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samedi 4 juillet 2026

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN LABOURD ET EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (troisième et dernière partie)

 

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN LABOURD ET BASSE-NAVARRE. 


La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.



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ARMOIRIE FAMILLE BELSUNCE


Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Nogaret dans le Bulletin du Musée Basque N°1 de 1931 :



"... Au XVIIIe siècle, Armand de Belsunce suivit la carrière des armes comme la plupart de ses prédécesseurs. Après qu'il eut fait la campagne de Bohème sous les ordres du maréchal de Saxe, on le nomma gouverneur de Saint-Domingue et ensuite de Belle-Isle où il mourut, en 1764, âgé de quarante et un ans, sans laisser de postérité.



Son frère, Dominique, colonel d'Infanterie, épousa à Paris, en 1764, Angélique de la Live d'Epinay, fille du fermier général de ce nom et de Louise Tardieu d'Esclavelle qui fut la célèbre Madame d'Epinay, femme d'esprit sinon de bonne conduite, auteur de mémoires et amie de Jean-Jacques RousseauLouis XV et la famille royale signèrent au contrat.



Dominique de Belsunce était très aimé dans le pays. Un jour qu'il revenait de la campagne de Hanovre, le foule se pressait au pied du perron du château sur lequel se tenait le vicomte entouré des notables de sa juridiction. Au milieu des chaleureux vivats qui l'acclamaient, on vit un aveugle, guidé par un enfant, monter lentement les marches du perron et demander à être conduit auprès du vicomte. Secouant alors sa longue chevelure blanche, les mains tendues vers la foule, ce barde inspiré entonna, au milieu d'un silence religieux, des couplets que tous reprirent en chœur. Recueillis séance tenante, conservés par le vicomte de Belsunce et communiqués à Francisque Michel, ils ont été reproduits par ce dernier dans son ouvrage "Le Pays Basque".



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LIVRE LE PAYS BASQUE 1857
PAR FRANCISQUE MICHEL



Le fils aîné de Dominique de Belsunce, Denis Joseph, embrassa, comme son père, la carrière des armes. Il était major au Régiment de Bourbon-Infanterie à Caen lorsqu'éclata la Révolution. Au cours des troubles qui eurent cette ville pour théâtre, on le traita d'aristocrate et les bourgeois mutinés, l'ayant tué, portèrent son cœur en triomphe. On a dit qu'il était l'amant de Charlotte Corday et que c'était pour venger sa mort qu'elle aurait, plus tard, assassiné Marat dont les fougueuses déclarations auraient allumé la rage populaire contre celui qu'elle aimait.


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ASSASSINAT DE MARAT 13 JUILLET 1793


Cette explication du meurtre de Marat, admise par certains critiques, a été combattue avec des arguments qui semblent ne laisser aucun doute sur son inexactitude.



Jean-Antoine, fils de Dominique, le dernier vicomte avant la Révolution, émigra, servit dans l'armée du prince de Condé à Coblentz où il épousa, en 1793, Jeanne-Marguerite de Roux de Beuil, chanoinesse à Maubeuge.



Son fils, Charles-Louis-Philippe-Henri, né en 1796 à l'étranger, revint en France à la Restauration, reçut le grade de capitaine de la garde royale sous Charles X et la charge de gentilhomme de la chambre du prince de Condé. Sur ses vieux jours, il revint dans son château de Méharin où il donna l'hospitalité à la princesse de Beïra dans des circonstances assez romanesques.



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PORTRAIT DE MARIE-THERESE DE BRAGANCE
PAR NICOLAS-ANTOINE TAUNAY VERS 1817



La princesse de Beïra était la femme de don Carlos prétendant au trône d'Espagne. On connait les causes de la guerre civile de 1833. A la mort du roi Ferdinand VII, l'infante Isabelle âgée de trois ans, succéda à son père le 18 septembre 1833, sous la régence de sa mère, la reine Christine. Don Carlos frère de Ferdinand revendiqua la couronne en vertu de la loi salique. La reine était soutenue par le parti libéral, tandis que don Carlos avait pour lui les éléments cléricaux et conservateurs.



