plongeons. 



Dans la course des jeunes "Dauphines", Miss Dris Karr-Pearse, après une course des plus courageuses, qui souleva l’enthousiasme des assistants, ne fut battue que d’une main par Miss Winfred-Lee. Ces deux jeunes ondines nagent un crawl parfait.



pays basque club labourd natation 1925
COMPETITION DE NATATATION SAINT-JEAN-DE-LUZ
EUZKALERRIA 6 SEPTEMBRE 1925



Un autre jeune nageur d’avenir est jean Haulon (12 ans) qui gagna les 50 mètres nage libre et le concours de plongeons (de 3 mètres), s’assurant ainsi la coupe du Baron Jean de l’Espée, réservée au meilleur plongeur au-dessous de 15 ans. 



Parmi les canetons (au-dessous de 7 ans) une mention toute spéciale doit être réservée aux intrépides petites naïades : L. Hagermann et Janette Villlepion qui plongent et nagent avec la plus grande aisance, ainsi d’ailleurs que Barbara Fleming, Peter Watrons, John Tropman, Elisabeth Millett, Margaret Millett, Peggy Wagner, Françoise Charlot, Isabelle Gardner. 



Voilà de la bonne graine de championnes. 



Et que penser des jeunes plongeuses Anna Hagerman, Dotty Mallory et surtout Georgine Hunt, dont les plongeons de 3 mètres sont remarquables. 



La course des 50 mètres (dauphins de 1re classe) fut assez irrégulière, en raison du courant qui déplaça le but. M. Jean Mahé, du Collège de Normandie, gagna aux 50 mètres sur l’Australien Burbrick. 



Nos félicitations encore au jeune Jack de Rivière qui gagna brillamment, en un fort joli trudgeon, les 50 mètres (canards 1re classe) et aux lauréates Mlles Gilberte Olibet, Thérèse A. Salvador, M. Thérèse de Valenzuela, Laura de Nava et Jacqueline Chariot, chacune 1re dans leur catégorie. 



En l'absence de MM. Pierre Lafitte et Claude Farrère, président et vice-président du Club, la fête fut présidée par Mme J. Catulle-Mendès, à laquelle une superbe gerbe de fleurs fut remise en hommage à sa "sportivité". Mme Catulle-Mendès, en effet, ne quitta à aucun moment sa place de membre du Jury sur la plateforme du plongeoir. 



Après quelques paroles prononcées par le professeur Villepion, il fut procédé à la répartition des récompenses. 


Coupes : De Pierre Lafitte, à Jeannette Villepion, fille du distingué professeur (unanimité des voix). 


De l’Hôtel d’Angleterre à M. D. Heslop, nageur complet. Du Modern Hôtel, à M Tom Higgins, le meilleur nageur de son âge. De Mme de Marwiez, à Mme Haulon, deux fois vainqueur. De M. J. de l’Espée, à Jean Haulon, meilleur plongeon au-dessous de 15 ans. Du Golf-Hôtel, à Miss Tris Karr- Pearse. Le Trophée de La Plongeuse fut attribuée à Miss Leïla Karr-Pearse. Le prix de l’Ur-Yoko, le fut à MM. Kirbig et Fallot (canoës). Le challenge du Professeur Villepion (50 mètres) revient, cette année, à M. Dick Heslop. Enfin, dans les 400 mètres (hommes) sont arrivés dead-heat, MM. Gardner et Heslop ; dans les 400 mètres (dames) ce furent, de la même manière, Mlles Poulain et Pesse. 



En outre, une cinquantaine de médailles et plaquettes furent distribuées ainsi que les prix spéciaux suivants : 


Pour les plongeons, à Mrs Wisler, Mr Shenwood et Gérard Richardson ; pour l’épreuve d’immersion, à Mlle Thion de la Chaume ; pour plongeon (prix de Mrs Mallory), à la gracieuse petite Miss Georgine Hunt. 



Une élégante et nombreuse assistance se pressait devant la tente du Club où les lauréats furent chaleureusement applaudis tandis que des hydravions venus de La Rochelle venaient se poser au bord du flot comme de légers oiseaux blancs pour clore cette belle manifestation."






(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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jeudi 15 octobre 2026

"LA SÉCURITÉ DU CENTRE" SUR LA CÔTE BASQUE EN 1929

"LA SÉCURITÉ DU CENTRE" SUR LA CÔTE BASQUE EN 1929.


Dès 1908, M. E. Reynier a l'idée de créer une entreprise de police privée : "La Sécurité du Centre", tout d'abord à Vichy puis dans de nombreuses villes en France, dont Biarritz en 1928.




pays basque autrefois sécurité côte police
DIRECTION REGIONALE DE LA SECURITE DE CENTRE A BIARRITZ 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le bulletin annuel de La Sécurité du Centre / Union lyonnaise de contrôle et de surveillance pour la propriété mobilière et immobilière, le 1er janvier 1930 :



"La Sécurité du Centre sur la Côte Basque et dans les Pyrénées.

Direction Régionale : Biarritz, 22, rue Jean-Bart. Téléphone ; 17-25.

Agences : Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, Bayonne, Cap-Breton, Hossegor, etc.



L’Appel à la Sécurité du Centre.



