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mardi 28 avril 2026

26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA ET LA DÉSINFORMATION DE LA DROITE FRANÇAISE (troisième et dernière partie)

26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA.


Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
ARBRE DE GUERNICA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je vous en ai déjà parlé à 9 reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018, le 26/04/2020, le 26/04/22, le 

26/04/23, le 26/04/24, le 26/04/25, le 26/04/26 et le 27/04/26.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien d'extrême droite, Je suis Partout, le 23 juillet 1937 :



"... Le pays basque vu à travers des lunettes rouges.



Puisque les illustres écrivains qui signèrent le manifeste contre les prétendues cruautés commises en pays basque sont en train de déraisonner, les voici maintenant qui font bon marché de la géographie. Nous ne serons pas trop exigeant à leur égard ; nous leur demanderons seulement de connaître les provinces qui touchent leur propre frontière.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
APPEL POUR LE PEUPLE BASQUE
LA CROIX 8 MAI 1937



S'ils reprennent leur atlas, ils verront que la partie basque forme trois provinces, les plus petites de l'Espagne : Alava, avec Vitoria pour capitale ; Guipuzcoa, capitale Saint-Sébastien, et la Biscaye, capitale Bilbao. Or Vitoria s'est toujours trouvée du côté de Franco, dès le 18 juillet. Saint-Sébastien a été libéré en septembre. Reste seulement la province de Bilbao avec quelques villages des deux autres provinces. Notre offensive actuelle, qui trouble ce groupe d'écrivains, se déploya très rapidement au milieu de la province de Biscaye. Durango et Guernica appartiennent, en effet, à la Biscaye, messieurs, pour le cas où les communiqués d'Aguirre (qui ne cesse de parler du front de Guipuzcoa, lequel se trouve à 30 kilomètres en arrière) seraient venus troubler vos connaissances géographiques.



Ceci établi, ces messieurs nous accorderont bien — ils ont une si grande affection pour les Basques, précisément parce qu'ils sont catholiques — que les habitants de Vitoria et de Saint-Sébastien sont tout aussi Basques, tout aussi catholiques, encore qu'ils se battent — et avec quel courage — aux côtés de Franco. Dans tel endroit, comme Azpeitia, qui a déjà fourni bien des héros à la cause nationale, on a promis à Dieu et à la patrie de remplacer par deux volontaires chaque combattant tombé au champ d'honneur. D'autre part, beaucoup de soldats qui se battent devant Bilbao sont catholiques.



La ville de Bilbao, messieurs, est, sachez-le, la moins basque et la moins catholique de toutes les villes basques, et c'est pour cela qu'elle oppose tant de résistance, pour ne pas parler de l'aide étrangère qui lui est fournie. A cause de son caractère industriel elle a toujours été, et elle est encore de nos jours, un foyer de marxisme dans sa population cosmopolite, auprès de laquelle l'épicurien Prieto a plus d'autorité qu'Aguirre lui même. Ainsi s'expliquent les incendies d'Eibar, Durango, Guernica et les autres qui se succèdent continuellement. Ainsi s'expliquent les profanations et destructions d'églises, de statues de saints, les meurtres de tant de catholiques basques et l'emprisonnement de beaucoup d'autres, qui attendent à Bilbao l'heure de la délivrance — et de qui ne se préoccupent, ni vous, messieurs, ni le gouvernement Blum ni le gouvernement anglais.



De tout ceci concluons que les écrivains du groupe ont pris fait et cause pour les marxistes de Bilbao, où Aguirre — le petit Napoléon, comme on l'appelle à Saint-Sébastien — n'est depuis les premiers jours qu'un homme de paille et où il se cramponne pour que son catholico-marxisme puisse servir de propagande chez ceux qui croient facilement à qui peut leur servir.



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UN MOULIN DE LA CEINTURE DE FER DE BILBAO
BISCAYE D'ANTAN


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Avec ce qui précède sous les yeux, ces messieurs comprendront que la légende de la "continuité du culte en pays basque n'est pas plus vraie que tout le contenu du manifeste. Mais pour ne pas les irriter contre nous, nous concéderons qu'il y a quelque chose de vrai dans leurs affirmations.



En effet, dans une partie du pays basque, non seulement le culte n'a pas été interrompu, mais, depuis le 18 juillet, a été même intensifié. Par exemple à Vitoria, qui s'est toujours trouvée du côté de Franco, le culte n'a pas été interrompu un seul instant ; au contraire, on a restitué aux édifices publics et spécialement aux écoles, les images saintes que la république athée avait bannies — cette restauration, d'ailleurs, s'est faite dans toute l'Espagne nationale aux acclamations joyeuses et enthousiastes du peuple. Même restauration à Saint Sébastien après la libération de cette ville.



