L'ARBRE DE GUERNIKA.
En juillet 1934, paraît le premier numéro du journal Elgar ("ensemble"), fondé par Paul Legarralde, compositeur, chef de choeur et fondateur du groupe Errepika rebaptisé Gernika en 1937.
Voici ce que rapporta à ce sujet Xey, dans le mensuel Elgar, Journal des Basques de Paris, le 1er avril 1948 :
"L'arbre de Guernika.
Guillaume de Humboldt, dans son Journal du voyage basque (1801), raconte qu'il vit "un vieux chêne, grand et épais, sinon gracieux. Le tronc était abîmé par les vents et plusieurs branches étaient desséchées. Autour du vieux chêne, trois ou quatre autres arbres plus jeunes, de façon qu'il y eût toujours un chêne. Derrière le grand arbre, un monument de pierre, des balustrades de pierre également, et, adossé au mur de derrière, un banc de pierre où sept personnes pouvaient s'asseoir. Au milieu, la place du "Corregidor", à droite et à gauche, celles des députés, des syndics et des secrétaires. Quatre colonnes supportaient une toiture, parce qu'auparavant la "Junta" avait lieu près de l'arbre, avant la construction de la chapelle de Santa-Maria-la-Antigua, vers le début du XVe siècle, par le Corregidor de Biscaye, docteur Gonzalo Moro."
Les armes royales figuraient sur les murs du Gouvernement basque, et, à côté, celles de Biscaye : deux loups avec une croix recouverte de feuillage. Sous le dôme décrit ci-dessus, Ferdinand le Catholique et la reine Isabelle, en personne, prêtèrent le serment des "Fueros".
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| ARMOIRIES DE LA BISCAYE SOCIETE SCIENCES LETTRES ARTS BAYONNE 1 JUILLET 1931 |
La chapelle de Santa-Maria-la-Antigua était destinée aux sessions des Juntas générales, mais ces assemblées étaient toujours inaugurées sous l'arbre sacré. Autour du chêne, assis, les députés de Biscaye s'entretenaient en "Isatu zarra" (réunions d'anciens).
Avant le XVIe siècle existait un seul banc, où prenaient place les rois ou les seigneurs ; c'est en 1565 que les sept sièges de pierre dont parle Humboldt furent édifiés ; et, en 1826, la Députation générale de Biscaye fit édifier la Maison des Juntas que nous avons connue.
Cet édifice se compose de trois constructions. En façade, deux écussons aux armes de Biscaye. La salle, toute en longueur, peut contenir 300 personnes. Dans la partie intérieure la plus rapprochée du mur de fond, les bancs pour les députés, et, sur ce mur de fond, un autel avec l'image de l'Immaculée-Conception : c'est là qu'avant chaque session, se célébrait la messe dite du Saint-Esprit.
Devant la salle des réunions et sous l'arbre, s'élève un monument de pierre de vingt-deux colonnes de style corynthien. Et, en face, deux tribunes avec des balcons ; d'une de ces tribunes, le secrétaire de la Députation procédait à l'appel des représentants des villages. L'assemblée présentait un curieux aspect : on y voyait le vieil habit biscayen et la culotte courte, le béret de la campagne et le chapeau de la ville, le frac, l'élégant pantalon, le gant ajusté, le col repassé et la chemise ouverte du "gizon"... Le principe de l'égalité régnait et le plus grand respect était observé réciproquement par tous les membres et l'on tenait le plus grand compte de la moindre observation du Corregidor qui présidait au nom de la couronne de Castille...
Et durant les dix ou douze jours que durait la session, la ville de Guernika, fondée par le comte de Tello, seigneur de Biscaye, présentait un aspect animé, car les Juntas attiraient tous les candidats aux postes administratifs, tous ceux qui avaient des affaires à traiter et de nombreux curieux du pays basque.
Que reste-t-il de tout cela ? L'arbre de Guernika et la Maison des Juntas, en guise de souvenir. La Députation provinciale a remplacé la Députation des "Fueros". Du vieux chêne, qui inspira son hymne à Iparraguire, une de ses souches..."
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| CASA DE JUNTAS GUERNICA BISCAYE D'ANTAN |





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