Comme toutes les stations balnéaires florissantes, la ville de Biarritz demandait à être protégée contre l’audace des gens sans aveu qui tirent leurs ressources des cambriolages, attaques nocturnes et autres méfaits de même nature. Plusieurs Sociétés de surveillance entreprirent successivement cette tâche, mais l’abandonnèrent au bout de quelque temps. 



C’est alors que sur les sollicitations pressantes de nombreux hôteliers et commerçants, la Sécurité du Centre accepta d’étendre sa protection à cette région, malgré son éloignement de notre centre d’action. 



Installés en juillet 1928, nos gardes rendirent de suite des services unanimement appréciés et forcèrent ainsi l’admiration des gens qui pouvaient douter de l’excellence et de l’efficacité de notre organisation, faute de l’avoir vue à l’œuvre. Hôteliers, commerçants, propriétaires de villas, saisonniers, etc., nous accordèrent rapidement leur confiance, nous permettant ainsi la création d’une forte équipe de gardiens à toute épreuve, qui a su s’imposer au respect unanime de toute la population, sous la direction de son chef énergique autant que compétent dans notre métier si délicat  et si périlleux.



Quelques adhérents de La Sécurité du Centre :


Biarritz :


Mme la Marquise d'Ivanrey, villa Inès. 

M. Ricardo Soriano, avenue Maréchal-Foch. 

M. Figueras, villa Virginia. 

Mme la Comtesse de Sierrabella, avenue Maréchal-Foch. 

M. le Marquis de Guadalmina, villa Iguskia. 

Mme Monjalon, villa Les Fusains. 

Mme la Marquise de Casa-Montalvo, rue d’Espagne. 

Mme Nave, villa Mon Terrier. 

Mme de Peirera, villa San-Francisco. 

Mme de Cartassac, villa Folle Brise. 

Mme Garcia de Agema, villa Jaymes. 

Mme de Parada, villa Grand-Pré. 

M. Max Errazuriz, villa La Mimoseraie. 

M. Kirby, Villa Gloria. 

M. Taburet d’Anjou de la Garenne, à Anglet. 

M. le Comte de Vilaverde, villa Saint-Pierre. 

Mme la Marquise douairière de Balanos, avenue des Tilleuls. 

M. le Baron de Portalis, avenue Serrano. 

M. Welton, villa Triana.  

M. le Major Hindé, villa Etienne. 

Mme la Marquise douairière de San Carlo de Pedroso. 

M. Séré de Rivière, villa Petrita. 

M. le Comte de Penalvère, villa Studio. 

M, le Comte Jimenez de Molina, à Anglet. 

Mme de Jumilhac, villa Fantaisie. 

M. le Marquis de Faura, avenue Edouard-VII. 

M. Condamo Gonzalo, villa La Tourelle. 

Mme la Marquise du Claramunt, villa Pigala. 

Mme de Mimondo, villa Ixusi. 

Mme la Marquise de Rocaverde, villa Almudena.

Hôtel du Palais, avenue Edouard-VII. 

M. de Corcuera, à La Négresse. 

Mme de Landa, villa Cyclamen. 

M. le Comte de Malherbe, au Golf. 

M. Da Silva Ramos, au Golf. 

M. Santos Suarez, à Anglet. 

S. A. Impériale le Duc de Leutchemberg, villa Nadia. 




pays basque autrefois sécurité côte police
S.A. IMPERIALE DUC ALEXANDRE DE LEUCHTENBERG


M. le Baron de Goncer, villa Lisoénia. 

M. Emeri, villa Titania. 

Mme et M. de la Rivière, villa Haïa.

M. Wright, villa Andalusia. 

Hôtel Miramar. avenue Edouard-VII. Etc., etc. 



Saint-Jean-de-Luz. 



M. le Docteur Lapeyre, villa Maldagora. 

Mme Pénéan, Hôtel Miramar. 

M. Chaliapine, à Sainte-Barbe. 



pays basque autrefois sécurité côte police
CHANTEUR D'OPERA FEODOR CHALIAPINE
Auteur Inconnu (Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, France)

M. Constant Say, à Sainte-Barbe. 

M. Bordes, à Sainte-Barbe. 

Mme Bernoville, villa Sainte-Barbe. 

Casino de la Pergola. 

Hôtel Madison, boulevard Thiers. 

Mme Saralegui, route d’Ascain. 

Lloyd’s Bank Ld, boulevard Thiers. 

Bar Basque, boulevard Thiers. 



pays basque autrefois sécurité côte police
BAR BASQUE BOULEVARD THIERS SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



M. Nava de Tajo, villa La Choza. 

M. le Duc de Bailens, villa Elenita. 

M, de Montalbo, villa Hortensia. 

M. le Comte de Bagneux, boulevard Victor-Hugo. 

M. Escoriaza, villa Ano-Baïta. Etc., etc.



Une section de la Sécurité du Centre qui a obtenu un Grand Diplôme d’Honneur pour la surveillance et le contrôle du Champ de Fêtes au Concours International de Vichy (1913) sous le haut patronage du Président de la République.



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SECTION DE LA SECURITE DU CENTRE diplômé à VICHY 1913



L'Extension de la Sécurité du Centre.



