Le marquis d'Arcangues, président du Syndicat d'Initiative, adresse aux commerçants les remerciements suivants :
Mesdames,
Messieurs,
On ne fait jamais appel en vain à votre générosité. Vous venez d'en donner une fois de plus une preuve éclatante en envoyant de magnifiques prix pour le "Dîner des Cent Robes".
Bien qu'il ne se passe pas de semaine, en cette saison, où l'on vienne solliciter votre charité en faveur d'oeuvres intéressantes certes, mais multiples, et bien qu'à chaque fois vous ouvriez largement votre bourse, vous avez en cette occasion, où l'élégance de Biarritz était en jeu, répondu en vous imposant un sacrifice de plus, afin qu'il ne soit pas dit que vous ne vous intéressiez pas à la population de votre ville.
Au nom du Syndicat d'Initiative de Biarritz et du Comité Directeur de cette Fête, je vous remercie.
C'est pour les membres du Conseil d'administration du Syndicat d'Initiative une satisfaction très grande de voir que vous reconnaissez ainsi par vos subventions et par vos dons en nature de grande valeur, les efforts que nous ne cessons de faire en vue de poursuivre la tâche que nous nous sommes imposée.
Le "Dîner des Cent Robes" a été un très grand succès dont les échos retentiront au loin, produisant par une heureuse publicité, une propagande inappréciable.
Si ce succès vous est dû en grande partie, par les beaux objets que vous nous avez envoyés, il convint également de rendre hommage au dévouement et au travail qui furent dépensés en cette circonstance.
Les Salons du Casino offraient un coup d'oeil magnifique. Leur nouvel éclairage, qu'il faudrait adopter définitivement, a satisfait tout le monde. M. Boulant, qui s'en est parfaitement rendu compte, étendra certainement cette heureuse transformation à la salle où l'on joue à la boule et à toute la pergola.
Il convient de rendre hommage au dévouement intelligent de M. Rouff, représentant de la Maison Worth et porte parole des grands couturiers de Paris. Il a puissamment aidé à l'organisation de cette fête, n'hésitant pas à y consacrer les quelques journées qui l'ont précédée.
M. Alfred Laulhé qui a réalisé avec son électricien en chef la rapide transformation de l'éclairage et dont l'activité et l'esprit pratique sont précieux dans des fêtes de ce genre.
Et enfin, le Chef et le Maître d'Hôtel qui ont réalisé le tour de force de faire et de servir 650 dîners et 650 excellents dîners fort bien servis.
Je tiens à signaler également, pour terminer, les trois secrétaires du Syndicat d'Initiative et le personnel entier du Casino, qui ont fait preuve d'une activité inlassable et du plus grand dévouement.
Je m'excuse, Mesdames et Messieurs, de citer dans cette lettre des noms étrangers au commerce, proprement dit, mais j'ai voulu profiter de cette occasion pour lui envoyer tous mes compliments.
Une fois de plus, je rends hommage à la grande générosité du Commerce de Biarritz et le salue avec reconnaissance au nom du Syndicat d'Initiative.
Pour le Conseil d'Administration,
Pour le Comité Directeur,
Marquis Pierre d'Arcangues, Président.
P.S. : Je sens qu'on va nous accuser d'oublier les charmants mannequins... C'est faux... Je voulais simplement les citer à part et à la fin pour mieux garder le souvenir de leur jeunesse et de leur grâce.
VESTIBULE CASINO BELLEVUE BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
Nous avons dit hier le beau succès de cette manifestation.
Voici la liste des numéros des robes primées : 8, 39,43, 54, 55, 66, 79, 83, 92, 95, 96, 98, 100, 103, 112, 113, 115, 125, 126, 127, 140, 144, 144, 166, 167, 187, 190, 208, 221, 222, 263, 306, 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313, 318, 324, 325, 331, 333, 338, 341, 369, 393, 399, 319, 321, puis cinq personnes qui avaient perdu leur numéro : Mme Arteche, Mme la Marquise de Gouy d'Arsy, Mme Dejian, Mme Koustnessoff et Mme Lili Dahita.
Cinquante-trois lots seront attribués à ces robes primées.
Les lots restant seront affectés comme prix à la manifestation d'après-midi qui aura lieu ultérieurement, soit à Aguiléra, soit dans un grand thé, où les robes d'après-midi concourront et seront primées.
Les numéros des robes gagnantes ont été obtenus par le dépouillement du scrutin, les objets affectés par tirage au sort entre ces numéros.
