lundi 30 octobre 2017

LA GREVE DANS LES GRANDS MAGASINS DE BAYONNE ET DE BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1936


LA GRÈVE DANS LES GRANDS MAGASINS DE BAYONNE ET DE BIARRITZ EN JUIN 1936.


Suite aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936, le Front Populaire remporte une nette victoire.


Dès le 11 mai, 600 ouvriers et 250 employés des usines Bréguet, au Havre, arrêtent le travail 

pour demander la réintégration de deux militants licenciés pour avoir fait grève le premier 

mai. 

A partir du 2 juin, des corporations entières entrent en grève : la chimie, l'alimentation, le 

textile, la métallurgie, le pétrole, des mines, etc...


Voici ce qu'indique la presse locale, au sujet des grèves survenant dans les grands magasins du 

Pays Basque Nord, en particulier à Bayonne et Biarritz.


  • La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, le 16 juin 1936 :

"A Bayonne, à la suite de la fermeture des magasins des "Dames de France" et de "Printafix", décidée par la direction à l’heure de la reprise du travail, lundi après-midi, les employés, au nombre de plusieurs centaines, se sont réunis à la mairie et ont, sur les conseils donnés par les délégués de la C.G.T., décidé de nommer une délégation chargée de la défense de leurs revendications."


" Sous la présidence de M. Paillet, assisté de MM. Bidegaray et Landaboure, les employés des grands magasins bayonnais et biarrots ont tenu ce matin une importante réunion à la Bourse du Travail. 


pays basque 1900
AUX DAMES DE FRANCE BAYONNE - BAIONA
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque 1900
A LA VILLE DE BAYONNE BAYONNE - BAIONA
PAYS BASQUE D'ANTAN

pays basque autrefois
MAGASIN FELIX POTIN BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


PAYS BASQUE AVANT
MAGASINS MODERNES BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN


PAYS BASQUE 1900
GRANDS MAGASINS BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Après discours des membres du bureau pour préconiser l’action syndicale afin de résoudre le conflit sur ce terrain et par cette voie, les délégués suivants furent désignés aux voix pour procéder à l'élaboration des cahiers de revendications devant être ensuite adressés aux directions respectives. 


Des apaisements ont été offerts par les grands magasins "A la Ville de Madrid" sous la forme d’augmentations des salaires, mais les grévistes estiment que la semaine de 40 heures et le contrat collectif sont d'abord à obtenir et, surtout, les congés payés, et la délégation de conseils ouvriers capables d'être entendus par le patronat, à l'image du conseil ouvrier des forges de l'Adour qui fonctionne au mieux des intérêts patronaux et ouvriers.

Voici les noms des délégués à l'examen des revendications poursuivies : 

Dames de France :

Rayon N. 1 : Lingouas. Lingerie : Mme Sallamagnou. Coton : Baisse. Confections : (Monsieur), Maisonnave ; (fillette) Mme Dupouy. Bonneterie: Labarrère. Meubles: Bellegarde. Bijoux : Carat. Chaussures : Lasalle. Vaisselle : Lacouture. Voyages: Lesgourgue. Sac à mains : Tamagnon. Jouets: Puech. Papeterie Luc. Ameublement : Tardis. Parfumerie : Mlle Monnol. Modes : Mlle Didier. Ménage : Latapie. Chauffage : Languin. Soieries : Sorel. Gants : Durroty. Comptabilité : Mme Corse. Secrétariat: Moutet. Réserves : Bourthayre. Menuisier : Salles. Atelier tapisserie : Darancon. Atelier confection : Delmas. Chauffeurs: Falaise. Livreurs : Saint-Jean. Expédition : Boulche. Garçons: Tambourinteguy. Mercerie : Haramboure. Etalagiste : Mlle René Carsuzan. Veilleur de nuit: Millet. Confections dames : Mlle Larivière. Receveur : Marc. 


Printafix :

Confiserie : Labussière. Pâtisserie : Mme Duhau. Ménage : Mlle Roger. Outillage : Mlle Toge. Lingerie : Mme Labeyrie. Parfumerie: Mlle Jauzetche. Papeterie : Mlle Soulet. Garçon de magasin : Puyaubrau. Réserves : Labeyrie. Réceptions : Chasseriau. Comptabilité : Mlle Piquet. Blanc : Mlle Garros. Mercerie : Mme Bourdon. Maroquinerie : Mlle Lambeye. Jouet: Mme Darozés. Charcuterie : Mme Delanque et Julien. Cuisine : Mme Genibert. Pâtissier : Castagnet. Vins : Mlle Lavielle. Bonnetterie : Mlle Pontagne. Chemiserie : Mme Ducout.

Les questions inscrites sur les cahiers sont discutées à la suite. Demain, une réunion aura lieu à 10 heures au cinéma Saint-Esprit."


"La grève des cousettes a pris fin.

Commencée samedi à 22 heures, la grève des cousettes d’une grande maison de couture de Biarritz, a pris fin hier soir à 23 heures 30. 

Après une longue délibération l’accord s’est réalisé et les 19 grévistes ont pu regagner hier soir leur domicile respectif non sans avoir été accueillies à la sortie par une foule nombreuse qui a chanté "l'Internationale". 

Après une harangue du secrétaire-adjoint du Syndicat et une autre de M. Aubert, les jeunes grévistes ont été escortées jusqu'au Jardin Public où le chant de "L’Internationale" s’est à nouveau fait entendre.