Les bienfaits de notre organisation à Biarritz étendirent rapidement la renommée de la Sécurité du Centre aux villes voisines, où se manifesta de suite le désir de voir fonctionner notre œuvre de surveillance et de protection. 



Répondant à ce vœu bien légitime, nous procédâmes, dès janvier 1929, à la création, à Saint-Jean-de-Luz, d’un groupe de gardes cyclistes qui obtint un succès immédiat et mérité. La Municipalité de cette coquette cité eut même recours à nos gardiens pour compléter les services de la police officielle, nous donnant ainsi la plus précieuse marque d’estime et d’encouragement. 



pays basque autrefois sécurité côte police
UNE SECTION CYCLISTE DE LA SECURITE DU CENTRE



Au cours de l’année 1929, une Sous-Agence de la Sécurité du Centre est créée à Hendaye, où elle fonctionne à la satisfaction générale de nos abonnés et de la population. De nombreuses villes de la région réclament encore notre intervention ; grâce à l’activité de notre dévoué Directeur régional, plusieurs seront bientôt dotées de nos services (Bayonne, Cap-Breton, Hossegor, etc...) 



Cette lourde tâche accomplie, nous porterons alors nos efforts sur les villes des Pyrénées, conformément à notre programme de lutte incessante contre l’armée du crime."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mardi 23 juin 2026

LA PÊCHE À LA SARDINE AU PAYS BASQUE EN 1914

LA PÊCHE À LA SARDINE AU PAYS BASQUE EN 1914.


La pêche à la sardine existe, au Pays Basque, depuis de très nombreuses années, et en particulier depuis le début du 20ème siècle.



pays basque pêche sardine labourd
DEBARQUEMENT DE LA SARDINE 
PORT DES PÊCHEURS BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la revue mensuelle illustrée Pyrénées-magazine, le 1er février 

1914, sous la plume de G. Ouvrard et L. Teillery :


"Pêche à la sardine.


Bayonne — Biarritz — St-Jean-de-Luz.



Autrefois, sur nos côtes de l'Atlantique, de Biarritz à Hendaye, la pêche à la sardine se faisait sans appât, avec un grand filet traînant sur yole à voiles, non pontées ou sur traînières ; depuis plus d'un an, on fait la nouvelle pêche à la mode d'Arcachon, en appâtant avec de la rogue.



pays basque pêche sardine labourd
SARDINIERS REPARANT LE FILET
33 ARCACHON



Aujourd'hui, pour cette pêche, on se sert de chaloupes à vapeur, ayant quinze mètres de long sur trois mètres de large, de la force d'environ 20 chevaux. Le port de Biarritz comprend cinq chaloupes à vapeur et deux pinasses à moteur, appartenant à des pêcheurs ou à des particuliers ; la flotte sardinière de St-Jean-de-Luz a vingt chaloupes à vapeur et une pinasse à moteur. L'équipage se compose d'un mécanicien, d'un chauffeur et dix hommes. Sur le pont, emboîtés les uns dans les autres, quatre à cinq doris (petits bateaux, à fond plat, manoeuvrant à la godille, larges de 1m 50 sur 3m de long, servant à lancer les filets et la rogue sur les lieux de la pêche).



pays basque pêche sardine labourd
DEBARQUEMENT DE LA SARDINE SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les petits filets servant à la pêche à la sardine ont douze mètres de long sur cinq mètres de tombant, la maille réglementaire est de douze millimètres ; les grand filets servant à la pêche de l'anchois ont quatre-vingt à cent mètres de long, sur douze mètres de tombant, la maille a dix millimètres. Les filets sont en fil, teints en vert ou en bleu.



Dans le port, les chaloupes sont prêtes, chargées de leur provision de briquettes. Le départ a lieu suivant la marée, de 1 heure à 2 heures du matin.



Pour suivre cette pêche, nous embarquâmes dans le port de St-Jean-de-Luz, par une nuit tiède de Décembre. Le ciel était étoilé ; nous attendions le départ. La sirène se fit entendre, et en route ; la mer est calme, la chaloupe a l'avant élevé, glisse, avance fièrement sur la mer, faisant dans les flots sombres un large sillon, couronné d'une écume blanche. Rien de plus féérique, de plus beau que de contempler à cette heure matinale les quais de St-Jean-de-Luz, éclairés de loin en loin par les réverbères minuscules comme des étoiles, indiquant que l'on fuit la côte.



Le long des côtes que nous longeons, Guéthary, Bidart, Biarritz, drapés dans un voile nocturne, parsemés de milles petites lumières. Nous piquons au travers de Contis, dans le Nord, bien plus loin que Capbreton ; il faut quelquefois cinq ou six heures pour arriver sur les lieux propices à la pêche.



Nous voici en pleine mer ; les phares espagnols et les phares de la côte brillent dans le lointain. La lune se lève, reflétant son croissant dans les eaux de l'Océan en d'infinis reflets d'argent.



L'hélice tourne toujours à grande vitesse, mêlant son tic-tac au sillage de l'eau ; nous approchons du lieu de la pêche.



Pendant que les pêcheurs sont groupés sur le pont et trient la rogue qui doit servir à appâter la sardine, nous dirons un mot sur ce poisson de mer.



