dimanche 10 février 2019

LE RETOUR AU PAYS BASQUE DU 49ÈME RÉGIMENT D'INFANTERIE DE BAYONNE EN JUILLET 1919


LE RETOUR DU 49ÈME R.I. À BAYONNE EN 1919.


Après 4 ans de guerre dans les tranchées, le 49ème Régiment d'Infanterie revient au Pays Basque.


pays basque autrefois
DEFILE DU 49EME R.I .BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les soldats du 49ème R.I., mobilisés depuis le 2 août 1914, et embarqués dans les trains le 7 

août 1914 à destination de Toul, reviennent à Bayonne le 27 juillet 1919.



Durant le conflit, le régiment a perdu 52 officiers, 161 sous-officiers, 34 caporaux et 

100 soldats.


Voici ce que rapporta le journal La Petite Gironde, dans son édition du 28 juillet 1919 :


"Bayonne.


Enthousiaste réception du 49e.



guerre 1914 1918
FÊTES DE LA VICTOIRE BAYONNE 27 JUILLET 1919
PAYS BASQUE D'ANTAN


La soirée de samedi.



Les préparatifs de la fête d'hier faisaient prévoir ce qu’elle serait brillante. Le concours prêté au comité d'organisation par la population et les nombreux étrangers à la ville, qui commencèrent d'arriver dès la veille, annonçaient l'enthousiasme au milieu duquel elle s’est déroulée. 



Conformément au programme tracé, les autorités civiles et militaires se rendirent en corps, samedi soir, à six heures, au cimetière Saint-Léon, pour apporter aux soldats morts pour la patrie un nouveau témoignage de gratitude, et la fête commença, en réalité, le soir, à neuf heures, par un festival sur la place d'Armes, où la musique du 49e, l’Harmonie bayonnaise et la clique se firent entendre. La place était magnifiquement illuminée de lampes électriques ; la rampe à gaz de l'hôtel de ville flambait, les établissements publics et quelques maisons particulières avaient aussi éclairé leurs façades, qui à l'électricité, qui avec des lanternes vénitiennes. La foule stationna autour du kiosque et aux terrasses des cafés. 



A 10 h. 30, ce fut la retraite aux flambeaux qui mit fin à cette veillée préliminaire de la réception du 49e fixée au lundi matin. 




La journée de dimanche



Favorisée par un ciel magnifique, la journée s’annonça superbement. Dès la première heure, la musique espagnole d’Irun, arrivée par le premier train, commença à galvaniser la population par une aubade donnée devant la mairie. Puis elle se fit entendre sur le kiosque iusqu'à neuf heures et demi. Pendant ce temps, le cortège officiel se formait dans la rue Thiers et se rendait au camp Wilson, pendant que le 49e et les combattants, massés sur le plateau de Saint-Etienne, s’organisaient pour le défilé. La gare déversait à chaque train de nombreux visiteurs. Les voitures qui font les services publics des communes environnantes arrivaient en même temps que des automobiles amenant à Bayonne des curieux et encore des curieux. Partout des drapeaux ; les balcons sont fleuris ou tendus d'étoffes aux couleurs nationales ; des marrons détonnent dans l'air. Dans le port, tous les navires ont arboré le grand pavois. Sur la rive, près du pont Mayou, une canonnière est là, dont l’équipage rendra les honneurs à la troupe sur tout l'itinéraire que cette dernière va suivre. 

La foule se range patiemment, attendant le défilé. Les fenêtres, les balcons sont noirs de monde. Il y a des spectateurs sur des toits. 

Le défilé.



histoire guerre bayonne
PONT ST ESPRIT BAYONNE 27 JUILLET 1919
PAYS BASQUE D'ANTAN

Un peu avant dix heures, débouche du pont Saint-Esprit, acclamé, un premier défilé, celui des combattants démobilisés des régiments de réserve et de territoriale, que précède la musique militaire du 100e ; et les mutilés, les moins ingambe, sont dans des automobiles fleuries. 

A dix heures part de Saint-Etienne le régiment, auquel les honneurs sont plus particulièrement destinés. Dès qu'il s’engage dans la rue Maubec, qui ne forme qu'un dôme de verdure, il passe sous un premier portique tout simple qui le salue de son inscription. Après la place Saint-Esprit c'est le portique du pont Saint-Esprit, conçu par M. de Vequy, une lourde porte de fortifications agrémentée de verdure et de drapeaux, d'où se détachent la croix d'honneur, la médaille et la croix de guerre, ainsi que des inscriptions rendant hommage aux vainqueurs et rappelant les noms des batailles auxquelles ils ont participé. 

Sur le pont Saint-Esprit, les pylônes électriques sont pavoisés et fleuris. Place de la Liberté, c'est la palissade de la banque Gommès, peinte et décorée avec un goût certain, d’après un croquis de Benjamin Gomez. Puis c’est le portique de Georges Périé : un soleil caché en partie par une immense palme de lauriers tenue par un nœud tricolore, et cette inscription tracée en lettres d'or : "Gloria victoribus", et le défilé se continue jusqu’au camp Wilson, où l'attendent les autorités, saluées par les acclamations de la foule, les crépitements des applaudissements et les fleurs qu’on leur jette tandis que clairons, tambours et musique du 49e cadencent le pas des soldats émus, mais souriants. 

Au campement Wilson, où le service d'ordre est assuré par les jeunes recrues, le monde officiel s'est massé au bouquet d’arbres central. Les enfants des écoles arrivent, tenant à la main des fleurs ou une branche de laurier. Tous attaquent en choeur la "Marseillaise", saluée par les applaudissements des spectateurs, dont les rangs deviennent de plus en plus denses. 



bayonne autrefois
REVUE MILITAIRE BAYONNE 27 JUILLET 1919
PHOTO MAIRIE DE BAYONNE

Voici les combattants démobilisés qui se rangent par groupes distincts ; puis ce sont les troupes qui s'organisent en colonne de compagnies. Alors, paraît le général de division avec son état-major, qui passe en revue la garnison et les démobilisés. 

Le défilé va recommencer, pour rentrer en ville. La nouvelle route d'Espagne est franchie, et au tournant de la rue qui porte ce nom s'érige le portique conçu et dressé par MM. Jude et Lastrade. Le même hommage toujours, salue les vainqueurs. La rue est magnifiquement parée de verdure. 

Le 49e continue sa marche, acclamé sous une avalanche de fleurs que l'on jette des fenêtres, rue Poissonnerie, rue Pannecau, place Saint-André, rue Bourgneuf, au tournant de la rue Jacques-Laffitte, un nouveau portique de style ogival, du quatorzième siècle, dû à la très heureuse imagination de M. Fourquet. 



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MUSIQUE DU 49EME R.I. BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Place du Réduit, se fait la dislocation. Une compagnie, qui est restée, rend les honneurs aux drapeaux qui, aux accents de la marche militaire "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine", se dirigent vers le terre-plein de la place de la Liberté. 



pays basque autrefois
MARCHE MILITAIRE DU 49EME DE LIGNE DE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Devant l’hôtel de ville, ils sont reçus par les autorités civiles, rangées le long de l'édifice. Les étendards sont montés dans la salle du foyer du Théâtre, puis présentés au balcon. Alors, le canon tonne, la musique et la batterie du 49e jouent, battent et sonnent eux champs. La "Marseillaise" éclate, pendant que la troupe présente les armes et que la foule applaudit. Il est midi quinze. 

Chacun se retire et de nombreuses familles s'égaillent sur les pelouses des glacis et s’installent à terre, dans un coin d’ombre, avec des paniers de victuailles auxquelles elles vont faire honneur."




Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1681ème article.


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