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dimanche 9 août 2026

UN RAPPORT SUR L'AGRICULTURE AU PAYS BASQUE NORD EN OCTOBRE 1899 (première partie)

UN RAPPORT SUR L'AGRICULTURE AU PAYS BASQUE NORD EN 1899.


Après la loi du 16 juin 1879 créant les écoles d'agriculture départementales, à la fin du 19ème siècle, plusieurs concours d'agriculture ont lieu dans les Basses-Pyrénées.




pays basque agriculture basses-pyrénées
ATTELAGE BOEUFS 1900
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet le Secrétaire-rapporteur M. G. Diriart, dans le Bulletin de la 

Société d'agriculture des Basses-Pyrénées, le 1er octobre 1899 :



"... Le concours d’animaux reproducteurs que la Société d’Agriculture a établi cette année à Mauléon, sans avoir été brillant, a cependant été satisfaisant, M. Berdoly, député, a offert un prix supplémentaire de 100 fr. pour lequel la Société lui adresse des remerciements. 



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MARTIAL-HENRI BERDOLY
DEPUTE ET SENATEUR DES BASSES-PYRENEES
DE 1893 A 1905


Quelques jours auparavant le jury nommé à cet effet avait formulé ses conclusions au sujet du concours d’étables également institué dans l'arrondissement de Mauléon en 1899. La parole est donnée à M. Diriart pour la lecture de son rapport à ce sujet. 



A Messieurs les Présidents et Membres de la Société d’Agriculture des Basses-Pyrénées


Monsieur le Président, Messieurs, 



Vous venez d’instituer, par une de vos récentes délibérations, un concours d’Etables pour le département. 



Ce concours a pour objet d’encourager la création, la propagation et la perpétuation dans l’Espèce bovine, de familles sélectionnées d'animaux de la race du Pays. 



Vous avez décidé que, chaque année, et successivement dans chacun des arrondissements du département, à tour de rôle, aura lieu, pour l'arrondissement désigné seulement, un concours d’étables qui pourra comporter un ou plusieurs prix. 



L’ordre dans lequel les arrondissements devront participer à ces Concours a été déterminé par un premier tirage au sort. 



L’arrondissement de Mauléon a été favorisé par le sort, il est le premier à bénéficier de la nouvelle institution. 



Une commission nommée par le bureau de la Société vient de procéder à l’inspection des étables des éleveurs de l’arrondissement qui se sont faits inscrire pour participer au concours. 



Cette commission, sous la présidence de l’honorable Monsieur Etcheverry, vice-président de la Société d’Agriculture pour l’arrondissement de Mauléon m’a fait l’honneur de me déléguer pour vous faire le rapport des opérations de son inspection. 



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LOUIS ETCHEVERRY
DEPUTE BASSES-PYRENEES 1890


La commission a été très satisfaite de la tenue des étables au point de vue de l’installation des bâtiments de l’hygiène et de l’alimentation des animaux et aussi des bonnes qualités de conformation de ces derniers, sans cependant trouver qu’il y ait une réelle amélioration dans les races du pays. 



Nous ne disons pas qu’il y a dégénérescence mais bien confusion. Nos races Basquaise, Béarnaise et d’Urt qui sont celles qui composent le bétail de notre arrondissement, se confondent, et nos éleveurs eux-mêmes ne savent pas le plus souvent nous dire à laquelle de ces trois races appartiennent leurs animaux ; cependant il serait utile que cette distinction soit établie, chaque race ayant une aptitude différente, les unes sont propres à l’engraissement, les autres ont plus de force et sont destinées au trait, enfin les autres sont plus laitières. 



Mais il serait bien difficile, nous dira-t-on, d’établir ces distinctions, après tant d'années de confusion et après tant de croisements faits au hasard. Et ensuite comment faire pour sélectionner les animaux dans chaque race et conserver pures les races après cette sélection ? 



Il faudrait être plus compétent que je ne le suis en la matière pour résoudre la question cependant je me permettrai d’émettre, en peu de mots, mon opinion. 



Puisque la Société veut créer, propager et perpétuer l’espèce bovine de familles sélectionnées des races du pays (ce sont les termes de votre délibération) il faut commencer par sélectionner les animaux, c’est-à-dire rechercher dans chaque famille les sujets qui réunissent le plus les caractères distinctifs de la race à laquelle ils appartiennent. 