Les ateliers resteront fermés pendant quelques jours, mais à la reprise du travail la direction de la maison de couture fera appel aux mêmes ouvrières qui toucheront un salaire minimum de 100 francs par semaine en hiver, 125 francs en été; le contrat collectif leur sera assuré. 

L'accord a été établi en présence de la direction, de M. Arburu. commissaire de police, délégué par M. le Sous-Préfet et par le secrétaire-adjoint du Syndicat."



"Une réunion des employés de commerce.

Les employés du commerce de Biarritz avaient été conviés hier soir à la Maison du Tourisme à une réunion, à l'effet de créer un syndicat des employés de commerce biarrots. 

La grande salle du premier étage était comble. 

M. Bapsères présidait. 

Il prononça quelques mots de remerciements puis donna aussitôt la parole à M. Dumoulin, secrétaire de l’Union locale des syndicats confédérés.

 Il fit un large exposé sur la C.G.T., parla du contrat collectif, demanda en fin à l’assemblée de bien vouloir s'unir. 

"Pour l'instant, dit-il, il n’est pas nécessaire de créer un syndicat. Le Syndicat de Bayonne-Biarritz et Pays Basque existe ; il s'agit donc plus simplement de donner le jour à une section syndicale de Biarritz."

 Il en est ainsi décidé à l’unanimité et on vote à mains levées la formation d'une commission composée comme suit : 

MM. Faget, Bapsères, Labarrère, Bellocq, Mmes Fauthoux et Denuit.

M. Bapsères se félicite de la parfaite tenue de cette réunion qui permet aux employés du commerce de former un bloc solide pour la défense de leurs intérêts; près de cent d’entre eux se sont, en effet, fait inscrire dans la soirée. 

La réunion s'est terminée à 10 heures dans le calme le plus complet. 

Ce matin la nouvelle commission s’est rendue à Bayonne où une réunion commune avait lieu à 9 heures, à la Bourse du Travail."


  • la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, le 17 juin 1936 :

"Appel à la raison.

La loi doit être observée par tous. Par les patrons, en dépit des raisons qui pourraient leur faire craindre un décalage des prix de revient dont ils seraient les premières victimes. 

Par les employés et ouvriers qui auront obtenu satisfaction. 

Les premiers ont été sans doute parfois coupables d’aveuglement et d’égoïsme. Toutefois, la grande part de responsabilité incombe aux gouvernements qui n’ont pas compris le véritable caractère d'une situation économique dont le mal était en profondeur. Ils ont laissé croire à une France moins atteinte que le reste de l’Europe. Leur obstination à maintenir une monnaie trop chère, a conduit le monde du travail vers la déflation, entraînant le ralentissement de la production, le chômage, le découragement. 

Mais le mal est fait et rien ne sert de déplorer le passé. L’avenir seul importe. 

Pour éviter que les lourdes charges résultant de l’application des nouvelles lois : semaine de 40 heures, augmentation des salaires, congés payés, annulation des décrets-lois, ne donnent le coup de grâce à l’activité nationale déjà fléchissante sous le poids de charges fiscales exagérées, une mesure compensatrice s’impose, à défaut de l’inflation mortelle : la dévaluation immédiate. 

Cette opération chirurgicale si douloureuse soit-elle, est devenue nécessaire. Tel est l’avis actuelle ment de certains qui en étaient les plus farouches adversaires, M. Caillaux entre autres.

Résignons-nous et acceptons l’inévitable. Mais ouvriers ou patrons, évitons désormais toute faute nouvelle. 

Il ne faut pas que notre belle France serve de terrain d’expériences dont seuls profiteraient les ennemis qui nous observent.


A Biarritz, moins qu’ailleurs, ces expériences ne sauraient être tolérées. Notre station qui peut encore se relever, ne doit pas être laissée à la disposition de meneurs étrangers à la localité, n’ayant aucun intérêt personnel à ménager et capables, pour satisfaire leur amour-propre, plus politique que professionnel, de tuer la poule aux œufs d’or. 

Je sais que les patrons de Biarritz, à quelle corporation qu’ils appartiennent, sont prêts à s’entendre avec leur personnel. Ils connaissent les dangers de litiges qui compromettraient irrémédiablement la saison toute proche. Déjà les étrangers qui ont choisi notre ville comme un refuge paisible, se sont émus des échos de certaines manifestations que l’on a pourtant voulues discrètes. Rassurons-les. Il faut qu’ils restent convaincus que rien désormais ne troublera l’ordre et le calme qu’ils sont, en toute confiance, venus chercher parmi nous. 

Evitons tout mouvement qui ne rimerait à rien, si ce n’est à satisfaire des arrières-pensées politiques, puisque d’avance l’accord s’an nonce certain. 

Ramenons à la raison, — au besoin avec un peu de fermeté, — les esprits que des conseils dangereux pourraient égarer. 

Il appartient aux chefs qui, à divers titres, ont la grave responsabilité de maintenir l’ordre, d’assurer discrètement, mais sans faiblesse, cette liberté du travail plus que jamais nécessaire à notre cité déjà trop éprouvée. 

Biarrots, sachons dans le calme et dans la dignité, régler nos affaires entre nous et entre nous seuls. 

C’est le vœu de la grande majorité des patrons et employés dont l’activité touristique de la station est le gage d’une existence déjà assez difficile. 

J. Petit, Président de l'Union Commerciale."



Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 713ème article.


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