L'IDÉE D'UN DÉPARTEMENT ADOUR EN 1936.
Dès 1928, le club de réflexion et d'échanges, L'Etat Moderne, est créé.
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| NOVEMPOPULANIE AN 600 |
L'Etat moderne est un groupe de réflexion politique d'orientation technocratique fondé en 1928 par Georges Mer et Joseph Patouillet. L'Etat moderne est aussi le nom de la revue associée au groupe.
Le but du groupe était de devenir "l'organe de la collaboration des contribuables, des fonctionnaires et du Parlement", rapprocher des groups professionnels en se plaçant hors des partis, organiser des échanges entre parlementaires, techniciens et usagers et permettre aux acteurs de la vie politique et économique de formuler et de tester leurs propositions de réforme. La devise du groupement était : "Indépendance, technicité, collaboration, réalisation".
Cinq grands groupes de propositions sont retravaillées et remises à jour : premièrement, la réforme fiscale qui comprend deux volets, d'une part "la détente fiscale" qui consiste en la baisse des taux et vise à la déthésaurisation financière et de l'autre, la réforme des services financiers afin d'accroître les rendements et de limiter la fraude fiscale ; deuxièmement, la recherche d'économies sur les dépenses militaires au sein de la Guerre et de la Marine et la planification des "dépenses productives" ; troisièmement, la réforme régionale et départementale, ainsi que celle de la carte administrative ; quatrièmement, la réforme administrative, pour laquelle, à côté des préconisations classiques telles que la collaboration techniciens/syndicats, la réforme de l'organisation gouvernementale ou du travail parlementaire, on voit surgir de nouveaux concepts : organisation et méthodes, organisation scientifique du travail, fayolisme, abaissement du prix de revient, "machinisme", recensement des personnels, établissement de ratio de productivité par service, détermination et comparaison des taux d'encadrement, codification des emplois, standardisation ; cinquièmement, la réforme de l'appareil gouvernemental et de la politique économique avec la création d'un ministère de l'économie nationale, l'introduction de la planification, la renonciation de l'équilibre budgétaire au profit des investissements, le développement de statistiques économiques et un Conseil National Economique renforcé.
Voici ce que rapporta à ce sujet J. Rodrigues-Ely, dans le quotidien la Gazette de Bayonne, de
Biarritz et du Pays basque, le 22 avril 1936 :
"Essai d'organisation régionale.
Aurons-nous un jour un département de l'Adour ?... ... avec Bayonne pour sous-préfecture et les arrondissements de Bayonne et de Mauléon plus une partie de l'arrondissement de Dax ?
On parle beaucoup, depuis plusieurs mois, de la réforme de l'Etat et aussi d'une réforme administrative qui s'étendrait aux départements.
L'Etat Moderne publie une étude de M. J. Rodrigues-Ely, où il s'occupe de la région de l'Adour. Nos lecteurs liront avec intérêt les suggestions de l'auteur, discutables évidemment, mais quand même curieuses :
Historiquement, cette région est constituée par les anciennes provinces de Gascogne (capitale Auch), du Béarn (capitale Pau), de la Navarre (capitale Saint-Jean-Pied-de-Port), du Labourd (capitale Hasparren) et de la Soule (capitale Mauléon) ; ces trois dernières provinces constituent le Pays basque français. Avant la Révolution, la première et la troisième provinces faisaient partie du gouvernement de Guyenne et Gascogne, tandis que la deuxième formait un gouvernement séparé ; les deux dernières avaient leurs organisations particulières. Plus loin dans l'histoire, cependant, toute cette région avait formé un tout unique : la Novempopulanie gallo-romaine (capitale Eauze).
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| NOVEMPOPULANIE |
Economiquement, le grand centre est Bayonne, port d'embarquement des produits de la région landaise. La principale ressource de la région est, en effet, la forêt landaise ; l'agriculture est très développée dans la partie sud des Landes, les Basses-Pyrénées et le nord des Hautes-Pyrénées ; l'élevage est la principale ressource du Gers, il est également très développé dans les Pyrénées (pour le mouton). L'industrie mécanique est développée dans la région de Tarbes et Bagnères-de-Bigorre, l'industrie textile et la cordonnerie dans la partie béarnaise des Basses-Pyrénées, l'industrie des conserves dans la partie basque des Basses-Pyrénées et une partie des Landes (poissons, jambons, oies, chocolat) ; il y a des hauts fourneaux dans la région de Bayonne ; les industries minières sont très peu exploitées, sauf en ce qui concerne le sel (région de Dax-Bayonne) et quelques mines métalliques ; nous avons observé pourtant de très sérieux indices de combustibles minéraux solides qui pourraient faire de cette région l'une des principales régions minières de France (lignites tertiaires bruns, lignites secondaires noirs, houille et anthracite). Enfin, le tourisme est très développé dans cette région.
Dans la nouvelle organisation, la suppression des arrondissements aurait comme corollaire la création d'un cinquième département qu'on pourrait nommer l'Adour, et dont Bayonne deviendrait la préfecture. Il serait constitué principalement par les arrondissements de Bayonne et Mauléon Soule (du département des Basses-Pyrénées) et une partie de l'arrondissement de Dax (des Landes). Une question annexe se trouvera posée : celle de la répartition des charges des départements lors de la constitution de ce nouveau département. En effet, on ne pourrait laisser à la charge du département des Landes et de celui des Basses-Pyrénées la totalité des emprunts, alors qu'on leur prélèverait une partie importante de leur population. Aucune règle n'avait été établie jusqu'à présent pour ce genre d'opérations, celle-ci étant très rare et ne portant généralement que sur de toutes petites fractions de territoire d'un département et, par conséquent, ne posant pas de véritable problème budgétaire aussi bien pour le département cédant que pour le département concessionnaire. Ici, on devra, à notre sens, et par analogie à ce qui se passe lors des fractionnements de communes, partager les dettes des départements en proportion des populations. En outre, les biens formant le domaine privé de chaque département pourraient être partagés en proportion des populations, mais il devrait être admis que les immeubles resteraient attachés au département sur le territoire duquel ils se trouvent, sauf à parfaire ou diminuer sur le chapitre des dettes du département.
J. Rodrigues-Ely."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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