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lundi 6 juillet 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (cinquième partie)

 

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



pays basque géologie iparralde helette cambo
MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :



"... Les psammites feuilletés alternant avec des argiles rouges, schisteuses et micacées, renferment dans la vallée d'Ustalléguy, près de la montagne de ce nom, quelques empreintes végétales qui seraient d'un secours décisif pour assigner la place du grès bigarré au groupe supérieur de cette puissante formation, si la nature et les relations géologiques des roches pouvaient laisser quelques doutes. Ce sont des empreintes assez déterminables de deux ou trois espèces de fougères et d'équicétacées, et je crois pouvoir rapporter une de celles-ci au calamites arenaceus, habituel d'après M. Adol. Brongniart au grès bigarré.




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TRONC DE CALAMITES SP.



Les terrains du grès rouge et du grès bigarré, méritent à plus d'un titre d'être mentionnés sous le rapport technologique. Parmi les filons de fer carbonatéspathique qu'on rencontre dans plusieurs localités, le plus important comme gîte de cet excellent minerai, est celui de la montagne Ustalléguy entre Bidarray et Baigorry. Ce filon apparent sur les deux versants de la montagne, n'a pas moins de quatre à cinq mètres de puissance et constitue un gisement excessivement riche, qui donne lieu à une exploitation souterraine pour alimenter l'usine à fer de Banca, et qui pourrait fournir aux besoins de plusieurs hauts fourneaux.



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VUE GENERALE DES FORGES BANCA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le minerai, généralement très pur, est cependant quelquefois associé à du cuivre pyriteux cristallisé, et le plus souvent disposé en nids, qu'on évite ou qu'on rejette toujours avec soin pour ne pas altérer la pureté du fer. Les grès de la Rhune renferment également près de Sare un filon de fer spathique qui, quoique moins riche, a été exploité pour les forges à la catalane.



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CARRIERES FRAYE ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



Cette espèce de minerai n'est pas seulement particulière aux terrains arénacés ; dans le calcaire du lias, à peu de distance d'Ainhoa, au sud et près de la frontière, il en existe des filons ou plutôt des amas dont la formation est certainement contemporaine des filons d'Ustalléguy, de la Rhune, etc., et qui comme eux, sont caractérisés par la présence du cuivre pyriteux. La décomposition de celui-ci a recouvert la surface du fer spathique d'une pellicule de carbonate vert qui donne à ce gisement de fer une bien fausse apparence de beau minerai de cuivre.



Les grès bigarrés des environs de Bidarray, d'Ustalléguy, d'Arradoy, près Saint-Jean-Pied-de-Port, sont souvent d'une stratification si régulière, et divisés en feuillets si minces, que ceux-ci n'ont qu'un ou deux centimètres d'épaisseur, et qu'ils sont exploitables en plaques de plus d'un mètre de côté. Ces lozes sont employées suivant leur épaisseur, pour carrelage, dallage, clôture, etc., et dans plusieurs circonstances elles pourraient remplacer les briques, car non seulement leur extraction est peu coûteuse, mais il serait aussi très facile de leur donner à peu de frais une forme à peu près symétrique, lorsque le genre de construction l'exigerait. Les bancs plus épais fournissent de bonnes pierres de taille, des pierres à aiguiser ; et les carrières de meules pour moulins à grains d'Arradoy, d'Arsamendi et du massif de la Rhune jouissent d'une certaine réputation. Ceux de ces grès, dont la composition est bien homogène et dont le grain est moins serré, sont aptes à être employés comme pierres réfractaires, et taillés convenablement ils pourraient remplacer avec avantage les briques réfractaires dans toutes les espèces de fours à haute température. L'usine à fer de Banca n'emploie pas d'autres pierres pour l'intérieur de ses fourneaux.



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SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT 64
MONTAGNES ARRADOY JARRA ET BEHARRIA



