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mercredi 27 mai 2026

LE MUSÉE BASQUE ET DE L'HISTOIRE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1929 (première partie)

LE MUSÉE BASQUE DE BAYONNE EN 1929.


La devise du musée est : "Hemen sartzen dena bere etxean da", "celui qui entre ici est chez lui."



pays basque autrefois
MUSEE BASQUE BAYONNE - BAIONA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Installé depuis 1924 sur le quai des Corsaires, dans la maison Dagourette, à Bayonne, le musée 

Basque et de l'Histoire de Bayonne abrite la plus importante collection ethnographique 

consacrée au Pays Basque, en France.



Voici ce que rapporta à ce sujet W. Boissel, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays 

basque, le 5 février 1930 :


"La vie du Musée Basque en 1929.



M. Paul Bourget qui est, avec le maréchal Pétain, conservateur du Musée Condé, à Chantilly, rendait compte à ses collègues de l'Institut, dans la séance du 23 octobre dernier, de ce qu'il appelait "la vie" du musée pendant l'année 1929. Et, disait-il pour justifier ce terme, "un musée qui ne serait qu'un cimetière d'objets anciens et de documents périmés ne mériterait pas ce nom, qui rappelle les déesses filles de Jupiter et de Mnémosyne dont les païens faisaient les protectrices des arts libéraux".



Cette opinion est tout à fait la nôtre. Nous l'exprimions déjà en 1922 dans le tract de propagande qui annonçait la création prochaine du Musée Basque. Si, à cette occasion, nous n'invoquions pas les Muses c'est que ces divinités sont aujourd'hui peu connues et il faut bien que je m'adresse à votre docte assemblée pour me risquer à proclamer un peu Calliope et Melpomène nous honorons particulièrement Clio, Terpsichore, Euterpe, Erato, Polymnie pendant que le culte d'Uranie est célébré régulièrement, dans cette même salle, par la Société d'astronomie. Vous voyez que nous remplissons très convenablement nos devoirs vis-à-vis des filles de Jupiter.



LES FILLES DE JUPITER



Quoi qu'il en soit, avec ou sans la protection des Muses, le Musée Basque a la volonté de vivre et il vit. Comment il a vécu pendant l'année qui vient de s'écouler, c'est ce que je vais essayer de vous dire en peu de mots.



Nous avons d'abord marqué notre existence par le mouvement et on nous a vus successivement à Paris, à Barcelone et à Saint-Sébastien. Les deux premières expéditions ont déjà trouvé leur historiographe en la personne de M. André Constantin, qui en a donné, dans le Bulletin du Musée Basque, un récit que vous n'avez pas oublié. Il nous a conduit du Théâtre des Champs-Elysées au Pueblo Español ; il nous décrit la nuit de février, magnifique et glacée où nous avons conquis Paris et l'ardente nuit de juin où, sur notre passage, s'élevaient, à Barcelone, de nouvelles acclamations. Mais il n'a pas tout dit et je pourrais vous montrer maintenant l'envers de la gloire, vous raconter la maladie d'un des "Géants de Pampelune" et les inquiétudes de D. Vicente Larrondo ; évoquer derrière le rideau baissé du Théâtre des Champs-Elysées, D. Antonio de Orueta s'efforçant de rallier sur l'immense plateau une troupe d'hommes préhistoriques, vêtus de peaux de bêtes, qui sont les danseurs de Berriz, jamais pressés de jeter leurs anachroniques cigarettes ; vous dire enfin comment, tels des personnages de conte de fées, les machinistes et les électriciens disparurent presque tous du théâtre lorsque minuit sonna et comment MM. Nogaret et Constantin les remplacèrent avec autant de décision que de courage, manoeuvrant les leviers et poussant des boutons qui risquaient d'entr'ouvrir des trappes sous nos pas ou de nous plonger dans les ténèbres... Mais, ce soir-là, la chance était pour nous et nos deux collègues ont suppléé à eux seuls, malgré leur inexpérience, à l'armée défaillante des machinistes.