Il n'y a pas de premier, l'ordre ci-dessus adopté est simplement numérique.
Avis très important. — Les Dames propriétaires des numéros gagnants sont priées de venir retirer leur lot au Siège du Syndicat d'Initiative, place de la Liberté, de 9 heures à midi et de 2 heures à 6 heures, à partir de lundi matin. Elles devront être munies, comme il était spécifié sur le billet d'entrée, du bracelet portant leur numéro.
SALLE DE BACCARAT CASINO BELLEVUE BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
Il ne suffisait pas d'avoir une jolie robe, il la fallait bien portée et parmi les plus admirées, la Comtesse de M... obtint tous les suffrages. Sa toilette de chez Germaine était un modèle merveilleux.
Parmi les robes les plus jolies, celles de Mmes F...y, S...k, B...n, signées de Germaine, eurent un succès fou. Depuis trois semaines, ses ateliers travaillaient à rendre la perfection pour les toilettes de ses clientes qui rehaussèrent d'un éclat merveilleux cette soirée féérique.
MAISON GERMAINE COUTURE SPORT BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
Le clou de la soirée fut l'apparition d'une merveilleuse toilette vert dégradé qu'accompagnait une ravissante coiffure de cheveux verts avec un flot de Paradis. L'ensemble était des mieux réussi et a obtenu un véritable triomphe. Nous félicitons Mme Germaine qui portait elle-même sa création."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Une inoubliable manifestation d'élégance et de beauté.
Biarritz est assurément la ville de luxe et de beauté où l'on sait varier à plaisir pour la joie des yeux et du goût, les fêtes merveilleuses qui tout au long de l'année illustrent avec magnificence le fil des jours.
Depuis trois années, le Syndicat d'Initiative, et son président le Marquis d'Arcangues ont donné, au moment où Septembre marque l'apogée de la saison des manifestations mondaines grandioses et telles que le souvenir ne s'en peut effacer et qu'elles constituent une tradition que l'on peut égaler mais dépasser difficilement.
Et d'abord ce fut la fête Second Empire, dans cette nuit du Palais où les souvenirs et les présences royales prêtèrent un charme émouvant à toute la beauté de cette reconstitution historique.
TABLEAU LE BAL DU SECOND EMPIRE PAR GEORGES SCOTT
Petrouchka avait agité les grelots de ses folies, l'amusement de ses couleurs, les silhouettes byzantines ou cubistes de ses palais d'un soir, de ses fantaisies étourdissantes.
Il fallait compléter dignement cette année cette trilogie. Il fallait une idée ; c'était périlleux, difficile : le Marquis d'Arcangues a trouvé. Ce fut le Dîner des Cent Robes.
Là point de décors compliqués, point de mise en scène théâtrale, le Dîner des Cent Robes fut conçu comme le gala de l'élégance française.
Et pour lui donner un cadre digne de s'harmoniser avec cette beauté on choisit les nouvelles salles des fêtes du Casino Bellevue.
SALLE DE BACCARAT CASINO BELLEVUE BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
Le Dîner.
Aux portes se pressent des curieux qui veulent entrevoir les heureux privilégiés de ce dîner sans précédent. Six cents couverts sont retenus, et si les terrasses et les immenses salons avaient allongé pour un soir leur perspective, ç'eût été, mille, quinze cents personnes, que l'on aurait vus sous les cimaises brillantes.
Voici l'escalier de marbre, dont la rampe se cache sous les fleurs délicates. Au bas des marches d'immenses corbeilles de glaïeuls montent une garde gracieuse. Le coup d'oeil est splendide. La salle des fêtes tout entière, les pas perdus, le restaurant, le bar sont une énorme salle à manger, les tables blanches et leurs surtouts de fleurs forment un parterre d'une géométrie cubiste amusante. Partout des roses blanches, des roses rouges. Les immenses lustres déversent une douce lumière rose saumon, les plafonds et les vitrages sont doucement illuminés de feux mauves et orchidées qui font briller doucement l'éclat des marbres, se reflètent sur les cristaux, teintent discrètement les jolis visages.
VESTIBULE CASINO BELLEVUE BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
La plus élégante société se presse ici ce soir, toute la Côte Basque est ici. On ne peut imaginer le luxe admirable des toilettes, le bon goût qui a présidé à leur choix, la délicatesse des coloris, la somptuosité de féérie de bijoux prodigieux. Les assistants de ce dîner unique forment d'eux-mêmes le plus beau, le plus somptueux décor et les musiques scandent joyeusement ces heures de luxe et de joie.
