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vendredi 10 avril 2026

UNE CAMPAGNE ÉLECTORALE CANTONALE TENDUE À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN MAI 1922 (cinquième partie)


CAMPAGNE ÉLECTORALE À BIARRITZ EN MAI 1922.


Des élections cantonales sont organisées en France les 14 et 21 mai 1922.


pays basque autrefois élections labourd canton
CASINO MUNICIPAL BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN


Sur le canton de Biarritz, deux candidats sont face à face : le Dr Augey, républicain de gauche et 

Gabriel Moussempès, industriel, républicain démocrate, conseiller général sortant.




Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz dans plusieurs éditions :



  • le 20 mai 1922 :
Tribune libre.

Après l'élection du 14 Mai à Biarritz.

L'incident de l'affiche.



Nous recevons de M. Gabriel Moussempès la lettre suivante :


Biarritz, le 20 Mai 1922.


Monsieur le Directeur de la "Gazette",



Comme suite aux lettres parues dans votre journal d'hier, à propos de l'incident de l'affiche, il m'appartient, pour en terminer, de vous adresser seul cette courte réponse, pour laquelle je n'ai nullement besoin, moi, du recours de tout un Comité.



En dépit des arguties et des faux-fuyants, il résulte ceci :


1° Qu'à la première démarche de mes amis, le docteur Alcide Augey a manifesté sa désapprobation de l'affiche infamante ;


2° Qu'après trois heures de réflexion, il s'est refusé à en donner la preuve écrite, qu'il avait cependant promise ;


3° Qu'il s'est finalement dérobé.



Tout est là, je suis fixé, tout le monde l'est avec moi.



Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, avec tous mes remerciements pour votre impartiale obligeance, l'assurance de ma considération la plus distinguée.


G. Moussempès.



P.S. — Au dernier moment, je lis une affiche "Mengelle". Son examen approfondi confirme en tous points, ma lettre qui précède, jusqu'à l'aveu de M. Alcide Augey, qui a désapprouvé la manoeuvre de Mengelle, tout en profitant très largement.


M. Mengelle attend le jugement des tribunaux ; nous sommes encore d'accord sur ce point. Il lui plaît aussi de mettre en relief le nom de M. Servat. Soit !


De M. Servat, je ne connais qu'une chose : c'est qu'il est venu un jour chez moi faire pression pour que je lui facilite, auprès de la Municipalité, l'obtention de la concession des bains.


L'avenir mettra tout au point et pour les uns et pour les autres.


Quant à moi, je maintiens tout ce que j'ai dit et la parole est désormais à la justice."



pays basque autrefois élections labourd canton
CASINO MUNICIPAL BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN


  • le 26 Mai 1922 :

"Tribune libre.

Après l'élection du 14 Mai à Biarritz.

L'incident de l'affiche.


Une lettre de M. Camille Servat.


En réponse au post-scriptum de la lettre de M. Gabriel Moussempès, publiée dans la "Gazette" de samedi dernier, nous recevons de M. Camille Servat la lettre ci-dessous, que notre impartialité nous fait un devoir d'insérer :


Paris, le 23 Mai 1922.


Monsieur le Directeur,



Hier au soir seulement, j'ai reçu le numéro de la "Gazette" de samedi, publiant une lettre de M. Moussempès, agrémentée d'un post-scriptum me concernant.



Je pourrais attendre que paraisse, samedi prochain, dans "Le Clairon" l'article que j'ai écrit, samedi matin, en arrivant à Bayonne, à l'intention précise de l'ancien conseiller général de Biarritz.



Mais on pourrait, d'ici là, s'étonner que je n'accuse pas réception de la flèche de Parthe dont M. Moussempès croit m'avoir atteint en affirmant que je suis allé, un jour, chez lui, "faire pression pour qu'il me facilite, auprès de la Municipalité, l'obtention de la concession des Bains."



Si c'était vrai, il n'y aurait là rien d'extraordinaire : les Bains sont propriété communale ; un entrepreneur désirant une concession communale est en droit de s'adresser non seulement à la Municipalité, mais encore à ceux qui, dans le Conseil Municipal ou ses Commissions, lui paraissent indiquée pour soutenir son point de vue en connaissant, directement de lui, le détail des propositions qu'il a faites.



Il n'y aurait rien d'extraordinaire, mais la vérité est toute autre : ce n'est ni avant ni pendant mes pourparlers avec la Municipalité que j'ai vu M. Moussempès ; c'est après qu'ils furent rompus, et dans des conditions tout à fait particulières, où son influence n'était en aucune façon sollicitée.



Ayant, après deux voyages à Biarritz et de nombreux pourparlers, remis à la Municipalité, conformément au désir de celle-ci, un projet de mise en régie intéressée des Bains — projet, soit dit en passant, et en se basant sur les chiffres obtenus depuis deux ans, plus avantageux que la régie directe — accompagné d'un plan d'exploitation qui, depuis, a été strictement suivi ayant, par surcroit, guidé les recherches de la Municipalité en ce qui concernait les acquisitions de matériel qu'elle devait faire d'extrême urgence, j'avais été d'autant plus froissés qu'on ait, sous un vague prétexte, rompu des pourparlers ayant entraîné pour moi des frais importants que, d'abord, ce n'était pas moi qui étais allé chercher la Ville ; qu'ensuite, avant d'examiner le projet de concession que m'avait demandé la Municipalité, j'avais déclaré à celle-ci que, si elle était désireuse d'exploiter en régie directe, je me tenais à sa disposition, pour l'aider à mettre cette régie en route, et cela "gratuitement".



J'avais donc résolu de faire connaître, par lettre, à tous les membres du Conseil, les procédés de la Municipalité à mon égard. Avant de mettre à exécution, je communiquai ce projet à deux conseillers municipaux : je n'ai pas à les mettre en cause ici, ni l'un ni l'autre, et je n'ai pas à dire, davantage, quel fut leur conseil.



L'un d'eux m'engagea à demander l'avis de M. Moussempès, ce que je fis après l'avoir trouvé non chez lui — je ne sais pas encore où il demeure — mais en ville, à un endroit où, de chez lui, on m'avait dit, téléphoniquement, qu'il se trouverait à une heure déterminée.



M. Moussempès me déconseilla d'envoyer aux conseillers municipaux la lettre dont je lui parlais et que, malgré son avis, je leur expédiai dès ma rentrée à Paris.



Là se sont bornées mes relations — elles remontent, à peu près exactement, à deux années — avec M. Moussempès que j'ai, depuis, rencontré, le 6 mai dernier, sans l'avoir reconnu, dans la cour de la mairie de Dax, et que j'ai aperçu de loin, le 13, à une réunion organisée par le Comité d'Union Républicaine et Démocratique de Biarritz.



Et je répète ce qui lui fut dit après cette réunion : "Mais non, Monsieur Moussempès...", en constatant, une fois de plus, qu'il n'a pas pour la vérité un amour exagéré.



Comptant sur votre courtoisie pour publier ma réponse, en la même place où parut, samedi dernier, la lettre de M. Moussempès,



Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération très distinguée.


Camille Servat."


A suivre...


(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 







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