26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA.
Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.
Je vous en ai déjà parlé à 7 reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018, le 26/04/2020, le 26/04/22, le
26/04/23, le 26/04/24 et le 26/04/25.
Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire d'extrême droite, Je suis Partout, le 23 juillet 1937 :
"La guerre de libération Espagnole.
Un document : Réponse de deux religieux basques au manifeste des intellectuels catholiques français.
Le manifeste publié par des intellectuels catholiques en faveur des Basques est loin d'avoir été accueilli, en France, par une approbation universelle, encore qu'on lise parmi les signatures des noms unanimement respectés.
Mais si l'on observe les réactions qu'il a provoquées en Espagne, il est piquant de constater que cette démarche a été vue de très mauvais oeil par les Basques eux-mêmes. En effet, deux Dominicains actuellement réfugiés à Rome, le docteur V. Carro, professeur de théologie, et V. Beltran de Heredia, professeur de langue basque, viennent de publier (15 mai) une petite brochure dans laquelle ils expriment, avec une ironie indignée, leurs sentiments sur le fameux manifeste. On sera sans doute curieux de lire cette réplique si compétente.
Nous n'avons pas la prétention de nous ériger en juges spirituels du conflit espagnol. Il nous a paru toutefois que dans une affaire où les catholiques sont en désaccord, nous pouvions, impartialement, faire entendre des voix assez autorisées et publier le texte qui paraîtra, quoi que l'on en dise, un document important.
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| CARTE ARTICLE JE SUIS PARTOUT 23 JUILLET 1937 |
Dédié à MM. Mauriac et Maritain.
La rébellion de Franco est-elle légale ?
Deux documents sur la guerre nous sont tombés entre les mains : un manifeste signé par des écrivains français (auxquels se mêlent quelques noms étrangers : cela fait mieux) et l'étude juridico-théologique d'un savant espagnol. L'analyse de ce deux documents nous apprendra le point de vue qui y est adopté.
Le P. Ignacio Menéndez-Reigada, théologien de race, gradué de l'Université de Salamanque et, depuis de longues années, professeur de théologie, est l'auteur d'une brochure intitulée : "La Guerre nationale espagnole à la lumière de la morale et du droit." Comme il fallait s'y attendre d'un aussi illustre théologien, dont la science honore cette ville où vécurent Vittoria, le fondateur du droit international, les deux Soto, Cano, Sotomayor, Médina, Mancio, Banez et nombre d'autres maîtres espagnols, cette brochure est un plaidoyer redoutable et sans réplique. D'une façon absolue et sereine, mais aussi avec la force et la persuasion de quelqu'un qui a vécu cette tragédie et qui a vu couler à flot le sang de ses compatriotes, il résume sa pensée en cinq propositions dont voici quelques extraits :
Première proposition : "Le gouvernement du Frente popular est illégal, tyrannique, traître au pays et au peuple, ennemi de Dieu et de l'Eglise."
Deuxième proposition : "La rébellion à main armée contre le Frente popular et son gouvernement est non seulement juste et permise, mais encore obligatoire, et, de la part du gouvernement national et de ses adhérents, est la guerre la plus sainte que l'on puisse enregistrer dans l'histoire."
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| CARTE ANTI FRENTE POPULAR 1936 ESPAGNE D'ANTAN |
Quatrième proposition : "Toute aide, tout secours accordés directement ou indirectement au Frente popular est répréhensible. De même est répréhensible toute opposition au gouvernement légitime national dans les circonstances présentes..."
La preuve des cinq propositions comprend cinquante pages de la brochure du grand théologien, bourrées de science juridique et théologique, avec de nombreuses citations des encycliques pontificales. Après coup, la dernière encyclique de S.S. Pie XI est venue, avec son autorité suprême, corroborer les arguments du théologien qui, depuis plusieurs mois, avait déjà mis par écrit ses réflexions et avait obtenu l'approbation du couvent de Salamanque. Nous n'allons pas, ici, entrer dans des détails et ce n'est pas non plus notre intention de citer cet écrit qu'on peut facilement se procurer.
D'ailleurs, sa thèse fondamentale est évidente pour quiconque connaît l'origine de la guerre espagnole. Il suffit de se rendre compte qu'il ne s'agit pas d'une guerre entre partis politiques ni même d'une guerre civile ordinaire : c'est la lutte pour l'indépendance de la patrie, pour la religion, pour l'existence même de l'individu et de la société. Si l'individu a plein droit de défendre sa vie, au besoin par la mort de l'injuste agresseur, à plus forte raison ce droit appartient-il au peuple comme tel.