Mais les heures s'envolent. Déjà de jolis mannequins ont apporté aux concurrentes des brassards de soie bleue qu'elles ont fixé à leur bras. Les yeux se braquent sur les plus ravissantes toilettes. Le choix en est si difficile, toutes ont rivalisé d'art et de goût ! A toutes les tables ont été distribuées des bulletins de vote, et les regards scrutent les salons, on cherche à sélectionner cette rare sélection.
De nouveau, les mannequins, rayons perlés, gazes légères, taffetas chatoyants, sont passés et ont repris les bulletins qui feront triompher les cent plus jolies robes.
Onze heures.
Les salles peu à peu sont envahies. Combien y a-t-il de danseurs ici ? Quinze cents peut-être. Tout est envahi, même l'immense pergola. Les jazz animent toute cette société joyeuse et trop vite passent les heures.
Bientôt ce tumulte va se taire, les jazz vont assoupir leurs notes joyeuses et seule, la mer bercera la fin de cette nuit, et chantera le triomphe de la fête française des Cent Robes.
Remarqué parmi les plus ravissantes toilettes :
Mme de Olazabal robe blanche perlée ; Mme Watts Stevens délicieux fourreau amande drapé, jade et émeraude ; duchesse de Croy, robe noire et brillants, ravissant diadème ; S. A. I. la grande duchesse Boris, robe blanche et dentelle argent, admirable émeraude en broche, manteau lamé ; marquise de Gouy d'Arsy, robe argent drapée ; duchesse del Monte, robe blanche diamantée ; comtesse de Gabriac, robe argent losangée ; Mme Ivanenko, robe pêche garniture cygne dégradé ; comtesse de Maillé, robe blanche toute perlée à reflets opalins ; Mme Corlette Glorney, robe blanche perlée fleurs rouges ; marquise de Fuente Hermosa, robe bouton d'or et brillants ; comtesse de Montesquieu, robe dentelle argent et cygne diadème brillants et opales ; lady Gosfor, robe taffetas blanc ; comtesse de Chevigné, exquise robe blanche ; Mme Loewenstein, robe perlée rose ; marquise de Paris, robe noire ; Mlle Richard F. Clahe, robe velours orchidée, brodée argent ; Mme Hastings Barber, robe droite orchidée brodée de perles, sautoirs de perles ; Mme Zanesco, robe rubis ; Mme Ribon, robe cyclamen drapée ; marquise douairière d'Arcangues, robe argent drapée ; Mme Ceballos, robe blanche drapée ; baronne Le Lasseur, robe lamée à reflets citron et verts ; Mme de Trincaud la Tour, robe rose et argent ; marquise de San Carlos, robe en panne blanche, légèrement drapée, motif en diamants ; comtesse de Yebes, robe copiée sur un vitrail arabe ; princesse Gargarine, en violet, motif de perles ; Miss Mabel Ball, splendide robe dentelles or et bleue brodées de perles, magnifique manteau de chinchilla et merveilleuse parure de diamants.
Reconnu parmi tant d'autres :
LL.A. II le grand duc et la grande duchesse Boris de Russie ; le prince et la princesse Amarjit de Kapurthal ; marquis, marquise et Mlle de Gouy d'Arsy ; comte et comtesse de Maillé ; comte et comtesse L. de Montesquiou Fezensac ; comte et comtesse de Chevigné ; marquis et marquise de Paris ; marquise douairière d'Arcangues ; marquis d'Alcedo ; duc et duchesse de Plasencia ; M. et Mme Anson ; marquis d'Arcangues ; duchesse del Monte ; comtesse de Gabriac ; générale Lasson ; baronne Huene ; duchesse de Croy ; baron George Huene ; comtesse de San Félix.
Mme Ivanenko ; M. et Mme de Olazabal ; marquis d'Auzac ; Mme Watts Stevens ; Mme Hastings Barber ; baron et baronne Pontenani ; duc de San Lucar ; Mme Ribon ; M. et Mme Loewenstein ; comtesse de Yebes ; M. et Mlle Petit ; comtesse de Lovera ; M. et Mme Paget ; baron et baronne Le Lasseur ; M. Pierre Lafitte ; Mlle de Moltke ; marquise de San Carlos.