Nous voici arrivé au-dessous du dernier terme de la série géologique qui précède la formation du terrain houiller lorsque celui-ci ne manque pas, et comme le but de ce mémoire est surtout de constater la non présence de la houille, je crois devoir bien préciser les faits qui affirment cette malheureuse interruption dans les phénomènes géologiques, lors de la formation des terrains de cette contrée. La superposition du grès rouge sur le terrain de schiste ardoisier de transition est apparente sur une infinité de points ; dans les environs de Sare, sur le versant méridional de la Rhune ; dans les environs d'Ainhoa ; à Laxia, au pied d'Arsamendi, au midi du Mondarrain ; sur les limites des communes de Louhossoa et de Bidarray, près de la maison Estenuia ; à l'ouest et tout le long du groupe de Baigoura. La jonction des deux formations est également apparente sur la rive droite de la Nive, un peu au delà de Bidarray ; sur la rive gauche avant le groupe d'Oustalléguy ; au sud de Baigorry, près du col d'Espéguy. Les deux formations se touchent sans intermédiaire et sans que jamais on y rencontre de traces de roches schisteuses ou arénacées, d'un caractère tel qu'on puisse le moins du monde être autorisé à soupçonner la présence d'un terrain houiller recouvert par le grès rouge. Partout les grès micacés rouges, comme les poudingues et les argiles schisteuses, finissent brusquement au schiste ardoisier de transition. Le point de contact de ces deux formations supérieure et inférieure à la houille, est apparent dans un si grand nombre de localités, et les couches sont toujours si fortement inclinées, que l'on peut, je crois, conclure avec certitude que le terrain houiller manque tout à fait dans les environs de Bayonne et de Saint-Jean-Pied-de-Port. Si cette précieuse formation carbonifère existait, on devrait certainement la voir affleurer sur l'un des nombreux points qui indiquent d'une manière non équivoque la limite inférieure du grès rouge. Rien ne saurait donc autoriser des recherches de houille, soit par des sondages, soit par d'autres travaux, quelle que fût la hardiesse du point de vue sous lequel on les envisageât. Les bons esprits qui ont le plus songé à la découverte de ce combustible minéral dans les environs de Bayonne ou de Saint-Jean-Pied-de-Port, doivent d'autant plus se résoudre à admettre comme positive la non présence du terrain houiller proprement dit, qu'une lacune de ce genre dans la série des couches qui composent l'écorce du globe est commune à bien d'autres contrées, et que l'étage du grès houiller n'est point le seul qui manque pour compléter l'ensemble des formations dans cette partie des Pyrénées.



Le schiste argileux de transition s'étend presque sans interruption, depuis les environs de la montagne des Trois-Couronnes et de Sare jusqu'aux Aldudes, en suivant une direction qui est à peu près nord-ouest sud-est. Les groupes du Mondarrain, d'Athari, le sommet et le versant méridional d'Arroca-Garray, la ligne de plateaux qui les rattachent au système de Baigoura, et Baigoura même en entier, appartiennent à ce terrain, qui, après avoir été recouvert par le grès rouge à Bidarray sur une petite étendue, reparaît un peu au delà de ce village, pour constituer les escarpements et les montagnes qui bordent la Nive sur les deux rives jusqu'à Ossez, et pour se prolonger jusqu'au delà des Aldudes, en comprenant les hautes montagnes qui sont de chaque côté de la rivière de Baigorry.



Le point saillant de cette formation de schiste de transition, est l'excessif développement des couches de quartzite qui alternent avec le schiste, surtout dans la partie supérieure du terrain, et qui finissent même par y constituer toute la formation. Les sommets du Mondarrain, d'Arroca-Garray, la plus grande partie des couches à travers lesquelles la Nive s'est frayé un passage au lieu dit Ateca-Gaitz, la longue crête et les escarpements de Baigoura sont du quartzite à texture fine, serrée, grenue, généralement blanc grisâtre, et souvent coloré en vert clair par de la chlorite. Dans les montagnes de Banca, de la vallée des Aldudes, d'Ourépele, etc., le quartzite acquiert une structure plus massive ; il devient difficile d'y distinguer des couches ; sa teinte est un peu plus blanche ; et quoique son grain lie soit ni moins serré, ni moins fin, il se fendille et se désagrège facilement ; au lieu de former des crêtes et des escarpements, les sommets de montagnes sont généralement arrondis.



Dans la vallée d'Arneguy, les schistes ont une teinte noirâtre ; la structure feuilletée est plus prononcée, et la roche devient réellement ardoisière ; aussi est-elle exploitée, et les ardoises qui en proviennent sont fort estimées à Saint-Jean-Pied-de-Port.



Près des Aldudes dans la direction d'Elissondo ; au nord du Mondarrain, et d'Athari-Mendi à Itxassou ; et près de la maison Chucurenia à Louhossoa, le schiste ardoisier devient tendre, argileux, et acquiert une teinte noire qui a pu y faire voir des indices de combustible ; mais le plus léger examen confirme partout la non présence de l'anthracite, quelquefois particulier à cette formation. Ces argiles noires colorées par du carbone, ont du reste fort peu d'étendue en direction, et il faut les considérer comme de simples accidents dans le terrain de transition.



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ITXASSOU SUR LA ROUTE DU MONDARRAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



C'est dans le schiste de transition que se trouvent les filons cuprifères qui, sous les Romains et dans le dernier siècle, ont donné lieu à des exploitations fort importantes, citées sous le nom de mines de Baigorry comme les premières des Pyrénées ; exploitations détruites, aujourd'hui remplacées par l'usine à fer de Banca. De vastes travaux de mine furent exécutés sur six des principaux filons, au-dessus et au-dessous de l'écoulement naturel des eaux. Le cuivre gris et le cuivre pyriteux, objets de l'exploitation, y sont associés à d'autres minerais de nulle valeur, et la richesse de ces gîtes métallifères est, à ce qu'il paraît, excessivement variable. D'après les renseignements fournis par Dietrich et par Charpentier, les mines de cuivre de Baigorry ont éprouvé bien des vicissitudes ; et si à deux ou trois reprises les succès en ont été brillants, ils n'ont jamais été de longue durée."