La guerre civile désola la péninsule pendant sept ans de 1833 à 1840. Les hostilités se déroulèrent surtout dans les provinces basques où le prétendant comptait ses plus nombreux et plus chauds partisans.



Le gouvernement français favorisait ouvertement la cause d'Isabelle. Aussi lorsqu'il apprit que la princesse de Beïra devait rejoindre don Carlos, en traversant la France, il mit tout en œuvre pour l'en empêcher et les troupes qui gardaient la frontière reçurent les instructions les plus sévères à cet égard.



La princesse réussit à gagner Méharin où elle savait devoir trouver chez le vicomte de Belsunce la meilleure hospitalité et des précieuses indications pour réaliser la seconde partie de son programme de beaucoup la plus difficile à exécuter. Elle y parvint cependant grâce aux bons offices d'un contrebandier nommé Ganich qui joignait à une audace à toute épreuve, une connaissance approfondie du pays des deux côtés de la frontière.



C'est avec ce seul compagnon qu'elle partit une nuit, ayant à dépister les poursuites dont elle était l'objet en même temps qu'à surmonter les obstacles que la Nature semblait élever à dessein pour contrarier ses projets. Poursuites dans la nuit, passage de rivières débordées, orages dans la montagne, etc. ; rien ne manqua pour faire de cette équipée un véritable roman d'aventures. Cependant, après bien des vicissitudes, la princesse atteignit la frontière et rejoignit son mari.



Henri fut le dernier vicomte ayant fait de Méharin sa résidence Habituelle ; il y vécut jusqu'à sa mort en 1872. Il y écrivit une histoire des Basques en deux volumes, publiée en 1847, mais qui est moins une histoire du pays basque que de la Navarre, car il y est parlé de ce royaume à l'exclusion des autres provinces basques.



Son fils, Dominique-Arnolt, eut cinq enfants dont trois fils qui ont quitté le pays. A la mort de la vicomtesse de Belsunce, le château passa, par achat, à M. Larrabide, puis à M. Chenn et enfin à un diplomate espagnol, M. de Valerino qui apporta de nombreuses modifications à l'intérieur et réalisa d'importants travaux de terrassements extérieurs. A sa mort, sa veuve ne le conserva pas bien longtemps et le vendit à Mme Amespil de Hasparren qui en est la propriétaire actuelle.



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LE CHÂTEAU DE MEHARIN
DESSIN DE P. GARMENDIA 
BMB N°1 1931


Pour clore l'historique des châteaux de Belsunce, il convient d'ajouter quelques mots sur celui de Macaye.



Il échut à une époque et dans des circonstances relatées plus haut à Jacques de Castaignolés, aide de camp des armées du roi qui reçut confirmation, par le roi Louis XIV, de son titre de vicomte de Macaye. Sa petite-fille et héritière Marie-Renée-Thérèse, épousa, en 1719, Per Ernauton de Haraneder, écuyer, avocat au Parlement de Paris et vicomte de Jolimont. Le nouveau seigneur de Macaye appartenait à une ancienne famille de Saint-Jean-de-Luz ayant fait dans le commerce une fortune considérable pour l'époque et comptant plusieurs branches.



Le petit-fils de Per Ernauton, Pierre-Nicolas, député de la noblesse aux Etats Généraux de 1789, prit part au serment du Jeu de Paume ; mais, après cette journée, il refusa de se joindre aux députés du Tiers et quitta Versailles. Il se rendit à Nantes et de là dans l'Inde où il mourut, en 1827, à Chandernagor, laissant une situation des plus obérées.



