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mercredi 20 mai 2026

UNE CAMPAGNE POUR "L'ARC-EN-CIEL" À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1928 (deuxième partie)

 

UNE CAMPAGNE POUR "L'ARC-EN-CIEL" À BIARRITZ EN 1928.


Le Couzinet 10, connu sous le nom d'Arc-en-ciel, a été le premier vol de l'aviation moderne.



aviation 1928 pays basque labourd transports
AVION ARC-EN-CIEL
PILOTE DROUHIN



Ce monoplan en bois, avec un moteur Hispano-Suiza de 180 chevaux, a été construit pour réaliser la traversée des océans.



Le 7 mai 1928, René Couzinet et Maurice Drouhin ont décollé de l'aérodrome d'Orly pour leur vol inaugural, mais l'avion s'est écrasé lors d'un vol d'essai le 8 août 1928, entraînant la mort de Maurice Drouhin et la blessure du mécanicien Georges Lanet.



Malgré cet incident tragique, l'Arc-en-ciel a été reconstruit et a effectué son premier vol en février 1932, marquant un tournant dans l'histoire de l'aviation.



Voici ce que rapporta au sujet de cet avion Maurice Pefferkorn dans le quotidien la Gazette de 

Bayonne, de Biarritz et du Pays basquele 27 septembre 1928 :



"Pour l'Arc-en-Ciel-Biarritz.



"Visite à René Couzinet ses amis et ses collaborateurs.



... Mais cette histoire jusqu'ici merveilleuse, si elle justifie l'engouement de tous ceux qui approchent René Couzinet, suscite-t-elle la confiance de ceux qui sont habitués à considérer les problèmes de l'aviation d'un oeil froid et d'un esprit objectif ? Quelle est la nouveauté de l'appareil ? Quels moyens inédits offre-t-il de réaliser la tâche qu'on se propose ? Il nous suffit pour nous éclairer là-dessus d'avoir vu au Salon de l'Aéronautique les ingénieurs allemands d'une marque fort connue s'arrêter au stand Couzinet et poser sur "l'Arc-en-Ciel" des questions édifiantes et averties. Mais laissons l'inventeur exposer son programme, dont la simplicité n'exclut pas la force logique :


— C'est, lui dis-je, vers la fin de juillet que vous allez entreprendre votre raid, n'est-ce pas ?


— Voilà, réagit-il aussitôt, un mot qui ne me plaît guère. Il comporte un sens sportif que je suis loin de souhaiter. Il est l'expression d'une "mystique" dont j'ai résolument cherché à m'affranchir. Ce n'est pas l'exploit d'un jour que je veux réaliser, la performance exceptionnelle, sans lendemain et... sans veille, qu'un concours de circonstances heureuses a favorisée, mais qui n'offre pas de portée immédiate. Je ne veux pas être à la merci exclusive de la météorologie, profiter en un mot d'un sourire fugitif de l'atmosphère, d'une éclaircie entr'aperçue, guettée et soudainement exploitée. Ce que je souhaite, c'est que mon raid, comme vous dites, ait une valeur commerciale. Aussi, pour bien marquer qu'il en doit être ainsi, ai-je l'intention d'exécuter, avant la traversée de l'Atlantique, un voyage aller et retour Paris-Alger. Je partirai le matin, avec une lettre du Président du Conseil municipal pour le maire d'Alger, et j'apporterai la réponse dans la soirée.


— L'on a raconté que vous étiez résolu à braver la tempête et que, loin d'attendre le signal d'une météorologie apaisée, vous choisiriez au contraire une heure tourmentée...


— Oui, mais, c'était là une façon un peu romantique et imagée d'exposer la question. J'ai simplement expliqué qu'au lieu de suivre la voie habituelle de Terre-Neuve, où les brouillards et les vents sont normalement contraires, j'emprunterai un trajet tout différent, celui du Sud, où les vents sont d'ordinaire favorables et que croisent les routes fréquentées par de nombreux paquebots. Je partirai donc de Paris vers Bordeaux et la pointe nord-ouest de l'Espagne pour gagner le large par les Açores et les Balmudes et remonter de là vers New York. Si je puis donc ne pas me soucier du temps qu'il fait à Terre-Neuve, c'est simplement par ce que je ne passe pas par là. Mon avion me permet le luxe d'accomplir 800 kilomètres de plus pour profiter d'une situation atmosphérique meilleure.