Qui parle de luttes partisanes montre qu'il ne connaît rien du problème, ce qui ne devrait pas se produire chez des personnes de simple culture moyenne, alors que la lutte est engagée depuis dix mois et après tout ce qui a été écrit à ce sujet ; mais cela convient encore moins à ceux qui se nomment "écrivains catholiques", après la publication des lettres pastorales des évêques de Séville, Santiago, Vitoria, Salamanque, Burgos, etc. Sur ce point, affecter une attitude neutre ou impartiale n'est pas autre chose que reconnaître des droits égaux au meurtrier criminel, traître à Dieu et à sa patrie, et au citoyen local qui, pour remplir ses devoirs religieux et patriotiques, sacrifie tout, jusqu'à sa vie. Ceux qui agissent ainsi — qu'ils se nomment comme ils veulent — oublient une vérité élémentaire : que le péché, que le crime n'ont pas de droits.
Le groupe d'écrivains catholiques français signataires du manifeste tient-il compte de tout cela ? Nous devons reconnaître que ce groupe (auquel il serait injuste d'assimiler tous les écrivains français) tombe dans un vieux travers ridicule et montre une incompréhension total du cas espagnol. Alors qu'il se dit catholique, il ne sait que faire écho à la propagande mariste et maçonnique internationale et, consciemment ou non, s'y rallie. Par leur attitude, ces intellectuels nuisent non seulement à l'Espagne catholique et nationale, mais aussi à leur propre patrie. Les Espagnols, qui jusqu'à présent faisaient le départ entre le gouvernement du Front populaire et le peuple catholique de France avec sa presse de droite, ne pourront plus faire cette distinction.
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| CARTE ANTI FRENTE POPULAR 1936 ESPAGNE D'ANTAN |
Celui qui écrit ces lignes put, dans les mois de septembre et octobre, dire en Espagne qu'un grand nombre de feuilles française de droite rendaient hommage à la vérité et faisaient droit à la cause nationale espagnole en contrecarrant, dans la mesure du possible, l'aide éhontée que le gouvernement apportait aux marxistes. Désormais, en face de ce manifeste très agréable aux marxistes et aux francs-maçons, en face de l'attitude de quelques petites revues plus ou moins intellectuelles, il nous devient à peine possible de garder notre précédente position, encore que nous soyons persuadés que beaucoup de catholiques se trouvent toujours du côté de la véritable Espagne.
Afin que le lecteur se rende compte de l'inspiration marxiste et maçonnique du manifeste, nous voulons en analyser les déclarations principales.
"La guerre civile espagnole, écrivent-ils, vient de prendre au pays basque un caractère particulièrement atroce."
On croirait que ces écrivains français, pendant les neuf premiers mois de la guerre, ont été bercés dans un doux sommeil ; on croirait qu'ils n'ont rien su des crimes commis à 500 mètres de leur frontière, dans le fort de Guadalupe, où d'éminents catholiques comme Victor Bradera, Beunza, Honorio Maura et tant d'autres perdirent la vie. Ils ignorent, semble-t-il, qu'à Bilbao des centaines de catholiques ont été massacrés, arrachés à leurs maisons pour avoir commis le crime d'être "centralistes" catholiques. Ces martyrs de la cause nationale et chrétienne n'étaient même pas des prisonniers, ils n'avaient pas participé à la lutte, ils étaient de simples et honnêtes citoyens, des prêtres ou des religieux dont le seul malheur fut d'habiter, le 18 juillet 1936, Bilbao ou les environs. Un certain nombre furent déportés de San Sebastian, pour qu'à l'arrivée de nos troupes victorieuses, ils ne pussent jouir des bienfaits de la paix et de la délivrance si ardemment attendue. Là, deux de nos confrères perdirent la vie, des prêtres furent abattus d'une façon sauvage, à coups de hache...
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| CARTE ANTICLERICALE 1936 |
Pour le groupe d'écrivains signataires du manifeste, il n'y avait là rien d'"atroce" ! La guerre n'avait pas dépassé les limites tragiques, certes, mais enfin communes à toute guerre ! Alors leur tendre coeur ne battit pas plus fort. Alors ils demeurèrent insensibles et jugèrent qu'il n'était pas de leur devoir d'élever la voix. Tout cela n'avait rien d'effroyable. De même qu'il n'était pas cruel de forcer des familles entières, sous la menace du revolver ou du fusil, d'abandonner leurs maisons et de suivre les hordes en déroute des marxistes pour prolonger leur martyre en pays rouge, où elles ne trouveraient ni pain ni abri.
Pas "atroce" donc le massacre de presque tous les évêques dont le siège était situé en territoire rouge (ceux qui ont pu s'échapper ne l'ont pu que par miracle et grâce à des déguisements), de milliers et de milliers de prêtres, religieux et religieuses, de 3 à 400 000 laïques catholiques, qui ont péri en criant : "Vive le Christ-Roi ! Vive l'Espagne !
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| CARTE ANTI FRENTE POPULAR 1936 ESPAGNE D'ANTAN |






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