En Mars, pour frayer, la sardine s'approche des côtes jusqu'en octobre ; mais elle varie beaucoup dans ses migrations. La pêche se fait de Juin à Octobre, mais il y a des années où elle se fait jusqu'en février — quelquefois presque toute l'année. Après la pêche à la sardine, c'est la pêche à l'anchois. La sardine porte différents noms, suivant les pays :


Dans les Pyrénées-Orientales : Sarda, Sardinyola.

Dans la Charente : Royan.

Sur les côtes picardes et normandes : Célan, Célerin, Pilchard, hareng de Bergues.



... L'hélice tourne sans cesse. Entre le ciel et l'océan une longue traînée de feu, un incendie, c'est Phoebus qui chasse la nuit.



Sept heures. — Nous voici sur le lieu de la pêche : on commence par jeter la sonde ; si elle accuse 18 à 20 brasses de profondeur, l'endroit est favorable ; on stoppe pour pouvoir mettre à la mer un doris — sur lequel prend place un pêcheur avec un filet et un seau de rogue.



On abandonne le doris, le pêcheur égrène son filet et sème la rogue pour attirer la sardine qui en est très friande.



La rogue sort des oeufs de morue fortement salés ; son prix est de 60 à 70 francs les cent kilos.



Trois cents mètres plus loin, un second pêcheur est laissé avec un autre doris et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les doris soient à la mer.



Nous suivons les sauts gigantesques des marsouins qui sont à la poursuite d'un banc de sardines ; les mouettes aux ailes blanches sont de la partie. Bon signe pour nous, car nous avons un filet de réserve et, tout en voguant, nous jetons notre filet, ce qui nous permet d'en capturer quelques centaines seulement car le bruit de l'hélice ne les laisse pas assez approcher ; le marsouin, très méfiant, s'échappe.



Lorsque les lièges des filets surnageant à la surface des flots s'enfoncent, c'est une preuve que la sardine abonde, la chaloupe à vapeur s'avance du premier filet jeté et les trois hommes restés à bord tirent le filet pour recueillir la sardine prise dans les mailles.



Il faut toucher le moins possible à la sardine car elle ne se conserverait pas ; elle est jetée sur le pont. Le filet est ensuite replacé par le doris et l'on va à un autre doris pour lever le filet.



La pêche terminée, les doris sont remis à bord. Alors les pêcheurs trient les sardines par grosseur, et les comptent. Pour les compter on se sert d'une caisse spéciale contenant environ 360 sardines ; de cette façon on a le total approximatif de la pêche.



La chaloupe pique vers St-Jean-de-Luz ; pendant ce temps nos pêcheurs arrangent les filets et font la toilette du bateau.



Notre chauffeur ne perd pas de temps, lui non plus ; une grande casserole est bien vite mise au foyer de la machine, quelques tomates, morues sèches et sardines fraîches, voilà le régal que nos braves pêcheurs ont bien mérité, sans oublier le "chahakua".



Là-bas, dans le lointain, le soleil se couche dans un manteau de pourpre, reflétant ses derniers rayons dans les eaux de l'Océan.



Lorsque la pêche est fructueuse, la chaloupe reprend vite la route du port. Quelques chaloupes même viennent vendre les produits de leur pêche à Bayonne, sur les quais de la Place de la Liberté, quand elles ne peuvent, à cause de la marée, rentrer au port. S'il y a beaucoup de sardines, un pavillon est hissé au bout d'une rame pour indiquer aux cascarottes attendant l'arrivée des chaloupes chaloupes qu'il y a de la sardine. Au port, cinquante à soixante cascarottes ou marchandes de sardines, attendent anxieuses le débarquement de la sardine. Rien de plus comique que cette vente ; au milieu de cris aigus, les mots tendres ne sont pas épargnés.



pays basque pêche sardine labourd
LES MARCHANDES DE POISSONS BAYONNE 1905
PAYS BASQUE D'ANTAN



La sardine est achetée, suivant le cours, de 10 à 45 francs le mille.



Les cascarottes se répandent vite à travers la ville, et vont dans les rues de Bayonne crier d'une voix rauque ou argentine :



pays basque autrefois pêche marchandes poissons
LES KASCAROTS DE ST JEAN DE LUZ ET CIBOURE

"Chardine frais"

"Anchoa friaou"

"Anchoa tout bibot"



Depuis quelques années la sardine abonde sur nos côtes et chaque fois qu'il fait vent d'ouest avec un peu de houle, temps très favorable pour cette pêche, chaque chaloupe rentre avec 50 à 100 000 sardines.



Du 29 Novembre au 2 Décembre 1913, 3 millions 500 sardines étaient débarquées. Cette année, la plus grosse pêche pour une chaloupe a été de 129 000 sardines. Les sardines fraîches, fortement salées, sont mises en caisses pour être expédiées dans les grandes villes. On en fait aussi des conserves à l'huile dans des boîtes de fer blanc.



Dans cette région, il n'existe pas d'usine ; aussi les pêcheurs sont obligés de vendre toute la sardine en frais, d'où pour eux un moindre bénéfice.



Ailleurs, c'est le contraire, les usiniers se plaignent du manque de sardine.



Il serait, croyons-nous, utile de trouver une solution pour mieux vendre nos pêches et donner un plus fort gain à nos braves pêcheurs, dont la fatigue et la peine méritent d'être récompensés encore davantage.