En Biscaye, en revanche, la seule province encore entre les mains des marxistes, toute différente est la situation. J'ai devant moi le récit d'un prêtre qui a accompagné les soldats sur le front ; ce récit ne date que de quelques jours. "Il est à peine un endroit, écrit-il, qui n'ait vu des profanations. Beaucoup d'églises ont été changées en casernes et en salles de réunion. Les statues des saints ont été jetées à bas, traînées par terre, les yeux crevés ; les tableaux pieux criblés de coups de poignard ; les autels détruits par les bombes et les tombes violée." Dans ces conditions, on n'a pas dû, je suppose, dire la messe dans ces églises, ni y célébrer quelque autre exercice du culte ; de même cette fameuse "continuité du culte" n'aura pu persévérer là où les prêtres ont été massacrés, là où ils ont dû fuir pour sauver leur vie en danger.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
CARTE ARTICLE JE SUIS PARTOUT
23 JUILLET 1937


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Après tout cela, peut-on prendre au sérieux ces apitoiements pharisaïques ? C'est chose triste à reconnaître ; mais nous sommes surpris, stupéfaits de voir les catholiques de certains pays, dont l'histoire est liée à celle de l'Espagne, et qui devraient garder le souvenir reconnaissant de services rendus dans un passé tout proche, ne pas se rendre compte de la véritable situation et prendre le change lorsque toute cette bande internationale s'efforce, par l'argent, les armes, la presse, la propagande, les troupes et toutes sortes d'autres moyens, à la destruction de la catholique Espagne, de ses trésors religieux et historiques, sans pitié pour la vie des véritables Espagnols.


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Dans ces conjonctures, nous ne pouvons, nous ne voulons nous taire. Notre voix est modeste, du moins reflète-t-elle avec fidélité la pensée de l'Espagne nationale : nous ne disons rien ici qui n'ait été répété des centaines de fois avant nous.



Le sang déjà répandu de milliers et de milliers de catholiques espagnols, vrais martyrs, le sang qui coule encore, les souffrances de ceux qui gémissent sous la tyrannie et la domination cruelle du marxisme, empêchent que nous gardions le silence ; cela exige de nous comme l'Espagnol, comme catholique et surtout comme prêtre, qui nous crions au monde entier : "Assez ! la farce a assez duré !"



Il est illicite, il est criminel de spéculer sur le sang d'innocents pour servir des intérêts matériels et mesquins. Que les pays qui ont favorisé la guerre et qui la prolongent en fournissant à ce ramassis d'assassins et de voleurs qu'est le gouvernement de Valence toute sorte d'aide matérielle et morale, que ces pays se taisent du moins par pudeur et par convenance.



Ni les gouvernements ni les sujets de ces pays, surtout quand ils sont catholiques, ne peuvent s'excuser en prétextant : d'autres aussi aident Franco. Encore qu'il y ait beaucoup à dire, cette excuse est sans valeur pour une conscience droite et chrétienne. Est-ce donc la même chose, répétons-le, de venir au secours d'un patriote, d'un peuple loyal qui défend son indépendance, sa foi et sa vie, et d'apporter de l'aide à l'assassin criminel ?



Finissons-en avec les comédies diplomatiques qui ne trompent que les naïfs. Qu'ils ne parlent pas d'"humanité" ceux qui ne sentent pas cela. Qu'ils ne viennent pas raconter que c'est par "humanité qu'il faut délivrer les femmes et les enfants de Bilbao, alors qu'on les a vus à Madrid fermer les portes de leurs ambassades et consulats (ce que ne firent pas la Turquie, ni la Lithuanie, pour ne citer que deux nations éloignées de l'Espagne) aux malheureux qui y cherchaient refuge pour n'être pas assassinés.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
BOMBARDEMENT GUERNICA 26 AVRIL 1937
CREDIT AFP



Qu'ils ne parlent pas d'"humanité" ceux qui restèrent impassibles devant les milliers de meurtres passés ou actuels, commis dans les rues et les maisons particulières, sans parler des exécutions dans les prisons. (Leur nombre a, il est vrai, en partie diminué, mais c'est parce qu'il n'y avait plus personne à tuer...)



Qu'ils ne parlent pas d'"humanité ceux qui, à Genève, se montrèrent indifférents ou hostiles à la proposition du délégué du Chili demandant l'évacuation des réfugiés dans les ambassades de plusieurs pays et parmi lesquels on comptait un très grand nombre de femmes et d'enfants.



Qu'ils ne parlent pas d'"humanité" ceux qui ne sont pas d'avis de libérer ou de protéger ceux qui souffrent à Madrid, à Valence, à Barcelone ou autres villes au pouvoir des rouges.



Nous savons tous d'où vient cet intérêt porté à Bilbao. Là on trouve du fer, du fer qui s'acquiert facilement en échange de farine, de pommes de terre et de quelques mitrailleuses ; du fer qui est utile au réarmement anglais...



S'ils sont tellement humanitaires, qu'ils commencent donc par ne pas faire de victimes, grâce à leur commerce frauduleux et criminel, par la mer ou par la frontière pyrénéenne ; qu'ils travaillent plutôt à la libération de tous ceux qui veulent quitter le pays rouge.



L'Espagne nationale et catholique, l'Espagne de Franco reçoit à bras ouverts femmes et enfants, sans distinction de familles, même les enfants des rouges, car ces petits sont innocents. L'Espagne nationale prendra soin d'eux et, sans qu'ils soient contraints de s'expatrier, leur donnera leur nourriture : il y a du pain pour tous. C'est ici que nous voudrions voir de la véritable "humanité".



