mercredi 18 octobre 2017

LES FEMINISTES AU PAYS BASQUE NORD EN 1924

LES FÉMINISTES AU PAYS BASQUE NORD EN 1924.


Il n' y a pas si longtemps que les droits des femmes ont réellement commencé à évoluer en France.




L'ACTION FEMINISTE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Pour rappel, voici un bref rappel non exhaustif, sur les deux derniers siècles de l'évolution des 

droits des femmes en France :

  • En 1791, Olympe de Gouges rédige la "Déclaration des droits de la femme et de la 
citoyenne".

  • En 1792, la loi permet le divorce par consentement mutuel.

  • En 1804, le Code Civil prévoit que "le mari doit protection à la femme, la femme doit 
obéissance à son mari".

  • En 1850, création obligatoire d'écoles de filles dans les communes de 800 habitants.

  • En 1924, uniformisation des programmes masculins et féminins et création d'un 
baccalauréat unique.

  • En 1938, suppression de l'incapacité juridique de la femme mariée.

  • En 1944, droit de vote et d'éligibilité pour les femmes.

  • En 1956, fondation de la "maternité heureuse" qui deviendra en 1960 le Mouvement 
Français pour le Planning Familial.

  • En 1965, les femmes mariées peuvent exercer une profession sans l'autorisation de leur 
mari.

  • En 1967, la loi Neuwirth autorise la contraception.

  • En 1970, l'autorité parentale remplace la puissance paternelle.

  • En 1975, c'est la loi Veil pour l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG).

  • En 1976, la mixité devient obligatoire pour tous les établissements publics.



Voici ci-après ce que la presse locale a rapporté parfois de ce combat dans les Basses-Pyrénées.

  • La Gazette de Bayonne,  de Biarritz et du Pays Basque, dans son édition du 10 août 1923 
rapportait :

"Revendications féminines. 

La Fédération féministe du Sud-Ouest vient de tenir son Congrès à Pau et les distinguées déléguées à ces assises n’ont pas consacré moins de trois longues séances à l’ examen des attestions intéressant leur cause. 


Peut-être, à ce Congrès, a t-on médit des hommes — oh! avec cette grâce féminine que rien n’égale — mais y a-t-on médit quand même au sexe laid. Il est certain que les sénateurs qui ont refusé d'accorder aux femmes le droit de vote, ont du passer un mauvais quart d'heure lorsque les déléguées des Pyrénées, Basses et Hautes, ainsi que de la Dordogne et de la Gironde, abordèrent ce chapitre de l'ordre du jour. Mais il faut observer qu’elles ne se découragent point pour si peu, ainsi que l’a fait remarquer, avec éloquence, Mme Bérard, qui présidait. Des conférences vont être faites dans douze départements, où les oratrices vont aller prêcher la croisade pour le droit de vote des femmes. 


Mais on n’a pas attendu ces conférences pour en parler copieusement. 


Dans son rapport sur le suffrage des femmes, Mme Castetbielh, a montré "la nécessité dans un pays républicain, de donner non seulement l'instruction, mais faire aussi l'éducation civique des jeunes gens des deux sexes dans les œuvres post-scolaires tendues obligatoires". 


Une discussion s'engagea là dessus, d'où il ressortit qu’il ne suffit pas de faire appel à l'intelligence de la jeunesse, mais de s'adresser aussi à son coeur, de former des consciences. Pour cela, il faudrait s’inspirer de l’histoire du passé, de donner en exemple les luttes de nos ancêtres pour arriva à une humanité meilleure. Non seulement combattre l'égoïsme, mais se servir aussi des forces morales de la Société, des vertus innées de la race française, afin d’amener les jeunes gens au désir ardent de bien faire, par les élans désintéressés du cœur, pour atteindre plus de beauté morale, plus de justice et de bonté. 


Les conclusions de Mme Castetbielh ont été votées à l’unanimité : 

"Considérant que les Françaises sont capables tout aussi bien que les femmes des pays suffragistes d’exercer leur droit civique; 

Considérant que les pouvoirs publics négligent complètement l'éducation civique du citoyen, 

Le Congrès de la F. F. du Sud-Ouest demande : 

1. Que le droit de vote soit le plus tôt possible octroyé aux femmes de France;  

2. Que soit rendue obligatoire l’éducation civique des deux sexes."


Ajoutons, pour rendre hommage à l'impartialité et à la grande courtoisie des congressistes, que celles-ci ont bien voulu admettre des hommes à prendre la parole. 


C'est ainsi que M. Carrère, officier de la Légion d'honneur, délégué de Toulouse, a fait connaître son opinion. Il ne pouvait faire différemment que d’approuver, d’autant plus qu’il est un féministe convaincu. Et le tout s’est terminé par un pressant accueil au Sénat pour le vote de la réforme. 