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LE SERMENT DU JEU DE PAUME
20 JUIN 1789



Le domaine de Macaye fut déclaré national comme bien d'émigré ; mais la veuve de Pierre-Nicolas établit, par un acte du notaire de Chandernagor, que son mari était resté en terre française et par conséquent n'avait pas émigré. Elle réussit ainsi à rentrer en possession de l'ancienne seigneurie de Macaye où elle vécut jusqu'à sa mort. Elle la laissa à sa nièce par alliance, Mme d'Irumberry, dont l'héritier fut son neveu M. Agénor de Pontchevron, ancien officier des Haras. Le château et les terres sont aujourd'hui la propriété de sa veuve.



Ainsi qu'on l'a vu plus haut, les Belsunce ont eu trois résidences.



Le premier de leurs châteaux, celui d'Ayherre, ne présente que des ruines, mais qui donnent une idée de ce qu'a été cette demeure seigneuriale. Il se trouve à deux kilomètres du coquet village de ce nom, sur une éminence située au milieu de la vallée que sillonne l'Arberoue, d'où il domine le pays. C'est un édifice à peu près carré, avec quatre tours d'angle circulaires. Il était autrefois entouré d'un fossé. II cessa de bonne heure d'être habité car un inventaire de 1670 mentionne que, déjà à cette époque, il était "avec les murailles, boisages et parois fort ruinés."



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CHÂTEAU DES BELSUNCE AYHERRE
DESSIN PEDRO GARMENDIA
BMB N 1 1931

On y pénétrait par une porte ogivale précédée d'un pont-levis et qui accédait à une grande salle. Il ne semble pas qu'il y ait eu de cour intérieure ou, s'il y en avait une, elle devait être de petites dimensions.



Dans les murs étaient percées, de tous côtés, des embrasures et des meurtrières. De hautes fenêtres à meneaux qui, aux étages supérieurs, dressent leurs encadrements entourés de lierre, des cheminées, quelques fragments de corniches prouvent que l'antique manoir, ouvrage militaire de premier ordre au Moyen Âge, mais modifié et embelli dans la suite, était devenu une habitation un peu sévère sans doute mais ne manquant pas d'une certaine grandeur.



Le château de Macaye, que les Belsunce habitèrent plus tard, est situé à l'extrémité de cette commune, sur la route de Louhossoa, à une centaine de mètres des premières maisons de ce village. C'est une grande maison d'une architecture n'appartenant à aucun style et ayant subi des réparations relativement récentes. Sa façade, percée d'une porte en plein cintre encadrée de belles pierres de taille et surmontée d'une fenêtre à meneaux, rappelle les maisons infançonnes de la Basse-Navarre.


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CHÂTEAU DE MACAYE
DESSIN PEDRO GARMENDIA
BMB N 1 1931


Dès qu'on y a pénétré, on se trouve dans une grande salle paraissant d'autant plus vaste que l'escalier conduisant aux étages est accolé à un des murs latéraux. Ce vestibule où l'on ne trouve que des sièges, est d'un très bel effet dans sa simplicité. Au premier étage, de grandes pièces, garnies d'anciens meubles de famille, parmi lesquels plusieurs armoires à cabinet tiennent une grande place, donnent l'impression d'un milieu vraiment cossu et confortable.



Une quinzaine de tableaux de famille attirent les regards, depuis des aïeules aux coiffes démodées jusqu'à des enfants charmants dans leur costume du XVIIIe siècle. On remarque en particulier le portrait de Mgr. de Belsunce l'évêque de Marseille, celui du dernier M. de Pontchevron en militaire, un troisième, l'abbé de Pontchevron, l'aumônier de la duchesse de Berry et plusieurs autres excellentes toiles représentant des personnages dont l'identité n'est pas établie. C'est tout un passé que rappellent ces vieilles peintures.



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MGR HENRI DE BELSUNCE


Quant au château de Méharin, il ne présente d'intérêt que par sa situation dominant le pays d'alentour. C'est une grande maison aux quatre angles de laquelle ont été ajoutées des tourelles circulaires. Cette modification, d'un goût douteux et de création sans doute récente, jure avec le reste de l'édifice plutôt qu'elle ne l'embellit, et lui enlève le caractère de simplicité qui est celui de presque tous les châteaux basques.



