LA VIE À URT DU 16ÈME AU 18ÈME SIÈCLE.
Au 18ème siècle, la commune d'Urt compte environ 1 300 habitants.
Voici ce que rapporta Guy Leichtenaur, dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & arts
de Bayonne, en février 1973 :
"La Vie Communautaire et Paroissiale à Urt du XVIe au XVIIIe siècle.
... Les Syndics devaient s’employer à percevoir des particuliers, le prix des terres usurpées ; ces nouveaux propriétaires reconnus, payaient en plus un sol tournois de droit par arpent. Pour apaiser quelque peu les esprits, le Seigneur Baron concéda en plus, aux Syndics, 100 arpents de taillis ouvert, et 150 arpents de "terre haute" (sur le plateau, et de ce fait non inondable), située dans un endroit choisi par eux, à charge de les partager entre les habitants qui devront les défricher, les fermer, et les cultiver. Douze maisons pouvaient y être construites, chacune avec droit de voisinage et pâturage moyennant un sol tournois de fief par arpent, et cinq sols plus une poule pour chaque maison bâtie. Chaque acquéreur devant régler les droits d’usage, et être inscrit au rôle de la taille. Des concessions furent faites en faveur des Syndics (certains, anciens Jurats) à raison de 2 à 4 arpents chacun, choisis dans les lieux "les plus commodes", contre payement d’un sol par arpent. Il s’agissait de terre à fougère, de barthe et de taillis. 81 habitants dont le bayle et 4 jurats approuvèrent cette transaction établie à l’entrée de l’église d’Urt, le 2 mars 1617, avant midi, et ratifiée le lendemain en la Maison Saubadon, après-midi.
La lecture de l’acte, d’ailleurs fort long, donne une impression de sévérité dans la définition précise des droits de la Seigneurie. Celle-ci fort ancienne, puisqu’il y avait en 1499 un Baron d’Urt issu de la maison de Gramont (Jean II). En novembre 1648, furent accordées par le Roi Louis XIV, les lettres patentes qui érigeaient en Duché-Pairie le domaine du Maréchal de Gramont. Dans l’énumération des Comtés et Baronnies figurent les Baronnies de Sames, Leren, Saint-Pée, Bardos et Urt, situées dans le Duché de Guyenne. En 1698, dans un mémoire sur la Généralité de Bordeaux, M. de Bessons, Intendant Général de Guyenne, nous dit : "Il y a dans la Sénéchaussée de Bordeaux, neuf grandes Sénéchaussées. Il y a quatre Sénéchaussées moins considérables. Dans la Sénéchaussée de Bayonne, il y a un bailliage particulier pour tout le pays de Labourd, à la réserve des paroisses de Guiche, Bardos et Urt qui font partie du Duché de Gramont... Trois communautés ont été distraites des Assemblées, ne contribuent pas aux affaires du pays, et font partie du Duché de Gramont". En 1763, les Communautés d’Urt, de Guiche et de Bardos furent réunies aux autres Paroisses du Labourd pour les affaires administratives ; pour les affaires judiciaires, elles continuèrent à faire partie de la Seigneurie de Bidache dont les Ducs de Gramont étaient titulaires.
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| RUINES CHÂTEAU DE BIDACHE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Les îles.
Nous ne voudrions omettre, de vous parler pour mémoire, des fameuses îles de l’Adour qui firent l’objet de nombreuses enquêtes et procès. Ces îles, vraies (Berenx) ou fausses (Le Saudan) qui étaient assez nombreuses au XVIe siècle se trouvaient : la première un peu en amont de Bayonne, la dernière étant située vers Guiche. Certaines étaient habitées (Pitres, Picariot, Berenx), d’autres ne constituaient qu’un banc de sable recouvert par les marées. Du point de vue territorial et administratif, elles dépendaient de la Ville et de l’Amirauté de Bayonne ; l’Amirauté en tant que "haut justicier des deux rives de l’Adour" jusqu’au point où se terminait "Le grand flot de mars". L’autorité de la Cité proprement dite s’étendait depuis Le Boucau jusqu’à Hourgave (Bec du Gave). La Ville disputa maintes fois à l’Amirauté des droits, notamment sur la pêche. En ce qui concerne les bateliers qu’on nommait "Chalantiers" et les "radeleurs", leurs professions dépendirent très tôt des services de l’Amirauté.
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| ÎLE DE BERENX 40 ST BARTHELEMY LANDES D'ANTAN |
Le droit de perception de la dîme était revendiqué par l’Evêché de Bayonne, encore que d’autres décimateurs prétendirent à ce droit. Citons le Chapitre de Bidache, le Monastère de Sordes, et même les Jacobins de Bayonne. Certains propriétaires ou métayers déclarèrent, au cours d’une enquête, s’acquitter auprès du Seigneur de Gramont. Le Syndic du Chapitre de Bayonne assigna les propriétaires des îles voisines d’Urt, devant le sénéchal, au siège de Bayonne, le 24 septembre 1580. Le jugement fut rendu en faveur de l’Evêché ; en voici un extrait ayant trait à Pitres : "Le Syndic des Evêque et Chapitre de Bayonne aurait obtenu certain mandement du Seneschal des Lannes, ou son Lieutenant au siège dud. Bayonne contre Bernard de Cruchette, maistre charpentier de navires, comme possesseur de l’estage, appelé l’isle de Pitres, sur la rivière de l’Adour, près du lieu d’Urt... aux fins de se veoir condemner et contraindre à payer aud. sindic, le droit de dixme et premice des fruictz qu'ilz, et chacun (ils étaient plusieurs possesseurs d’îles) avoient recueillis en susd. terres, tant en lad. année que ez trois années, lors dernieres.
La déclaration du revenu sur lequel était basée la dîme, devait être faite sous serment, en l’église d’Urt et devant témoins, en levant la main droite au-dessus de l’autel. C’était le cérémonial en usage.
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| EGLISE D'URT PAYS BASQUE D'ANTAN |




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