— Vous avez cependant prévu l'amerrissage ?


— Parfaitement. J'ai même étudié tout particulièrement cette question. La vidange sous pression des 6 300 litres d'essence que j'emporte peut être effectuée en 58 secondes. Aussi l'amerrissage accompli, mon appareil embarquerait automatiquement une certaine quantité d'eau qui lui donnerait une stabilité de bateau et lui permettrait d'attendre des secours. Etant donné justement la route que j'ai choisie, ceux-ci ne sauraient d'ailleurs tarder à survenir. Je compte beaucoup sur mes installations perfectionnées de T.S.F.


— Evidemment, ce programme est de nature à inspirer confiance.


— Eh ! oui. Ce qui éloigne précisément le public de la pratique de l'aviation, ce qui fait qu'en dehors d'une poignée d'héroïques pilotes et mécaniciens et d'une clientèle de voyageurs pour parcours réduits, la masse du public redoute l'aviation et appréhende ce mode de transport, c'est qu'on s'est insuffisamment attaché jusqu'ici à en assurer la sécurité et la régularité. Ce sont ces deux objectifs que j'ai poursuivis. Ainsi, mon "Arc-en-Ciel" possède trois moteurs. Cela, certes, n'est pas une innovation Mais, ce qui est inédit, c'est que ces trois moteurs sont accessibles en plein vol. N'est-ce pas une conception fabuleusement barbare que celle du pilote attaché, incapable, de se mouvoir et de se déplacer pour parer à la cause souvent bénigne d'un accident mortel ? L'on a vu des pilotes se précipiter de leur appareil, en parachute, bien avant qu'on ait pu du sol déceler le moindre symptôme d'accident, tout simplement parce qu'ils avaient pressenti le danger et constaté une avarie irréparable : un couvercle de carburateur qui se déplaçait et que, d'un geste facile, on aurait pu remettre en état pour prévenir l'incendie, si ce geste avait été rendu possible par l'accessibilité de l'organe. Un de nos plus brillants aviateurs n'a-t-il pas trouvé la mort parce qu'une commande s'était coincée ? Or, dans mon appareil, on peut se rendre aisément auprès de chacun des moteurs, les réparer ou les entretenir en plein vol, sans le moindre danger et commodément assis. On y accède par des couloirs étroits ménagés dans la carlingue et dans les ailes. De même, les commandes sont faciles à vérifier sur toute leur longueur. La présence et l'intervention effectives du mécanicien diminuent donc les chances de panne.



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AVION ARC-EN-CIEL DE COUZINET

— De combien d'hommes sera composé votre équipage, demandai-je enfin ?


— Six hommes : deux pilotes, un navigateur, un radiotélégraphiste, un mécanicien et... un passager.


— Peut-on mettre des noms sur ces fonctions ?


— Drouhin sera le premier pilote et Le Brix le navigateur. Je serai le deuxième pilote. Mon radiotélégraphiste sera Manuel et mon mécanicien un jeune camarade de régiment : Lanet. Quant au sixième passager... Oh ! ce ne sera pas une vedette de théâtre, une jeune femme à la mode. C'est un spécialiste des reportages aériens qui nous accompagnera et qui se chargera de la documentation et des prises de vue.




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PILOTE MAURICE DROUHIN



Le fidèle Sénèque est là, souriant, épanoui, heureux. J'aperçois aussi Lanet, dont le franc visage respire une inaltérable confiance et qui attend avec impatience les heures nocturnes du survol de l'Atlantique... Bientôt, l'"Arc-en-Ciel" va rejoindre Le Bourget pour le départ et l'arrivée d'un voyage régulier qui doit vaincre commercialement l'Atlantique."



A suivre...




(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et René Couzinet - Alchetron, L’Encyclopédie Sociale Libre)





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