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mercredi 26 août 2026

LE RÔLE POLITIQUE DE DOMINIQUE GARAT D'USTARITZ PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (sixième partie)

 

DOMINIQUE GARAT ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Dominique Garat dit "Garat-Aîné", né le 12 décembre 1735 à Ustaritz (Royaume de France) - Mort à Bassussary (Basses-Pyrénées) est un avocat et homme politique français d'origine Basque.




député tiers ustaritz avocat pays basque
DOMINIQUE GARAT "AÎNE"


Voici ce que rapporta Michel Etcheverry à son sujet dans le Bulletin de la Société des Sciences, 

Arts & Lettres de Bayonne, en janvier 1930 :



"Le rôle politique de Dominique Garat. 



"... Cette même année 1795 allait voir la rentrée de Garat dans la politique active. On se rappelle que la Constitution du 5 Fructidor an III (22 août 1795) introduisait une administration municipale unique par canton. Les citoyens des 4 communes qui composaient désormais le canton d'Ustaritz (Ustaritz, Arbonne, Villefranque, Jatxou) se réunirent en assemblée primaire à Ustaritz le 18 Novembre 1795 pour nommer les fonctionnaires publics dont l'élection leur appartenait : le juge de paix avec des assesseurs et le président de l'Administration cantonale. La justice de paix échut à Joachim Larréguy, la présidence du corps administratif à Dominique Garat. Le 8 Frimaire suivant (29 Novembre) eut lieu l'installation de ces magistrats en même temps que celle des fonctionnaires choisis dans les communes, c'est-à-dire des agents et des adjoints.



La nouvelle municipalité ouvrit ses travaux le 11 Frimaire an IV (2 Décembre 1795) dans l'ancien Palais de Justice (Mairie actuelle), local qui avait été occupé par les terroristes, puis abandonné par eux pour la maison Salha, propriété de Pierre Harriet, mise sous séquestre, réoccupé enfin par la municipalité modérée de Ventôse.



député tiers ustaritz avocat pays basque
MAIRIE D'USTARITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



La personnalité du chef était trop accusée pour ne pas exercer une influence souveraine sur la marche des affaires. Les élus du canton d'Ustaritz ont subi sans récrimination et sans regret la prépondérance de cet esprit vigoureux et cultivé, auréolé du prestige de la renommée oratoire et politique. Grâce à son ascendant, les délibérations du corps municipal revêtent désormais un sérieux, une clarté, une dignité, une aisance, qui trahissent une direction sûre d'elle-même et rompue au maniement des questions d'intérêt public. Il n'est pas jusqu'au registre qui ne conserve une haute et belle tenue littéraire, où se devine l'inspiration sinon la main du Président.



Garat était de ces modérés qui, nous l'avons dit, avaient évolué avec les événements. Son royalisme n'était plus qu'un souvenir ou, tout au plus, une aspiration platonique et il adhérait sincèrement, semble-t-il à la République. Mais son idéal était celui d'un Etat ordonné, régi par des principes justes, obéi de tous et où la légalité régnerait en maîtresse absolue. Il voyait dans le régime Thermidorien puis dans la Constitution de l'an III le triomphe de ses desiderata, la formule de ses idées. Cette politique, un peu bourgeoise, il faut l'avouer, sagement réparatrice, se vit presqu'immédiatement en butte à l'opposition des terroristes impénitents du canton. Ceux-ci eurent un moment de grande joie. Le plus compromis, le plus représentatif d'entre eux Jean Martin Mondutéguy ne réussit-il pas à pénétrer dans la nouvelle municipalité ? On est stupéfait de l'anachronisme commis dans la circonstance par le Directoire du département. Au mépris des changements survenus dans l'atmosphère nationale, celui-ci nommait le 19 Frimaire an IV (10 Décembre 1795) au poste de commissaire provisoire du Directoire exécutif le porte-drapeau du Jacobinisme dans notre pays, l'ancien président de la Commission Extraordinaire de sinistre mémoire, l'ancien membre de la Commission de l'Internat des Basques qui, plus encore que ses partenaires Harismendy et Doyambéhère, avait fait preuve de brutalité dans l'exécution de cette inconcevable mise hors la loi, l'homme taré que l'opinion accusait de graves concussions commises dans l'exercice de ses fonctions d'officier municipal à St-Sébastien. Cette désignation pouvait être grosse de conséquences. Les commissaires provisoires avaient chance d'être titularisés sur place, ainsi que cela est arrivé de fait en plusieurs endroits et alors l'action du nouveau corps municipal aurait rencontré un adversaire dangereux dans ce revenant d'une époque néfaste. Le 6 Nivôse (26 Décembre) Garat déclare en séance qu'"il y a des motifs particuliers, en ce moment surtout" pour écarter le citoyen Mondutéguy de cette charge. Il fait décider qu'on écrira à Pau pour obtenir l'annulation de ce choix. Ce fut en vain : Pau maintint son élu et le 13 Nivôse an IV (2 Janvier 1796) le Président dut procéder à l'installation de son antagoniste détesté. Nous croirions volontiers qu'au lendemain du 10 Décembre il avait sollicité l'intervention de son frère dont le crédit auprès du gouvernement restait grand et que, par son entremise, il avait emporté l'exclusion de Mondutéguy. Toujours est-il que parmi les nombreuses nominations de commissaires que signa Reubell, Président du Directoire de Paris le 7 Nivôse an IV (27 Décembre 1795) figurait celle de Laborde, ex-maire de Peyrehorade, pour le canton d'Ustaritz. C'était le 24 Janvier. Mondutéguy venait de terminer une glose aigre-douce dirigée contre ses collègues, lorsque le commissaire authentique fit son entrée, le titre de sa promotion à la main.



