LA TOUR D'AUVERGNE AU PAYS BASQUE.
Théophile Malo de La Tour d'Auvergne-Corret est un militaire français, né en 1743 à Carhaix, en Bretagne, à qui Napoléon donna le titre de "premier grenadier de la République".
Voici ce que rapporta à son sujet Emile Second dans le quotidien Le Mot d'Ordre, le 11 avril 1891 :
""Le Premier Grenadier de la République.
... IV. Une loi du 21 février 1793 avait proscrit une nouvelle organisation de l'infanterie, qui devait comprendre 198 demi-brigades de ligne et 14 demi-brigades légères. Un bataillon des anciens régiment était destiné à former le noyau de chaque demi-brigade qui recevait, en outre, deux bataillons de volontaires nationaux. Cet embrigadement s'effectua avec difficulté de 1793 à 1795. On constitua réellement 238 demi-brigades, car il y en eut qui furent composées seulement avec des volontaires et qui restèrent sans numéro ou portèrent des numéros bis. Il y avait 214 demi-brigades de ligne numérotées avec 32 demi-brigades légères. De nombreux bataillons de volontaires ne furent pas amalgamés, restant en dehors de toute formation régulière.
Le 2e bataillon du 80e régiment, anciennement Angoumois, auquel appartenait La Tour-d'Auvergne, entra dans la composition de la 148e demi-brigade, avec 2 bataillons de volontaires de la Gironde, le 7e et le 11e.
La 148e demi-brigade fut formée à Saint-Jean-de-Luz, le 20 septembre 1793, à la division de droite de l'armée des Pyrénées-Occidentales. Cette division sur les bords de la Nive, faisant face à une division de l'armée espagnole, qui occupait la rive gauche de la Bidassoa. Des pluies continuelles firent beaucoup souffrir les troupes.
La Tour-d'Auvergne, capitaine de grenadiers de la 148e, commandait l'avant-garde qui s'installa en avant d'Urugne, sur la hauteur Sainte-Anne, non loin de la Bidassoa. Trois redoutes furent construites pour protéger le nouveau camp qu'on appela Camp des Sans-Culottes. La Tour-d'Auvergne eut le talent de se maintenir plus d'un mois sur cette position avancée, avec quelques compagnies seulement.
Toutes les tentatives des Espagnols contre les avant-postes échouèrent.
Le 13 décembre, l'ennemi attaqua un poste de 40 chasseurs, en avant du camp des Sans-Culottes, et l'obligea à battre en retraite. Le capitaine La Tour-d'Auvergne, toujours en éveil, accourut avec 150 grenadiers et ramena les chasseurs sur leur première position. Des renforts arrivèrent aux deux parties en présence. Le combat resta quelque temps indécis. Enfin, La Tour-d'Auvergne se mit à la tête des grenadiers de la 148e, et exécuta une charge à laquelle rien ne put résister. La cavalerie et l'infanterie espagnoles furent culbutées dans la Bidassoa et perdirent une centaine d'hommes. Les Français n'eurent que 3 tués et 8 blessés.
Jusqu'au mois de février 1794, les armées restèrent en présence, en continuant de s'observer. Les Français ne pouvaient prendre l'offensive, affaiblis par l'envoi de 8 000 hommes, en Vendée, et à l'armée des Pyrénées-Orientales. Ils profitèrent de ce répit pour perfectionner les travaux de défense et instruire les recrues envoyées pour compléter les bataillons. La 148e comptait 2 000 hommes pour ses 3 bataillons de 9 compagnies.
Le 5 février 1794, le général espagnol Caro lança 15 000 hommes, en cinq colonnes, contre le camp. Les premières lignes, surprises, reculèrent, mais bientôt les Français exécutèrent une hardie contre-attaque qui rejeta les assaillants. Le capitaine La Tour-d'Auvergne se signala, comme toujours, par son intrépidité et fut cité avec éloges dans les rapports de tous les généraux.