A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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dimanche 7 juin 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (quatrième partie)

 

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



pays basque géologie iparralde helette cambo
MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :



"... La multiplicité de ces indices de minerai de cuivre peut certainement valoir à cette zone du calcaire du lias, sous le rapport géologique, la dénomination de terrain cuprifère ; néanmoins on n'entrevoit nulle part la réunion des conditions indispensables, pour que des gîtes métallifères aient une valeur réelle sous le point de vue d'exploitation. La formation du cuivre, quoiqu'elle comprenne une grande étendue, n'a eu lieu que sur une petite échelle et d'une manière accidentelle ; lors du soulèvement et de la dislocation du terrain, époque à laquelle tout se réunit pour faire rapporter cette formation, il résulta une imprégnation presque générale de minerai de cuivre, et non des amas ou des filons qui pussent devenir le motif de travaux sérieux. Toutes les tentatives d'exploitation ont été de courte durée, parce qu'une fois les premiers nids ou amas de minerai épuisés en profondeur et en direction, de nouvelles recherches devenaient infructueuses, rien n'indiquant la possibilité de rencontrer la même chose, sinon mieux, en s'approfondissant davantage ; et le caractère d'irrégularité est tellement complet, qu'il y a absence absolue d'indices non seulement pour une exploitation suivie, mais pour de simples recherches. Les petites cavités de la roche encaissante, ou du minerai de cuivre gris lui-même, sont souvent tapissées d'une couche cristallisée presque sans épaisseur de cuivre carbonaté bleu d'une belle teinte azurée, et ces jolies géodes contribuent aussi à donner à ces gîtes de cuivre un air d'importance qu'ils sont loin de mériter. Aucune des variétés communes au lias ne renferment d'argent ; leur teneur moyenne en cuivre métallique est 6 à 7 p. 0/0.



La rareté des fossiles dans toute l'étendue du terrain du lias de cette contrée, rend d'abord assez douteuse la détermination de la place qu'on doit lui assigner dans la série géologique, et fait qu'on est réduit à prendre pour seul guide ses rapports avec les autres formations ; car la présence de quelques moules de coquilles à peine reconnaissables, et de rares empreintes végétales dans les marnes schisteuses, ne pourraient pas fournir des caractères précis. Le calcaire argileux d'Ibarondoa, entre Espelette et Cambo, dont la position est à peu près dans la partie moyenne du groupe de marnes et de schistes, renferme bien des coquilles avec leur test, qui ressemblent infiniment à la gryphée arquée, mais leur empâtement dans la roche laisse des doutes sur l'espèce à laquelle appartiennent ces fossiles. Parmi les autres mollusques je n'ai rencontré que quelques moules de Modioles et d'Ammonites à peu près indiscernables, et tout annonce que la mer au fond de laquelle se sont déposés les terrains du lias et du keuper de cette partie des Pyrénées, était pauvre en mollusques, puisque cette rareté de corps organisés fossiles est commune à toutes les localités que j'ai citées.



Si les caractères fournis par les corps organisés sont en petit nombre et d'un secours presque nul pour assigner la place de ces terrains, les relations géologiques ne manquent pas, et les déductions que l'on peut en tirer sont, je crois, de nature à ne laisser aucun doute sur leur indépendance par rapport au terrain crétacé qui repose directement sur les marnes salifères, et dont les limites sont parfaitement définies par les caractères minéralogiques des roches et par la nature des fossiles. La distinction à établir entre les deux formations est surtout fort claire à Saint-Pée, où le terrain salifère n'est pas moins bien caractérisé, quoiqu'on n'y connaisse pas de sources salées, et dans les environs de Villefranque et de Briscous.



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VUE GENERALE ST-PEE-SUR-NIVELLE
PAYS BASQUE D'ANTAN



A la Bastide, à Urdos et au-dessous de Baigorry, le terrain du keuper et les argiles du grès bigarré n'ont pas de ligne de démarcation bien tranchée ; leurs extrémités se confondent, les dernières couches de l'un et les premières de l'autre ont alterné ensemble : là, comme dans tant d'autres contrées, la corrélation du keuper et du grès bigarré est évidente, et il ne paraît pas y avoir eu de repos dans le phénomène géologique entre les deux formations.



