DISTRIBUTION DES PRIX AU LYCÉE DE BAYONNE EN JUILLET 1922.
Pendant de nombreuses années, les distributions de prix étaient des cérémonies ayant pour but de récompenser les élèves méritants à la fin de l'année et de soutenir une certaine émulation.
Voici ce que rapporta à ce sujet Georges Blançon dans le quotidien local La Gazette de Biarritz-
Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 13 juillet 1922 :
"Des lauriers pour de jeunes fronts.
La Distribution des Prix du Lycée de Bayonne.
Discours de MM. Frois et Heldt.
... M. André Frois a pris ensuite la parole.
Discours de M. Frois.
Des souvenirs et des exemples.
L'adjoint au maire de Bayonne s'est exprimé en ces termes :
Lorsque M. le ministre m'a fait l'honneur de me désigner pour présider cette cérémonie, je me suis demandé, pour répondre à l'usage, quel sujet j'allais traiter devant vous.
L'adjoint au maire de Bayonne, délégué à l'Instruction publique et aux Beaux-Arts aurait pu vous montrer ce que l'instruction, le progrès social, peuvent avoir d'action, de répercussion, sur la transformation des villes, sur leur embellissement, sur le bien-être matériel et moral de ses habitants.
Mais M. Heldt vient de m'avertir qu'il est souvent préférable d'imiter le bon Conrart. Et avec quelle finesse et quel esprit nous donne-t-il cet avertissement ! Quel bonheur d'expression et quelle langue délicate ! Esope n'en a sûrement pas servi de meilleure à ses convives.
Je ne parlerai donc ni pour vous mesdames, ni pour vous, messieurs, qui êtes trop difficile mais bien pour mes petits amis dont c'est la fête aujourd'hui. Ils seront indulgents pour le vieux camarade du lycée de Bayonne qui veut évoquer, pour eux, les souvenirs d'un passé que des fonctions éphémères rendent plus chers et plus précis.
Mes jeunes camarades, vous allez tout à l'heure entrer en vacances. C'est une joie que les vacances, mais il faut l'acheter par une peine que je vais tâcher de rendre légère. Je l'ai subie autrefois.
Quand arrivait l'heure de la distribution des prix, lorsque nous apercevions sur la table recouverte d'un tapis de velours, les livres gaufrés et les couronnes vertes qu'on allait distribuer, un monsieur, parfois un général, un préfet ou un sous-préfet, se levait, un papier à la main, et au lieu de nous donner tout de suite nos volumes — avec la bienheureuse clef des champs — nous lisait un petit sermon qui, si court qu'il fut, nous semblait interminable ! Nous écoutions peu, nous applaudissions beaucoup peut-être avec le vague espoir que nos applaudissements empêcheraient le monsieur de continuer sa harangue.
La distribution des prix était pareille à celle d'aujourd'hui, mais elle avait lieu dans un cadre plus beau, plus intime et... plus frais. L'estrade décorée d'écussons que surmontaient des drapeaux, enguirlandés de feuillages, se dressait au milieu du parc, sous ses ombrages magnifiques, près des ruines du Château de Marrac.
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| PREAU LYCEE MARRAC BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN |



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