LE MUSÉE BASQUE DE BAYONNE EN 1929.
La devise du musée est : "Hemen sartzen dena bere etxean da", "celui qui entre ici est chez lui."
Installé depuis 1924 sur le quai des Corsaires, dans la maison Dagourette, à Bayonne, le musée
Basque et de l'Histoire de Bayonne abrite la plus importante collection ethnographique
consacrée au Pays Basque, en France.
Voici ce que rapporta à ce sujet W. Boissel, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays
basque, le 5 février 1930 :
"La vie du Musée Basque en 1929.
M. Paul Bourget qui est, avec le maréchal Pétain, conservateur du Musée Condé, à Chantilly, rendait compte à ses collègues de l'Institut, dans la séance du 23 octobre dernier, de ce qu'il appelait "la vie" du musée pendant l'année 1929. Et, disait-il pour justifier ce terme, "un musée qui ne serait qu'un cimetière d'objets anciens et de documents périmés ne mériterait pas ce nom, qui rappelle les déesses filles de Jupiter et de Mnémosyne dont les païens faisaient les protectrices des arts libéraux".
Cette opinion est tout à fait la nôtre. Nous l'exprimions déjà en 1922 dans le tract de propagande qui annonçait la création prochaine du Musée Basque. Si, à cette occasion, nous n'invoquions pas les Muses c'est que ces divinités sont aujourd'hui peu connues et il faut bien que je m'adresse à votre docte assemblée pour me risquer à proclamer un peu Calliope et Melpomène nous honorons particulièrement Clio, Terpsichore, Euterpe, Erato, Polymnie pendant que le culte d'Uranie est célébré régulièrement, dans cette même salle, par la Société d'astronomie. Vous voyez que nous remplissons très convenablement nos devoirs vis-à-vis des filles de Jupiter.
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| LES FILLES DE JUPITER |
Quoi qu'il en soit, avec ou sans la protection des Muses, le Musée Basque a la volonté de vivre et il vit. Comment il a vécu pendant l'année qui vient de s'écouler, c'est ce que je vais essayer de vous dire en peu de mots.
Nous avons d'abord marqué notre existence par le mouvement et on nous a vus successivement à Paris, à Barcelone et à Saint-Sébastien. Les deux premières expéditions ont déjà trouvé leur historiographe en la personne de M. André Constantin, qui en a donné, dans le Bulletin du Musée Basque, un récit que vous n'avez pas oublié. Il nous a conduit du Théâtre des Champs-Elysées au Pueblo Español ; il nous décrit la nuit de février, magnifique et glacée où nous avons conquis Paris et l'ardente nuit de juin où, sur notre passage, s'élevaient, à Barcelone, de nouvelles acclamations. Mais il n'a pas tout dit et je pourrais vous montrer maintenant l'envers de la gloire, vous raconter la maladie d'un des "Géants de Pampelune" et les inquiétudes de D. Vicente Larrondo ; évoquer derrière le rideau baissé du Théâtre des Champs-Elysées, D. Antonio de Orueta s'efforçant de rallier sur l'immense plateau une troupe d'hommes préhistoriques, vêtus de peaux de bêtes, qui sont les danseurs de Berriz, jamais pressés de jeter leurs anachroniques cigarettes ; vous dire enfin comment, tels des personnages de conte de fées, les machinistes et les électriciens disparurent presque tous du théâtre lorsque minuit sonna et comment MM. Nogaret et Constantin les remplacèrent avec autant de décision que de courage, manoeuvrant les leviers et poussant des boutons qui risquaient d'entr'ouvrir des trappes sous nos pas ou de nous plonger dans les ténèbres... Mais, ce soir-là, la chance était pour nous et nos deux collègues ont suppléé à eux seuls, malgré leur inexpérience, à l'armée défaillante des machinistes.
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| DANSEURS DE BERRIZ BISCAYE 1929 PHOTO AUÑAMENDI COLLECTION Bernardo Estornés Lasa |
Saint-Sébastien nous réservait encore du succès, bien que nous y fussions mélangés à la foule des musiciens, danseurs, chanteurs, pilotaris, aizcolaris, réunis pour la Gran Semana Vasca. Il y avait là des Guipuscoans, des Viscayens, des Bas-Navarrais, des Souletins et même des Anglais. Nous avons eu l'émotion d'entendre acclamer chaleureusement le Musée Basque, au cours du banquet offert aux deux cents txistularis que présidait D. José Olaizola.
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| GRAN SEMANA VASCA SAINT-SEBASTIEN 1929 PAYS BASQUE D'ANTAN |
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| DON JOSE OLAIZOLA |
Soit dit en passant, cette Gran Semana Vasca est un modèle d'organisation et offre, comme Saski-Naski, un exemple de ce que peut donner une intelligente adaptation du passé au présent. La tradition n'y est pas défigurée, caricaturée comme il arrive trop souvent chez nous, mais elle se mêle harmonieusement aux formes nouvelles de la vie. Nous avons des leçons à prendre à Saint-Sébastien.
Le mois d'août ouvrait au Musée Basque la double série des expositions et des conférences.
Le nombre de nos exposants s'est trouvé réduit des deux tiers, puisque nous ne disposons plus que d'une salle, mais leur qualité n'a pas faibli. Il me suffit de nommer Choquet, Zo, Labrouche, Masson, que vous connaissez bien, et Rigaud, nouveau venu parmi nous, qui n'a pas été moins goûté.
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| TABLEAU BIDARRAY DE JEAN RIGAUD |







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