Les marnes bleues, violettes et rougeâtres du terrain salifère qui occupe l'extrémité de la vallée de Saint-Michel, au pied de la montagne Attaburu, alternant à leur extrémité inférieure avec des argiles rouges, grises, jaunâtres, caractérisées sur la rive droite de la rivière de Saint-Michel par la présence de quelques plaques de 2 à 4 centimètres d'épaisseur de fer oligiste spéculaire très-pur, à cassure à grains d'acier, cristallisés à la surface des plaques, et des moules et empreintes de Productus que l'on y rencontre, doivent faire rapporter ces argiles au grès bigarré, dont la formation est du reste complète à peu de distance. Ainsi donc, même en faisant abstraction de l'existence probable de la Gryphée arquée dans les calcaires à chaux hydraulique d'Ibarondoa et de Cambo, la liaison intime du terrain salifère avec les argiles de grès bigarré, et le brusque changement dans les caractères minéralogiques des roches sur la ligne que je regarde comme la limite inférieure de la craie, ne laissent pas d'incertitude sur l'âge du terrain salifère et du système de calcaires et de marnes argileuses qui lui est supérieur. Leurs relations géologiques appuyées de quelques caractères zoologiques, amènent tout naturellement leur séparation d'avec la formation crétacée, dont on paraît avoir trop étendu les limites dans cette contrée, et les font rapporter au lias et au keuper.



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VUE GENERALE 64 SAINT-MICHEL
PAYS BASQUE D'ANTAN



Sur quelques points de ces deux formations, et plus particulièrement aux environs de Cambo, d'Espelette, de Saint-Jean-Pied-de-Port, il existe des marnes schisteuses sensiblement bitumineuses, dont la teinte noire a pu provoquer la croyance que ces terrains renferment du combustible ; mais la disposition des couches est presque toujours telle, qu'on peut les examiner sur leurs tranches, et s'assurer que l'absence complète du lignite stipite particulier à ces formations, est partout démontrée de manière à ne pas laisser de doute.



Si sur deux ou trois points il est difficile d'indiquer d'une manière précise la limite du keuper et du grès bigarré, le point de séparation entre celui-ci et le grès rouge n'est pas moins incertain.



Le dépôt de ces deux terrains a eu lieu sans discontinuité, car la stratification ne cesse pas d'être concordante, et nulle part ne se révèle la présence du zeiztein.



Depuis les environs de Saint-Jean-de-Luz jusqu'au delà de Sare, et depuis le versant méridional du Mondarrain jusqu'au delà de Baigorry, leur ensemble représente une des plus puissantes formations de cette partie des Basses-Pyrénées.



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VUE SUR LE  MONDARRAIN
CAMBO-LES-BAINS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Du côté de Sare et d'Ascain, c'est-à-dire dans tout le massif de la Rhune, dont le sommet isolé et terminé par une surface plane a un aspect si singulier, le grès bigarré paraît exister seul ; la roche, qui est tantôt en couches minces feuilletées, tantôt en bancs très-épais, est un grès micacé généralement moucheté de rouille gris ou blanc jaunâtre, composé de grains arrondis de quartz hyalin, unis par un ciment argileux ferrugineux souvent coloré en vert par des paillettes de chlorite. L'uniformité de composition des diverses couches, fait qu'il est embarrassant de déterminer la place de ce groupe, et rien n'indique qu'il faille les rapporter au grès bigarré plutôt qu'au grès rouge. Le grès de la Rhune repose au midi sur les schistes ardoisiers de transition, et au nord, probablement sur le terrain granitique de la montagne des Trois-Couronnes ou de Haya.



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CARRIERES E. FRAYE ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



Interrompu par le schiste de transition de la montagne d'Ainhoa et du Mondarrain, la formation arénacée recommence, ainsi que je l'ai dit plus haut, immédiatement après le passage Atéca-Gaitz, dans la vallée de Laxia. Des argiles schisteuses à pâte fine et un peu nuancée forment presque à elles seules plusieurs des hautes collines qui sont à l'ouest de Baigoura ; un peu plus loin, ces mêmes argiles rouges alternent avec des bancs de poudingues à fragments de calcaire compacte et de schiste ardoisier, ou avec des couches plus ou moins puissantes de grès dur homogène à grain fin, et dont le quartz est agglutiné par un ciment argileux rouge. Les couches de ce grès fin et dur, qui est du reste la roche dominante de la formation arénacée, alternent elles-mêmes, sur plusieurs points de la vallée de la Nive, et dans la montagne d'Arsamendi, avec des bancs de poudingue dans lequel le calcaire est tout à fait étranger, et qui est formé de fragments arrondis ou anguleux de schiste et de quartzites de transition, d'un volume assez considérable. Les poudingues ou brèches à fragments de calcaire compacte, se rencontrent surtout dans la partie supérieure du terrain , associés à de l'argile schisteuse, et il n'est pas rare de voir une même couche composée et d'argile schisteuse et d'anagénite. La vallée de la Nive, près de Bidarray, offre un bon exemple de l'association et du retour alternatif de ces deux roches qui, considérées sur de petits espaces, ont des directions et des inclinaisons très-variées ; ainsi, dans l'énorme massif d'Arsamendi, les strates ont une inclinaison peu prononcée, tandis qu'à peu de distance elles sont relevées presqu'à angle droit, et la Nive coule sur leurs tranches pendant quatre ou cinq kilomètres. La direction des puissantes couches de grès qui composent les montagnes de Lissarmeaca et d'Igouskibéguia , et dont les tranches forment sur la vallée du pont d'Enfer un long et immense escarpement, est à peu près à angle droit de celle des Pyrénées, et leur inclinaison est de quelques degrés seulement au nord-est.