Aux écrivains qui se disent catholiques, quelle que soit leur origine, nous voulons dire en terminant : l'Espagne, jadis, était un vaste empire qui a civilisé vingt peuples en leur apportant la lumière de l'Evangile. L'Espagne d'aujourd'hui est la digne héritière de celle-là, elle qui fixe sur la poitrine de ses enfants la croix de Saint-Jacques et le blason d'Isabelle-la-Catholique. Cette Espagne, avec ses philosophes, ses théologiens et ses juristes, ne demande pas de leçons d'humanité, n'en a pas besoin, ne les accepte pas et ne souffre pas les exigences pharisaïques.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
ARMOIRIES DES ROIS CATHOLIQUES D'ESPAGNE



Puisqu'ils ne savent, ces écrivains, donner leur collaboration à la bonne cause, qu'ils sachent du moins respecter l'héroïsme et la noblesse de ceux qui combattent et meurent pour Dieu et la patrie, pour ce qu'il y a de plus saint à défendre sur la terre !"




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)










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lundi 27 avril 2026

26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA ET LA DÉSINFORMATION DE LA DROITE FRANÇAISE (seconde partie)

26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA.


Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
ARBRE DE GUERNICA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je vous en ai déjà parlé à 8 reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018, le 26/04/2020, le 26/04/22, le 

26/04/23, le 26/04/24, le 26/04/25, et le 26/04/26.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien d'extrême droit, Je suis Partout, le 23 juillet 1937 :



"... La vérité sur Durango et Guernica.



Qu'est-ce qui a bien pu se passer à Bilbao et aux environs, pour que la sensiblerie des écrivains français les ait poussés à publier ce pétulant manifeste ?



Nous croyions vraiment que l'oeuvre effarante du marxisme international et maçonnique qui choisit pour victime, à cause de sa religion et à cause de sa position géographique, la catholique Espagne, ne pouvait être dépassée. Quelque chose de tout à fait inattendu a donc dû se passer dans ces riantes montagnes de Biscaye ? Laissons parler nos intellectuels :


"Hier, disent-ils, c'était le bombardement aérien de Durango ; aujourd'hui c'est la destruction presque complète, par le même procédé, de Guernica, villa sans défense et sanctuaire des traditions basques. Des centaines de non-combattants, de femmes et d'enfants ont péri à Durango, à Guernica et ailleurs. Bilbao, où se trouvent de très nombreux réfugiés, est menacée de subir le même sort."



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FERME CEINTURE DE FER BILBAO
BISCAYE D'ANTAN



Le lecteur connaît-il l'origine de ces informations ? Obéissant à une consigne précise, la presse marxiste et maçonnique d'Angleterre a inventé de toutes pièces la légende du bombardement de Guernica et de sa destruction par bombes incendiaires ; la même presse, en France, adopta la légende que les agences se hâtèrent de répandre. Excellente occasion pour cette presse de faire coup double, puisque à ces inventions on mêle le nom d'un pays rival qui apporte son appui aux armées de Franco.



La hâte des signataires du manifeste les fit tomber dans le ridicule : car ces calomnies furent bientôt démenties par des témoins oculaires et les correspondants de la presse internationale... Pour ces intellectuels, les agences à la solde de la maçonnerie et du marxisme méritent plus de créance que toutes les rectifications de l'invincible général Franco, catholique fervent, alors même que ces rectifications seraient appuyées par les témoignages des correspondants des journaux français.



Le groupe du manifeste ne savait rien du bombardement de l'église de N.-D. del Pilar à Saragosse, qui nous est plus chère que l'arbre symbolique de Guernica ; il ne sait rien du bombardement du sanctuaire de la Cabeza, où, à côté d'une poignée de héros, s'abritaient des centaines de femmes et d'enfants, même des nouveau-nés : il ne sait rien du dynamitage de l'Alcazar historique de Tolède, bien que celui-ci fût également un lieu de refuge pour des non-combattants ; il ne sait rien des milliers de bombes lancées sur Oviedo, surtout sur les maisons particulières et les églises ; enfin il paraît ne rien savoir des bombardements successifs de nombreuses localités situées loin du front, où les hôpitaux même ne furent pas respectés et les églises encore moins.



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ALCAZAR TOLEDE
APRES LE SIEGE DU 21 JUILLET 1936 AU 27 SEPTEMBRE 1936



Le groupe du manifeste ignore tout cela. Jamais on n'a élevé la voix pour protester contre ces atrocités et cette sauvagerie. Qu'est-ce donc que Durango et Guernica peuvent bien avoir de particulier pour exciter la pitié et émouvoir la sensibilité tardive de ces écrivains ? Quelles qualités exceptionnelles avaient ces femmes et ces enfants qui, prétend-on, perdirent la vie dans ces deux villes ? D'après la doctrine chrétienne, tous les enfants, toutes les femmes ont partout les mêmes droits à la vie — vie dont nous ne pouvons disposer, mais dont Dieu seul est maître... Mais ne nous arrêtons pas à ces réflexions. Les "centaines de femmes et d'enfants" qui furent tués par le bombardement imaginaire de Durango et Guernica n'existent, Dieu merci, que dans l'imagination des agences maçonno-marxistes et dans celle, hélas ! du groupe des écrivains bien connus.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
CARTE ARTICLE JE SUIS PARTOUT
23 JUILLET 1937



Pour Durango, ils n'ont pas dû trouver grand-chose, car ils ne tentent pas d'honorer cette ville d'une épithète.



