LES EAUX DE CAMBO-LES-BAINS EN 1870.
Depuis de très nombreuses années, les propriétés médicinales des eaux de Cambo-les-Bains sont connues.
Voici ce que rapporta à ce sujet M. Honoré Silva, Pharmacien de S. M. l'Empereur, en 1870 :
"Notice sur les eaux de Cambo.
Les eaux de Cambo en 1870.
Cambo est situé à 18 kilomètres de Bayonne, sur la frontière du pays basque, dans une riante vallée que traverse la Nive et qu'entourent plusieurs montagnes abondamment boisées et pourvues de richesses minérales et d'accidents de terrain qui en rendent l'abord aussi abrupte que pittoresque.
Quoique notre but soit de parler ici de la composition chimique des eaux de Cambo, de leur emploi au point de vue thérapeutique et médical, nous croyons qu'il ne sera pas hors de propos de faire précéder notre travail de documents relatifs à l'histoire naturelle de cette contrée, surtout pour ce qui a trait à la botanique, à la minéralogie et à la géologie.
Ces notions intéressantes seront précédées d'un historique de la localité depuis les temps les plus reculés, car, à notre sens, on ne saurait trop insister sur les origines d'un lieu, surtout quand ce lieu se recommande par des ressources aussi précieuses que les eaux minérales et autres produits que l'industrie est susceptible d'utiliser.
On a fait peu de recherches sur les origines de Cambo. Cependant il est incontestable que ses bains et ses eaux thermales ont été connus dès la plus haute antiquité.
| ETABLISSEMENT THERMAL DE CAMBO 1852 ALBUM DES 2 FRONTIERES HENNEBUTTE BLANCHE ET FEILLET HELENE |
Les Vascons, d'après Suétone, allaient aux bains de Cambo, allaient y boire même les eaux minérales, comme remèdes à une foule de maladies.
L'empereur Commode les prit à l'intérieur pour combattre une faiblesse d'estomac.
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| EMPEREUR COMMODE |
Les médecins arabes Avicenne, Averrhoès, lors de la domination des Maures en Espagne, recommandent les eaux de Cambo dans plusieurs de leurs ouvrages, malheureusement perdus aujourd'hui.
Charlemagne, atteint de la pleurésie, prit, dit-on, intempestivement ces eaux minérales, ce qui accéléra la terminaison funeste de la maladie.
| CHARLEMAGNE |
En 1635, plusieurs souverains étrangers, entre autres des princes espagnols, allèrent prendre ces eaux.
Nous allons maintenant aborder ce qui se rapporte à l'histoire naturelle du pays.
| EGLISE DE CAMBO 1852 ALBUM DES 2 FRONTIERES HENNEBUTTE BLANCHE ET FEILLET HELENE |
A part l'entomologie, la faune y est peu riche ; mais il n'en est pas de même pour les richesses botaniques et géologiques.
C'est ainsi qu'entre Cambo et Itsatsou nous avons rencontré plusieurs plantes remarquables. Nous citerons l'Allium suaveolens, le Saxifraga gemu, le Crocus multifidus, le Cynanchum scandens ; sur les bords de la Nive : le Cardamine latifolia, Pinguicula grandiflora. — Au pas de Roland, au haut d'une éminence en quartz laiteux, nous avons cueilli le Menziezia dabeoci, plante du genre des bruyères.
Quant au terrain de Cambo, nous pensons, à rencontre de plusieurs géologues, que le terrain primitif domine à Cambo. Au pas de Roland, un peu avant de Itsatsou, on trouve une montagne entièrement en quartz, très dangereuse pour le touriste, car au bas se trouve un précipice sans fond. C'est là que, comme nous l'avons dit, nous avons cueilli la Menziezia dabeoci. Plus loin se trouvent les talcs schistes, les micas blancs, les kaolins, les feldspaths. Le kaolin provient, comme on le sait, de la désagrégation du feldspath par les eaux, car ce minéral, qui est un silicate double de potasse et d'alumine, laisse dissoudre par l'eau le silicate de potasse, tandis que le silicate d'alumine reste insoluble pour constituer le kaolin.
| PAS DE ROLAND ITXASSOU - ITSASU PAYS BASQUE D'ANTAN |
Ce dernier produit est le plus souvent, à Itsatsou, imprégné de beaucoup de silice ; ce qui rend indispensable et même nécessaire de le soumettre à un lavage avant de l'employer. La silice se dépose, et le kaolin ou argile blanche surnage.
En suivant la grande route qui mène à Itsatsou, on trouve, à gauche en allant, un gisement de schistes disposés en zigzag, que les géologues appellent schistes contournés, qui ne sont autre chose que les schistes ardoisiers d'Angers. Ces schistes contournés sont parvenus à fleur de terre par suite de soulèvements, et, d'après M. Delbos, ceux-ci seraient contemporains de l'époque où apparurent les ophytes de Dax.
Nous ne ferons pas ressortir ici l'utilité de tous ces minéraux en industrie et en agriculture. Chacun, à coup sûr, appréciera, sans être un savant, les avantages à retirer de l'exploitation convenablement dirigée de la terre à porcelaine.
| VUE DE CAMBO 1852 ALBUM DES 2 FRONTIERES HENNEBUTTE BLANCHE ET FEILLET HELENE |
Pendant longtemps, le mica blanc servit à faire des boîtes où l'on mettait le vaccin pour l'expédier dans les contrées lointaines.
Il est incontestable que la majeure partie des galets ou cailloux roulés proviennent des quartz laiteux et des talcs schistes gris et noirs entraînés par la Nive, l'Adour, le Gave et la Bidouze ; les débris de ces minéraux, en se frottant les uns contre les autres par l'action des courants, s'usent par leurs aspérités et par le tranchant des arêtes, pour former ces cailloux roulés employés par l'administration des ponts et chaussées à l'empierrement des grandes routes.
Les alluvions pierreuses du Gave, de Peyrehorade et de l'Adour n'ont pas d'autre origine.
Naturellement, les terrains de Cambo étant primitifs, et ceux de transition s'y trouvant d'une façon très restreinte et très problématique, il s'y rencontre peu de fossiles ; mais le paléontologiste pourra se dédommager un peu plus loin. C'est ainsi que les carrières de Bidache, faisant partie du terrain crétacé inférieur, offriront au touriste et au savant curieux une ample moisson de pierres calcaires embellies et badigeonnées d'empreintes de fougères, de cycadées, de conifères, de palmiers antédiluviens.
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| VUE GENERALE DES CARRIERES DE PIERRES DE BIDACHE PAYS BASQUE D'ANTAN |



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