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jeudi 27 août 2026

LA VIE COMMUNAUTAIRE ET PAROISSIALE À URT EN LABOURD AU PAYS BASQUE DU XVIÈME AU XVIIIÈME SIÈCLE (deuxième partie)

 

LA VIE À URT DU 16ÈME AU 18ÈME SIÈCLE.


Au 18ème siècle, la commune d'Urt compte environ 1 300 habitants.



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CARTE DE URT 1887
ETUDE LINGUISTIQUE JULIEN SACAZE



Voici ce que rapporta Guy Leichtenaur, dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & arts 

de Bayonne, en février 1973 :



"La Vie Communautaire et Paroissiale à Urt du XVIe au XVIIIe siècle.



... Les Syndics devaient s’employer à percevoir des particuliers, le prix des terres usurpées ; ces nouveaux propriétaires reconnus, payaient en plus un sol tournois de droit par arpent. Pour apaiser quelque peu les esprits, le Seigneur Baron concéda en plus, aux Syndics, 100 arpents de taillis ouvert, et 150 arpents de "terre haute" (sur le plateau, et de ce fait non inondable), située dans un endroit choisi par eux, à charge de les partager entre les habitants qui devront les défricher, les fermer, et les cultiver. Douze maisons pouvaient y être construites, chacune avec droit de voisinage et pâturage moyennant un sol tournois de fief par arpent, et cinq sols plus une poule pour chaque maison bâtie. Chaque acquéreur devant régler les droits d’usage, et être inscrit au rôle de la taille. Des concessions furent faites en faveur des Syndics (certains, anciens Jurats) à raison de 2 à 4 arpents chacun, choisis dans les lieux "les plus commodes", contre payement d’un sol par arpent. Il s’agissait de terre à fougère, de barthe et de taillis. 81 habitants dont le bayle et 4 jurats approuvèrent cette transaction établie à l’entrée de l’église d’Urt, le 2 mars 1617, avant midi, et ratifiée le lendemain en la Maison Saubadon, après-midi. 



La lecture de l’acte, d’ailleurs fort long, donne une impression de sévérité dans la définition précise des droits de la Seigneurie. Celle-ci fort ancienne, puisqu’il y avait en 1499 un Baron d’Urt issu de la maison de Gramont (Jean II). En novembre 1648, furent accordées par le Roi Louis XIV, les lettres patentes qui érigeaient en Duché-Pairie le domaine du Maréchal de Gramont. Dans l’énumération des Comtés et Baronnies figurent les Baronnies de Sames, Leren, Saint-Pée, Bardos et Urt, situées dans le Duché de Guyenne. En 1698, dans un mémoire sur la Généralité de Bordeaux, M. de Bessons, Intendant Général de Guyenne, nous dit : "Il y a dans la Sénéchaussée de Bordeaux, neuf grandes Sénéchaussées. Il y a quatre Sénéchaussées moins considérables. Dans la Sénéchaussée de Bayonne, il y a un bailliage particulier pour tout le pays de Labourd, à la réserve des paroisses de Guiche, Bardos et Urt qui font partie du Duché de Gramont... Trois communautés ont été distraites des Assemblées, ne contribuent pas aux affaires du pays, et font partie du Duché de Gramont". En 1763, les Communautés d’Urt, de Guiche et de Bardos furent réunies aux autres Paroisses du Labourd pour les affaires administratives ; pour les affaires judiciaires, elles continuèrent à faire partie de la Seigneurie de Bidache dont les Ducs de Gramont étaient titulaires.



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RUINES CHÂTEAU DE BIDACHE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les îles.



Nous ne voudrions omettre, de vous parler pour mémoire, des fameuses îles de l’Adour qui firent l’objet de nombreuses enquêtes et procès. Ces îles, vraies (Berenx) ou fausses (Le Saudan) qui étaient assez nombreuses au XVIe siècle se trouvaient : la première un peu en amont de Bayonne, la dernière étant située vers Guiche. Certaines étaient habitées (Pitres, Picariot, Berenx), d’autres ne constituaient qu’un banc de sable recouvert par les marées. Du point de vue territorial et administratif, elles dépendaient de la Ville et de l’Amirauté de Bayonne ; l’Amirauté en tant que "haut justicier des deux rives de l’Adour" jusqu’au point où se terminait "Le grand flot de mars". L’autorité de la Cité proprement dite s’étendait depuis Le Boucau jusqu’à Hourgave (Bec du Gave). La Ville disputa maintes fois à l’Amirauté des droits, notamment sur la pêche. En ce qui concerne les bateliers qu’on nommait "Chalantiers" et les "radeleurs", leurs professions dépendirent très tôt des services de l’Amirauté. 