Quant à Guernica, elle parait les avoir touchés davantage. Peut-être fut-ce la faute du fameux arbre. C'est un fait qu'ils qualifient cette ville de "sanctuaire des traditions basques". On croirait, à les entendre, qu'il s'agit d'une nouvelle Jérusalem. Or Guernica est une petite ville de 5 à 6 000 habitants, comme tant d'autres d'origine moyenâgeuse ; elle fut fondée par le comte D. Tello qui, pour la peupler, octroya certains privilèges à ceux qui viendraient y vivre. L'acte officiel en fut signé dans la ville basquissime d'Ocana, qui se trouve au coeur de la Nouvelle-Castille, non loin de Tolède. Guernica ne possède pas de monuments artistiques comparables, même de loin, à ceux qui se trouvent en grand nombre en Espagne et qui, dans la partie du Front national, sont pieusement conservés, tandis qu'on les détruit dans la partie où dominent les rouges. Toutefois Guernica possède un arbre historique qui fut planté dans les dernières années du 19e siècle pour en remplacer un autre mort en 1892 ; de plus, elle possède une Casa de Juntas (salle publique de réunion). Or, Dieu merci, ces deux "monuments" sont restés intacts. Comme on voir, les marxistes, alliés d'Aguirre et paroissiens futurs du doyen de Cantorbery, n'ont pas voulu trop outrepasser les bornes dans l'emploi de leurs mines et de leur essence, dont ils ont été pourtant si prodigues aux dépens des demeures particulières — surtout quand elles appartenaient à des riches ou des centralistes.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
BOMBARDEMENT GUERNICA 26 AVRIL 1937
BISCAYE D'ANTAN


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Pour rester dans la critique loyale, nous allons rapporter un dernier argument, celui qui a pu attendrir le coeur de nos écrivains si douloureusement émus et justifier le manifeste.



Quelque opinion, écrivent-ils, que l'on ait sur la qualité des partis qui s'affrontent en Espagne, il est hors de conteste que le peuple basque est un peuple catholique, que le culte public n'a jamais été interrompu au pays basque. Dans ces conditions, c'est aux catholiques, sans distinction de parti, qu'il appartient d'élever la voix les premiers pour que soit épargné au monde le massacre impitoyable d'un peuple chrétien. Rien ne justifie, rien n'excuse des bombardements de villes ouvertes, comme celui de Guernica."



Laissons de côté cette fausse impartialité qui reconnaît les mêmes droits au patriote, au citoyen honnête qu'au criminel et à l'assassin ; mais décidément les écrivains en question se sont juré de faciliter notre critique. Guernica vient d'être l'objet d'un nouveau bombardement, mais cette fois, par l'aviation du catholico-marxiste Aguirre : attendons maintenant un nouveau manifeste, car passée aux mains des nationaux. Guernica n'a pas, que l'on sache, cessé d'être une ville ouverte. De plus nous croyions jusqu'à présent — c'est l'authentique doctrine chrétienne répétée sous forme scientifique par Vitoria et les grands théologiens espagnols — que tous les hommes ont droit à la vie : blancs, noirs ou jaunes, chrétiens ou païens, citoyens de Guernica, de l'Algérie ou de l'Inde britannique. Nous croyions également que ce droit à la vie pouvait être annulé par certains méfaits, qu'ils soient commis par des hommes qui se disent catholiques, bouddhistes ou anglicans. Pour notre groupe d'écrivains, il n'y a pas lieu de tenir compte de ces principes qui sont pourtant à la portée de n'importe quel étudiant de philosophie morale, de droit ou de théologie...



Mais il y a plus grave encore. Tandis qu'ils se lamentent sur la prétendue mort des Basques catholiques de Durango et de Guernica, ces messieurs, qui se disent catholiques, n'ont pas un mot de protestation ou de pieux souvenir pour ces milliers et milliers de catholiques qui ont été fusillés par les marxistes."




A suivre et fin, exceptionnellement demain...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)










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dimanche 26 avril 2026

26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA ET LA DÉSINFORMATION DE LA DROITE FRANÇAISE (première partie)

26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA.


Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
ARBRE DE GUERNICA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je vous en ai déjà parlé à 7 reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018, le 26/04/2020, le 26/04/22, le 

26/04/23, le 26/04/24 et le 26/04/25.



Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire d'extrême droite, Je suis Partout, le 23 juillet 1937 :



"La guerre de libération Espagnole.

Un document : Réponse de deux religieux basques au manifeste des intellectuels catholiques français.



Le manifeste publié par des intellectuels catholiques en faveur des Basques est loin d'avoir été accueilli, en France, par une approbation universelle, encore qu'on lise parmi les signatures des noms unanimement respectés.


Mais si l'on observe les réactions qu'il a provoquées en Espagne, il est piquant de constater que cette démarche a été vue de très mauvais oeil par les Basques eux-mêmes. En effet, deux Dominicains actuellement réfugiés à Rome, le docteur V. Carro, professeur de théologie, et V. Beltran de Heredia, professeur de langue basque, viennent de publier (15 mai) une petite brochure dans laquelle ils expriment, avec une ironie indignée, leurs sentiments sur le fameux manifeste. On sera sans doute curieux de lire cette réplique si compétente.


