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mardi 11 août 2026

HISTORIQUE DES MINES DE BAÏGORRY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1880 (septième partie)


HISTORIQUE DES MINES DE BAÏGORRY EN 1880.


La vallée de Baïgorry possède des mines de fer sphatique, et une mine de cuivre dont l'exploitation remonte à une haute antiquité.



baigorry avant pays basque économie mines industrie
MINES DE BAÏGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta M. Reboul, ingénieur aux mines de Baïgorry, en 1880 :



"Deuxième partie.



§1. — Description des gisements de fer et principalement de celui d'Ustéléguy.


Mine de fer d'Ustéléguy.



La montagne d'Ustéléguy, dans laquelle se trouve la mine du même nom, est limitée au sud-est, à l'est et au N.-E., par la nive des Aldudes, depuis Bidart à Bidarray ; au sud-ouest, à l'ouest et au nord-ouest, par les ruisseaux de la Bastide et Laxarre, dont le col d'Ustéléguy est le point de séparation.




Le terrain constituant cette montagne se compose, à partir de la base, de schistes argileux du terrain de transition, recouverts par des couches d'argile et de grès rouges, alternant avec des poudingues, et enfin par des bancs de grès bigarrés. Ces grès d'une stratification très régulière, sont divisés en feuillets si minces (1 à 2 centimètres) qu'on les exploite en plaques de plus d'un mètre coté. Selon l'épaisseur des bancs, on les emploie pour carrelage, dallage, clôtures. Les bancs épais fournissent des pierres de taille, des pierres à aiguiser et, lorsque leur composition est homogène, ils peuvent aussi être employés comme pierres réfractaires ; l'usine à fer de Banca n'employait pas d'autres pierres pour l'intérieur des hauts-fourneaux.



baigorry avant pays basque économie mines industrie
HAUT FOURNEAU DE BANCA
PAYS BASQUE D'ANTAN


La direction de toutes ces couches de schistes et de grés est sensiblement N. 20 à 30° E, avec inclinaison de 20 à 30° à l'ouest.




Le filon principal d'Ustéléguy, celui sur lequel des travaux ont été entrepris à différentes époques, à même direction que les couches du terrain encaissant, c'est-à-dire N. 20 à 30° E, avec inclinaison de 60 à 70° vers l'est. D'après ces données, l'on voit que le plan du filon est perpendiculaire au plan des couches qui l'encaissent. La puissance du filon est considérable ; elle est de 5 à 6 mètres, dans la principale des galeries ouvertes par les anciens, et, dans les autres endroits, elle ne descend jamais au-dessous de 1m 50 à 2 mètres.


pays basque autrefois mines basse navarre
MINES DE BAÏGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le minerai est du fer spathique (fer carbonate), d'une couleur blanche tirant sur le blond et brunissant par l'exposition à l'air. Le long des affleurements, mais principalement sur les plateaux et sur le versant de Bidarray, l'on observe des parties où le carbonate a été décomposé et transformé en hydroxide concrétionnée et fibreux (hématite). L'analyse de 2 échantillons de ces hématites a accusé une teneur : 


De 48 à 58 p. % de fer métallique. 

Et de 0,23 p. °/o de péroxide de manganèse. L'analyse faite à l'école de Saint-Etienne d'un échantillon de minerai provenant du gisement d'Ustéléguy, a donné le résultat suivant :



Acide carbonique 35,50
Protoxyde de fer 55,66
Péroxide de fer 2,50
Protoxide de manganèse 0,55
Chaux 0,80
Magnésie 4,34
Quartz 0,65


pays basque autrefois mines basse navarre
MINES DE BAÏGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Travaux faits. — Les travaux les plus importants, que je désignerai sous le nom de mine d'Ustéléguy, furent ouverts sur la rive droite du Machétacoa, petit cours d'eau qui se jette dans le ruisseau de la Bastide, à 3 kilomètres en amont du point où ce dernier déverse ses eaux dans la nive des Aldudes.