G. Ouvrard & L. Teillery.



Nota. — Nous n'ajouterons qu'un mot à l'article intéressant et documenté de MM. Ouvrard et Teillery. Depuis deux ans environ que la pêche à la sardine se pratique à la rogue les prises sont très importantes, au point que ces poissons se vendent souvent à vil prix. Les mareyeurs font parfois des affaires d'or à St-Jean-de-Luz ! Mais cela va changer bientôt, car une grosse maison de Nantes doit installer dans la région des usines de conserves. Nos pêcheurs y auront tout avantage.



Il existe depuis longtemps, entre pêcheurs français et espagnols un conflit provenant d'une différence de réglementation appliquée sur les deux côtes par leurs gouvernements respectifs. La zone neutre est à 3 milles des côtes françaises, et à 6 milles des côtes espagnoles. Donc les pêcheurs espagnols peuvent capturer le poisson à 3 milles de nos côtes, et ils en usent largement, tandis que les pêcheurs français doivent se tenir à 6 milles de la côte espagnole. Il y a là une injustice flagrante qu'un accord entre les deux Etats devrait faire disparaître. Les doléances de nos pêcheurs à ce sujet ont été présentées au récent Congrès de Lorient. Il faut espérer qu'elles parviendront à intéresser les Pouvoirs Publics. Que font donc le contre-torpilleur de Hendaye, et la canonnière de Socoa ? Ne sont-ils pas tous deux spécialement chargés de protéger nos pêcheurs ?


La Direction."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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dimanche 29 mars 2026

L'ÉCRIVAIN PIERRE HARISPE DE SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS

L'ÉCRIVAIN PIERRE HARISPE.


Pierre Harispe ou Jean-Pierre Harispe, né à Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées) le 6 avril 1854 et mort à Paris le 5 novembre 1929, est un prêtre catholique et écrivain français.



LIVRE LE PAYS BASQUE
DE PIERRE HARISPE




Voici ce que rapporta à son sujet, Emile Baumann, dans le Figaro du 9 février 1931 :



"Pierre Harispe Basque.



Le triomphe à Bordeaux, du Perkain de P.-B. Gheusi et de Jean Poueigh est une occasion de commémorer celui qui aurait eu grande joie s'il avait pu vivre 14 mois de plus, jusqu'à cette gloire de son héros. Pierre Harispe, Basque de Saint-Jean-de-Luz (ville qui, dans la langue du pays, s'appelle d'un joli nom : Donibané), avait eu la première conception d'un poème lyrique où s'enchâsseraient, autour du légendaire et réel pelotari, les chants et les danses de la région.




pays basque musique opéra aldudes pelote
OPERA PERKAIN
LE JOURNAL 28 JANVIER 1934


Le pays basque, dont il s'est fait l'historien comme Gaétan Bernoville s'en est fait le peintre, inflige un puissant démenti au lieu commun sur les vieilles races. Le passé des Basques, de même que les origines de leur langue, se perd dans la nuit des temps. Les gens doctes attribuent à ces Ibères des ancêtres asiatiques. Je le croirais volontiers : le long d'un admirable film sonore que j'ai vu présenter récemment, la chorale de Saint-Jean-de-Luz faisait entendre les cantilènes nationales ; ce qu'elles ont de nostalgique, de grave, la brusque alternative de langueur et de gaîté ivre évoque les mélodies russes ; les laboureurs, les bergers d'Ustaritz m'ont rappelé, avec de plus honnêtes visages, les montagnards de la Cilicie. Or, ces hommes de souche antique n'annoncent pas une humanité déclinante ; la plupart sont splendides par la stature, la carrure, la vigueur souple ; ils portent en eux la richesse d'un sang que l'usure des générations n'a pas amolli.



Le paysan basque, d'ordinaire taciturne et replié, se débride dans les fêtes, laisse jaillir de son fon des sources naïves de lyrisme ou de drôlerie malicieuse. Religieux par-dessus tout ; et la paroisse est là, comme dans l'ancienne France, comme au Canada, l'unique force vitale de la communauté. Il demeure étonnamment fidèle à ses traditions, même aux superstitions familiales (quand le maître d'une maison meurt, l'héritier va en avertir, parmi les ruches, les abeilles protectrices du logis).



Mais ce pays aux cimes abruptes a des pentes vertes d'une merveilleuse douceur ; loin d'être bloqué dans ses montagnes, il regarde vers l'Océan. Cette race de laboureurs têtus est aussi une race de marins que l'esprit d'aventure, de conquête, de chimère aussi emporte jusqu'aux Amériques.



Pierre Harispe exprimait dans sa personnalité complexe les multiples aspirations du génie basque. Même au physique, malgré tout ce que raffinement de la culture et les souffrances de la vie peuvent modifier dans le type ancestral, il restait bien l'homme de son pays. Sous le béret qu'il gardait, comme tout vrai Basque, chez lui, du matin au soir, ses yeux saillants, son nez long et charnu, son menton fort auraient pu le faire prendre pour un vieux capitaine qui a beaucoup navigué. Sa parole avait le son et, si j'ose dire, le goût du terroir. C'était un conteur et un improvisateur persuasif, tour à tour pathétique et mordant, âpre et d'une tendresse enveloppante. S'il s'indignait, il devenait parfois grand orateur. Avec de tels dons, il aurait pu s'imposer, réussir n'importe où.