L'éclipse allait être définitive ; le coryphée du sectarisme sanguinaire ne reparaîtrait plus sur la scène politique.



L'édilité cantonale d'Ustaritz se trouvait en face d'une rude besogne ; le terrorisme et la guerre avaient multiplié les ruines. L'un des premiers sujets qui s'imposèrent aux préoccupations de Garat et de ses collègues fut l'instruction publique. En dehors peut-être d'Ustaritz, celle-ci laissait beaucoup à désirer. A Jatxou par exemple "à 2 ou 3 citoyens près, très peu lettrés encore, tous les autres habitants sont absolument illettrés" constate le registre municipal à la date du 2 Décembre 1795. Pour une raison qui nous échappe, les maîtres faisaient défaut partout. Le 30 Ventôse an IV (20 Mars 1796) il s'en présenta un qui portait un certificat d'approbation pour le canton délivré par le jury d'instruction que l'Administration centrale du département avait créé à Bayonne et qui se composait des citoyens Hedembaig, Lachaulme et Etchegaray. On lui pose diverses questions. Que sait-il de la dernière loi Constitutionnelle de la République Française ? Il ne la connaît que vaguement , ne l'ayant pas lue. —"Qu'est-ce que la grammaire ? " — "Les principes". — — "Qu'est-ce que les verbes ?" — "Les noms qui distinguent les personnes et les choses". Ces trois réponses causèrent sa perte. Il eut beau traduire convenablement une phrase Basque en Français, son ignorance en matière civique et grammaticale le fit refuser net.



Le zèle de Garat pour l'extension de l'enseignement se buta à une inertie irréductible. Le 28 Août 1796 il n'y avait toujours pas d'instituteurs et cette situation semble s'être prolongée quelque temps encore.



Le cauchemar qui devait tenailler tant d'administrations municipales de notre pays en cette année 1796, je veux dire l'emprunt forcé ordonné par la loi du 19 Frimaire an IV (10 Décembre 1795) ne fut pas épargné aux magistrats du canton d'Ustaritz. En janvier 1796 arrivèrent les premiers rôles. Ustaritz était taxé pour 5 500 livres à répartir sur 6 citoyens d'après les cotes suivantes : Pierre Haitze 1 200 l., Van Oosterom 1 100 l., Dominique Sorhaits 800 l., Simon Sorhaits 800 l., Bernard Duhalde 800 l., Pierre Hiriart 800 l. Arbonne était imposé pour 1 000 l., Villefranque pour 1 100 l., Jatxou pour 1 400 l.



Cette dernière commune se plaignit vivement d'être plus mal partagée que les autres localités. A Ustaritz même le problème se présentait d'une manière fort embarrassante. La répartition faite par le département était d'une injustice criante. Aucun de ces citoyens ne possédait à ce moment une fortune qui pût supporter pareil prélèvement. La guerre et la vendetta politique les avaient ruinés. Ils demandèrent des dégrèvements ; le Conseil municipal s'associa à leurs démarches. Des abattements furent consentis, mais le Département maintint la somme globale et les nouveaux imposés, qui avaient à la parfaire, ne furent pas plus heureusement choisis. Les difficultés renaissaient. Par bonheur, tout s'arrangea peu à peu, grâce à l'amour-propre des habitants, qui eurent à coeur d'éviter à la ville le déshonneur d'une contrainte. Plus de 30 prêteurs bénévoles vinrent offrir leur concours et ces apports généreux permirent d'atteindre la quotité exigée. Les trois autres communes purent satisfaire également à leurs obligations.



Un autre souci vint à la municipalité du développement effrayant pris par la criminalité en ces années 1795 et 1796. L'accroissement des faits de banditisme dans nos contrées pour cette période est attesté par des témoignages nombreux, irrécusables. Le 7 Pluviôse an IV ( 17 Janvier 1796) l'Administration Centrale du département essaie de réagir contre "les brigandages affreux qui se commettent chaque jour dans différentes communes du département". Le canton et la ville d'Ustaritz étaient des plus éprouvés. Le 29 Frimaire an IV (20 Décembre 1795) les officiers municipaux constatent déjà que des coups de feu éclatent à toute heure de la nuit et qu'à la faveur de ces procédés d'intimidation de nombreux vols se commettent. On va essayer d'arrêter ces désordres. On rappelle aux coupables que "c'est pour toujours qu'au règne de l'anarchie propagateur de tous les vices et de tous les crimes, vient de succéder le règne de la loi, restaurateur de toutes les vertus et que tel est aujourd'hui, par son organisation et par le choix des hommes qui le composent le gouvernement de la République Française, que désormais tous les bons citoyens seront protégés avec énergie et tous les mauvais contenus ou réprimés de même". La Garde Nationale est chargée de faire des patrouilles la nuit."


A suivre...

 

(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://www.parismuseescollections.paris.fr/)




 

  







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