Prince et princesse Loftallah ; M. et Mme Suxsock ; M. et Mme Aramayo ; marquis del Muni ; Mlles de Amezaga ; M. et Mme G. de Candamo ; M. et Mme Léglise ; M. Mme et Mlles de Poliakoff ; Mrs Gloney ; M. et Mme Pidal Soler ; comte Marchand ; Mme Redde ; Mme Fay ; M. et Mme Behring ; Mme et Mlle de Vivar ; M. et Mme Grono ; comte de Mendeville ; Mme Capus ; Mme Richard Clehe ; Mme et Mlle Ceballos ; Miss Hupfel ; Mme Zanesco ; prince et princesse Orsini ; M. et Mme Mac Addo ; baron du Bourdieu, etc...
Le nombre des suffrages exprimés a été si considérable qu'à l'heure où nous mettrons sous presse les résultats du vote ne nous sont pas encore parvenus.
Il faut adroitement et galamment jouer des coudes pour circuler à la travers la foule dorée et endiamantée, car la fête a un succès qui dépasse toutes les prévisions. On ne voit que visages épanouis, et c'est joie de baiser les jolis poignets des coquettes de sa connaissance que l'on rencontre... On nous demande, pour se frayer un passage, de servir de cavalier-servant et nous sommes vite une petite caravane, pour noter, ensemble, les plus belles robes que l'on croise en route. Exquise, tout uniment, une toute jeune et jolie Manon, coiffée à frimas. Voici Mme Della T... si fraîche toujours, si printanière, avec ses grands beaux yeux, et qu'on ne peut s'empêcher d'appeler "Mademoiselle", tant elle est jeune fille. Sa robe est un poème. Et voici celle la plus regardée, la plus admirée, qui s'impose par sa splendeur originale : toute en entrelacs de perles blanches, en motifs d'ogive, avec minuscules pendentifs de perles polychromes : c'est d'un grand couturier parisien ; elle est portée par la spirituelle et charmante Mlle Florentine Royb... (un grand nom de l'Art), qui est toute heureuse du suffrage que nous lui portons. Elle est entourée des très jolies robes de Mlle G... et de Mmes B... et G... Nous entrons, toute la bande rieuse, au "Cercle", où le jeu est en pleine effervescence, surtout à la table de cent louis de départ, où, à ce moment, une élégante jeune femme, en rose, tient la main, avec une chance persévérante.
Comme nous bavardons avec la très vivante et bonne Mme Boulant, vient à nous Mlle Kousnezow, avec une adorable robe de velours violet clair, merveilleusement brodée de bandes verticales d'argent, d'un goût discret, d'un effet exquis.
Nous lui déversons tous des conques de compliments, pour son grand succès d'hier, en Floria Tosca, et sa parure si artistique, qu'il "fait bon regarder".
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Dimanche dernier a eu lieu à Bidart l'inauguration du Monument aux Morts de la guerre. Dès 9 heures du matin, les cloches de la vieille église sonnaient à toute volée pour annoncer à toute la population que l'heure de rendre un hommage solennel à nos compatriotes tombés là-bas sur les champs de bataille était venue. On accourt de tous les côtés ; des quartiers les plus éloignés, des communes voisines, on vient très nombreux. Dix heures sonnent ; en une minute, la belle et antique église se remplit. M. Légasse, maire en tête, son dévoué adjoint M. Durquety, le Conseil Municipal, les députés, le conseiller général, les maires du canton, les invités de marque occupent les places qui leur sont réservées ; et la messe solennelle commence, chantée par M. le Chanoine Asconéguy, supérieur au Collège Saint-Louis de Gonzague de Bayonne.
Les chants sont magnifiquement exécutés par un groupe de jeunes filles et la masse des hommes qui remplit les tribunes. Après l'évangile, M. l'Abbé Doyhenard, vicaire de Biarritz et ancien capitaine, parle en basque de nos grands morts. En des accents émus, il dit de prêter l'oreille au son de la voix de ceux qui sont tombés là-bas. Au récit des derniers moments de ces héros, plus d'une larme coule dans l'assistance.
Au sortir de l'église, les clairons et tambours de la Société la "Jeanne-d'Arc" de Biarritz ouvrant la marche, on se rend à l'emplacement du monument. Le spectacle est ravissant : la place de Bidart est baignée de la lumière éclatante que prodigue en son midi un soleil magnifique. Le monument est là, voilé d'un drapeau tricolore, au milieu d'une terrasse dominant toute la place et entouré de verdures et de guirlandes que la main habile de notre compatriote M. Pierre Gélos a artistiquement disposées. Les diverses notabilités, le Conseil municipal, les membres des familles qui ont eu des morts à la guerre, les enfants des écoles montent près du monument.
