LA VIE À URT DU 16ÈME AU 18ÈME SIÈCLE.
Au 18ème siècle, la commune d'Urt compte environ 1 300 habitants.
Voici ce que rapporta Guy Leichtenaur, dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & arts
de Bayonne, en février 1973 :
"La Vie Communautaire et Paroissiale à Urt du XVIe au XVIIIe siècle.
... Ne quittons pas le quartier du Port sans mentionner le fameux bac de Pitres qui assurait le service d’une rive à l’autre de l’Adour, en un endroit situé légèrement en amont de la Place du Port, et guère plus haut que le pont métallique construit à la fin du siècle dernier. Ce passage dont la création remonte à une époque antérieure au XVIe siècle avait été établi à l’endroit de traversée jugé idéal, en raison de l’étroitesse du fleuve en ce point précis. A l’occasion d’un constat du Lieutenant Général des Lannes, nous apprenons que le possesseur de l’Estage de Pitres, en 1580, s’appelait Bernard de Cruchette, et qu’il était "Maître-Charpentier de navires", ce qui permet de penser qu’un chantier de construction de bateaux était installé là, avec sans doute, un lieu de passage connu et souvent emprunté. En 1678, dans un acte de vente de la propriété, qui était également agricole, figure la "galeire et le bateau qui servent pour le passage de la rivière". Plus tard, et lors d’une mutation, il est question de la Galupe et du même bateau. Enfin un jugement de 1753, précise que le Sieur de Roi de Montpellier sera tenu de se conformer aux ordonnances, arrêts, et règlements concernant les "bacs et passages". Le tarif du passage qu’il était autorisé à percevoir s’établissait comme suit : 6 deniers pour une personne à pied ; 2 sols pour une personne à cheval ; 2 sols par cheval ou autre bête chargé ou non chargé, y compris le conducteur ; 4 sols par chariot, charrette, carrosse, chaise, litière, ou autre voiture attelée avec 2 chevaux, mulets, ou bœufs ; 1 sol par tête supplémentaire, etc. Auparavant, en 1749, un arrêt du Conseil d’Etat avait fait défense au "Sieur Roi", ou ses représentants, de continuer l’exploitation du bac, et l’avait condamné à la restitution des fruits depuis 29 années ! Cet arrêt était intervenu à la suite d’une demande de l’Ecuyer de Roi à l’Amirauté de Bayonne, pour être déchargé de la "confirmation ou droit de passage" pour lequel il devait payer la somme de 60 livres. Il fit appel du jugement, et l’intendant de Pau, à la suite d’une intervention du Ministre de la Marine, émit l’avis d’accorder le droit de passage sous réserve que le bénéficiaire se pourvoit par devant Sa Majesté, pour obtenir lettres de concession du droit de bac et passage à Pitres, "s’il est jugé convenable". Cependant "par provision et sans tirer à conséquence", on lui permit d’en continuer l’usage et de percevoir les droits de passage dont nous avons pris connaissance. A titre documentaire, nous vous donnons ci-après quelques noms dans la longue lignée des propriétaires de Pitres : 1580 : Bernard de Cruchette ; 1678 : Bernard de Commarieu ; 1680 : Jean de Bruix ; 1720 : Jean Louis de Rol Montpellier. Des Maires de Bayonne sont issus de ces trois dernières familles ; il s’agit de Mathieu de Bruix (1724-1726) ; Pierre de Commarieu (1732-1736) ; de Rol-Montpellier (1737-1740) et (1762-1764).
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| PORT URT PAYS BASQUE D'ANTAN |
Nous avons dit qu’il fallait attendre le XVIIIe siècle pour apprécier le rôle dévolu aux Jurats. En fait, les premiers statuts accordés à la communauté d’Urt ne visaient qu’à préciser les droits d’usage des habitants sur les terres communes, sans oublier bien entendu les devoirs imposés à la population pour la conservation du bien collectif. Les nouveaux statuts datés du 1er avril 1754 vont nous permettre d’aborder d’autres questions, en particulier celles ayant trait à "la législation interne" du village". En ce qui concerne la population, quelle était son importance à cette époque ? Les chiffres suivants ne permettent guère de suivre son évolution. En 1700 : 1 000 communiants (?), c’est un chiffre proprement paroissial. En 1718 : 1 300 habitants répartis en 260 feux (ou maisons). En 1735 : environ 1 600 habitants. A cette date il y avait 128 maîtres de maisons et 194 locataires ou métayers. Il est difficile de déduire quoi que ce soit de ces chiffres. Contentons-nous d’un nombre variant de 1 200 à 1 600 habitants pour la première moitié du XVIIIe siècle.
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| PORT D'URT PAYS BASQUE D'ANTAN |
Examinons tout d’abord les devoirs communautaires imposés à nos Urtois. En premier lieu, obligation d’assister aux Assemblées publiques, qui se tenaient ordinairement le dimanche ou jour de fête. Une amende de 20 sols était appliquée aux absents non-excusés (la peine était de 5 sols, en 1643) (art. 2 des statuts). La Communauté ayant obtenu le renouvellement de l’établissement d’un marché aux bestiaux, tous les vendredis, les chefs de famille devaient s’y rendre ou s’y faire représenter sous peine de 3 livres d’amende pour les possesseurs de bêtes, et 30 sols pour les autres (art. 3). Nul ne pouvait se soustraire aux corvées destinées à la réparation des chemins de son quartier, lorsqu’il avait été désigné par le jurat responsable, et aucun salaire ne devait être réclamé (art. 6). Les Syndics responsables des terres et prairies communes devaient faire nettoyer et curer les fossés et canaux et faire réparer et entretenir les "trompes", avant d’autoriser les semailles de maïs, appelé "bled d’Inde". Là aussi les preneurs (partprenants) de ces terres devaient obéir à la réquisition des Syndics (art. 33 et 34). Dans les nouveaux statuts, un élément nouveau apparaît : c’est le contrôle des cabaretiers en ce qui concerne l’approvisionnement en vin originaire de la Paroisse et sa taxation variable en cours d’année suivant sa qualité et la quantité locale disponible.
| CHANTIER DE CONSTRUCTION DE BATEAUX SUR L'ARAN URT PAYS BASQUE D'ANTAN |



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