Comment nos aimables sénateurs auraient ils le coeur de résister à tant de séduction — soit dit, sans aucune intention ironique."


COMBAT FEMINSTE  POUR LE DROIT DE VOTE



COMBAT FEMINSTE  POUR LE DROIT DE VOTE



COMBAT FEMINSTE  POUR LE DROIT DE VOTE



COMBAT FEMINSTE  POUR LE DROIT DE VOTE

  • La Gazette de Bayonne,  de Biarritz et du Pays Basque, dans son édition du  11 mars 1924 
indiquait :

"Les dames féministes des Basses-Pyrénées — au fait ne le sont-elles pas toutes, du moins en action — vont se réunir à Pau jeudi prochain 13 mars. Un 13 et le débat se poursuivra peut-être le lendemain vendredi !... On voit que nos féministes s’affranchissent des superstitions. On va discuter à l’assemblée générale du groupe de "la propagande féministe durant la période électorale" et de "la femme française devant le code civil", avec une causerie de Mme de la Harpe. Des réunions, des écrits, des polémiques, peut-être, tout cela féministe, en période électorale ! Voilà qui complique la situation..."


  • La Gazette de Bayonne,  de Biarritz et du Pays Basque, dans son édition du  21 mars 
1924 poursuivait :

"Chez les Féministes des Basses-Pyrénées.

L'Assemblée générale du groupe féministe des Basses-Pyrénées, vient de se tenir à Pau sous la présidence de Mme Lortet. On nous en communique le compte-rendu suivant : 

Après adoption du rapport moral et du rapport financier, les féministes présentes à la réunion se sent préoccupée de la propagande à faire durant la période électorale : papillons, affiches, questionnaire à adresser à chaque candidat, démarches individuelles, articles de presse, questions verbales aux candidats dans les réunions publique, au besoin mémo manifestations et meetings sur la voie publique, tels sont les moyens de propagande envisagés afin d’attirer non seulement l'attention des candidats, mais aussi l'attention du public, sur nos revendications bien légitimes. 


L'ordre du jour suivant a été volé à l'unanimité :

"L'Assemblée générale du Groupe féministe des Basses-Pyrénées, qui s’est tenue à Pau, le 13 mars 1924, considérant que les femmes françaises donnent journellement des preuves de leurs capacités physiques, intellectuelles et morales, égales à celles des hommes, qu’elles ne sont donc pas inférieures aux 150 millions de femmes qui possèdent à l’heure actuelle le suffrage intégral, q'en outre le concours de "toutes" les femmes est absolument indispensable à l’instauration d’une paix réelle et libératrice de tous les opprimés et de toutes les victimes du droit et de la justice, 


Repousse énergiquement, tout projet de loi ou amendement relatif au vote féminin par catégories et insiste auprès du Comité central pour qu’il renouvelle ses démarches présentes auprès des parlementaires afin que le suffrage "intégral", soit accordé à bref délai aux femmes françaises."


Mme de la Harpe donne des preuves irréfutables des injustices du Code Civil à l'égard de la femme mariée. L’article 304, lui interdit de vendre, d’acheter, d’administrer ses biens, de contracter un bail, d’ester en justice, sans autorisation maritale. Le père seul a le droit de surveiller l’éducation de ses enfants, leurs études, leur apprentissage et d'administrer leurs biens, qu’il peut dilapider, si bon lui semble. Si la femme se résoud à demander le divorce afin de se libérer d’une tutelle oppressive et de sauvegarder l'avenir de ses propres enfants, elle ne peut l'obtenir qu’au prix d'innombrables difficultés de toutes sortes, la loi, même relative au divorce étant tutélaire pour le mari et tyrannique pour la femme. Enfin les biens de la femme étant confiés au mari au cours de l'instance en divorce et ne devant être restitués à la femme qu'à la liquidation des comptes, c’est-à-dire cinq ou six ans après la demande en divorce, et dans l'état où ils se trouvent à ce moment là, ces biens sont dilapidés en très grande partie. Aussi la femme divorcée est-elle le plus souvent ruinée après la liquidation des comptes. 


Les féministes ont donc bien raison de réclamer l’égalité complète entre l’homme et la femme, même dans le mariage. Cette égalité seule est susceptible d’améliorer les conditions d’existences de la famille moderne, au profit d’une union plus sincère et plus durable. — La secrétaire : Maria Dachary."





(SOURCE : http://www.infofemmes.com/v2/p/Se-documenter/Historique-du-droit-des-femmes/60)

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