Mais son esprit d'indépendance et sa fierté lui rendaient tous les jougs insupportables. Par là il demeurait Basque jusqu'aux moelles. Les Basques sont un des derniers peuples qui tiennent à leurs franchises ou qui voudraient au moins en sauver quelque chose. Il fallait entendre Harispe glorifier les fueros, ces immunités locales que les Basques des provinces espagnoles ont conservées plus intactes.



pais vasco antes fueros
LES FUEROS DU PAYS BASQUE ET DE LA NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Harispe ne se résignait à devenir l'esclave de personne et surtout des gens qu'il sentait eux-mêmes des esclaves. En outre, il se tenait sans cesse prêt à combattre pour les causes qu'il chérissait ; il bataillait à la vieille mode, défiant au besoin l'adversaire en champ clos. Tout cela était parfaitement basque, mais ne pouvait le mener aux succès faciles.



Par surcroit, chez cet homme si fidèle en ses amitiés, si généreux en ses dévouements, il y avait une étrange instabilité d'action. Une idée le captivait, tant qu'elle demeurait dans les limbes du possible ; il s'évertuait avec une fougue magnifique à l'en faire sortir ; dès qu'il se voyait assuré de la mener à bien, il s'en déprenait et rêvait d'autre chose comme un marin qui, ayant fait le tour d'une île, se rembarque pour des parages moins connus.



Le point ferme de son activité, c'tait l'énergie de ses croyances. Il égalait par la simplicité de sa foi les plus humbles de ses compatriotes. Néanmoins, l'intelligence basque demeure intuitive et réaliste, si peu tournée vers l'abstraction que la langue n'a pas un mot pour signifier l'âme et ne saurait nommer Dieu sans une périphrase : le Seigneur du ciel. Pierre Harispe, au contraire, était doué d'éminentes aptitudes métaphysiques ; il les a déployées dans son poème thomiste : La Divine Tragédie, et, en prose, dans les effusions éloquentes des Etapes de Dieu vers nous.



Mais son mysticisme religieux et social nous laisse retrouver une singularité basque. On sait qu'à Saint-Jean-de-Luz se sont établis de nombreux Bretons ; et les Basques fraternisent avec eux ; les deux races font très bon ménage. Or, Harispe s'est principalement signalé par ses études sur Lamennais. Une passion l'attira vers le Celte obstiné, chimérique, à l'imagination visionnaire.



Là encore, il dut sa plus nette originalité aux inspirations latentes du pays natal. Son exemple, entre mille autres, dément le préjugé humanitaire qui travaille à détruire les liens des âmes avec la terre, la paroisse, la région, la patrie. Un homme ne grandit pas quand il se déracine ; un peuple non plus, quand il cesse d'être lui-même. La force est dans la fidélité à tout ce nous a faits ce que nous sommes. Une humanité fondue en un amalgame, si elle pouvait être, ne serait qu'un ramassis de poussières piétinées par quelques tyrans."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 28 janvier 2026

LA SARDINE AU PAYS BASQUE EN 1935 (quatrième et dernière partie)

 

LA SARDINE AU PAYS BASQUE EN 1935.


Au début des années 1930, le port de Saint-Jean-de-Luz connaît une crise de la pêche de la sardine, avec une concurrence espagnole et surtout portugaise.




pays basque autrefois pêche sardine économie
DEBARQUEMENT DU POISSON SAINT-JEAN-DE-LUZ 1933
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet A. J. Barère dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & 

arts de Bayonne, en juillet 1935 :



"... Pêche de la sardine.



Nous avons dit que les huiles employées pour la conserve devaient réunir certaines qualités dont la principale est l'absence d'acidité. Dans le cas contraire, l'acidité de l'huile aurait une action corrosive non seulement sur le fer blanc de la boîte mais surtout sur l'étain employé pour la soudure et il est inutile d'insister sur la somme de dégâts que cela représenterait pour un conserveur d'avoir employé une huile acide.


Les huiles d'arachides sont employées pour la couverture des marques courantes, mais pour un produit de qualité supérieure on emploie :


L'huile d'olive. — L'huile d'olive extraite du fruit de l'olivier est d'autant meilleure que l'arbre a poussé dans un terrain peu riche. En France, les Bouches du Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes fournissent une huile excellente, mais en quantité assez restreinte et les conserveurs ont souvent recours à des huiles de provenance italienne, de Bari par exemple, ou de provenance tunisienne, Sfax, Sousse etc...


La fabrication de l'huile d'olive est exactement la même que celle de l'huile d'arachide. On obtient l'huile par pression des fruits. L'huile vierge à la première pression et l'huile extra à la seconde pression.


Quand les ouvrières ont terminé l'huilage des boîtes, on laisse celles-ci, macérer pendant une 1/2 journée environ de façon à ce que la sardine qui comme nous l'avons vu, est plutôt sèche, ayant perdu sa graisse naturelle, s'imprègne de cette huile nouvelle mise dans les boîtes et se gonflant reprenne un aspect plus normal.


