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mardi 7 avril 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (seconde partie)

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



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MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :



Terrains du lias et des marnes irisées.


... Dans les environs de Lourmintoa, dans les landes qui sont entre Urcuray et Briscous, ainsi qu'au midi de Villefranque, près d'Altsou, le terrain crétacé se lie d'une manière assez intime avec un groupe très-épais de marnes noires, de calcaire argileux noir et de calcaire noir siliceux ; groupe très-distinct par l'ensemble de ses caractères minéralogiques et par les corps organisés qu'il renferme, du terrain supérieur ; mais dans lequel il est difficile de voir une formation indépendante, car non-seulement les couches inférieures de la craie et les couches supérieures de ce groupe, passent des unes aux autres, mais il se confond avec la partie supérieure des calcaires et des marnes dont l'ensemble constitue la formation du lias ; aussi doit-on plutôt le considérer comme un premier étage du lias que comme un étage inférieur du grès vert.



Ces couches argilo-marneuses avec calcaire siliceux, dont la contexture est très-feuilletée, sortent de dessous la formation de la craie à la hauteur de Mouguère et de Lourmintoa, sous diverses inclinaisons et avec une direction généralement parallèle à la chaîne des Pyrénées, sur une étendue de deux ou trois lieues. La teinte noire, toujours assez prononcée des roches, leur donne une fausse apparence de terrain carbonifère, qui, à plusieurs reprises, a provoqué des recherches de combustible, et cette ressemblance avec le terrain houiller est çà et là augmentée par la présence de quelques rognons celluleux de fer carbonaté lithoïde pareil à celui de la formation houillère ; mais sur aucun point on ne rencontre les indices d'un gisement du lignite propre aux couches du lias. Tout se borne à quelques nodules isolés, sans étendue, de lignite compacte, à peine assez abondant pour fournir des échantillons de cabinet. Sur la route de Bayonne à Cambo, près d'Ustaritz, les schistes marneux acquièrent une teinte noire encore plus prononcée ; ils enveloppent quelques rognons de combustible impur, et là comme partout, ce ne sont encore que des accidents de nulle importance, même comme indices.



Le calcaire siliceux qui constitue un vrai macigno, et les marnes argileuses qui alternent avec lui, renferment à Cambo, à Ustaritz, à Lourmintoa, etc., des empreintes de végétaux presque méconnaissables, et quelques moules de coquilles, parmi lesquelles on peut quelquefois reconnaître deux ou trois espèces d'Ammonites peu déterminables, des Lutraria-Jurassi, et une Huître qui a des rapports avec l'Ostrea rugosa.



La limite inférieure la plus habituelle de ce groupe schisteux est un calcaire bleu, compacte, à cassure conchoïde, avec veines de chaux carbonatée, qui commence la formation du lias, et qui, par son passage insensible à du calcaire argileux très commun dans ce terrain, peut être regardé comme l'analogue du calcaire à Gryphées. Les marnes schisteuses et le grès macigno se font remarquer par leur uniformité de composition et par la régularité de stratification, sur toute la grande étendue que ces roches occupent ; étendue qui comprend presque toutes les landes d'Hasparen et celles qui sont entre Urcuray et Briscous. Les dislocations communes aux formations de cette contrée sont plus sensibles dans ce groupe, par suite de la texture feuilletée des roches ; les lits toujours fortement inclinés, affectent souvent la verticale, et si la nature du terrain n'était pas déjà telle quelle doit faire abandonner tout espoir d'y rencontrer du charbon, la disposition des couches, qui permet de marcher toujours sur leurs tranches, et par conséquent d'en faire un examen préférable à tous les travaux ou sondages, ne peut laisser aucun doute sur sa stérilité sous le rapport du combustible.



Le groupe de schiste et de grès calcaires dont il vient d'être question, groupe que pour ses caractères tranchés on pourrait rapporter à un des étages les plus anciens du terrain jurassique, tout en reposant dans quelques localités sur des couches de calcaire noir compacte avec veines cristallisées, qui le terminent assez nettement, se rattache souvent à la partie supérieure des marnes et des calcaires argileux du lias, et de telle sorte qu'il est difficile de l'en séparer. Les caractères puisés dans la nature des corps organisés fossiles et dans la stratification qui est concordante, sont trop saillants pour qu'on doive faire de ces schistes et grès calcaires, un groupe indépendant, d'autant plus que la présence des roches oolithiques ne se révèle nulle part. Cette confusion dans le point de séparation des deux étages est très apparente sur la hauteur du bas Cambo, au point de partage du pays d'Hasparen et de la vallée d'Urcuray, et entre Cambo et Espelette.