Nous n'avons pas la prétention de nous ériger en juges spirituels du conflit espagnol. Il nous a paru toutefois que dans une affaire où les catholiques sont en désaccord, nous pouvions, impartialement, faire entendre des voix assez autorisées et publier le texte qui paraîtra, quoi que l'on en dise, un document important.


guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
CARTE ARTICLE JE SUIS PARTOUT
23 JUILLET 1937


Dédié à MM. Mauriac et Maritain.



La rébellion de Franco est-elle légale ?



Deux documents sur la guerre nous sont tombés entre les mains : un manifeste signé par des écrivains français (auxquels se mêlent quelques noms étrangers : cela fait mieux) et l'étude juridico-théologique d'un savant espagnol. L'analyse de ce deux documents nous apprendra le point de vue qui y est adopté.



Le P. Ignacio Menéndez-Reigada, théologien de race, gradué de l'Université de Salamanque et, depuis de longues années, professeur de théologie, est l'auteur d'une brochure intitulée : "La Guerre nationale espagnole à la lumière de la morale et du droit." Comme il fallait s'y attendre d'un aussi illustre théologien, dont la science honore cette ville où vécurent Vittoria, le fondateur du droit international, les deux Soto, Cano, Sotomayor, Médina, Mancio, Banez et nombre d'autres maîtres espagnols, cette brochure est un plaidoyer redoutable et sans réplique. D'une façon absolue et sereine, mais aussi avec la force et la persuasion de quelqu'un qui a vécu cette tragédie et qui a vu couler à flot le sang de ses compatriotes, il résume sa pensée en cinq propositions dont voici quelques extraits :


Première proposition : "Le gouvernement du Frente popular est illégal, tyrannique, traître au pays et au peuple, ennemi de Dieu et de l'Eglise."


Deuxième proposition : "La rébellion à main armée contre le Frente popular et son gouvernement est non seulement juste et permise, mais encore obligatoire, et, de la part du gouvernement national et de ses adhérents, est la guerre la plus sainte que l'on puisse enregistrer dans l'histoire."



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
CARTE ANTI FRENTE POPULAR 1936
ESPAGNE D'ANTAN




Quatrième proposition : "Toute aide, tout secours accordés directement ou indirectement au Frente popular est répréhensible. De même est répréhensible toute opposition au gouvernement légitime national dans les circonstances présentes..."



La preuve des cinq propositions comprend cinquante pages de la brochure du grand théologien, bourrées de science juridique et théologique, avec de nombreuses citations des encycliques pontificales. Après coup, la dernière encyclique de S.S. Pie XI est venue, avec son autorité suprême, corroborer les arguments du théologien qui, depuis plusieurs mois, avait déjà mis par écrit ses réflexions et avait obtenu l'approbation du couvent de Salamanque. Nous n'allons pas, ici, entrer dans des détails et ce n'est pas non plus notre intention de citer cet écrit qu'on peut facilement se procurer.



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PAPE PIE XI



D'ailleurs, sa thèse fondamentale est évidente pour quiconque connaît l'origine de la guerre espagnole. Il suffit de se rendre compte qu'il ne s'agit pas d'une guerre entre partis politiques ni même d'une guerre civile ordinaire : c'est la lutte pour l'indépendance de la patrie, pour la religion, pour l'existence même de l'individu et de la société. Si l'individu a plein droit de défendre sa vie, au besoin par la mort de l'injuste agresseur, à plus forte raison ce droit appartient-il au peuple comme tel.



Qui parle de luttes partisanes montre qu'il ne connaît rien du problème, ce qui ne devrait pas se produire chez des personnes de simple culture moyenne, alors que la lutte est engagée depuis dix mois et après tout ce qui a été écrit à ce sujet ; mais cela convient encore moins à ceux qui se nomment "écrivains catholiques", après la publication des lettres pastorales des évêques de Séville, Santiago, Vitoria, Salamanque, Burgos, etc. Sur ce point, affecter une attitude neutre ou impartiale n'est pas autre chose que reconnaître des droits égaux au meurtrier criminel, traître à Dieu et à sa patrie, et au citoyen local qui, pour remplir ses devoirs religieux et patriotiques, sacrifie tout, jusqu'à sa vie. Ceux qui agissent ainsi — qu'ils se nomment comme ils veulent — oublient une vérité élémentaire : que le péché, que le crime n'ont pas de droits.



Le groupe d'écrivains catholiques français signataires du manifeste tient-il compte de tout cela ?  Nous devons reconnaître que ce groupe (auquel il serait injuste d'assimiler tous les écrivains français) tombe dans un vieux travers ridicule et montre une incompréhension total du cas espagnol. Alors qu'il se dit catholique, il ne sait que faire écho à la propagande mariste et maçonnique internationale et, consciemment ou non, s'y rallie. Par leur attitude, ces intellectuels nuisent non seulement à l'Espagne catholique et nationale, mais aussi à leur propre patrie. Les Espagnols, qui jusqu'à présent faisaient le départ entre le gouvernement du Front populaire et le peuple catholique de France avec sa presse de droite, ne pourront plus faire cette distinction.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
CARTE ANTI FRENTE POPULAR 1936
ESPAGNE D'ANTAN



Celui qui écrit ces lignes put, dans les mois de septembre et octobre, dire en Espagne qu'un grand nombre de feuilles française de droite rendaient hommage à la vérité et faisaient droit à la cause nationale espagnole en contrecarrant, dans la mesure du possible, l'aide éhontée que le gouvernement apportait aux marxistes. Désormais, en face de ce manifeste très agréable aux marxistes et aux francs-maçons, en face de l'attitude de quelques petites revues plus ou moins intellectuelles, il nous devient à peine possible de garder notre précédente position, encore que nous soyons persuadés que beaucoup de catholiques se trouvent toujours du côté de la véritable Espagne.



