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jeudi 13 août 2026

LA DISTRIBUTION DES PRIX AU LYCÉE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN JUILLET 1922 (première partie)

DISTRIBUTION DES PRIX AU LYCÉE DE BAYONNE EN JUILLET 1922.


Pendant de nombreuses années, les distributions de prix étaient des cérémonies ayant pour but de récompenser les élèves méritants à la fin de l'année et de soutenir une certaine émulation.




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LYCEE DE BAYONNE 1905
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Georges Blançon dans le quotidien local La Gazette de Biarritz-

Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 13 juillet 1922 :



"Des lauriers pour de jeunes fronts.

La Distribution des Prix du Lycée de Bayonne.

Discours de MM. Frois et Heldt.



Ce matin a eu lieu, dans la grande salle de la Féria, la distribution des prix aux élèves du Lycée de Bayonne, cérémonie à laquelle nous avons dû, non seulement la vision d'une assistance élégante et nombreuse ; non seulement la manifestation d'une joie très vive chez les enfants récompensés, mai encore, mais surtout deux beaux discours. L'un de M. Heldt, professeur de Quatrième, fut discrètement pédagogique, teinté d'une philosophie, qui avec élégance, conclut à l'action, à l'effort continu dans le silence. L'autre de M. André Frois, adjoint au maire de Bayonne, qui, sous une forme familière, est une page délicate de souvenirs tout parfumés de jeunesse, des souvenirs du temps où lui-même était élève du Lycée de Bayonne, en même temps que de conseils précieux aux jeunes gens qui quittent aujourd'hui cet établissement, soit pour prendre part aux luttes de la vie, soit pour goûter un repos mérité mai qui doit être sagement dosé avec une tâche quasi-quotidienne, afin que ne soit pas perdu le fruit des études antérieures.



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LA FERIA BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



C'est, en effet, M. Frois qui présidait cette cérémonie. Il était assisté de MM. Fauconnier, sous-préfet, et Garnier, proviseur du Lycée.



Autour d'eux avaient pris place, sur l'estrade :


MM. Béhoteguy, adjoint, représentant le maire de Bayonne ; Dr Augey, conseiller général ; Celhay, vice-président du Conseil d'arrondissement ; Petit, maire de Biarritz ; Destandau, président du Tribunal civil ; Sabatier, Procureur de la République ; général Cabaud, commandant la 36ème division ; Campagne, président du Tribunal de Commerce ; Masson, bâtonnier de l'Ordre des avocats ; Armand Gomès, président de la Chambre de Commerce ; Ritou et plusieurs conseillers municipaux ; Dr Lasserre, de Rainero, consul d'Espagne ; Diharce, consul de Belgique ; Lagrolet vice-consul de Belgique ; Sée, vice-consul de Perse ; Traverse administrateur de la Marine ; commandant Goalard, pilote-major ; Fossat, directeur des Douanes ; Parodi, directeur de la Banque de France ; Ganet, receveur des Postes ; Labastie, ingénieur civil ; Lefort, bibliothécaire de la Ville ; Pourilhon, professeur honoraire ; le Conseil d'Administration du Lycée ; un grand nombre d'officiers, les professeurs en robe, etc...



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LYCEE MARRAC BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Discours. L'éloge du silence.



M. Heldt, dans le discours d'usage a fait, ainsi que nous le disions tout à l'heure, l'éloge du silence, "art méconnu et qui n'est pas honoré selon son éminente valeur : art difficile entre tous, au contraire de l'opinion courante, et qui exige une longue et patiente étude". Certes, il n'entend pas médire de l'éloquence, loin il ne saurait dire si elle peut enseigner à part ou si elle est un don naturel. Il laisse à Esope et à ceux qui l'ont lu le soin d'en décider. Non : ce qu'il condamne c'est l'idée toute faite, c'est le verbiage stérile et dangereux ; ce qu'il combat, ce sont les bavards.


