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samedi 2 mai 2026

UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE EN 1941 (cinquième partie)

  

UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE.


Depuis des siècles, il y a des pêcheurs au Pays Basque.



pays basque autrefois pêche baleine morue
TERRE-NEUVAS 1941
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet Madame Maxime Degros dans le Bulletin de la Société des 

sciences, lettres & arts de Bayonne, en avril 1941 :



"La grande Pêche Basque des Origines à la fin du XVIIIe siècle (Suite).


Les relations franco-anglaises. Le déclin de la pêche basque du traité d’Utrecht à la Révolution.



pays basque autrefois pêche baleine morue
TRAITE D'UTRECHT 1713



Les armements baleiniers déclinèrent aussi beaucoup au XVIIIe siècle. Dès 1719 les jurats de St-Jean-de-Luz se plaignent "et par la discontinuation que nous avons fait de la pêche de la baleine à cause de nos guerres où nos matelots les plus experts oint vieilli, ce canton se trouve dans l'impossibilité de pouvoir équiper la moitié des vaisseaux d’auparavant pour cette pêche, laquelle les Hollandais voudraient faire sans aucun concurrent..."



Les baleiniers qui partaient à Terre-Neuve couraient les mêmes dangers que les morutiers, et beaucoup furent capturés. Les risques étaient semblables sur la route du Groenland. Pendant les hostilités de 1756, deux navires furent enlevés alors qu’ils en revenaient. 



En outre, des conditions économiques défavorables, des concurrences étrangères et des mésintelligences locales, la défectuosité des ports basques, entravaient cette pêche



Les résultats particulièrement désastreux de 1765 mirent fin aux expéditions jusqu’à la Révolution. 



Il aurait fallu un système d’encouragement pour les équipages, de primes pour les armateurs, mais trop de difficultés assaillirent le gouvernement pour qu’il eût le loisir de songer sérieusement à la pêche. 



Des statistiques plus abondantes dans les archives du XVIIIe siècle que dans celles de la période antérieure vont permettre d'indiquer avec plus d’exactitude ce que furent les armements basques à leur déclin. 



Après le traité d’Utrecht, ils furent partagés surtout entre Terre-Neuve et l’Ile Royale. En 1716 Saint-Jean-de-Luz expédia 11 morutiers avec 534 hommes à l’Ile Royale. Trois ans plus tard il équipa 10 bâtiments jaugeant en tout 1 020 tonneaux ; Bayonne en équipa 9 jaugeant 1 082 tonneaux et Ciboure n’en équipa que 3 faisant 260 tonneaux. 



Pour la première fois en 1720, les Basques allèrent au Détroit Davis où leur expédition fut assez heureuse. Aussi en 1722 sur 60 navires envoyés pour les deux pêches, 26 allèrent au Détroit. 



pays basque autrefois pêche baleine morue
CARTE DU DETROIT DE DAVIDS 1703



En 1724, 50 navires partirent pour ces pêches. 



A cette époque, Saint-Jean-de-Luz, dont la richesse était déjà supérieure à celle de Bayonne au XVIIe siècle, se trouva nettement à la tête des villes basques et "soutint assez jusqu’en 1734 les mauvais succès occasionnés par la concurrence des Hollandais plus à la portée des parages".



De 1724 à 1738, il envoya 265 navires au Groenland et au Détroit Davis. Mais, mal protégés par le gouvernement, les armateurs luziens durent ensuite réduire leur flotte. On compte : de 1724 à 1729, une moyenne annuelle de 22 baleiniers de Saint-Jean-de-Luz, 6 de Bayonne (jaugeant de 150 à 300 tonneaux, avec 40 à 70 hommes) et 11 terre-neuviers (40 à 150 tonneaux, 15 à 30 hommes). 



En 1730 : 31 baleiniers de Saint-Jean-de-Luz à qui une pêche très mauvaise fit perdre un million et 45 morutiers. 



De 1731 à 1733 à Saint-Jean-de-Luz 26 baleiniers et 40 morutiers ; à Bayonne une quinzaine de bâtiments. 



En 1735, à Saint-Jean-de-Luz, 15 baleiniers ; 10 en 1738 avec 18 morutiers, plus 8 de Ciboure. En 1740, 12 baleiniers à Saint-Jean-de-Luz. Durant les hostilités de 1744, Bayonne essaya d’obtenir une suspension d’armes pendant la saison de pêche à Terre-Neuve. Il n’y eut pas d’armement baleinier et plusieurs morutiers furent pris. 