On passe ensuite à la fermeture mécanique des boîtes, c'est-à-dire au :


Sertissage. — Nous avons vu tout à l'heure que les fabricants de boîtes vides livrent aux conserveurs les boîtes comportant le couvercle soudé et la boîte étant remplie à l'envers, c'est le fond qui viendra obturer hermétiquement la boîte de conserve pour sa présentation définitive.


La fermeture des boîtes de conserves est l'opération finale et la plus importante qui doit assurer l'herméticité absolue pour la protection du contenu.


Aujourd'hui ce problème est résolu mécaniquement, d'une façon très complète et il existe une variété immense de sertisseuses répondant pratiquement à tous les problèmes de fermeture et à tous les besoins depuis le sertissage à main pour de petites productions, jusqu'aux machines entièrement automatiques assurant la fermeture de millier de boîtes par jour.



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SERTISSAGE USINE PROVOST-BARBE
29 CONCARNEAU
BRETAGNE D'ANTAN


La précision du sertissage qui ferme le récipient doit être absolue car de cette précision dépend le succès de tous les travaux préliminaires : achat, fabrication et mise en boîtes du contenu.


Pendant le travail de fermeture des boîtes, il faut établir et maintenir un contrôle très rigoureux du travail. Dans ce but, un contremaître spécialisé se tient en permanence auprès de la batterie de sertisseuses et à la moindre alerte, au cas où la machine se dérègle, il est prêt à intervenir pour rétablir un travail normal par un nouveau réglage.


Comment s'opère le sertissage :


La boîte de conserve est placée par l'ouvrière sur un support de la machine ; par un mouvement du pied, la boîte monte et pressée entre deux mandrins vient présenter sa partie supérieure avec le couvercle au jeu de quatre molettes montées sur une tête tournante et travaillant par groupe de deux. Par le coup de pédale donné par l'ouvrière, toutes les opérations de sertissage, c'est-à-dire : le travail des quatre molettes, est déclenché à la fois. Deux molettes commencent leur travail en enroulant par pression le fer blanc du couvercle avec le fer blanc du rebord de la boîte ; c'est ce qui s'appelle la première passe, puis lorsque ces deux premières molettes ont fini d'accomplir trois ou quatre tours sur le rebord de la boîte, deux autres molettes entrent en travail ; ce sont les molettes de seconde passe qui ont pour rôle d'aplatir complètement le premier sertissage exécuté.


Un sertissage correct donne autour du crochet formé par le bord de la boîte une boucle parfaitement enroulée, boucle formée par le couvercle ; et pour qu'à la seconde opération, le sertissage continue à être d'une correction parfaite, il est nécessaire que les molettes de deuxième passe exercent une pression suffisante pour aplatir le sertissage de façon aussi régulière que possible sur le pourtour de la boîte.


L'étanchéité est donnée non seulement par la perfection du sertissage mais elle est assurée également par le joint, plastique ou liquide qui se trouve dans le couvercle à la partie correspondant exactement aux bords de la boîte.


L'opération du sertissage étant terminée, vient ensuite la partie finale de la fabrication :


La stérilisation. — Si les opérations que comporte la préparation des conserves ont leur importance, il est certain que la stérilisation est, de loin, l'opération qui demande le plus de soins attentifs.



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STERILISATION USINE PROVOST-BARBE
29 CONCARNEAU
BRETAGNE D'ANTAN


Stériliser un produit signifie détruire les germes de microbes qu'il peut contenir, de façon à ce que par la suite ce produit puisse se conserver inaltéré pendant le plus de temps possible.


En pratique, la stérilisation totale d'une conserve est difficile à effectuer d'une manière absolue. Il s'agit plutôt en fabrication d'une stérilité pratique qui détruit la plus grande partie des microbe et qui paralyse en quelque sorte les autres.


Une stérilisation insuffisante expose tôt ou tard à des accidents de fermentation et des bombages extrêmement préjudiciables non seulement parce qu'ils abîment le produit mis en vente, et le rendent plus ou moins toxique, mais parce qu'ils nuisent à la réputation des maisons qui ont livré tel produit.


Une stérilisation exagérée nuit également à la qualité du produit en modifiant fâcheusement l'aspect, le goût, la consistance et la saveur de la conserve.


Il s'agit donc d'observer un juste milieu qui permette d'assurer à la fois une bonne conservation en sauvegardant les qualités gastronomiques du produit.


Si techniquement la stérilisation des conserves doit être conduite en autoclave, pratiquement dans les industries importantes cette façon d'opérer n'est pas adaptée.


Il arrive en effet qu'avec cinq ou six appareils de stérilisation il y ait lieu de stériliser 70 à 80 000 boîtes dans la journée. L'ouverture et la fermeture des autoclaves pour chaque opération, nécessiteraient trop de temps pour que ces appareils puissent être utilisés d'une façon pratique et surtout rapide.


On s'en tient donc à la stérilisation en bacs ouverts, à l'eau bouillant à la pression atmosphérique. Cette stérilisation ne présente aucune difficulté spéciale. Elle s'effectue dans des bacs de tôle cylindriques ou rectangulaires chauffés à la vapeur. Il faut veiller à ce que l'eau recouvre bien les boîtes de la rangée supérieure, d'environ 10 cm.