Nous remarquons au premier rang : MM. Ybarnégaray, Castagnet, députés ; Général Lacrambe ; Barnetche, conseiller général ; Rev Mac Wiliams, consul des Etats-Unis ; Petit, Pinatel, Dufau, Doyhénard, Housset, maires du Canton ; Hieulle, Sérieyx, Ramond, Willems, Rateau, Dr Peyret, Barreau, Berckmans, etc...
En bas s'arrêtent la musique, les anciens Combattants, une foule immense. Tout à coup le voile tombe et le monument apparaît, oeuvre artistique de M. Paul Gomez, de Biarritz. C'est une pyramide sortie des carrières de Chauvigny et portant gravées sur ses faces une croix enguirlandée, un fantassin, un marin, un croiseur-cuirassé, le tout entouré d'un faisceau de drapeaux aux numéros des régiments des Basques.
Le Conseil municipal, M. et Mme Mac Williams, Mme Benoist, les Anciens combattants italo-belges des entreprises Berckmans, les Combattants, la Congrégation des Enfants de Marie, les diverses Sociétés de la Commune et les enfants des écoles font déposer leurs gerbes en couronnes. M. le Curé bénit le monument.
Et aussitôt, au milieu d'un profond silence, le Président de l'Union des Combattants de Bidart fait l'appel des 68 braves tombés au champ d'honneur. Long et émouvant moment où soixante-huit fois nous avons entendu les enfants crier : "Tombé au champ d'honneur !"
Aujourd'hui la commune de Bidart leur montre sa reconnaissance, ce monument est à eux. M. Sérieyx, au nom du Comité, le présente à M. le Maire. Dans un langage, très élevé, très digne et noble, M. Sérieyx raconta comment se forma le Comité du Monument ; il en fait la description et explique les divers symboles en des idées magnifique, sous une forme classique.
M. le Maire le remercie vivement ; voici d'ailleurs le texte entier du discours de M. le Maire :
"La voilà enfin réalisée, l'oeuvre simple et belle due au ciseau de l'artiste et compatriote M. Paul Gomez.
Je remercie M. Sérieyx qui, au nom du Comité, vient de remettre le monument à la commune. Je l'accepte avec reconnaissance, puisqu'il est destiné à perpétuer le souvenir de nos morts glorieux.
Je le remets à mon tour entre les mains de la population de Bidart qui en aura la garde et le transmettra aux générations futures, auxquelles il dira l'héroïsme des enfants de Bidart qui ont contribué à la défense de la Patrie, menacée par un barbare envahisseur.
Et vous, maîtres de l'enseignement, vous apprendrez à vos jeunes écoliers à le respecter et les accoutumerez à écouter les leçons qui s'en dégagent.
Ce monument, qui représente la tombe d'un poilu, avec la croix des tranchées, nous le devons d'ailleurs à vos généreuses offrandes, mes chers concitoyens, et si nous avons pu l'élever ainsi, c'est grâce au geste vraiment généreux d'une Reine, qui n'a cessé de nous combler de ses bienfaits. Toujours prête à secourir les infortunes, Sa Majesté la Reine Nathalie de Serbie et sa soeur, Mme la Princesse Ghyka, ouvrirent, durant la guerre, un hôpital dans leur résidence de Sachino.
REINE NATHALIE DE SERBIE PAYS BASQUE D'ANTAN
CHÂTEAU SACHINO BIDART PAYS BASQUE D'ANTAN
Mais non contentes d'avoir secouru les souffrances physiques, elles ont voulu, en contribuant pour une si large part à cette oeuvre de reconnaissance, que le monument destiné à conserver la mémoire de nos héros soit digne de leur sacrifice.
Daignent sa Majesté et sa soeur agréer l'hommage de notre gratitude.
Je ne puis passer sous silence le don si généreux de M. Hieulle, le propriétaire d'Ilbarritz, qui nous a permis de continuer l'oeuvre commencée.
Merci enfin à tous ceux qui ont contribué par leurs offrandes ou leurs travaux à ce témoignage de reconnaissance.
Et vous, nos Grands Morts ! dont l'ombre semble planer au-dessus de nos têtes, en cet instant solennel, permettez que je m'adresse à vous.
Vous avez vaillamment défendu notre sol sacré ; nous nous inclinons bien bas devant votre mémoire, vous confondant dans une même admiration et entourant d'un même respect vos familles éplorées.
Hélas ! qu'ils furent chèrement payés les lauriers de la Victoire : quinze cent mille des nôtres tombés au Champ d'Honneur !
