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dimanche 20 septembre 2026

EUZKO FILMS : UNE SOCIÉTÉ BASQUE DE CINÉMA EN MAI 1947

EUZKO FILMS : UNE SOCIÉTÉ BASQUE DE CINÉMA EN 1947.


C'est en 1947, qu'est créée en Pays Basque Nord Euzko Films - Société Basque du Film.




pays basque film cinéma
FILM LES SOUVENIRS NE SONT PAS A VENDRE


Voici ce que rapporta à ce sujet Jean Apestéguy dans le journal mensuel Elgar, Journal des 

Basques, le 1er février 1948 :



"Pour un cinéma basque possible ?



Euzko Films : une Société basque de cinéma.



C'est à la date du 14 mai 1947 que s'est constituée à Bayonne la Société basque du cinéma.



Cette Société, formée par des éléments purement locaux, affirme par là son désir d'intégrité quant aux "différentes manifestations des choses basques portées à l'écran dans l'avenir". Elle a  pu voir le jour grâce à son instigateur, l'écrivain et scénariste basque Pierre Apesteguy et avec le concours actif de M. Paul Dutournier — nouveau maire de Sare — qui en a été son fervent animateur et qui en est, dorénavant, le gérant.



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PAUL DUTOURNIER
MAIRE DE SARE



La création en 1947 d'une Société de cinéma de ce genre est une gageure, car, depuis le marasme des affaires dans les moments qui suivent la libération, on ne connut d'années aussi difficiles dans le domaine de la production cinématographique française. Son existence est donc — il convient de le dire, car on méconnaît trop les difficultés rencontrées par les techniciens français — par son seul désir de produire, un défi audacieux aux difficultés de l'époque ; difficultés de tous genres si l'on veut prendre la peine de considérer que le prix de réalisation d'un film se situe entre 25 et 40 millions, quand ce n'est pas davantage, et que son amortissement sur le seul marché français est très compromis. Il y a donc nécessairement des des concessions d'ordre économique supérieures, qui jugulent les efforts isolés. Seules les grandes sociétés peuvent actuellement entreprendre des oeuvres d'envergure.



Nous savons que les sceptiques souriront. Mais il y a entre les sceptiques et les agissants, le monde qu'il y a entre le possible habituel et l'impossible... "accidentel".



N'étant pas plus influencés par le doute que par les critiques, nous recevrons, toujours avec objectivité, les suggestions, les critiques comme... les témoignages de sympathie.



Il nous faudra, à nous, Société jeune et nouvelle, pour ne pas faire figure de parent pauvre en regard des grandes aînées de la capitale, adopter une politique de production clairvoyante.



C'est pourquoi, consciente de sa raison d'être, et riche en possibilités qui lui viendront presque totalement du pays, la Société Euzko a décidé, sous l'impulsion d'une douzaine de Basques qui, par leur présence en tant qu'associés en ont en même temps le meilleur de son potentiel vital, d'exécuter un programme précis.



En conséquence, notre activité sera par nécessité comme suit :


Activité sur le plan proprement cinématographique, c'est-à-dire produire, comme toute Société de cinéma, des films propres à être exploités pour tous les publics (et pas seulement pour un public particulier, averti et instruit, sur un sujet donné, comme peut l'être le public basque). Donc, traiter des sujets n'ayant rien de spécifique, sont, de ce fait, universels, et par leur exploitation, peuvent permettre à la Société d'avoir les moyens de produire des "films locaux" qui, bien répondant à un indiscutable besoin, ne seront pas toujours rentables sur la seule région des Basses-Pyrénées.


C'est grâce à cet équilibre dans la production que nous pourrons efficacement passer, sans catastrophes économiques, à notre seconde activité : 


Activité cinématographique sur le plan spécifiquement basque— Le pays basque, ses gens, son folklore, son cadre et ses moeurs inspirent périodiquement les producteurs — ne pas confondre avec cinéastes — dont la seule ambition, souvent mal déguisée et parfois pas du tout, est d'exploiter l'élément commercial que renferme le pittoresque né de nos traditions, de nos habitants et du cadre dans lequel ils évoluent. Dans ce cas, le souci de l'exactitude élémentaire, ou la simple honnêteté de l'interprétation des caractères et des convictions, font totalement défaut. Depuis le premier et le dernier Ramuntcho, il y a ainsi pas mal de petits ou grands films, de mémoire plus ou moins heureuse...



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FILM RAMUNTCHO 1938
DE RENE BARBERIS



Etant nous-même cinéaste et connaissant les concessions à faire tant aux "difficultés techniques" qu'au "grand public" (deux fameux motifs, toujours invoqués en cas de récriminations justifiées par des déformations pénibles ou des interprétations fantaisistes), concessions souvent indiscutables, mais jamais insurmontables, nous pensons, en souhaitant maintenant que ce jour ne tarde plus, que lorsqu'on réalisera un grand film basque, celui-ci étant financé, conçu, joué et réalisé par des Basques, qu'alors seulement — l'indépendance étant complète — le premier film basque existera. Et pourquoi ne parviendrait-il pas à prouver, selon sa formule, qu'il peut être susceptible de passionner un public beaucoup plus étendu, que les publics composés de Basques ou de basquisants ?



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DOCUMENTAIRE AU PAYS BASQUE AVEC LUIS MARIANO 1952
23 MINUTES



En attendant ce jour trois fois béni pour l'Euzkadi, nous nous proposons de faire tous les ans un ou deux documentaires qui, par leur conception et leur réalisation, devront servir et rehausser d'un lustre nouveau la cause de l'Eskual-Herria.



De plus, nous prévoyons dans le plan d'activité qui concerne ce "cinéma basque" de constituer une cinémathèque, qui réunira toutes les bandes qui ont illustré notre pays ; souvent ces bandes défectueuses et déplorables en bien des points, contiennent malgré tout d'excellents passages qui, réunis en une synthèse de qualité, pourront constituer un musée vivant par excellence, en même temps que le livre éternel — dépositaire de nos traditions et des aspirations — de notre pays.



Il y a, dans ce domaine, un travail considérable à établir, long et coûteux, non pas irréalisable.



Dans ce même ordre d'idées, les réalisations possibles sont inépuisables. Toutefois dans le domaine de la grande production, c'est-à-dire en ce qui concerne les films de long métrage, il nous faudra produire avec beaucoup de circonspection, et un grand film tous les deux ans semble être une cadence raisonnable pour ne pas fatiguer le public par des thèmes trop typiques — ou trop utilisés — et ne pas aller à des catastrophes financières irrémédiables.



Nous avons la fierté de croire que la création d'Euzko-Films dont le siège social est à Sare, qui possède à Biarritz un petit studio, et qui a ses bureaux à Paris, sera peut-être une date dans l'histoire de notre pays.



C'est ce que nous dira notre avenir.


Jean Apestéguy

Directeur technique de la Société."







(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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