On conduit l'ébullition des boîtes, c'est-à-dire : leur stérilisation pendant une durée variable suivant la grandeur de la boîte à stériliser. Ce temps de stérilisation varie de 1 h. 15 pour les petites boîtes jusqu'à 2 h. 1/2, 3 heures pour les boîtes de 3 kilos.


La stérilisation étant terminée, les doubles paniers métalliques qui contiennent les boîtes sont retirés des bassines à ébullition au moyen d'une grue et menés au refroidissement.


Refroidissement. — Quel que soit le traitement thermique auquel elles ont été soumises soit à l'ébullition à l'air libre, soit à la stérilisation en autoclave, les boîtes de conserves doivent être refroidies rapidement pour ramener la température du contenu de la boîte à 25°. La raison de cette chute de température nécessaire la voici :


La chaleur stérilisatrice à laquelle on a recours dans les usines n'est ni assez élevée, ni assez longuement prolongée pour détruire en même temps les spores de tous les microbes et ces spores n'attendent, pour se développer, qu'une occasion : une température favorable.


Cette température est comprise entre 35° et 55° et non seulement elle permet l'évolution des spores, mais elle facilite le réveil des germes en état de vie ralentie. Ce temps est très court, quelques heures à peine. Il est donc indiscutablement nécessaire de refroidir rapidement et complètement, et par un seul moyen, l'eau courante, les boîtes de conserves qui sortent de l'autoclave, pour ne pas permettre aux microbes de revivre et de se développer.


Une fois les boîtes refroidies et comme elles sont imprégnées d'huile et d'eau provenant des différentes manipulations auxquelles elles ont été soumises, il est nécessaire de les nettoyer.


Cette opération s'effectue soit à la main pour de petites quantités, soit à la machine pour des quantités plus fortes.


A la main. — Les ouvrières passent les boîtes à la sciure de bois, les essuient convenablement et les mettent en caisses.


A la machine. — Les boîtes sont jetées en même temps que de la sciure dans un cylindre de bois tournant sur son axe et elles se nettoient rapidement. Une telle machine nettoie environ 10 000 boîtes à l'heure.


Une fois les boîtes mises en caisses, il est nécessaire de les vérifier le plus exactement possible afin de savoir si certaines boîtes, comportant un défaut de fabrication du fer blanc, bien souvent une mauvaise soudure, n'ont pas leur contenu altéré. C'est une des dernières opérations. Il s'agit du :


Visitage. — Des ouvrières expérimentées reprennent tous les boîtes qui viennent d'être essuyées et mises en caisses et le entre-choquent, l'une contre l'autre, afin de se rendre compte si le contenu est bien intact.


Si les deux boîtes rendent un son égal et sourd, il est certain que la boîte n'est pas fuitée, c'est-à-dire qu'elle est bien étanche et que le contenu n'a pas été altéré. Si, au contraire, une des deux boîtes, ou les deux boîtes, rendent un son clair on peut les écarter d'une façon absolument certaine, car par une fente imperceptible, souvent même pour un oeil exercé, l'huile contenue dans la boîte s'est échappée pendant la stérilisation et le contenu forcément s'altérera dans un délai plus ou moins rapide.


Les conserves sont alors transportées dans les magasins et classées par mois de fabrication.


Un fabricant désireux de garder une réputation de bon livreur doit stocker sa marchandise, au minimum pendant un an, avant de la mettre en vente, car il n'est pas inutile de rappeler que plus une conserve de sardine est ancienne de fabrication, meilleure elle est. Les fabricants appellent cela : faire mûrir la sardine.


Il est d'ailleurs très facile de reconnaître la sardine mûre car en la partageant en deux on constate que l'arête est facilement friable dans les doigts et que l'aspect intérieur de la chair est bien rosé.


Pendant combien de temps peut-on stocker des conserves de sardines ? Une fabrication bien menée peut se conserver très facilement 7 à 8 ans et nous avons même dégusté des conserves ayant 10 ans de boîte. Inutile de dire qu'elles étaient d'un goût parfait et tout à fait exquis.



pays basque autrefois pêche sardine économie
CONSERVE PAUL CHACUN ET CIE
29 LE GUILVINEC
BRETAGNE D'ANTAN



Valeur Alimentaire de la Sardine.


Les sardines à l'huile constituent un aliment de premier ordre d'un pouvoir énergétique élevé dû à leur haute teneur en matières grasses. De plus ce sont des aliments très riches en matières azotées et en sels minéraux qui contribuent à l'édification des tissus et des os.


Enfin remarquons que les sardines à l'huile étant toujours consommées avec du pain, aliment riche en hydrate de carbone, on peut considérer que l'alimentation à base de sardines à l'huile, contient des proportions très satisfaisantes d'éléments nutritifs.


Avant de terminer je puis vous donner l'assurance que d'une façon générale en France, la fabrication des conserves de sardines est conduite suivant les règles que je viens de vous faire connaître. C'est une garantie nécessaire pour le consommateur, elle contribuera puissamment à maintenir la renommée si justifiée de nos produits nationaux.


Souhaitons qu'un jour prochain chacun comprenne son intérêt pour que la sardine à l'huile française, forte de sa qualité et de sa réputation, puisse prendre la première place non seulement sur le marché français, mais également sur les marchés mondiaux.


Saint-Jean-de-Luz."



(Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France)









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