pays basque géologie iparralde helette cambo
PONT DU LAXIA ITXASSOU
PAYS BASQUE D'ANTAN



Des environs de Bidarray les formations arénacées, en se prolongeant sans interruption jusqu'au delà de Baigorry dans la vallée de Bastan, offrent dans la partie supérieure la même succession de couches d'argiles, de poudingues à fragments calcaires, et ceux-ci acquièrent entre Banca et les Aldudes un assez grand développement pour qu'ils semblent quelquefois constituer le terrain à eux seuls ; ils vont s'appuyer sur les terrains de transition du haut de la vallée."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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jeudi 7 mai 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (troisième partie)

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



pays basque géologie iparralde helette cambo
MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :




"... En subissant quelques modifications dans leur aspect et dans leur composition, ces calcaires compactes s'étendent jusqu'au delà de Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les communes de Lacare, de Lecumberry, de Mendive, et constituent les groupes des montagnes de Lacarramendi, Béorlégui, etc. Les bancs de calcaires susceptibles de fournir de beaux blocs de marbre colorés et veinés, propres à être débités en dessus de tables, en chambranles de cheminées, etc., y sont tout aussi communs que dans les montagnes d'Isturitz et de Saint-Martin ; mais il n'est point rare que des bancs d'une belle apparence et d'une exploitation facile doivent être abandonnés, parce que la pâte renferme une foule de grains de quartz hyalin, qui opposent un obstacle insurmontable pour le polissage, sinon pour le sciage des blocs.



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VUE GENERALE QUARTIER EGLISE ISTURITS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ces groupes calcaires ou marneux postérieurs à la craie, qui se succèdent sans discontinuité sur une grande étendue, dans une direction qui est à peu près nord-ouest sud-est, me paraissent représenter incontestablement le terrain du lias, ce que du reste je préciserai mieux plus loin ; et le groupe du keuper, ou des marnes irisées, s'y trouve également représenté, de manière à ce que non-seulement il est possible de constater ses relations habituelles avec le lias, mais aussi son indépendance comme étage géologique ; ce sont des marnes rougeâtres, bleuâtres ou jaunes, qui se succèdent en alternant avec des calcaires compactes argileux, et avec des couches minces de marnes argileuses légèrement bitumineuses.



Les marnes irisées sont surtout développées dans les environs de Saint-Pée au quartier d'Ibarondoa, à Sare, et dans la vallée de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Lécumberry : elles renferment partout des amas de gypse fibreux et strié gris et blanc, qu'on exploite pour les constructions, et les gisements de cette utile matière, dont on reconnaît presque toujours la présence lorsque les marnes irisées paraissent au jour, sont assez multipliées pour que l'agriculture pût y puiser de précieux secours. L'existence d'un grand dépôt de sel gemme, bien constatée par des sondages et des puits, à Villefranque, Briscous, Oraas, etc. , doit faire placer le terrain du keuper de cette contrée au nombre des formations salifères les plus importantes. Les usines établies à Briscous, Urcuit, Salies, etc., exploitent ce dépôt en évaporant des eaux salées à 20 degrés environ, qu'elles retirent de puits creusés dans les marnes et les argiles salifères. Entre la vallée de Saint-Pée et Villefranque et Briscous, le keuper est recouvert par les marnes et les calcaires du lias ; dans ces dernières localités il n'est apparent qu'au fond des vallées, surmonté qu'il est par la formation crétacée, et on le retrouve découvert sur plusieurs points des vallées de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Baigorry. Du reste, sauf quelques déviations commandées par les contours des terrains granitoïdes et de transition, la direction générale de la formation salifère est à peu près parallèle à celle des Pyrénées.



Les calcaires et les marnes qui sont dans la vallée de la Nive entre Ossez et Saint-Jean-Pied-de-Port, et qui se rapportent à la partie moyenne du lias, diffèrent par leurs caractères minéralogiques et leur aspect, des roches de cette formation aux environs de Saint-Pée et d'Espelette. Des calcaires jaunes, magnésiens, caverneux, et de fortes couches de dolomie alternent avec des calcaires marneux gris, surtout sur la rive droite de la Nive ; ils se rattachent sans interruption aux marnes et aux calcaires qui reposent sur les schistes et les quartzites de Baigoura, et ils vont s'appuyer sur les couches de grès rouge de la montagne d'Arradoy, au nord de Saint-Jean-Pied-de-Port.



pays basque géologie iparralde helette cambo
L'ARRADOY SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les marnes avec gypse du fond des vallées de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Baigorry, sont associées à plusieurs couches de 50 centimètres à un mètre d'épaisseur de fer oligiste terreux, d'une richesse variable ; quelques-unes renferment du minerai compacte à cassure brillante, et alors elles sont susceptibles d'être exploitées. Le fer oligiste en petites paillettes ou pulvérulent y forme également des amas isolés ou disposés à la suite les uns des autres en forme de chapelet, et ayant depuis dix centimètres jusqu'à deux ou trois mètres de diamètre. Ce dernier minerai dont le gisement et la contexture ont assez de singularité, et auquel il est difficile de ne pas attacher des idées de sublimation, est surtout très-commun dans la vallée d'irruléguy et de Baigorry ; il est recherché et exploité avec soin, sans que jamais pourtant il puisse donner lieu à des travaux réguliers et de quelque durée.