Le pays basque se releva très difficilement. Une compagnie fondée par deux armateurs, Martin Chibau et Moracin de Berins, obtint en 1749 la franchise d’octroi, arma 4 baleiniers par an jusqu’en 1755 mais ne put tenir plus longtemps. 



Les armateurs auraient eu besoin de 400 à 900 000 livres pour équiper, quatre par quatre, une nouvelle flotte de douze navires, et surtout de l’aide sérieuse du gouvernement, car sans elle, tous les moyens proposés pour rétablir la pêche devaient demeurer inutiles. 



Un essai de pêche à Madagascar eut lieu en 1756. Un certain Bondet de Villelmet arma deux baleiniers avec des marins basques. Ce fut un échec.



En 1765, deux baleiniers, armés par Monsieur de Laborde, partirent au Groenland ; l’un fut très endommagé par les glaces, l’autre revint sans profit. 



Ce fut la dernière expédition baleinière jusqu’en 1782, où sous l’impulsion de Louis XVI, partirent à Spitzeberg deux baleiniers armés grâce à une forte subvention de l’Etat. Ils firent deux campagnes ; la première échoua. L’équipage de l’un d’eux refusa de s’embarquer pour la seconde campagne, tant le navire était vieux et en mauvais état ; on l’y obligea, mais force fut de laisser en route le bâtiment qui réellement n’avançait pas. 



L’autre partit trop tard ; aussi malgré une prime de quarante livres par barrique d’huile, le profit ne couvrit que les trois-quarts des frais d’armement d’un seul navire. 



En 1784, le roi fit encore la dépense d’un armement, sans profit semble-t-il. Les Basques, lassés, n’armèrent plus. 



Ce fut donc en 1765 qu’eut lieu, pour la dernière fois avant la Révolution, une véritable expédition baleinière basque ; c’est-à-dire armée par des armateurs basques, avec des capitaux basques et des équipages basques. 



En 1786, le gouvernement appela des Nantuckois qui s'installèrent à Dunkerque et s’associèrent avec les armateurs et les équipages français. 



Grâce à cette impulsion, Dunkerque fut la seule ville qui arma des baleiniers, dans les toutes dernières années de l’Ancien régime. 



Pour envoyer des baleiniers sans avoir l'ennui et les frais de les construire et les remettre à neuf chaque année, les Basques eurent l'idée d’utiliser les vaisseaux de guerre nationaux. En temps de paix, ils serviraient à la pêche sous le commandement de leurs propres officiers pour qui ce serait une très bonne école. 



Le projet séduisit le gouvernement, mais en raison des lenteurs administratives, il ne put être réalisé avant la Révolution. A ce moment, la France eut besoin de ses navires de guerre et l’affaire n’eut pas de suite. 



La guerre de 1744 fit baisser aussi les armements pour Terre-Neuve ; en 1750, Saint-Jean-de-Luz arma 8 navires, Bayonne en arma 4. Les armateurs, ne pouvant plus s’offrir le luxe de perdre chaque année plusieurs milliers de livres, n’osaient pas risquer les frais d’un départ, et la flotte ne se reconstitua pas avant le traité de Paris. A ce moment, elle parut reprendre une nouvelle importance. 



En 1764, on compte 1 armement à Ciboure pour Port-à-Choix ; 7 à Bayonne (dont 2 pour Port-à-Choix, 4 pour Saint-Pierre, 1 pour le Grand Banc), 15 à Saint-Jean-de-Luz (6 pour Port-à-Choix, 5 pour Saint-Pierre, 4 pour le Grand Banc) mais le "profit a suffi avec peine à l’approvisionnement du païs et de ceux qui sont d’ans l’usage d’y recourir. Il est vrai que nos armateurs n’y ont fait que des pêches médiocres."



pays basque autrefois pêche baleine morue
CARTE DE TERRE-NEUVE CANADA



En 1765, il y eut 17 navires à Saint-Pierre, 14 à Port-à-Choix ; en 1766 Saint-Pierre reçut 8 terreneuviers. 



En 1767, 7 allèrent au Granc Banc, 8 à Saint-Pierre, 11 à Port-à-Choix ; en 1768, 3 au Grand Banc, 8 à Saint-Pierre, autant à Port-à-Choix ; Saint-Pierre reçut 6 bâtiments en 1769, 14 en 1770, etc..."



A suivre...




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Wikipédia)


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