"Ah ! les bavards ! dit-il, comme la tentation est forte de leur dire quand même quelques vérités qu'ils n'entendront d'ailleurs pas, puisqu'ils n'écoutent jamais ! Car nous avons beaucoup de griefs contre eux. Que de temps ils nous font perdre ! Pour ceux qui, dès l'âge le plus tendre, sur les bancs de l'école, exercent déjà leur déplorable virtuosité, on en vient quelquefois à bout. On arrive même à la guérir avant qu'il soit trop tard, ne serait-ce qu'en leur donnant la parole pour leur faire découvrir, à leur confusion, qu'ils n'ont rien à dire qui en vaille la peine. Quant aux autres, on n'a guère d'action sur eux. On ne les a pas tous réunis sous la main, cela sans doute est heureux. Il est vrai aussi qu'on ne les recherche pas et on les trouve partout, il faudrait, pour leur être indulgent, n'avoir pas souffert de leur bourdonnant voisinage, dans une salle de concert où on est venu écouter de tout son coeur humblement attentif, la grande âme aimante et douloureuse de Beethoven ou les accents de sereine adoration de César Franck ; au musée, où notre admiration muette nous retient longuement devant les sublimes chefs d'oeuvre des maîtres d'autrefois ; devant les ruines émouvantes où plane le souvenir auguste des générations éteintes..."



Faut-il donc toujours se taire ? Non, mais il faut, loin du vain tumulte des foules, il faut apprendre à voir et à écouter pour que l'âme devienne plus haute, la raison plus sereine et le coeur plus fraternel. Et l'orateur ajoute : "Pour vous, les fils privilégiés de cette terre harmonieuse, une de plus harmonieuses qui soient en la douce France, de ce fier pays basque où l'Océan, la montagne, les lacs et les forêts composent une émouvante symphonie de fores et de couleurs, les éléments d'adoration et de méditation s'offrent à vous en une riche floraison de splendeurs. Sachez en être dignes, et beaucoup d'entre vous, mes chers élèves, le sont déjà, je le sais. Je sais qu'ils aiment la grâce mélancolique de certain lac où se mirent les bois de pins et ils ont su trouver des mots et des couleurs pour traduire avec justesse leur émotion sincère devant la féérie des heures, au bord de ses eaux silencieuses, ou sur les falaises sonores, d'où le regard se perd dans les lointains de rêve de la côte cantabrique."



Et M. Heldt, après avoir dit que : "Il faut vivre dans l'harmonie, loin des discordances, pour penser juste, pour mériter le nom d'homme et ne pas déchoir" ; après avoir précisé que "le silence n'est pas le néant, bruit des foules sans idéal" a terminé ainsi :


"Ainsi vous retrouverez, aux sources toujours vives où puisa la sagesse humaine, le secret de vivre selon les lois éternelles de la beauté et de la bonté. Peut-être serez-vous un peu effrayés, d'abord, devant les solitudes où se plaît la méditation, car nous avons toujours peur de tout ce qui est grand, de tout ce qui nous dépasse. Mais seules les âmes médiocres ne peuvent supporter longtemps le silence. Les autres l'aiment comme un refuge où les joies les plus parfaites leur sont réservées.


Et je ne vous demande pas de vous revêtir d'austérité, ni de vous draper de mélancolie. J'ai confiance, au contraire, que de vos voyages aux royaumes enchantés du silence vous reviendrez vers vos semblables avec de riches provisions de santé morale et de bonne humeur. Car nous voulons l'enfance et la jeunesse saines et joyeuses ; et si j'ai pu convaincre quelqu'un d'entre vous, mes jeunes amis, je ne regretterai pas d'avoir trop parlé pour vous enseigner l'art de se taire".



Ce discours a été accueilli par les très vifs applaudissements de l'assistance, y compris les jeunes élèves — même ceux qui furent parfois réprimandés pour bavardage et qui profiteront, sans doute, d'une aussi éloquente leçon."




A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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