Le fer hydroxydé compacte caverneux, est très-répandu dans le terrain supérieur au Keuper ; sur plusieurs points des vallées de Lecumberry, de Mendive, de Lacarre, il forme des amas, des couches et des filons dont l'importance est telle qu'ils sont presque toujours exploitables, et la multiplicité de ces gîtes donne aux terrains des environs de Saint-Jean-Pied-de-Port un caractère éminemment ferrifère. Ces minerais sont généralement purs, le fer qui résulte de leur mélange avec les oligistes compactes ou pulvérulents, est d'une excellente qualité.



Dans la vallée d'Arnéguy sur la rive droite de la rivière, les calcaires argileux et les marnes grises du lias, composent seuls les montagnes qui bordent la route d'Espagne, et ces roches dont l'ensemble atteint une grande puissance, ont une contexture si serrée et un aspect si différent de celui qui est habituel au lias des vallées de Saint-Pée, de Saint-Jean-Pied-de-Port, etc., que de loin on serait tenté de les prendre pour des schistes ardoisiers de transition. Le terrain de la vallée d'Arnéguy offre un exemple saillant des aspects et des caractères tout particuliers que peut prendre une formation dans la même contrée et sur des points très-rapprochés les uns des autres.



De l'autre côté des montagnes de schistes de transition de Baigorry et de Banca, dans la vallée des Aldudes, le terrain du lias se retrouve dans des conditions trop remarquables pour que je ne doive pas le comprendre dans la description succincte des formations des environs de BayonneLes calcaires marneux, les marnes schisteuses, grises, noires et jaunâtres sont fort développés dans la direction de Roncevaux et du côté de la vallée de Bastan, et le terrain y prend un caractère métallifère assez prononcé pour qu'à plusieurs reprises il ait attiré sur lui une vive attention. Dans les montagnes d'Esne - Célayeta on rencontre fréquemment au milieu des marnes noires et jaunes, des nids ou rognons de plomb sulfuré à moyennes facettes, qui remplit également des fissures dans un grès calcaire associé à ces marnes, et qu'on doit, je crois, rapporter au grès du lias. Ces nids et petits filons de galène, d'un volume toujours extrêmement restreint, ont une manière d'être fort irrégulière ; leur gisement soit dans les marnes, soit dans le grès macigno, est à peu près insaisissable, et on ne peut même leur reconnaître l'apparence de régularité des filons les plus irréguliers ; ils sont exploités par les bergers français et espagnols, qui en vendent le minerai pour alquifoux aux potiers du pays.



Dans le terrain du lias qui sépare la vallée des Aldudes de celle de Bastan, le plomb sulfuré est remplacé par du minerai de cuivre pyriteux et de cuivre gris dont on trouve fréquemment des indices, et plus particulièrement sur le versant espagnol. Le minerai le plus répandu, celui qui a le plus contribué à appeler l'attention sur ce canton, est du cuivre gris non argentifère, de composition et de richesse très-variables, déposé en nids, rognons et petits filons. La montagne de Basséguy est le point qui renferme le plus grand nombre de ces gîtes de minerai ; les uns et les autres sont toujours fort peu importants, très-irréguliers, soit qu'ils remplissent des fentes perpendiculaires aux lits du calcaire, soit qu'ils forment des lits parallèles aux couches. Au-dessus des bergeries de Basséguy, les calcaires argileux et les marnes grises renferment un amas de marnes ocracées, spongieuses, dans lesquelles se trouvent des plaques et des nodules de cuivre gris, de cuivre pyriteux et de fer sulfuré, accompagnés de quelques gros rognons de calcaire siliceux imprégnés ou enveloppés de cuivre gris ; mais cet amas de marnes argileuses a des limites fort restreintes, et sa position tout à fait accidentelle à la surface du terrain du lias, le mettrait au rang des gîtes de nulle importance, alors même que les minerais seraient plus riches et de meilleure qualité. Au nord de Basseguy, le cuivre gris forme dans un banc fracturé de calcaire siliceux, plusieurs petits amas de quelques décimètres d'épaisseur en tous sens, dont l'ensemble est fait pour donner au premier abord l'idée d'un gîte important ; mais là encore il est facile de s'assurer que les limites en sont fort restreintes en même temps que très-bien définies."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mardi 7 avril 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (seconde partie)

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



pays basque géologie iparralde helette cambo
MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :



Terrains du lias et des marnes irisées.