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CAMBO-LES-BAINS 1843
PAYS BASQUE D'ANTAN



Immédiatement au-dessous du calcaire bleu et gris, se succèdent un grand nombre de couches de marnes grises, jaunes, noirâtres, assez dures et compactes, plus ou moins argileuses, qui alternent les unes avec les autres et avec des couches puissantes de calcaire noirâtre, marneux, d'une dureté moyenne et facilement décomposable à l'air. Ces marnes, dont l'aspect et les teintes varient suivant les localités, tout en conservant des caractères tranchés, renferment communément de grandes masses aplaties, ovoïdes, ayant jusqu'à plusieurs mètres de diamètre, d'un calcaire très-compacte, très-dur, à cassure conchoïde un peu terreuse, qui fait une effervescence à peine sensible dans les acides, et qui contient une forte proportion de silice. Ces masses se rapprochent, par leur composition, de la pierre de Pouilly en Bourgogne, et paraissent aptes à fournir d'excellents ciments calcaires analogues à ceux de Parker, de Pouilly, etc.



La composition des calcaires bleus ou noirâtres associés aux marnes et schistes calcaires de cette formation, est très-variable ; ils sont tous susceptibles de fournir de bonnes chaux, dont les qualités hydrauliques sont peu prononcées, lorsque le calcaire est compacte, à cassure lisse ; tandis que les qualités hydrauliques sont souvent portées à l'excès, lorsque le calcaire est moins compacte, avec une cassure terreuse, ou enfin lorsque la proportion d'argile devient plus forte. Les calcaires bleus ou noirâtres, avec veines cristallines blanches, d'Armendaritz, d'Hellette, d'Urcuray, d'Ardasquia et des eaux de Cambo, produisent de bonnes chaux demi-hydrauliques pour les constructions qui doivent être exposées à l'humidité. Ceux des environs du Haut-Cambo et d'Espelette, au quartier d'lbarondoa ; ceux des environs de Souraïde, de Saint-Pée, etc., dont le grain est moins fin, dont la cassure est plus terreuse, et qui sont plus argileux, donnent des chaux hydrauliques de première qualité. La multiplicité de couches ou amas de calcaire argileux propres à la fabrication de chaux si précieuses pour les constructions, fait vivement sentir l'absence d'un combustible minéral qui pourrait permettre de les utiliser sur une grande échelle.



L'ensemble des diverses couches de marnes et de calcaires argileux a généralement une grande épaisseur, et forme une large bande qui, des environs de Saint-Jean-de-Luz, se prolonge jusque bien au delà de Saint-Jean-Pied-de-Port. De Saint-Pée, d'Ascain, de Sare, d'Ainhoa, où il repose soit sur les schistes de transition, soit sur le grès rouge, ce terrain comprend les communes de Souraïde et d'Espelette : il longe, en le recouvrant, le schiste ardoisier du Mondarrain ; ensuite il se replie sur Cambo ; il occupe la vallée d'Urcuray au nord du terrain granitoïde d'Oursouia, passe à Hasparren, s'étend vers Helette où il cesse de s'incliner au nord pour incliner au sud, parce qu'il tourne la grande montagne de schiste ardoisier de Baigoura, sur le pied de laquelle il s'appuie. De là, à la hauteur d'Helette, les calcaires argileux, les marnes grises, jaunes, etc., en acquérant un plus grand développement encore, s'étendent sans interruption jusqu'au delà des montagnes de la Soule, où la formation dont il est maintenant question occupe une étendue incomparablement plus grande que dans le Labour.



La direction et l'inclinaison des couches affectent en général beaucoup d'irrégularité ; les perturbations sont surtout sensibles dans les environs du terrain granitoïde, auquel se rapportent les dislocations qu'ont subies les formations qui le recouvrent. Dans la vallée d'Itxassou, dans celle d'Urcuray du côté d'Hasparren, les couches du calcaire sont toujours fortement inclinées ou presque verticales, là où les terrains sont très-rapprochés ou en contact immédiat.



Le calcaire compacte que j'ai déjà signalé comme se trouvant plus particulièrement à la partie supérieure de la puissante formation des marnes et des calcaires argileux de cette contrée, acquiert beaucoup de développement dans les communes de Saint-Martin-d'Arberoux et d'Isturitz ; il y forme des collines élevées, sa stratification est souvent régulière et il est habituellement assez compacte et d'une composition assez homogène pour être exploité comme marbre de couleur. La jolie petite usine à marbre de Saint-Martin-d'Arberoux est placée dans des conditions fort heureuses, sur un cours d'eau au pied même d'une colline dont elle exploite les calcaires de diverses teintes bleues et grises. Ces calcaires compactes y sont associés à de fortes couches ou masses de dolomie, dont la dissolution partielle opérée par l'action des eaux a donné lieu à la formation des grottes particulières au terrain du lias ; aussi la grotte d'Isturitz, dont l'étendue est assez vaste, et qui est composée de plusieurs grandes chambres ou cavités irrégulières communiquant ensemble, et renfermant comme d'ordinaire beaucoup de stalactites et de stalagmites, a-t-elle été creusée dans de la dolomie, et n'est-elle que l'ancien lit de la petite rivière qui sort au pied de la montagne sous laquelle elle entre de l'autre côté, à Saint-Martin-d'Arberoux, de suite après avoir servi de moteur à l'usine à marbre. Des recherches particulières, ou le hasard, feront probablement reconnaître sous la couche de tuf qui recouvre le sol, des ossements d'animaux propres à la généralité des cavernes, et alors seulement la grotte d'Isturitz offrira un réel intérêt scientifique."


A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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