Sans ce sélectionnement nos races du pays se confondront de plus en plus. 



Pour cette première opération ne pourrait-on pas appliquer à l’espèce bovine un système analogue à celui qui règle l’emploi des étalons pour l’espèce chevaline sans cependant exiger de l’Etat et du département les sacrifices qu’ils font pour les chevaux et sans imposer aux éleveurs une règlementation aussi sévère et aussi compliquée. 



Une commission nommée par la Société d’Agriculture du département et dont les membres seraient pris soit dans cette société, soit dans les divers comices agricoles d’arrondissement, ferait un recensement des taureaux du département qui présenteraient à la fois les conditions les meilleures de conformation et les caractères les plus remarquables de pureté des trois races, Basquaise, Béarnaise et d’Urt. 



De la liste de ce recensement, serait rigoureusement écartés tous les animaux qui ne réuniraient pas ces qualités. 



L’Etat achèterait un nombre de taureaux égal à celui des reproducteurs éliminés de ce recensement et les placerait en mains d’éleveurs qui les garderaient à des conditions déterminées — par exemple à la condition que les éleveurs qui recevraient des taureaux de l’Etat les livreraient à la reproduction pendant un an deux ans, moyennant un prix de saillie qui ne pourrait dépasser un ou deux francs — et, après ce temps le taureau deviendrait la propriété de l’éleveur... 



Ainsi, les taureaux compris dans la liste de recensement arrêté par la Commission et ceux achetés par l’Etat formeraient le Herd-book départemental.



Le Herd-book ainsi établi, ces bêtes provenant des taureaux qui y seraient inscrits, seraient seuls admis à concourir aux divers concours, soit de l’Etat, soit des diverses sociétés d’agriculture et des comices agricoles.



Bien entendu que si d'autres taureaux de race pure, telles que la race Landaise, Charolaise, ou autre, étaient importés dans le pays, ils figureraient dans le Herd-Book dans les catégories bien distinctes de leurs races respectives. 



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LITHOGRAPHIE TAUREAU RACE LANDAISE 1856
GALERIE NAPOLEON


Tous les ans, une commission analogue à celle constituée par la loi du 14 août 1885 pour l’admission des étalons-chevaux, inspecterait, à chaque chef-lieu de canton, les taureaux-étalons pour les maintenir dans le Herd-Book ou les en exclure.



Il n’y aurait plus qu’à faire successivement à ce livre généalogique, les modifications et améliorations dont le temps et l’expérience démontreraient la nécessité. 



Par ce moyen, les éleveurs auraient à leur disposition, de bons reproducteurs pour leurs belles vaches dont les produits auraient leur carte d’origine qui leur donnerait accès à tous les concours ; et cette carte d’origine favoriserait même la vente de ces produits, comme cela arrive pour les chevaux. On sait en effet, que la première question que fait l’acheteur d’un cheval, c’est de demander, "avez-vous sa carte d’origine ?"



On m’objectera que l'établissement de ce premier livre présentera des difficultés presque insurmontables dans un pays où aucune distinction de race, aucune sélection n'ont été faites jusqu’à présent. C’est vrai ! 



Mais ces mêmes difficultés ne se sont-elles pas présentées pour les Herd-Book des chevaux ?



Dernièrement encore, après de nombreuses controverses entre les éleveurs et les fonctionnaires des Haras, le Herd-Book du demi-sang du Midi vient d’être établi. Et plus spécialement encore nous pouvons citer le Herd-Book de la race Nivernaise-Charolaix qui, sur l’initiative de la Société d’Agriculture du département de la Nièvre, vient d’être créé à Nevers. 



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TAUREAU RACE NIVERNAISE



Plus près de nous encore, la Société d’Agriculture du Lot-et-Garonne vient de former un Herd-Book pour la conservation de la race garonnaise. 



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VACHE GARONNAISE



La chose peut donc se faire ; puisqu’elle a été possible dans la Nièvre et le Lot-et-Garonne, pourquoi ne le serait-elle pas dans les Basses-Pyrénées ?



Et d’ailleurs le mot impossible n’est pas Français !



Mais les moyens d’exécution où les trouverons-nous ?



C’est ici que se place la question financière, question toujours brûlante, et qui est la pierre d’achoppement dans la plupart des projets d’intérêt public à réaliser."


A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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