Notre village a été lui aussi cruellement frappé, puis soixante-huit Bidartars, dont les noms sont gravés sur cette pierre, ont été tués face à l'ennemi.
MONUMENT AUX MORTS DE BIDART PAYS BASQUE D'ANTAN
Et en écoutant tout à l'heure la lecture de cette trop longue liste, il me semblait les voir réapparaître. Je retrouvais leur physionomie, je revoyais leurs traits depuis si longtemps effacés. Ils étaient là, au milieu de nous, vacant à leur besogne, vivant de notre vie, lorsqu'un jour, tels de gros nuages, dans le ciel, des bruits de guerre amèneront l'anxiété aux foyers.
Il n'était, hélas ! que trop vrai : l'ordre de mobilisation ne tarda pas à arriver et chacun de rejoindre son poste.
Ce fut l'enthousiasme du départ, chacun refoulant dans le plus profond de son coeur les secrètes angoisses.
Puis la frontière envahie, la guerre là-bas, en Belgique... Charleroi !... nos premiers désastres, le repli sur Paris et, tout à coup, ô miracle ! comme un sursaut d'énergie, la Victoire de la Marne.
Mais l'ennemi s'est terré et c'est alors quatre années de luttes sanglantes, chaque mètre du sol français disputé au prix de tant de vies.
Mêlés aux noms sublimes de Dixmude, de Craonne, de Verdun et de tant d'autres, nous arrivaient des nouvelles de nos chers poilus qui se distinguaient sur ces champs de bataille.
C'était, parfois, des lettres simples et admirables qui auraient mérité d'être recueillies et insérées dans un livre d'or réservé à nos chers soldats de la grande guerre.
Mais, hélas ! c'était souvent aussi la triste lettre officielle qui venait confirmer les cruelles angoisses.
A vous, pères, mères, épouses et parents qui avez vécu ces heures tragiques et qui, après avoir longtemps tremblé pour ces êtres chers, les avez vus enlevés à votre affection, j'adresse l'hommage ému et reconnaissant de tous vos concitoyens.
Ayez-en la certitude, aucune d'entre nous n'oubliera jamais ceux qui ont fait si vaillamment le sacrifice de leur vie pour le salut de la Patrie, vous qui les pleurez, séchez vos larmes. S'ils ont disparu de cette terre, ils vivent dans un monde meilleur, car après être morts en Martyrs, Dieu leur a certainement accordé la récompense éternelle.
Un souvenir ému, je l'adresse aussi à vous, soldats étrangers à notre commune qui avez été atteints par la maladie dans les froides tranchées et qui, après être venus mourir au milieu de nous, reposez tout à côté dans le cimetière militaire.
Je vous salue, mutilés et combattants de la grande guerre ; pour nous, vous avez lutté ; pour nous, vous avez souffert. Soyez-en remerciés. Nous ne l'oublierons jamais.
Et vous, malades de la guerre qui êtes venus chercher un climat plus doux, je vous dis notre gratitude et nos yeux de complète guérison.
Je saisis cette occasion de saluer le docteur qui vous traite, M. Peyret qui continue l'oeuvre d'Ilbarritz, où M. Charles Willems, le dévoué administrateur, il a fait tant de bien à de si nombreux malades.
Les Bidartars contribuèrent à la formation de cet hôpital, puis ce fut la Croix-Rouge Américaine qui en assuma les frais d'entretien. Et je tiens à exprimer ici nos sentiments de gratitude pour tous ceux qui ont ainsi contribué à soigner et à guérir nos chers soldats.
M. le Sous-Préfet de Bayonne, invité par nous à assister à cette inauguration, m'a fait parvenir ses vifs regrets de ne pouvoir être aujourd'hui au milieu de nous pour rendre hommage à nos morts.
Je remercie notre vaillant et sympathique député basque M. Ybarnégaray, qui a si aimablement répondu à notre invitation. Il vous décrira les horreurs de la guerre avec son habituelle éloquence.
Merci au député-maire de Bayonne, M. Castagnet, au général Lacrambe et à tous ces messieurs qui, par leur présence ont rehaussé l'éclat de cette cérémonie. Et je dis un dernier adieu à nos chers morts. Eux qui ont vécu en frères sur les champs de bataille, qu'ils nous apprennent à aimer, pour que la France soit grande et unie, comme ils l'avaient rêvé.
PLACE ET MONUMENT AUX MORTS DE BIDART PAYS BASQUE D'ANTAN
La cérémonie s'achève.