DANSEURS DE BERRIZ BISCAYE 1929
PHOTO AUÑAMENDI
COLLECTION Bernardo Estornés Lasa



Saint-Sébastien nous réservait encore du succès, bien que nous y fussions mélangés à la foule des musiciens, danseurs, chanteurs, pilotaris, aizcolaris, réunis pour la Gran Semana Vasca. Il y avait là des Guipuscoans, des Viscayens, des Bas-Navarrais, des Souletins et même des Anglais. Nous avons eu l'émotion d'entendre acclamer chaleureusement le Musée Basque, au cours du banquet offert aux deux cents txistularis que présidait D. José Olaizola.



GRAN SEMANA VASCA SAINT-SEBASTIEN 1929
PAYS BASQUE D'ANTAN









DON JOSE OLAIZOLA



Soit dit en passant, cette Gran Semana Vasca est un modèle d'organisation et offre, comme Saski-Naski, un exemple de ce que peut donner une intelligente adaptation du passé au présent. La tradition n'y est pas défigurée, caricaturée comme il arrive trop souvent chez nous, mais elle se mêle harmonieusement aux formes nouvelles de la vie. Nous avons des leçons à prendre à Saint-Sébastien.



Le mois d'août ouvrait au Musée Basque la double série des expositions et des conférences.



Le nombre de nos exposants s'est trouvé réduit des deux tiers, puisque nous ne disposons plus que d'une salle, mais leur qualité n'a pas faibli. Il me suffit de nommer Choquet, Zo, Labrouche, Masson, que vous connaissez bien, et Rigaud, nouveau venu parmi nous, qui n'a pas été moins goûté.



TABLEAU BIDARRAY 
DE JEAN RIGAUD



Nos conférences ont attiré un nombreux public diversement composé suivant la personnalité du conférencier et le sujet traité et donnant ainsi à chaque réunion sa physionomie originale. Ensemble toujours harmonieux, animé, sympathique.



Je ne puis, malheureusement, dans ce bref exposé, analyser ces agréables causeries, savantes, spirituelles, parfois humoristiques, tantôt accompagnées de musique et de chant, tantôt suivies de démonstrations ; toute la presse régionale en a d'ailleurs parlé. Mais je puis du moins les énumérer dans leur ordre chronologique sans craint d'être fastidieux, tant elles sont variées et juxtaposent de nos amis. On a donc entendu, du samedi 1 au samedi 9 novembre :


Le commandant Rocq : Pays Basque et préhistoire ;

Hervé Lauwick : Basques et Parisiens. Comment ils se voient.

L'abbé Blazy, curé-doyen d'Ustaritz : Une visite aux Basques de l'Argentine.

Pierre Simonet, de l'Académie Gascoune : La vie bayonnaise à travers la chanson, interprétation d'Oyarzun, Rectoran, Broca et Beisque.

Jean Etchecoin : Les guerres carlistes, épopée de la fidélité basque.

Jean Ybarnégaray, député des Basses-Pyrénées, président de la Fédération Française de Pelote Basque : Chez les Basques Américains.

Le R. P. Donostia, professeur au collège de Lécaroz : Txistu et txistularis, audition de musique populaire basque.

Albert de Luze, président de la Fédération Française du jeu de paume : Jeux de Paume et Trinquets, conférence suivie d'une partie de démonstration au Vieux Trinquet de Bayonne, entre M. Baerlein, champion amateur anglais et Pierre Etchebaster, champion du monde professionnel.

François Duhourcau : Les koplak euskariens.



Suivant la règle que nous avons adoptée dès le début, ces conférenciers, qui se recommandaient assez d'eux-mêmes, ont pris la parole sans être présentés et ont quitté l'estrade sans congratulations publiques. Mais ils savaient bien notre gratitude. En les nommant tous ce soir, je suis heureux de réveiller les applaudissements éteints et d'adresser à ces chers collaborateurs, avec nos plus vives félicitations, nos plus sincères remerciements.