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CHÂTEAU DES BELSUNCE MEHARIN
DESSIN PEDRO GARMENDIA
BMB N 1 1931



L'intérieur est celui d'une maison bourgeoise dans laquelle l'escalier seul a grand air. Les pièces sont vastes et ont dû être fort belles autrefois ; mais elles ont été transformées en logements pour les métayers qui exploitent les terres environnantes, ce qui a complètement changé leur caractère.



Les portes-fenêtres du rez-de-chaussée ouvrent sur une large terrasse d'où l'on jouit d'une vue très étendue sur la vallée et les collines environnantes.



Des trois châteaux habités par les Belsunce, le plus beau a été sans contredit celui d'Ayherre. Sous son épaisse enveloppe de lierre, il donne une impression de richesse et de puissance qu'on chercherait vainement chez les autres et qui ajoute encore au pittoresque de la vallée d'Arberoue."




(Source : http://onvqf.over-blog.com/2014/06/chateau-de-belzunce-ayherre-pyrenees-atlantiques-64-a.html et Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 4 juin 2026

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN LABOURD ET EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (deuxième partie)

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN BASSE-NAVARRE. 


La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.



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ARMOIRIE FAMILLE BELSUNCE


Voici ce que rapporta à ce sujet Joseph Nogaret dans le Bulletin du Musée Basque N°1 de 1931 :



"... Est-ce avant ou après cet événement que les Belsunce abandonnèrent Ayherre pour faire de Macaye leur résidence habituelle ? Il n'est pas possible de répondre ni de donner la raison de ce changement ; du reste on a fort peu de renseignements sur ce qui se passa pendant cette période. Tout ce que l'on peut dire c'est que la vicomté de Macaye prit une certaine importance. En 1311, à la suite d'une enquête prescrite par le roi d'Angleterre pour établir ses droits sur le pays, l'information établit que le seigneur de Belsunce avait construit des habitations à Macayesans requérir l'assistance du bailli pour allumer le premier feu, formalité entraînant sans doute quelques frais ; mais que le dit seigneur possédait en propre les terres de la paroisse de Macaye et que le roi ne pouvait y réclamer que des droits de haute seigneurie.



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LE CHÂTEAU DE MACAYE
DESSIN DE P. GARMENDIA
BMB N°1 1931



Quelle qu'ait été leur résidence, les Belsunce ont dû se montrer habiles politiques à l'égard de leurs suzerains. Ils étaient en effet vassaux des rois d'Angleterre et plus tard des rois de France pour la vicomté de Macaye, qui était en Labourd, tandis qu'ils l'étaient du roi de Navarre pour leur seigneurie d'Ayherre en Arberoue. Ils surent sans doute concilier les intérêts de tous, car au XVIe siècle, Jean III de Belsunce était premier panetier, conseiller et chambellan du roi de Navarre en même temps que gentilhomme ordinaire de la chambre du roi de France et gouverneur de Dax.



Mais leur loyalisme se manifesta surtout lorsque Ferdinand le Catholique se fut emparé de la Haute-Navarre. Malgré les offres alléchantes du roi d'Espagne, Jean III resta fidèle à son souverain légitime Jean d'Albret et il prit part aux expéditions organisées par lui et par son fils pour essayer de reconquérir cette partie de leurs états. Aussi jouirent-ils toujours de la faveur royale aussi bien des Bourbons que des Valois.



En 1560 Charles IX nomma Jean de Belsunce capitaine-châtelain de Mauléon et gouverneur du pays de Soule. Gagné, peu de temps après, aux doctrines de la Réforme par Jeanne d'Albret, il devint un des partisans les plus dévoués de cette reine et vécut, de 1568 à 1587, aux côtés de Henri de Navarre pendant les guerres qu'il eut à soutenir avant de devenir roi de France.