... Dans les environs de Lourmintoa, dans les landes qui sont entre Urcuray et Briscous, ainsi qu'au midi de Villefranque, près d'Altsou, le terrain crétacé se lie d'une manière assez intime avec un groupe très-épais de marnes noires, de calcaire argileux noir et de calcaire noir siliceux ; groupe très-distinct par l'ensemble de ses caractères minéralogiques et par les corps organisés qu'il renferme, du terrain supérieur ; mais dans lequel il est difficile de voir une formation indépendante, car non-seulement les couches inférieures de la craie et les couches supérieures de ce groupe, passent des unes aux autres, mais il se confond avec la partie supérieure des calcaires et des marnes dont l'ensemble constitue la formation du lias ; aussi doit-on plutôt le considérer comme un premier étage du lias que comme un étage inférieur du grès vert.



Ces couches argilo-marneuses avec calcaire siliceux, dont la contexture est très-feuilletée, sortent de dessous la formation de la craie à la hauteur de Mouguère et de Lourmintoa, sous diverses inclinaisons et avec une direction généralement parallèle à la chaîne des Pyrénées, sur une étendue de deux ou trois lieues. La teinte noire, toujours assez prononcée des roches, leur donne une fausse apparence de terrain carbonifère, qui, à plusieurs reprises, a provoqué des recherches de combustible, et cette ressemblance avec le terrain houiller est çà et là augmentée par la présence de quelques rognons celluleux de fer carbonaté lithoïde pareil à celui de la formation houillère ; mais sur aucun point on ne rencontre les indices d'un gisement du lignite propre aux couches du lias. Tout se borne à quelques nodules isolés, sans étendue, de lignite compacte, à peine assez abondant pour fournir des échantillons de cabinet. Sur la route de Bayonne à Cambo, près d'Ustaritz, les schistes marneux acquièrent une teinte noire encore plus prononcée ; ils enveloppent quelques rognons de combustible impur, et là comme partout, ce ne sont encore que des accidents de nulle importance, même comme indices.



Le calcaire siliceux qui constitue un vrai macigno, et les marnes argileuses qui alternent avec lui, renferment à Cambo, à Ustaritz, à Lourmintoa, etc., des empreintes de végétaux presque méconnaissables, et quelques moules de coquilles, parmi lesquelles on peut quelquefois reconnaître deux ou trois espèces d'Ammonites peu déterminables, des Lutraria-Jurassi, et une Huître qui a des rapports avec l'Ostrea rugosa.



La limite inférieure la plus habituelle de ce groupe schisteux est un calcaire bleu, compacte, à cassure conchoïde, avec veines de chaux carbonatée, qui commence la formation du lias, et qui, par son passage insensible à du calcaire argileux très commun dans ce terrain, peut être regardé comme l'analogue du calcaire à Gryphées. Les marnes schisteuses et le grès macigno se font remarquer par leur uniformité de composition et par la régularité de stratification, sur toute la grande étendue que ces roches occupent ; étendue qui comprend presque toutes les landes d'Hasparen et celles qui sont entre Urcuray et Briscous. Les dislocations communes aux formations de cette contrée sont plus sensibles dans ce groupe, par suite de la texture feuilletée des roches ; les lits toujours fortement inclinés, affectent souvent la verticale, et si la nature du terrain n'était pas déjà telle quelle doit faire abandonner tout espoir d'y rencontrer du charbon, la disposition des couches, qui permet de marcher toujours sur leurs tranches, et par conséquent d'en faire un examen préférable à tous les travaux ou sondages, ne peut laisser aucun doute sur sa stérilité sous le rapport du combustible.



Le groupe de schiste et de grès calcaires dont il vient d'être question, groupe que pour ses caractères tranchés on pourrait rapporter à un des étages les plus anciens du terrain jurassique, tout en reposant dans quelques localités sur des couches de calcaire noir compacte avec veines cristallisées, qui le terminent assez nettement, se rattache souvent à la partie supérieure des marnes et des calcaires argileux du lias, et de telle sorte qu'il est difficile de l'en séparer. Les caractères puisés dans la nature des corps organisés fossiles et dans la stratification qui est concordante, sont trop saillants pour qu'on doive faire de ces schistes et grès calcaires, un groupe indépendant, d'autant plus que la présence des roches oolithiques ne se révèle nulle part. Cette confusion dans le point de séparation des deux étages est très apparente sur la hauteur du bas Cambo, au point de partage du pays d'Hasparen et de la vallée d'Urcuray, et entre Cambo et Espelette.



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CAMBO-LES-BAINS 1843
PAYS BASQUE D'ANTAN



Immédiatement au-dessous du calcaire bleu et gris, se succèdent un grand nombre de couches de marnes grises, jaunes, noirâtres, assez dures et compactes, plus ou moins argileuses, qui alternent les unes avec les autres et avec des couches puissantes de calcaire noirâtre, marneux, d'une dureté moyenne et facilement décomposable à l'air. Ces marnes, dont l'aspect et les teintes varient suivant les localités, tout en conservant des caractères tranchés, renferment communément de grandes masses aplaties, ovoïdes, ayant jusqu'à plusieurs mètres de diamètre, d'un calcaire très-compacte, très-dur, à cassure conchoïde un peu terreuse, qui fait une effervescence à peine sensible dans les acides, et qui contient une forte proportion de silice. Ces masses se rapprochent, par leur composition, de la pierre de Pouilly en Bourgogne, et paraissent aptes à fournir d'excellents ciments calcaires analogues à ceux de Parker, de Pouilly, etc.