Des conférences qui se renouvellent chaque année et réunissent chacune deux à trois cents auditeurs supposent une salle appropriée, des sièges confortables, toute une organisation de caractère permanent. Cette salle nous en disposons maintenant ; bien aérée, pourvue de ventilateurs, elle es assez fraîche en été ; bien close, elle pourrait en hiver se chauffer aisément ; ses chaises sont d'un joli modèle, son estrade est décorée de motifs sculptés empruntés à l'ornementation basque, bref, dans sa simplicité, elle correspond parfaitement à sa destination.



Nos aménagements ne se sont pas bornés là ; nous avons ouvert, en 1929, plusieurs salles nouvelles ; nous en avons remanié d'autres, nous efforçant d'aller toujours vers plus de clarté et de tracer un itinéraire logique qui laisse au visiteur des idées nettes. Je me bornerai à mentionner, au deuxième étage, les trois salles des "divertissements basques" : pelote, danse, théâtre, musique, et les deux salles de la section bayonnaise consacrées, l'une à la rive droite de l'Adour, l'autre aux armoiries, sceaux et monnaies de Bayonne ; au rez-de-chaussée, la fameuse auberge qui a déjà réuni autour de ses tables rustiques un grand nombre de buveurs, buveurs de chocolat et d'eau claire, en attendant le cidre guipuzcoan.



Ce chocolat venait de "chez Guillot" ; il ne pouvait donc pas être plus authentiquement bayonnais. Il était, vous le savez, servi par une fort jolie servante et servi gratuitement. Voilà qui mériterait d'être signalé à ces nouvelles revues qui s'appellent La Revue des Musées de France, et Mouseion, revue des musées du monde entier ; des journalistes étonnés et pleins de reconnaissance, ont déjà relaté en France, en Espagne et jusqu'en Amérique ce fait mémorable qui paraît bien sans précédent, mais ne sera pas, nous l'espérons, sans lendemain.



CHOCOLAT GUILLOT-DURAND BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Notre auberge prenait en particulier, une animation extrême après chaque conférence ; des "consommateurs" d'élite venaient y chercher l'aliment du corps après avoir reçu celui de l'esprit ; on échangeait ses impressions dans le plus aimable brouhaha ; on commentait la conférence, on complimentait le conférencier. On put voir, un jour, le R. P. Donostia, dans sa robe de bure, s'entretenir avec M. Raymond Duncan, vêtu de lin blanc, pendant que, par une dérogation bien justifiée au régime du chocolat, un authentique champagne réconfortait les txistularis qui allaient reparti pour l'Espagne.




religion compositeur bertsulari donostia
AITA DONOSTIA


La salle de la pelote s'est ouverte sous le patronage de la Fédération Française de Pelote Basque qui nous a promis, de plus, une subvention ; des amis souletins, pastoraliers, danseurs, musiciens nous aident, de leur côté, à mettre au point les salles de la musique et de la danse. Tout cela marche à merveille, mais nous n'avons pas encore résolu ce que j'appellerai "le problème des têtes" qui consiste à pourvoir nos mannequins de "chefs" convenables. Le danger, en l'occurrence est de ressembler à la vitrine d'un magasin de confection, exposant des travestis en temps de carnaval, et qu'on reconnaisse sous le béret rouge du Satan ou la tiare du Zamalzaïn ces personnages immuables, fabriqués en série, qui, graves ou souriants, se retrouvent dans tous les étalages. L'idéal serait assurément d'avoir autant de têtes que de sujets et des têtes de basques, de basques navarrais, souletins ou labourdins suivant le sujet, mais la dépense serait alors considérable. Et puis faut-il des têtes "poussées" ou simplement indiquées ? Ne vaut-il pas mieux une évocation qu'une reproduction ? Bref, nous avons si bien pesé jusqu'ici le pour et le contre que nous n'avons encore pris aucun parti ; cette temporisation s'accorde d'ailleurs avec notre situation financière bien loin d'être mauvaise, comme vous le verrez dans un instant, mais qui supporterait tout de même assez malaisément l'achat des vingt-quatre têtes attendues depuis de longs mois par nos vingt-quatre mannequins."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Photo 12056304.jpg - Auñamendi Eusko Entziklopedia)








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