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ROI HENRI IV


Pendant ce temps, Charles de Luxe, un des chefs du parti catholique, profitant de son absence, s'empara du château de Mauléon et du gouvernement du pays de Soule. Belsunce essaya à plusieurs reprises de reprendre son bien par la politique. N'ayant pu y parvenir, il eut recours à la force et, le 2 Février 1587, après avoir réuni une petite armée, il se présenta devant Mauléon que Charles de Luxe s'empressa d'abandonner. Ses soldats commirent alors toutes sortes de cruautés et lui-même traita la Soule en pays conquis, faisant passer plusieurs Souletins, partisans de Luxe, par les armes et exigeant des impositions illégales.



Emu des plaintes qui lui parvinrent à ce sujet, le Parlement de Bordeaux commença une procédure contre lui, mais Henri de Navarre le prit sous sa protection et obtint la transmission à son grand conseil des procès civils et criminels le concernant ce qui équivalait à l'annulation pure et simple de la procédure.



Une cinquantaine d'années plus tard se produisirent, en pays de Soule, des troubles sérieux dont il sera question dans une des études qui suivront. Qu'il suffise de dire, pour le moment, que les biens royaux dont faisait partie le château ayant été aliénés en faveur du comte de Troisvilles, Armand de Belsunce, qui en avait les revenus, comme rémunération de sa charge de capitaine-châtelain, fit cause commune avec les Etats de Soule pour refuser de se conformer à la décision royale. Il en résulta des désordres qui entraînèrent de sérieux dommages pour le pays. Sa conduite, en cette circonstance, mécontenta Louis XIV qui l'invita, par lettre du 15 Mars 1640, à céder sa charge au comte de Toulongeon, fils du duc de Gramont.



A la suite de ces événements les Belsunce furent privés des privilèges dont ils avaient joui en Soule, mais non de la faveur royale et ils continuèrent à faire bonne figure dans le pays et ailleurs.



C'est à cette époque qu'ils quittèrent Macaye pour s'installer au château de Méharin dont ils devinrent propriétaires.



Les origines de la seigneurie de Méharin sont entourées de la plus grande obscurité. Bien qu'elle eut une certaine importance puisqu'elle donnait droit d'entrée aux Etats de Navarre, on ne sait à peu près rien des gentilshommes qui s'y succédèrent depuis l'origine et pendant plusieurs siècles. L'un d'eux est cependant mentionné, en 1385, avec plusieurs autres seigneurs féodaux dont il sera question dans la suite (Luxe, Huart, Echauz) parmi ceux qui accompagnèrent le prince de Viane en Portugal. Il est probable que ce ne fut pas un cas exceptionnel et que ses descendants donnèrent, en bien d'autres circonstances, des preuves de leur fidélité à leur suzerain.



Vers la fin du XVIe siècle la branche mâle s'éteignit et l'unique héritière, Jeanne, épousa Bertrand d'Armendaritz qui devint vicomte de Méharin. Cette seigneurie, en effet, avait été érigée en vicomté en 1424 par le roi de Navarre Charles le Noble. Bertrand et Jeanne n'eurent qu'une fille qui épousa, le 14 mai 1600, Armand de Belsunce dont il vient d'être question.



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LE CHÂTEAU DE MEHARIN
DESSIN DE P. GARMENDIA 
BMB N°1 1931



Quarante ans plus tard, par contrat du 10 Novembre 1640, Armand vendit à son gendre, Jacques de Castaignolés, gentilhomme navarrais, tous ses biens de Macaye avec les titres, bénéfices et prérogatives qui y étaient attachés. En juillet 1643, Jacques de Castaignolés reçut des lettres patentes lui confirmant le titre de vicomte, attendu que "la dite terre a esté de toute ancieneté décorée du titre de vicompté et lesdits sieurs de Belsunce et leurs prédécesseurs qualifiés, depuis quatre cents ans, de vicomptes de Macaye."



Quant à Armand de Belsunce, il se fixa à Méharin où il vécut ainsi que ses descendants.