Cet échec contraignit les Espagnols à demeurer tranquilles pendant plusieurs mois. Des représentants du peuple, délégués par la Convention, firent décider une invasion dans les vallées de Bastan et de Roncevaux. Les préparatifs ne furent terminés que le 23 juillet. L'attaque eut lieu le lendemain. La Tour-d'Auvergne commanda l'avant-garde de la division de gauche chargée de s'emparer de la vallée de Bastan, et il se dirigea directement sur le fort de Maya. Un feu d'artillerie violent ne ralentit pas un seul instant sa marche rapide. La garnison effrayée s'enfuit dans la montagne, abandonnant quatre pièces d'artillerie et beaucoup de munitions de guerre. La division poursuivit les Espagnols jusqu'à Elisondo et s'empara de 200 prisonniers, de 6 000 fusils et d'une riche moisson. La belle conduite de La Tour-d'Auvergne fut signalée par les représentants du peuple. Les autres divisions livrèrent des combats acharnés et n'eurent pas moins de succès. La place de Fontarabie fut prise. La Convention décréta que l'armée des Pyrénées-Occidentales avaient bien mérité de la patrie.
Après leur défaite, les Espagnols se retirèrent sur de fortes positions et renforcèrent la garnison de Saint-Sébastien. Mais le général en chef Muller ne leur laissa pas le temps de se fortifier et de se reconnaître. Les divisions reprirent l'offensive. Le général Moncey enleva le poste du Port-du-Passage avec sa division et se porta aussitôt sur Saint-Sébastien. Il s'empara des hauteurs qui dominent la ville, mais il n'avait pas de pièces de siège. La place était défendue par une garnison de deux mille hommes et beaucoup d'artillerie. Moncey n'essaya pas moins d'effrayer les Espagnols et chercha un habile parlementaire. Son choix se porta sur La Tour-d'Auvergne.
Celui-ci, parlant très bien espagnol et doué d'une certaine éloquence, profita avec adresse de l'antagonisme qui existait entre la garnison et les habitants. Il harangua le peuple, en imposa à l'alcalde Michelena et parvint à épouvanter le gouverneur en lui exagérant les forces des Français, qu'il dépeignit résolus à réduire la ville en cendres avec leur puissante artillerie.
Cependant, la garnison voulait absolument se défendre. La Tour-d'Auvergne fit alors intervenir l'alcalde Michelena, l'engageant à sauver la ville. Ce dernier supplia le gouverneur de capituler, puisque toute résistance était impossible.
Le gouverneur se laissa ébranler, et finit par dire au parlementaire français : "Capitaine, vous voulez que je rende la ville, et vous n'avez pas même tiré un coup de canon. Si vous ne lui faites pas cet honneur, je ne puis la livrer."
— "Qu'à cela ne tienne", dit La Tour-d'Auvergne, qui retourna au camp et fit tirer la seule pièce de 8 que possédassent les Français. Les batteries de forts ennemis ripostèrent par une grêle de boulets. Avec audace, le capitaine de la 148e se représenta dans la Ville et détermina le gouverneur à se rendre.
La capitulation fut signée le 14 août. La garnison sortit avec les honneurs de la guerre, mais fut gardée prisonnière. Les habitants reçurent avec joie les Français.
V. L'armée reçut des renforts venus de l'Ouest. Le général en chef Moncey, qui avait remplacé le général Muller, se prépara à reprendre l'offensive et forma quatre colonnes d'attaque. le général Delaborde commandait la deuxième, dite colonne infernale, parce qu'elle était composée de troupe d'élite et surtout en grande partie, de bataillons ayant fait la terrible guerre de Vendée. Les trois compagnies de grenadiers de la 148e demi-brigade, avec La Tour-d'Auvergne, entrèrent dans la composition de cette colonne.
Il convient, à ce sujet, de rectifier une erreur commise par tous les biographes de La Tour-d'Auvergne. Ils lui attribuent le commandement d'une colonne infernale, composée de grenadiers. Il n'y eut qu'une colonne portant cette dénomination à l'armée des Pyrénées-Occidentales, et elle fut, à juste titre, sous les ordres d'un général, le général Delaborde.
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| PORTRAIT DU GENERAL HENRI FRANCOIS DELABORDE PAR JEAN ANTOINE PINCHON EN 1812 |
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