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ÎLE DE BERENX 
40 ST BARTHELEMY
LANDES D'ANTAN



Le droit de perception de la dîme était revendiqué par l’Evêché de Bayonne, encore que d’autres décimateurs prétendirent à ce droit. Citons le Chapitre de Bidache, le Monastère de Sordes, et même les Jacobins de Bayonne. Certains propriétaires ou métayers déclarèrent, au cours d’une enquête, s’acquitter auprès du Seigneur de Gramont. Le Syndic du Chapitre de Bayonne assigna les propriétaires des îles voisines d’Urt, devant le sénéchal, au siège de Bayonne, le 24 septembre 1580. Le jugement fut rendu en faveur de l’Evêché ; en voici un extrait ayant trait à Pitres : "Le Syndic des Evêque et Chapitre de Bayonne aurait obtenu certain mandement du Seneschal des Lannes, ou son Lieutenant au siège dud. Bayonne contre Bernard de Cruchette, maistre charpentier de navires, comme possesseur de l’estage, appelé l’isle de Pitres, sur la rivière de l’Adour, près du lieu d’Urt... aux fins de se veoir condemner et contraindre à payer aud. sindic, le droit de dixme et premice des fruictz qu'ilz, et chacun (ils étaient plusieurs possesseurs d’îles) avoient recueillis en susd. terres, tant en lad. année que ez trois années, lors dernieres



La déclaration du revenu sur lequel était basée la dîme, devait être faite sous serment, en l’église d’Urt et devant témoins, en levant la main droite au-dessus de l’autel. C’était le cérémonial en usage. 


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EGLISE D'URT
PAYS BASQUE D'ANTAN



En contrepartie, et depuis sans doute fort longtemps, le "service spirituel" des îles était assuré par le prêtre le plus proche de ces lieux. Auparavant, ce service relevait probablement de l'abbaye de Sordes. En 1733, l’Evêché de Bayonne confia officiellement au Curé d’Urt le soin d’assister "tant en santé, qu’en maladie" les habitants des îles de Berenx, Pitres et Picariot, lui assurant annuellement 30 livres, soit 10 livres par maison, et 20 livres supplémentaires pour le service du Saudan. L’acte passé à cette occasion mentionne que : "(extrait) depuis lequel jour led. Sr. de Vandin, curé, a porté ses soins pour lesd. habitants et demeurans auxd. isles et islots, administré les sacrements tant en santé qu’en maladie, et donne tous les secours spirituels requis et nécessaires dans l’occasion, tout ainsy et de même qu’il en use et pratique pour ses véritables paroissiens...



Les droits de Bayonne sur les îles étaient très nets puisque les acheteurs éventuels adressaient leurs offres et propositions au Maire de la ville ; celui-ci nommait une commission qui se rendait sur place avec l’acheteur, afin d’établir un rapport (état des lieux, et situation du bien). Le prix était ensuite fixé par le Conseil. On trouve ce passage dans un acte de vente du 1er octobre 1548 ayant trait à une île et deux îlots voisins situés du côté de Saint-Laurent-de-Gosse ; (extrait) "et le tout ouy par lesd. sieurs Licencie, Eschevins, et Conseil, firent venir à eulx led. de Lagarrande, auquel, pour eulx et leurs successeurs et autres quy de luy auroict à l’advenir, firent bail, vente et délivrance desd. louppins de terre pour doresenavant en jouir et user, comme de son bien propre, deuement acquis, moienant la somme de quatre livres tournois..." auquel il faut ajouter une rente foncière annuelle de 5 sols, payable tous les Noëls. 



En 1739, une attestation délivrée par le Conseil de Ville de Bayonne précise que les habitants des îles "font partie de la Juridiction de Bayonne, mais qu’ils ne sont pas compris dans les rôles de la Garde Bourgeoise, ni dans celle de la Capitation". Plus tard, (1782), un certificat du curé et des jurats de la Paroisse d’Urt mentionne que tous "les métayers de la Maison Noble de Lissalde ont été toujours capités (imposés) en cette paroisse, où ils vivent, meurent, et sont enterrés".



Nous avons dit en tête de ce paragraphe qu’il y avait de fausses îles au sens moderne du terme ; il en était ainsi du "Saudan" situé entre l’Aran et l’Adour, qui fut partagé à une certaine époque (vers 1640) entre la ville de Bayonne, le comte de Gramont, et les villages de Guiche, Bardos, et Urt. La ville avait essayé de vendre la partie lui appartenant, mais ne le pouvant, avait affermé sa terre. Pour en terminer avec les îles, signalons que c’est en 1744 qu’on nomma un gardien pour une île récemment formée un peu en amont de celle de Berenx. En 1750, cette île fut achetée par un certain de Galard, propriétaire de Berenx.



Il s’agissait de l’île de Mangot qui prit son nom d’une métairie située sur la terre ferme. Il est certain que cette île fut formée d’une partie des terres détachées de la métairie. D’ailleurs l’acte de vente comprend les deux biens. Les travaux entrepris à l’embouchure de l’Adour ont du contribuer au cours des siècles, à modifier le tracé du fleuve, créant des îles par élargissement des canaux, ou les faisant disparaître par la violence momentanée de son débit."




A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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