Cette époque est la plus brillante de l'histoire des Belsunce. Ceux qui avaient embrassé la Réforme reviennent dans le giron de l'église Romaine à l'exemple de leur roi. Ils fournissent de nombreuses illustrations au clergé, à l'armée, à la magistrature ; ils sont baillis, capitaines-châtelains, conseillers du roi, gentilshommes de la chambre, colonels, etc... Sous le règne de Louis XIV seulement, neuf seigneurs de Belsunce furent tués glorieusement, les armes à la main, à la tête des régiments qu'ils commandaient. Mais, celui qui jeta le plus vif éclat sur la famille fut l'héroïque évêque de Marseille dont le dévouement, la charité et l'abnégation, pendant l'épidémie de peste de 1721, ont rendu le nom à jamais célèbre."



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MGR HENRI DE BELSUNCE



A suivre...



(Source : http://onvqf.over-blog.com/2014/06/chateau-de-belzunce-ayherre-pyrenees-atlantiques-64-a.html et Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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lundi 4 mai 2026

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN LABOURD ET EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (première partie)

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN BASSE-NAVARRE. 


La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.



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ARMOIRIE FAMILLE BELSUNCE


Voici ce que rapporta à ce sujet Joseph Nogaret dans le Bulletin du Musée Basque N°1 de 1931 :



"Les châteaux historiques du Pays Basque Français.


Les châteaux Bas-Navarrais.


Les châteaux de Belsunce à Ayherre, Macaye et Méharin.



Trois châteaux ont été habités successivement par la famille de Belsunce : l'un est à Ayherre, un autre à Macaye et le troisième à Méharin.



Le château d'Ayherre, aujourd'hui en ruines, situé sur une éminence commandant la vallée d'Arberoue, est de beaucoup le plus ancien, mais on ne sait rien de ses origines.



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CHÂTEAU DE BELSUNCE AYHERRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les Belsunce habitèrent ensuite celui de Macaye qu'ils quittèrent, en 1640, pour se fixer à Méharin où ils ont vécu jusqu'au milieu du XIXe siècle.



Ces deux dernières demeures ont subi, à diverses époques, des modifications et sont encore habitées.



Il est fait mention, pour la première fois, des Belsunce lorsque Raymond-Arnaud, vicomte de Dax, érigea la seigneurie de Macaye en vicomté en faveur de Roger, pour le prix de six mille florins d'or. L'acte fut passé le jour de Pentecôte 1145 ; trente-neuf habitants, dont les noms y figurent, rassemblés devant l'église de Macaye, promirent de reconnaître Roger pour leur vicomte.



Il n'est pas possible de dire si cet acte a été passé à l'arrivée des Belsunce dans le pays, auquel cas ils auraient reçu du vicomte de Dax la seigneurie d'Ayherre et la vicomté de Macaye à la même époque, ou si, possesseurs déjà de la première, ils reçurent plus tard la seconde. Il est encore possible que cet acte vise seulement l'érection en vicomté d'une terre leur appartenant déjà.



Quoiqu'il en soit, c'étaient, dès le milieu du XIIe siècle, des féodaux jouissant de grands biens. Ils furent aussi des batailleurs comme tous les gentilhommes basques, car on les trouve dans toutes les guerres, prêtant leur concours à leur suzerain.



Don Garde-Arnaud de Belsunce suivit le roi Thibaut II à la croisade, avec d'autres féodaux du pays, notamment Luxe et Gramont. Il se distingua, peu après, à l'occasion des troubles qui désolèrent la ville de Pampelune en 1277. Ce fut un auxiliaire précieux d'Eustache de Beaumarchais, gouverneur du royaume, sous le règne de Jeanne I, dans la lutte contre les factieux qui refusaient de reconnaître Jeanne comme leur suzeraine légitime.



Les Belsunce étaient alors connus pour leur bravoure mais ils avaient conservé les mœurs un peu rudes du Moyen Age. Leur valeur a été symbolisée par une légende transmise d'âge en âge jusqu'à nos jours.



