LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN BASSE-NAVARRE.
La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.
Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Nogaret dans le Bulletin du Musée Basque N°1 de 1931 :
"Les châteaux historiques du Pays Basque Français.
Les châteaux Bas-Navarrais.
Les châteaux de Belsunce à Ayherre, Macaye et Méharin.
Trois châteaux ont été habités successivement par la famille de Belsunce : l'un est à Ayherre, un autre à Macaye et le troisième à Méharin.
Le château d'Ayherre, aujourd'hui en ruines, situé sur une éminence commandant la vallée d'Arberoue, est de beaucoup le plus ancien, mais on ne sait rien de ses origines.
| CHÂTEAU DE BELSUNCE AYHERRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Les Belsunce habitèrent ensuite celui de Macaye qu'ils quittèrent, en 1640, pour se fixer à Méharin où ils ont vécu jusqu'au milieu du XIXe siècle.
Ces deux dernières demeures ont subi, à diverses époques, des modifications et sont encore habitées.
Il est fait mention, pour la première fois, des Belsunce lorsque Raymond-Arnaud, vicomte de Dax, érigea la seigneurie de Macaye en vicomté en faveur de Roger, pour le prix de six mille florins d'or. L'acte fut passé le jour de Pentecôte 1145 ; trente-neuf habitants, dont les noms y figurent, rassemblés devant l'église de Macaye, promirent de reconnaître Roger pour leur vicomte.
Il n'est pas possible de dire si cet acte a été passé à l'arrivée des Belsunce dans le pays, auquel cas ils auraient reçu du vicomte de Dax la seigneurie d'Ayherre et la vicomté de Macaye à la même époque, ou si, possesseurs déjà de la première, ils reçurent plus tard la seconde. Il est encore possible que cet acte vise seulement l'érection en vicomté d'une terre leur appartenant déjà.
Quoiqu'il en soit, c'étaient, dès le milieu du XIIe siècle, des féodaux jouissant de grands biens. Ils furent aussi des batailleurs comme tous les gentilhommes basques, car on les trouve dans toutes les guerres, prêtant leur concours à leur suzerain.
Don Garde-Arnaud de Belsunce suivit le roi Thibaut II à la croisade, avec d'autres féodaux du pays, notamment Luxe et Gramont. Il se distingua, peu après, à l'occasion des troubles qui désolèrent la ville de Pampelune en 1277. Ce fut un auxiliaire précieux d'Eustache de Beaumarchais, gouverneur du royaume, sous le règne de Jeanne I, dans la lutte contre les factieux qui refusaient de reconnaître Jeanne comme leur suzeraine légitime.
Les Belsunce étaient alors connus pour leur bravoure mais ils avaient conservé les mœurs un peu rudes du Moyen Age. Leur valeur a été symbolisée par une légende transmise d'âge en âge jusqu'à nos jours.
Une branche de la famille habitait alors Bayonne où l'on peut voir encore son ancienne demeure au n° 8 de la rue de la Salie. Elle fournit, pendant l'occupation anglaise, plusieurs magistrats municipaux dont l'un, Antoine, était maire en 1372. Son fils, Gaston-Armand, est le héros de la légende.
On raconte que, en 1407, une bête monstrueuse et fantastique avait élu domicile dans une caverne appelée "grotte de Lissague" à Saint-Pierre d'Irube, et terrorisait le pays, dévorant les animaux et même les hommes qui avaient essayé de la tuer. Dans leur affolement, les habitants abandonnaient leurs demeures pour chercher un refuge dans des endroits moins exposés. La terreur fut portée à son comble lorsqu'on apprit que deux jeunes filles de Villefranque étaient devenues la proie de l'animal.
Après avoir cherché à le faire combattre par les jeunes gens du pays, sans pouvoir y réussir, le jeune Belsunce résolut de l'attaquer dans son repaire. Dans ce but, il se rendit, avec son écuyer, à la grotte de Lissague. A sa vue, le monstre s'élance sur lui avec fureur tandis que l'écuyer terrifié abandonne son maître. Un corps à corps terrible s'engage et Belsunce allait, d'un coup de dague, achever son adversaire, lorsque celui-ci, paralysant ses mouvements, se précipite avec lui dans la Nive où on les retrouve tous deux, morts, le lendemain. Pour perpétuer la mémoire de ce noble trépas, Charles III de Navarre permit à la famille d'ajouter un dragon à ses armes. Quant au héros de cet épisode, il fut inhumé dans la chapelle des Dominicains de Bayonne où le fils de l'historien Oyhénart vit son tombeau, d'après ce qu'il dit dans un de ses mémoires de 1675.
A en croire certains étymologistes, le mot "Irube", en basque "hirurburu, trois têtes", aurait été ajouté au nom de Saint-Pierre à cette occasion. Cette version n'est certainement pas exacte, attendu que, bien avant cette époque, le Livre d'Or de Bayonne mentionne plusieurs gentilshommes de ce nom, entre autres Gaston de Irube en 1150-1152 et Arbel de Irube en 1193, c'est-à-dire trois cents ans avant l'événement.
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| BLASON 64 ST PIERRRE D IRUBE |

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