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dimanche 13 septembre 2026

LA DISTRIBUTION DES PRIX AU LYCÉE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN JUILLET 1922 (deuxième partie)

 

DISTRIBUTION DES PRIX AU LYCÉE DE BAYONNE EN JUILLET 1922.


Pendant de nombreuses années, les distributions de prix étaient des cérémonies ayant pour but de récompenser les élèves méritants à la fin de l'année et de soutenir une certaine émulation.



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LYCEE DE BAYONNE 1905
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Georges Blançon dans le quotidien local La Gazette de Biarritz-

Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 13 juillet 1922 :



"Des lauriers pour de jeunes fronts.

La Distribution des Prix du Lycée de Bayonne.

Discours de MM. Frois et Heldt.



... M. André Frois a pris ensuite la parole.



Discours de M. Frois.

Des souvenirs et des exemples.



L'adjoint au maire de Bayonne s'est exprimé en ces termes :



Lorsque M. le ministre m'a fait l'honneur de me désigner pour présider cette cérémonie, je me suis demandé, pour répondre à l'usage, quel sujet j'allais traiter devant vous.



L'adjoint au maire de Bayonne, délégué à l'Instruction publique et aux Beaux-Arts aurait pu vous montrer ce que l'instruction, le progrès social, peuvent avoir d'action, de répercussion, sur la transformation des villes, sur leur embellissement, sur le bien-être matériel et moral de ses habitants.



Mais M. Heldt vient de m'avertir qu'il est souvent préférable d'imiter le bon Conrart. Et avec quelle finesse et quel esprit nous donne-t-il cet avertissement ! Quel bonheur d'expression et quelle langue délicate ! Esope n'en a sûrement pas servi de meilleure à ses convives.



Je ne parlerai donc ni pour vous mesdames, ni pour vous, messieurs, qui êtes trop difficile mais bien pour mes petits amis dont c'est la fête aujourd'hui. Ils seront indulgents pour le vieux camarade du lycée de Bayonne qui veut évoquer, pour eux, les souvenirs d'un passé que des fonctions éphémères rendent plus chers et plus précis.



Mes jeunes camarades, vous allez tout à l'heure entrer en vacances. C'est une joie que les vacances, mais il faut l'acheter par une peine que je vais tâcher de rendre légère. Je l'ai subie autrefois.



Quand arrivait l'heure de la distribution des prix, lorsque nous apercevions sur la table recouverte d'un tapis de velours, les livres gaufrés et les couronnes vertes qu'on allait distribuer, un monsieur, parfois un général, un préfet ou un sous-préfet, se levait, un papier à la main, et au lieu de nous donner tout de suite nos volumes — avec la bienheureuse clef des champs — nous lisait un petit sermon qui, si court qu'il fut, nous semblait interminable ! Nous écoutions peu, nous applaudissions beaucoup peut-être avec le vague espoir que nos applaudissements empêcheraient le monsieur de continuer sa harangue.



La distribution des prix était pareille à celle d'aujourd'hui, mais elle avait lieu dans un cadre plus beau, plus intime et... plus frais. L'estrade décorée d'écussons que surmontaient des drapeaux, enguirlandés de feuillages, se dressait au milieu du parc, sous ses ombrages magnifiques, près des ruines du Château de Marrac.



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PREAU LYCEE MARRAC BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Là aussi, le monsieur discourait et ne s'arrêtait pas. Mais, si notre attention était soumise parfois à une rude épreuve, nos yeux pouvaient contempler, une dernière fois, le bois charmant, témoin de nos confidences, de nos ébats, de nos espoirs.



J'ai voulu revoir notre cher lycée. C'était, il y a deux semaines, par une de ces belles journées que Mme de Sévigné appelait si poétiquement "un jour de cristal". La grille était ouverte. Je la franchis sans rencontrer personne. Plus ému que je ne voulais me l'avouer à moi-même, j'eus un de ces moments heureux de l'âme, en passant devant la loge du concierge. Le père Lacaussade, dont la forte moustache et l'allure martiale (on disait qu'il avait été zouave) tenaient en respect tous ceux qui voulaient approcher du panier rempli de gâteaux qu'il nous vendait, pendant la récréation de 4 heures, n'était plus là. Le vestibule, le parloir, n'avaient pas changé. Mais dans la cour d'honneur, les arbres et les arbustes des massifs que je me rappelais petits et grêles, je les retrouvais plus petits et plus hauts, ayant passé la quarantaine.



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LYCEE MARRAC BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les cours de récréation étaient vides. Seuls les pierrots gourmands se disputaient entre eux, piaillaient et jouaient au caprice de leur fantaisie pendant que, dans les classes silencieuses, vous terminiez vos devoirs ou rêviez aux vacances !



Nous aussi nous jouions : les petits jouaient aux quatre coins, à colin-maillard, aux billes ; les moyens aux barres, à la balle au chasseur, et les grands à la pelote ou à l'ours. Ces jeux simples valaient peut-être le football et le tennis ?



Avec des méthodes différentes, les exercices physiques étaient également en honneur. Depuis, la gymnastique suédoise a remplacé les agrès, les championnats de rugby ou d'association, les lendits que se disputaient tous les élèves d'une même académie. Les jeudis, sanglés dans nos uniformes qui ressemblaient à ceux des officiers d'artillerie, ce dont nous étions très fiers, nous faisions l'exercice militaire. Le bataillon de lycéens, armés du chassepot, s'exerçait déjà pour la guerre future et la "Ligue des Montagnards", dont je sais les récents succès, organisait des promenades, des rallyes, s'entraînait au saut, à la marche et à la course.



Ce régime vivifiant s'accommodait à un programme d'études dont on discute encore les réformes. Fort heureusement, M. le ministre de l'Instruction publique vient de rétablir la tradition des concours généraux où se distinguèrent les Blanchet, les Mezence, les Galatoire-Malégarie.



En cherchant bien, sous une table ou dans l'intérieur des casiers, nous trouverions peut-être, voisinant avec les inscriptions murales de "Mox dies libertatis" ou de "Mox fuga" les noms du grand chimiste Moureu, membre de l'Institut, dont la gloire dépasse les limites de la Patrie, du docteur Ernest Fourneau, membre de l'Académie de médecine, inventeur de la "Stovaïne", d'André Lichtenberger, l'auteur de "Gorri le Forban" et de tant d'oeuvres puissantes ou délicates, de Georges Bergès, d'Achille Zô, de Caro-Delvaille, dont les talents se sont affirmés sous les auspices de l'illustre bayonnais, le maître Léon Bonnat. Peut-être aussi, poussant plus loin les investigations, verrait-on, gravés au couteau, ceux des docteurs Lasserre et Lafourcade, intimes des hôpitaux de Paris, qui président avec tant de distinction l'Association des anciens élèves du lycée ; du général Vincendon, des colonels Touchard, Campagne ; de Stachling, docteur ès-sciences, Daguin, Lambert, agrégés de l'Université, de Mounier que j'ai fait souvent enrager, mais auquel je suis redevable avec reconnaissance des quelques notions de mathématiques que j'ai pu retenir. De tant d'autres enfin, dont il serait trop long de donner ici une énumération !"



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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