Une branche de la famille habitait alors Bayonne où l'on peut voir encore son ancienne demeure au n° 8 de la rue de la Salie. Elle fournit, pendant l'occupation anglaise, plusieurs magistrats municipaux dont l'un, Antoine, était maire en 1372. Son fils, Gaston-Armand, est le héros de la légende.



On raconte que, en 1407, une bête monstrueuse et fantastique avait élu domicile dans une caverne appelée "grotte de Lissague" à Saint-Pierre d'Irube, et terrorisait le pays, dévorant les animaux et même les hommes qui avaient essayé de la tuer. Dans leur affolement, les habitants abandonnaient leurs demeures pour chercher un refuge dans des endroits moins exposés. La terreur fut portée à son comble lorsqu'on apprit que deux jeunes filles de Villefranque étaient devenues la proie de l'animal.



Après avoir cherché à le faire combattre par les jeunes gens du pays, sans pouvoir y réussir, le jeune Belsunce résolut de l'attaquer dans son repaire. Dans ce but, il se rendit, avec son écuyer, à la grotte de Lissague. A sa vue, le monstre s'élance sur lui avec fureur tandis que l'écuyer terrifié abandonne son maître. Un corps à corps terrible s'engage et Belsunce allait, d'un coup de dague, achever son adversaire, lorsque celui-ci, paralysant ses mouvements, se précipite avec lui dans la Nive où on les retrouve tous deux, morts, le lendemain. Pour perpétuer la mémoire de ce noble trépas, Charles III de Navarre permit à la famille d'ajouter un dragon à ses armes. Quant au héros de cet épisode, il fut inhumé dans la chapelle des Dominicains de Bayonne où le fils de l'historien Oyhénart vit son tombeau, d'après ce qu'il dit dans un de ses mémoires de 1675.



A en croire certains étymologistes, le mot "Irube", en basque "hirurburu, trois têtes", aurait été ajouté au nom de Saint-Pierre à cette occasion. Cette version n'est certainement pas exacte, attendu que, bien avant cette époque, le Livre d'Or de Bayonne mentionne plusieurs gentilshommes de ce nom, entre autres Gaston de Irube en 1150-1152 et Arbel de Irube en 1193, c'est-à-dire trois cents ans avant l'événement.



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BLASON 64 ST PIERRRE D IRUBE




Ce qui est certain, c'est que, à la fin du XVe siècle, un dragon figurait dans les armes des Belsunce. Cette légende a donc un fond de vérité et on s'est demandé quel pouvait bien être l'animal qui lui avait donné naissance. MM. Colas et Veyrin ont fourni chacun une explication d'après lesquelles il se serait agi d'un des derniers survivants des reptiles de grande taille s'étant maintenus dans le Labourd depuis les époques préhistoriques. En voici une tout aussi vraisemblable.



L'équipage d'un navire revenant d'Afrique, aurait rapporté un crocodile qui se serait échappé et aurait vécu, pendant quelque temps, à l'état sauvage, sur les bords de la Nive. Belsunce, ne connaissant pas la dureté de la carapace de l'animal, l'aurait attaqué sans pouvoir le tuer et aurait été la victime de son inexpérience.



Le premier événement historique dont le château d'Ayherre ait été le témoin fut la reconnaissance de la domination française par le pays de Labourd, le 18 Mai 1450, après trois siècles d'occupation anglaise. Lautrec et Gaston XI de Foix, vicomte de Béarn, agissant pour le roi de France Charles VIl, signèrent avec les Labourdins une convention réglant les conditions de leur soumission à leur nouveau suzerain. Le Labourd conserva son organisation politique et ses privilèges, moyennant une indemnité de deux mille écus."



A suivre...




(Source : http://onvqf.over-blog.com/2014/06/chateau-de-belzunce-ayherre-pyrenees-atlantiques-64-a.html et Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 30 mai 2019

LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE À AYHERRE MACAYE ET MÉHARIN EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE.


La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.