Afin que le lecteur se rende compte de l'inspiration marxiste et maçonnique du manifeste, nous voulons en analyser les déclarations principales.



"La guerre civile espagnole, écrivent-ils, vient de prendre au pays basque un caractère particulièrement atroce."



On croirait que ces écrivains français, pendant les neuf premiers mois de la guerre, ont été bercés dans un doux sommeil ; on croirait qu'ils n'ont rien su des crimes commis à 500 mètres de leur frontière, dans le fort de Guadalupe, où d'éminents catholiques comme Victor Bradera, Beunza, Honorio Maura et tant d'autres perdirent la vie. Ils ignorent, semble-t-il, qu'à Bilbao des centaines de catholiques ont été massacrés, arrachés à leurs maisons pour avoir commis le crime d'être "centralistes" catholiques. Ces martyrs de la cause nationale et chrétienne n'étaient même pas des prisonniers, ils n'avaient pas participé à la lutte, ils étaient de simples et honnêtes citoyens, des prêtres ou des religieux dont le seul malheur fut d'habiter, le 18 juillet 1936, Bilbao ou les environs. Un certain nombre furent déportés de San Sebastian, pour qu'à l'arrivée de nos troupes victorieuses, ils ne pussent jouir des bienfaits de la paix et de la délivrance si ardemment attendue. Là, deux de nos confrères perdirent la vie, des prêtres furent abattus d'une façon sauvage, à coups de hache...



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
CARTE ANTICLERICALE 1936



Pour le groupe d'écrivains signataires du manifeste, il n'y avait là rien d'"atroce" ! La guerre n'avait pas dépassé les limites tragiques, certes, mais enfin communes à toute guerre ! Alors leur tendre coeur ne battit pas plus fort. Alors ils demeurèrent insensibles et jugèrent qu'il n'était pas de leur devoir d'élever la voix. Tout cela n'avait rien d'effroyable. De même qu'il n'était pas cruel de forcer des familles entières, sous la menace du revolver ou du fusil, d'abandonner leurs maisons et de suivre les hordes en déroute des marxistes pour prolonger leur martyre en pays rouge, où elles ne trouveraient ni pain ni abri.



Pas "atroce" donc le massacre de presque tous les évêques dont le siège était situé en territoire rouge (ceux qui ont pu s'échapper ne l'ont pu que par miracle et grâce à des déguisements), de milliers et de milliers de prêtres, religieux et religieuses, de 3 à 400 000 laïques catholiques, qui ont péri en criant : "Vive le Christ-Roi ! Vive l'Espagne !



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
 CARTE ANTI FRENTE POPULAR 1936
ESPAGNE D'ANTAN



Pas "atroce" donc l'incendie et la profanation de toutes les églises en territoire rouge, les outrages aux statues des saints avant leur destruction par le feu ou la hache, les sacrilèges commis avec des hosties consacrées ! 



Pas "atroce" donc l'anéantissement de tant de bibliothèques et d'archives par la dynamite ou l'essence !"



A suivre (exceptionnellement demain et après-demain)...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)










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samedi 26 avril 2025

26 AVRIL 1937 : BOMBARDEMENT DE GUERNICA EN BISCAYE AU PAYS BASQUE

26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA.


Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
ARBRE DE GUERNICA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je vous en ai déjà parlé à 6 reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018, le 26/04/2020, le 26/04/22, le 

26/04/23 et le 26/04/24.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien communiste L'Humanité, le 29 avril 1937, sous la 

plume de Gabriel Péri :



"De Guernica il ne reste que cinq maisons !


Et Mola déclare "qu'il rasera Bilbao" !



pays basque autrefois guerre civile espagnole guernica
RUINES DE GUERNICA
26 AVRIL 1937


L'effroyable récit d'un journaliste anglais sur "ce raid sans parallèle dans l'histoire militaire" : malades éventrés dans un hôpital, un prêtre mitraillé au moment où il sauvait un enfant, l'amas des corps déchiquetés de cinquante femmes dans une rue.



On lira plus loin l'hallucinant compte rendu que publie le correspondant du Times en Biscaye, sur la tragédie de Guernica. Le fascisme italien et le fascisme allemand nous avaient habitués à des horreurs sans nom. Se souvenir de Badajoz, se souvenir de Malaga et des descriptions que conte le livre si puissant de M. Arthur Koestler, L'Espagne ensanglantée. Le Times et tous les journaux anglais commentent les événements dans des articles extrêmement sévères dont, hélas, nous ne trouvons pas l'équivalent dans la presse française. Le Times parle des "avions allemands de Mola".



