DOMINIQUE GARAT ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Dominique Garat dit "Garat-Aîné", né le 12 décembre 1735 à Ustaritz (Royaume de France) - Mort le 9 décembre 1799 à Bassussary (Basses-Pyrénées) est un avocat et homme politique français d'origine Basque.
Voici ce que rapporta Michel Etcheverry à son sujet dans le Bulletin de la Société des Sciences,
Arts & Lettres de Bayonne, en janvier 1930 :
"Le rôle politique de Dominique Garat.
... Dominique Garat et la Petite Patrie.
Le cahier du tiers-état du Labourd avait chargé les députés de cette province de demander la conservation de la constitution particulière à elle octroyée par les ordonnances royales. Les habitants, y était-il-dit, "se trouvent assez bien de ce régime ; ils craindraient d'en changer". Qu'on juge de la réception de ces régionalistes fervents lorsque la nuit du 4 août vint faire table rase de leurs immunités. Les deux Garat avaient cédé à l'entraînement général, ils avaient subi l'effet de cette ambiance égalitaire, de cette superstition idéologique, si bien décrite par Taine — qui vit dans l'unité Française un fétiche ennemi de toutes les diversités, même des plus légitimes, des plus respectables, des plus fécondes. Leur vote sanctionne ce farouche article 10 qui disait : "Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient et dont le sacrifice est nécessaire à l'union intime de toutes les parties de l'empire, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d'habitants, soit pécuniaires, soit de toute autre nature, sont abolis sans retour et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français". Je vous renvoie simplement à l'ouvrage déjà mentionné de M. Darricau pour connaître le mécontentement ; disons même l'irritation qu'on ressentit en Labourd à la nouvelle de cette hécatombe politique. Je me contente d'une citation qui intéresse les deux représentants du Tiers. Dans une lettre à eux adressée par le Comité de correspondance, au nom du Bilçar, à la date du 5 septembre, nous trouvons ces lignes, énergiques et digne rappel à l'ordre : "La question de votre destitution avait commencé à s'agiter au Bilçar ; nous avons cru devoir l'étouffer, mais nous ne l'avons fait que dans l'espérance de plus d'exactitude de votre part ; nous ne vous dissimulons pas que si vous trompiez cette espérance, aucune considération ne contrarierait de notre part l'exécution de cette menace humiliante".
Cette sévère mercuriale fit sans doute réfléchir les deux Constituants. Venus à résipiscence nous les verrons tout à l'heure appuyer avec ardeur certaines revendications Labourdines. Peut-être même est-ce à cette leçon de patriotisme local qu'il faut rapporter la double intervention de Dominique Garat en faveur du maintien dans les actes royaux du titre de roi de Navarre (8 et 12 octobre 1789). Le détail en ayant été donné par M. Morbieu dans sa brochure : "Le Royaume de Navarre et la Révolution Française", je passe sur cet épisode.
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| CARTE DE NAVARRE 1749 |
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