Ces travaux consistent en deux galeries à travers-bancs A et A' et en deux galeries en direction a et b, poussées dans le filon, à partir du point où la galerie à travers-bancs supérieure A rencontre celui-ci.



La galerie supérieure A, dirigée O.-E. atteignit le filon à environ 75 mètres de son orifice. De ce point de rencontre, l'on poussa dans le filon les deux galeries en direction a et b.



La galerie de niveau a la plus importante, dirigée au nord, a une longueur, m'a-t-on assuré, de 240 à 250 mètres. Il m'a été impossible de la parcourir dans son entier à cause de l'eau qui remplit des excavations pratiquées dans la sole ; "mais je l'ai parcourue et examinée sur une longueur d'environ 100 mètres ; sur toute la longueur de cette galerie dont la hauteur varie de 6 à 15 mètres, l'on a enlevé une épaisseur de 4 à 6 mètres de minerai massif ; celui-ci s'observe encore en bien des points, de la galerie et au toit du filon.



pays basque autrefois mines basse navarre
MINES DE BAÏGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN


L'avancement de cette galerie qui, je le répète, je n'ai pu visiter, était poussé sur 2 m 50 à 3 mètres de largeur et dans le minerai massif.




La galerie de niveau b, dirigée au sud, ne fut poussée qu'à une trentaine de mètres à cause des éboulements.




La galerie à travers-bancs inférieure A' fut ouverte à 32 mètres de hauteur verticale au-dessous de celle A ; dirigée E. 15° N, cette galerie recoupa le filon à environ 190 mètres de son orifice et l'on constata que celui-ci était de même nature et de même puissance que dans le niveau supérieur. Une cheminée, devant relier les deux niveaux, fut ouverte clans le filon ; son avancement est d'environ 6 mètres. Ce travail fut, en même temps que tous les autres travaux d'Ustéléguy, abandonné lors de la cessation des travaux à Banca.





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MINES DE BAÏGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN

Divers autres travaux ont été entrepris à différentes époques et à différents points des affleurements. Je vais en donner une description succincte et tout d'abord décrire ceux que l'on rencontre en se dirigeant au nord, le long des affleurements, à partir de la galerie à travers-bancs A.



Série d'attaques X. — En suivant les affleurements à partir de cette galerie à travers-bancs A, jusqu'au sommet de la colline formant la rive droite de Miachétocoa-Erréca, l'on observe, sur une grande partie de ce parcours, des indices d'une grande quantité de minerai et des traces de travaux à ciel ouvert que je désigne sous le nom d'attaques X.



Série d'attaques X'. — Si du faîte de cette colline, qui forme un espèce de dos d'âne, l'on descend sur le versant opposé, de l'Arrancoa-Erréca, l'on retrouve une série d'attaques et galeries X', qu'on ne peut visiter à cause des éboulements.


Ces galeries X' furent ouvertes, m'a-t-on dit, du temps de M. de Ricqbourg, c'est-à-dire pendant les premières années de marche du haut-fourneau de Banca. Un chemin à mulets avait été fait jusqu'à l'ouverture principale de ces attaques, par laquelle se faisait la sortie des minerais, et à laquelle se reliaient, par des cheminées, toutes les galeries d'un niveau plus élevé.


N'ayant, pu, et je, le regrette, visiter l'intérieur de ces travaux, je ne puis que rapporter les renseignements qui m'ont été fournis et d'après lesquels le filon avait, en ces divers points, de 2 à 4 mètres de puissance.



Série d'attaques X2. — Sur la rive droite de l'arranca-Erréca, et toujours sur la même direction N, 20 à 30 E., l'on, observe quelques attaques X2, de peu d'importance. Ces attaques durent être abandonnées à cause de la difficulté des transports et de la plus grande facilité de se procurer le minerai, soit par les travaux de la galerie de niveau a, soit par la série des attaques X entreprises sur la rive droite du Miachétacoa-Erréca.