M. le Président des Combattants de Bidart parle à son tour et avec force il recommande à ses camarades de rester unis comme au front, des hommes francs, de n'oublier jamais leurs compagnons morts ; il conjure les jeunes d'être les imitateurs de leurs aînés tombés en faisant leur devoir.
M. le député Ybarnégaray clôt la série des discours. D'abord en basque, puis en français, il glorifie les Bidartars morts à la guerre. Son éloquence est superbe, on l'écoute avec avidité ; des applaudissements éclatent quand il parle du soldat basque, de la grandeur de la France, de ses destinées éternelles. Déchirant les voiles de l'éternité, il nous montre nos morts dans la gloire de Dieu et intercédant la France que quelques-uns voudraient encore nous ravir. Il finit son magnifique discours en acclamant la France et le Pays Basque.
La récitation d'une poésie par l'élève Achoaréna et un hymne à la France par les enfants de la commune clôture cette belle fête.
Vraiment belle fête où nos morts ont été glorifiés, nos coeurs fortifiés, l'union sacrée consolidée au pied du monument.
M. Légasse, maire, a retenu à déjeuner à l'hôtel Bidartenia toutes les notabilités et le Conseil municipal."
Une fête splendide aura lieu ce soir au Casino Bellevue. Un coup d'oeil sur les prix. Le règlement du vote.
Il est toujours amusant — et souvent instructif — de pénétrer dans les coulisses ou de soulever un coin du rideau qui cache le spectacle. Curieux par métier, nous avons voulu voir les apprêts de la fête et nous mêler quelques instants aux infatigables et aimables réalisateurs de cet original et merveilleux Dîner des Cent Robes, le clou sensationnel de notre brillante saison estivale.
Je ne vous dirai pas que le Bellevue a, pour cette occasion, revêtu une décoration particulière. Il reste lui-même — ce qui n'est déjà pas si mal — mais tout orné de fleurs.
Dès le seuil, les fleurs vous accueillent en grandes gerbes qui, pour un jour — ou une nuit — vont remplacer les palmiers de l'escalier. Partout courent des guirlandes de feuillages qui vont rejoindre des fleurs et toujours d'autres fleurs : autour des colonnes et des chapiteaux, le long des frises, dans les lustres, se mêlant aux lumières, partout des fleurs, jamais trop de fleurs, n'en déplaise à Calchas.
Et ce décor fleuri n'est-il pas le seul qui soit digne des reines de la fête de ce soir, de ces autres fleurs qui, dans quelques heures animeront ces lieux de leurs sourires, de leur grâce, de leur élégance et de leur beauté.
Depuis hier soir, les cartons mystérieux, le boîtes de toutes formes et de toutes dimensions sont arrivées en foule et, tandis qu'on les ouvre et qu'on installe pour l'exposition des prix leur ravissant contenu, on pense malgré soi aux cadeaux qu'une fiancée a reçu de tous ses parents et de tous ses amis. N'y a-t-il pas là d'ailleurs, parmi toutes ces merveilles de quoi faire rêver une future épousée ? Des robes adorables, des manteaux, des capes du soir, des fourrures, des chapeaux, des souliers, des bas, des gants, des parfums, des sacs, des éventails, que sais-je encore ? Il y a là réunies tant de belles choses qui toutes furent offertes par le haut commerce de Biarritz qu'on se demande ce qu'il faut le plus louer : ou la générosité des aimables donateurs ou le dévouement des organisateurs qui ont su provoquer un tel élan de la part des commerçants biarrots.
A tout cela le public a donné la meilleure réponse et le meilleur remerciement : il s'est inscrit si nombreux, si empressé qu'à l'heure où j'écris ces lignes, il ne reste plus une seule table, pas la moindre petite place pour le dîner.
Ceux qui s'y sont pris trop tard trouveront cependant à la porte du Casino Bellevue des entrées à 50 francs et, à partir de onze heures, ils pourront eux aussi prendre part à la splendide Fête des Cent Robes.
On l'a déjà dit, mais il est bon de le répéter, ce n'est pas la robe la plus riche, la plus somptueuse qui sera primée, mais la plus jolie et la plus élégante. Un bon conseil, Mesdames : ce soir, mettez la plus jolie de vos robes, celle qui fait le plus valoir votre beauté ; demandez le sage avis de votre miroir qui sera votre premier juge.
CASINO BELLEVUE ET GRAND HÔTEL BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
Le règlement du vote.
Il n'est pas inutile, croyons-nous de rappeler le règlement du vote.