La composition des calcaires bleus ou noirâtres associés aux marnes et schistes calcaires de cette formation, est très-variable ; ils sont tous susceptibles de fournir de bonnes chaux, dont les qualités hydrauliques sont peu prononcées, lorsque le calcaire est compacte, à cassure lisse ; tandis que les qualités hydrauliques sont souvent portées à l'excès, lorsque le calcaire est moins compacte, avec une cassure terreuse, ou enfin lorsque la proportion d'argile devient plus forte. Les calcaires bleus ou noirâtres, avec veines cristallines blanches, d'Armendaritz, d'Hellette, d'Urcuray, d'Ardasquia et des eaux de Cambo, produisent de bonnes chaux demi-hydrauliques pour les constructions qui doivent être exposées à l'humidité. Ceux des environs du Haut-Cambo et d'Espelette, au quartier d'lbarondoa ; ceux des environs de Souraïde, de Saint-Pée, etc., dont le grain est moins fin, dont la cassure est plus terreuse, et qui sont plus argileux, donnent des chaux hydrauliques de première qualité. La multiplicité de couches ou amas de calcaire argileux propres à la fabrication de chaux si précieuses pour les constructions, fait vivement sentir l'absence d'un combustible minéral qui pourrait permettre de les utiliser sur une grande échelle.



L'ensemble des diverses couches de marnes et de calcaires argileux a généralement une grande épaisseur, et forme une large bande qui, des environs de Saint-Jean-de-Luz, se prolonge jusque bien au delà de Saint-Jean-Pied-de-Port. De Saint-Pée, d'Ascain, de Sare, d'Ainhoa, où il repose soit sur les schistes de transition, soit sur le grès rouge, ce terrain comprend les communes de Souraïde et d'Espelette : il longe, en le recouvrant, le schiste ardoisier du Mondarrain ; ensuite il se replie sur Cambo ; il occupe la vallée d'Urcuray au nord du terrain granitoïde d'Oursouia, passe à Hasparren, s'étend vers Helette où il cesse de s'incliner au nord pour incliner au sud, parce qu'il tourne la grande montagne de schiste ardoisier de Baigoura, sur le pied de laquelle il s'appuie. De là, à la hauteur d'Helette, les calcaires argileux, les marnes grises, jaunes, etc., en acquérant un plus grand développement encore, s'étendent sans interruption jusqu'au delà des montagnes de la Soule, où la formation dont il est maintenant question occupe une étendue incomparablement plus grande que dans le Labour.



La direction et l'inclinaison des couches affectent en général beaucoup d'irrégularité ; les perturbations sont surtout sensibles dans les environs du terrain granitoïde, auquel se rapportent les dislocations qu'ont subies les formations qui le recouvrent. Dans la vallée d'Itxassou, dans celle d'Urcuray du côté d'Hasparren, les couches du calcaire sont toujours fortement inclinées ou presque verticales, là où les terrains sont très-rapprochés ou en contact immédiat.



Le calcaire compacte que j'ai déjà signalé comme se trouvant plus particulièrement à la partie supérieure de la puissante formation des marnes et des calcaires argileux de cette contrée, acquiert beaucoup de développement dans les communes de Saint-Martin-d'Arberoux et d'Isturitz ; il y forme des collines élevées, sa stratification est souvent régulière et il est habituellement assez compacte et d'une composition assez homogène pour être exploité comme marbre de couleur. La jolie petite usine à marbre de Saint-Martin-d'Arberoux est placée dans des conditions fort heureuses, sur un cours d'eau au pied même d'une colline dont elle exploite les calcaires de diverses teintes bleues et grises. Ces calcaires compactes y sont associés à de fortes couches ou masses de dolomie, dont la dissolution partielle opérée par l'action des eaux a donné lieu à la formation des grottes particulières au terrain du lias ; aussi la grotte d'Isturitz, dont l'étendue est assez vaste, et qui est composée de plusieurs grandes chambres ou cavités irrégulières communiquant ensemble, et renfermant comme d'ordinaire beaucoup de stalactites et de stalagmites, a-t-elle été creusée dans de la dolomie, et n'est-elle que l'ancien lit de la petite rivière qui sort au pied de la montagne sous laquelle elle entre de l'autre côté, à Saint-Martin-d'Arberoux, de suite après avoir servi de moteur à l'usine à marbre. Des recherches particulières, ou le hasard, feront probablement reconnaître sous la couche de tuf qui recouvre le sol, des ossements d'animaux propres à la généralité des cavernes, et alors seulement la grotte d'Isturitz offrira un réel intérêt scientifique."


A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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