En suivant les affleurements sur la rive droite de l'Arrancoa, l'on arrive sur un plateau couvert d'ajoncs et de broussailles et où il est impossible de rien observer. D'après la carte de l'état-major, ce plateau est à l'altitude de 700 mètres.



Série d'attaques X3.  En longeant le plateau, suivant, sa direction N. 20 à 30 E., l'on arrive à une nouvelle série d'attaques X3, ouvertes sur le versant de Saint-Martin-d'Arrossa, et à peu de distance de la ligne de séparation des vallées de Laxare et de Saint-Martin-d'Arrossa. Ces attaques X3, qui consistent en puits et galeries remplis d'eau, s'observent jusque non loin de la maison d'Arretché, à 6 ou 800 mètres de la nive.


Dans toutes, le filon a sensiblement la même direction et une puissance variant de 1,50 à 2,50. Le minerai est un mélange de fer spathique et d'hématite. Il est probable que d'autres attaques doivent exister à un niveau plus bas, et il est non moins probable que les traces d'un affleurement observées sur la rive gauche de la nive et au point où celle-ci reçoit les eaux du ruisseau qui descend de Doudérama, ne sont autres choses que celles du filon d'Ustéléguy.



pays basque autrefois mines basse navarre
MINES DE BAÏGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Traces Y, d'un affleurement sur le bord de la nive, à 2 1/2 ou 3 kilom. de Bidarray. — Ce point, que je désignerai par Y, est situé à 2 1/2 ou 3 kilom. de Bidarray.



Attaques Y, près l'église de Saint-Martin-dArrossa. — Pour compléter la série des travaux faits au nord des travers-bancs A, je mentionnerai une série de galeries Y' en grande partie éboulées, ouvertes à proximité de l'église de Saint-Martin-d'Arrossa, à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la nive, à 1 200 mètres environ à l'est des attaques X' et à 2 kilom. au sud des traces Y.


Ces travaux, exploités en dernier lieu par l'établissement de Mendive, ont fourni du minerai de même nature que ceux d'Ustéléguy.



Travaux au sud du travers-bancs A. — Je passe maintenant à la description des travaux faits au sud du travers-bancs A.



Attaques V. — A 100 ou 200 mètres au sud du travers-bancs A, l'on observe des traces d'anciens travaux à ciel ouvert, V, aujourd'hui complètement recouvertes de terre végétale.


Si l'on continue à descendre en suivant la même direction, l'on arrive, après un parcours de 6 à 800 mètres environ, au ruisseau de la Bastide.



Attaques V'. —D'après un rapport de M. l'ingénieur Prévot et le dire du mineur Berro, ami du surveillant Sorondo, quelques travaux V', furent ouverts en ce point, il y a une quarantaine d'années. Ils consistaient :


"En un puits d'une dizaine de mètres de profondeur, creusé dans le lit même du ruisseau et en une galerie horizontale partant du fond de ce puits et dirigée dans le filon vers le sud. Cette galerie fut poussée jusqu'à 40 mètres d'avancement, et sur tout son parcours le filon avait une puissance de 2 mètres de minerai, presque massif ; au sol de la galerie, le minerai existait avec la même épaisseur. Les eaux que l'on extrayait à l'aide des pompes à bras, furent la cause de l'abandon de ce travail."



Au-delà de ces attaques V', c'est-à-dire au sud du ruisseau de la Bastide, l'on n'a à signaler aucuns travaux faits sur la continuation du filon.



De toutes les observations qui précèdent l'on peut en déduire :


a. — Que les travaux faits, à ce jour, sur le gisement d'Ustéléguy, quoique d'une certaine importance, sont relativement minimes en comparaison de celle du gisement.


b. — Que les diverses attaques faites sur les affleurements ont fait reconnaître le gisement sur une longueur horizontale d'au moins 2 500 mètres et de 3 000 mètres si l'on part des attaques V'."




A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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