lundi 2 octobre 2017

LES CERISES DE GUICHE EN LABOURD AU PAYS BASQUE


LES CERISES DE GUICHE EN 1942.

On connaît au Pays Basque les cerises d'Itxassou, mais les cerises de Guiche étaient aussi renommées depuis longtemps.

Voici ce qu'en rapportait la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, pendant 

l'occupation allemande, le 15 juin 1942 :

"Cerises de Guiche. 

Comme sur les pentes voisines d’Itxassou et d'Espelette, les côteaux gascons de Guiche se couvrent au printemps des blanches corolles des cerisiers en fleurs. Là encore, les arbres se disséminaient au voisinage des fermes, entourant de leur cortège fleuri la raide colline où surgit toujours le puissant château féodal. Les Grammont..., Corisande...: que de souvenirs! 

pays basque autrefois
GUICHE
PAYS BASQUE D'ANTAN



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GUICHE
PAYS BASQUE D'ANTAN

"Guiche-la-Morte", disait le poète et écrivain local Jean Rameau, mort tout récemment.  A vrai dire, tout autre était l'aspect de Bruges la Morte, la cité chère à Rodenbach. Sur la ligne bleue de la colline, le clocher de Guiche découpe toujours sa silhouette "à dus dits dou céou"(à deux doigts du ciel) assure le proverbe gascon. 


Mais Guiche était non moins renommée pour ses cerises : il en était encore ainsi vers 1900. Ici, toutefois, un certain déclin est venu par rapport au passé. Mais, en l’an de grâce 1942, c'est de la pénurie de sucre que souffrent surtout les ménagères de Guiche : noires ou rouges, les cerises ne servaient-elles point à confectionner l'imposante rangée des pots de confiture ? Une mince couche d’eau-de-vie les protégeait de l’air ambiant sous le couvercle de papier blanc à la soigneuse ficelle. Bien mieux, cueillis sur l’arbre même, pour éviter de les laisser mâcher dans leur chute, les fruits les plus beaux et les plus sains, privés de leurs queues, gagnaient les bocaux de verre, remplis de cette même eau-de-vie : ces "cerises à l'eau-de-vie" faisaient la joie des gourmets, "l’alcool" ayant été quelque peu pourvu de sucre. 


pays basque autrefois
GUICHE
PAYS BASQUE D'ANTAN



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GUICHE
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PAYS BASQUE AUTREFOIS
GUICHE
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Comme pour les cerises d’Itxassou, Bayonne offrait le voisinage de son marché. Au nombre des cris gascons des rues de la cité, on entendait retentir d’une voix aigüe le cri des Crainquebille locaux : « A le cerise de Guiche ! A Couat sos le liure de cerises, à Couat sos! Aou bigarréou ! » (A la cerise de Guiche. A quatre sous, la livre de cerises, à quatre sous ! Au bigarreau!) Quatre sous la livre, ô temps évanouis! Dire qu’il en était ainsi il n’y a pas un demi-siècle..


1808 vit la cerise de Guiche devenir un fruit impérial. Le 16 mai, Napoléon, Joséphine, le général Duroc, et Madame Montmorency quittèrent Bayonne à la cale du Moulin aux Allées Marines . Il serait trop long de raconter ici l’excursion : Ducéré en a confié le récit au Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne en 1906. Remontant l'Adour, après l'île de Lahonce, l'excursion  impériale aborda l'île de Bérenx en face d’Urt dans un site splendide. Un déjeuner champêtre, arrosé de Chamhertin (le vin préféré de l’Empereur), fût servi dans l'île même. Sur sa fin, le fermier de l'île de Bérenx reparut, portant une corbeille de ces belles et savoureuses cerises de Guiche et que Napoléon accueillit avec une joie d'écolier. Il en mangea avec plaisir et s'extasia, sur leur fraîcheur. L'Empereur réclama même au paysan l’envoi de cerises semblables à son château Bayonnais de Marracq. "Viens toi-même, ajouta-t-il et demande le grand maréchal Duroc". 


pays basque autrefois
GUICHE
PAYS BASQUE D'ANTAN



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Ce que notre homme ne manqua de faire, amenant avec lui une fillette d’une douzaine d’années et tenant de son autre main un panier de magnifiques cerises. L’Impératrice embrassa la fillette; l’Empereur offrit "au vieux soldat" une tasse de café. Puis celui-ci et la fillette repartirent, gratifiés respectivement d’une montre en or et d’un rouleau de napoléons en or... Tel est le récit d’un cavalier de la garde d'honneur bayonnaise de Napoléon 1er. Comme les cerises d’Itxassou descendent quelque peu vers Espelette, Urt et Guiche se succèdent côte à côte en bordure du grand Adour. 


Ainsi, en 1808. les cerises de Guiche connurent la faveur impériale. Ducéré assure même que "leur réputation était faite depuis longtemps". Le succès de la vogue et de la mode se porte aujourd’hui principalement sur d’autres. Ainsi passe la gloire de ce monde même pour les cerises..."


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P.S. C'est le poète Lalanne, à Dax. qui est l’auteur des Eaux de Cambo, où il est question des cerises d’Itxassou et de ce "commerce à noyau". M. Fourcassié le cite en bonne place dans son Histoire du Pyrénéisme."


Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 656ème article.


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