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AVION HEINKEL HE 111



Le gouvernement français sait que les antifascistes du monde entier ont parfaitement discerné les responsables du massacre de Guernica. Le massacre n'a été possible que parce que la politique de la non-intervention a été, en fait, celle de l'intervention fasciste tolérée.



Des femmes et des enfants ont péri dans les flammes parce que la France et la Grande-Bretagne ont laissé Hitler et Mussolini transporter en Espagne des bombes incendiaires.



Et comme le Duce veut venger la défaite de Guadalajara, ces transports se poursuivront. La décision en a été prise formellement ces jours-ci par Goering et Mussolini au cours de leur rencontre. A Guernica, l'ordre de bombardement a été donné par l'état-major allemand. Il a été exécuté par 120 avions allemands.



M. Delbos s'imagine-t-il qu'il lui suffira tout à l'heure, pour justifier sa politique devant la commission des affaires étrangères, de dire que le contrôle fonctionne sur les côtes d'Espagne ?



Le gouvernement français, si tant est qu'il l'ait pu jusqu'ici, ne peut plus plaider l'ignorance.



Mola a annoncé hier que l'armée rebelle et interventionniste était décidée à raser Bilbao comme elle a incendié Guernica.



L'Allemagne hitlérienne veut transformer la Biscaye en un monceau de ruines.



Il y a quinze jours, del Vayo a annoncé — mais M. Delbos et M. Eden ont fait semblant de ne pas entendre — que l'Italie et l'Allemagne utiliseraient les navires contrôleurs et les gaz asphyxiants contre les villes républicaines. Une note du gouvernement espagnol confirme que les hydravions des navires contrôleurs coopèrent ouvertement avec les unités rebelles, et le sous-marin allemand U. 35 arrête les navires gouvernementaux. Très exactement, comme nous en avions avisé par avance M. Delbos !



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YVON DELBOS
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
DU 4 JUIN 1936 AU 13 MARS 1938



Si placées devant ces menaces, si prévenues de ce plan infernal, la France et la Grande-Bretagne se croisent les bras, elles mériteront d'être accusées de complicité. On dira : la Biscaye est en flammes parce que des gouvernements ont eu la lâcheté d'être complices des incendiaires, comme on a dit : Mussolini a vaincu Addis-Abeba parce que la complicité de la France de Laval a appuyé l'action de l'ypérite.



Le récit d'un témoin oculaire.


"La destruction de Guernica par les avions allemands est sans précédent dans l'histoire militaire" déclare l'envoyé spécial du Times



Le carnage de Guernica a soulevé une très vive indignation en Angleterre. Le Times consacre un éditorial et un long récit de son envoyé spécial qui fut témoin oculaire des bombardements. Nous publions ci-dessous de larges extraits de sa description :



... Par la forme de son exécution et l'ampleur de la destruction ainsi que par le choix de son objectif, le raid sur Guernica n'a pas de parallèle dans l'histoire militaire. Guernica n'était pas un objectif militaire. Une usine de matériel de guerre, qui s'élève aux environs de la ville, n'a pas été touchée. De même, deux casernes situées à quelque distance de la cité sont restées intactes.



L'objet du bombardement fut, semble-t-il de démoraliser la population civile et de détruire le berceau de la race basque. Tous les faits confirment cette opinion, à commencer par le jour où l'acte fut perpétré.



Lundi est le jour de marché habituel à Guernica, pour tous les gens des alentours. A 16h30, au moment où, dans le marché plein de monde, des paysans continuaient à affluer, les cloches de l'église sonnèrent l'alarme, annonçant l'approche des avions. La population chercha refuge dans des caves et dans les abris qu'on avait préparés à la suite du bombardement de la population civile de Durango, le 31 mars, bombardement qui ouvrit l'offensive du général Mola dans le Nord.



Cinq minutes après, un seul avion allemand de bombardement parut, décrivit des cercles au-dessus de la ville à une faible hauteur, puis laissa tomber six bombes lourdes, visant apparemment la gare. Les bombes, avec une averse de grenade, tombèrent sur un ancien institut et sur des maisons et des rues autour. Puis l'avion s'éloigna. Après cinq minutes, arriva un deuxième avion de bombardement, qui jeta le même nombre de bombes au milieu de la ville. Environ un quart d'heur plus tard, trois junkers survinrent pour continuer l'oeuvre de destruction et puis la bombardement augmenta en intensité et devint permanent. Il ne cessa qu'à l'approche de la nuit, à 19 heures 45. Toute la ville de 7 000 habitants, plus 3 000 réfugiés, fut lentement et systématiquement mise en morceaux.



pays basque autrefois guerre civile espagnole guernica
JUNKER JU 52


Sur un rayon d'environ huit kilomètres, la technique des assaillants fut de bombarder des fermes isolées. Dans la nuit, ces dernières brûlèrent comme de petites chandelles sur les coteaux. Tous les villages des environs furent bombardés avec la même intensité que la ville elle-même et, à Mugica, petit pâté de maisons à l'entrée du chemin de Guernica, la population fut soumise au feu des mitrailleuses pendant un quart d'heure.



Le rythme de la mort.