Chaque billet porte au verso cent numéros et chaque personne devra conserver soigneusement ce billet qui servira de bulletin de vote. A ce propos, les personnes, ayant retenu leurs places de dîner, mais n'ayant pas encore retiré leurs billets sont priées de le faire immédiatement car ces billets seront exigés à l'entrée.
Il n'y aura aucun défilé pendant ou après le dîner. Il n'y aura aucun jury.
Pendant le dîner, les plus jolis mannequins de nos grandes maisons de couture distribueront des fleurs et aussi les rubans-bracelets portant chacun un numéro et que chaque dame devra attacher à son poignet. Les votants n'auront qu'à inscrire sur leur bulletin de vote (c'est-à-dire leur billet) les numéros des robes qu'ils ont choisies.
Le vote se fera vers 11 heures après un roulement de tambours à l'orchestre et les bulletins seront recueillis dans des corbeilles par les gracieux mannequins.
Le dépouillement du scrutin commencera aussitôt après et les scrutateurs espèrent pouvoir déjà publier au cours de la fête quelques prix, ils feront du moins tout leur possible pour y arriver.
Les autres prix seront annoncés le lendemain par la presse.
Le retentissement universel des Fêtes de Biarritz.
Cette grande manifestation mondaine est appelée à un retentissement mondial au moins égal à celui du Bal "Second Empire" et de "Petrouchka". Les grands couturiers parisiens qui sont à Biarritz ont compris l'immense intérêt qu'une fête comme celle des Cent Robes peut présenter pour la renommée de Biarritz et aussi pour celle de la Haute Couture française. Quelques-uns de ces grands couturiers s'étaient réunis d'ailleurs avant-hier au Syndicat d'initiative et — cela frise l'indiscrétion, mais tant pis — ont échangé avec le Marquis d'Arcangues quelques idées de projets de manifestations mondaines, de fêtes inédites dont Biarritz serait le cadre splendide et qui sont appelées à affirmer une fois de plus, aux quatre coins du monde, le prestige de l'élégance, du goût et de la grâce de notre belle France."
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Les dons des commerçants.
Nous avons publié avant-hier une première liste des splendides prix offerts par les Commerçants de Biarritz pour le Dîner des Cent Robes. Voici la suite de cette imposante nomenclature :
Mme Fauthoux un ravissant chapeau, modèle inédit.
Rondeau, modes : une magnifique robe.
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Perles de Venise : un sac enveloppe, dernière création.
Dres : un sac dancing et une paire de pendants d'oreilles pour soirée.
Dominique : les Mouettes de Biarritz et chocolats.
Henry à la Pensée : un coffret en bois pour poudre.
Beigbeder et Larroudé : 12 bouteilles de champagne Heidsieck Monopole.
Alice Courtois : un superbe coussin.
Piles, tailleur : 9 mouchoirs fort jolis, un sweater et une écharpe en scie.
Bouvier frères : 4 bons d'achat de 100 francs chacun.
Lewis : un chapeau et une coiffure du soir sur commande.
Lionel : une paire de bas de luxe et carte de réduction de 20% pour tous achats de bas faits dans sa Maison jusqu'au 30 Septembre courant.
La Vogue : une ravissante robe en Jersey.
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Dépôt Anglais : 6 bouteilles de champagne Perrier jouet.
Edouard et Marcelle : Un parfum Guerlain, parfum de Faunes.
Henri Lacaussade : 12 bouteilles de champagne Louis Roederer ; 12 bouteilles de Porto Sandeman ; 6 bouteilles de Cognac "Hennessy".
Adèle Singher, modes : un délicieux chapeau.
Au Carnaval de Venise : Un foulard écharpe.
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Cécile et Lafontan : une robe d'après-midi.
Jeanne Lanvin : un superbe manteau sortie de bal en velours et perles.
Bourcier : Peignoir de bain robe d'intérieur, dessin persan de Robert Mahias.
Viennet, modes : une délicieuse robe du soir.
Mondanités Dorys : Deux bons pour six portraits artistiques.
Old England : un manteau pour dames, même genre que celui offert et fait sur mesure à la taille de la personne.
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Abadie : Bouteille fine Napoléon Cognac Pasquit.
De nouveaux prix pouvant arriver dans la journée, nous nous excusons auprès des donateurs de ne pouvoir les mentionner aujourd'hui sur cette liste, mais ils seront compris dans celle qui donnera le résultat du Concours.
Avis très important. — Nous rappelons qu'à l'occasion du Dîner des Cent Robes, toutes les entrées de faveur et invitations sont rigoureusement supprimées...
Jacrichar."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
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