Il est encore impossible d'établir le nombre des victimes. Dans la presse de Bilbao, on écrit ce matin que leur nombre est heureusement petit, mais on craint que ce ne soit une sous-estimation dans le but de ne pas créer de panique parmi le grand nombre de réfugiés de Bilbao. Dans l'hôpital "Joséfinas", qui fut le premier à être bombardé, tous les 42 miliciens blessés qui y étaient en traitement, furent tués sur le coup. Dans une rue descendant de la place de la "Casa de la Juntas", je vis un endroit où cinquante personnes, presque toutes des femmes et des enfants, furent bloquées dans un abri, sous une masse de débris fumants. Beaucoup de gens furent tués dans les champs et, au total, on peut estimer le nombre des morts à plusieurs centaines. Un vieux prêtre, du nom d'Aronatégui, fut tué par une bombe alors qu'il était en train de sauver des enfants d'une maison en feu.



La tactique des assaillants, qui peut intéresser les étudiants de la nouvelle science militaire (sic) fut la suivante : d'abord de petits groupes d'avions jetèrent de lourdes bombes et des grenades à main sur toute la ville, choisissant endroit après endroit en ordre précis. Ensuite, vinrent des avions de combat qui volèrent bas pour mitrailler ceux qui, pris de panique, s'enfuyaient des abris, dont certains avaient déjà été pénétrés par des bombes de 1 000 livres, faisant des trous de huit mètres de profondeur. Beaucoup de ces gens furent tués dans leur fuite. Un fort troupeau de moutons, qui avait été amené au marché, fut anéanti complètement. Le but de cette manoeuvre fut, apparemment, de pousser la population à se réfugier de nouveau sous terre, car, ensuite, douze avions de bombardement jetèrent de lourdes bombes incendiaires sur les ruines. Le rythme de ce bombardement d'une ville ouverte fut, par conséquent, logique : d'abord des grenades à mains et de bombes lourdes pour créer la panique parmi la population, puis l'emploi des mitrailleuses pour pousser les gens sous terre, ensuite le jet de lourdes bombes incendiaires pour démolir les maisons et les incendier au-dessus de leurs victimes.




pays basque avant guerre civile espagnole guernica
LA PLACE DU MARCHE ET LA TAVERNE BASQUE INCENDIEES
GUERNICA 26 AVRIL 1937


Lorsque je pénétrai dans Guernica après minuit, des maisons s'écroulaient de chaque côté et il fut impossible absolument, même pour les pompiers, d'entrer dans le centre de la ville. Les hôpitaux de "Joséfinas" et du "Convento de Santa Clara" étaient des monceaux de cendres fumantes ; toutes les églises, sauf celle de "Santa Maria" furent détruites et le peu de maisons qui restaient encore debout menaçaient de s'écrouler. Quand je visitai de nouveau Guernica cet après-midi, la plus grande partie de la ville brûlait encore et de nouveaux incendies avaient éclaté. Près de trente morts étaient allongés dans un hôpital détruit.



pays basque avant guerre civile espagnole guernica
GUERNICA EN FLAMMES
26 AVRIL 1937

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Hitler avait offert une paix séparée au Gouvernement Basque.



"Il y a un mois et demi qu'un représentant autorisé du chancelier Hitler a fait à plusieurs reprises, au représentant du gouvernement basque des offres de paix séparée. L'homme de confiance de Hitler a accompagné ces offres de la menace de faire une guerre impitoyable contre le pays basque, en cas de refus. Nous avons refusé. Les entretiens ont eu lieu à Paris.



Ces révélations sensationnelles ont été faites aujourd'hui par M. Piccavea, président de la délégation basque de Paris, au cours d'une conférence de presse qui a eu lieu à l'ambassade d'Espagne. Elles furent corroborées par M. Bastarrerea, juge au tribunal constitutionnel de la république espagnole.



guernica antes pais vasco guerra civil vizcaya
DON RAFAEL PICAVEA
DEPUTE DE SAINT-SEBASTIEN
PHOTO AGENCE MEURISSE GALLICA



M. Piccavea déclara que l'offensive des insurgés dans le pays basque est dirigée par un état-major allemand, auquel sont adjoints quelques officiers italiens, et qui a son siège à Deva, la frontière de la province du Guipuzcoa.



"C'est une guerre de l'Allemagne contre le pays basque, dit M. Piccavea, une guerre qui a pour but la mainmise allemande sur nos richesses, nos minerais de fer, les plus purs de l'Europe. Il ajouta que les Allemands veulent prendre Bilbao sans lutte et sans destruction, afin de s'emparer des usines de guerre qui sont concentrées dans cette ville. Pour parvenir à ce but, pour forcer Bilbao à se rendre, pour effrayer la population, l'état-major allemand fait bombarder sans pitié les villes et les villages des environs, et fait mitrailler la population civile et même les paysans, les attaquant pendant leur paisible labeur. M. Piccavea tint à souligner que cette tactique de l'état-major allemand n'aboutira pas. Nous sommes prêts à mourir dans les dernières tranchées, plutôt que de nous rendre."



A suivre...


(Source : Le bombardement de Guernica en 1937, le massacre qui a inspiré Picasso)


P. S. : Le nombre officiel de victimes, toujours maintenu depuis par le Gouvernement Basque, fait 

état de 1 654 morts et plus de 800 blessés.


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)










Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

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