LES CHÂTEAUX DE LA FAMILLE BELSUNCE EN BASSE-NAVARRE.
La famille de Belsunce est une famille de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire du pays d'Arberoue, qui dépendait autrefois du Royaume de Navarre.
Voici ce que rapporta à ce sujet Joseph Nogaret dans le Bulletin du Musée Basque N°1 de 1931 :
"... Est-ce avant ou après cet événement que les Belsunce abandonnèrent Ayherre pour faire de Macaye leur résidence habituelle ? Il n'est pas possible de répondre ni de donner la raison de ce changement ; du reste on a fort peu de renseignements sur ce qui se passa pendant cette période. Tout ce que l'on peut dire c'est que la vicomté de Macaye prit une certaine importance. En 1311, à la suite d'une enquête prescrite par le roi d'Angleterre pour établir ses droits sur le pays, l'information établit que le seigneur de Belsunce avait construit des habitations à Macaye, sans requérir l'assistance du bailli pour allumer le premier feu, formalité entraînant sans doute quelques frais ; mais que le dit seigneur possédait en propre les terres de la paroisse de Macaye et que le roi ne pouvait y réclamer que des droits de haute seigneurie.
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| LE CHÂTEAU DE MACAYE DESSIN DE P. GARMENDIA BMB N°1 1931 |
Quelle qu'ait été leur résidence, les Belsunce ont dû se montrer habiles politiques à l'égard de leurs suzerains. Ils étaient en effet vassaux des rois d'Angleterre et plus tard des rois de France pour la vicomté de Macaye, qui était en Labourd, tandis qu'ils l'étaient du roi de Navarre pour leur seigneurie d'Ayherre en Arberoue. Ils surent sans doute concilier les intérêts de tous, car au XVIe siècle, Jean III de Belsunce était premier panetier, conseiller et chambellan du roi de Navarre en même temps que gentilhomme ordinaire de la chambre du roi de France et gouverneur de Dax.
Mais leur loyalisme se manifesta surtout lorsque Ferdinand le Catholique se fut emparé de la Haute-Navarre. Malgré les offres alléchantes du roi d'Espagne, Jean III resta fidèle à son souverain légitime Jean d'Albret et il prit part aux expéditions organisées par lui et par son fils pour essayer de reconquérir cette partie de leurs états. Aussi jouirent-ils toujours de la faveur royale aussi bien des Bourbons que des Valois.
En 1560 Charles IX nomma Jean de Belsunce capitaine-châtelain de Mauléon et gouverneur du pays de Soule. Gagné, peu de temps après, aux doctrines de la Réforme par Jeanne d'Albret, il devint un des partisans les plus dévoués de cette reine et vécut, de 1568 à 1587, aux côtés de Henri de Navarre pendant les guerres qu'il eut à soutenir avant de devenir roi de France.
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| ROI HENRI IV |
Pendant ce temps, Charles de Luxe, un des chefs du parti catholique, profitant de son absence, s'empara du château de Mauléon et du gouvernement du pays de Soule. Belsunce essaya à plusieurs reprises de reprendre son bien par la politique. N'ayant pu y parvenir, il eut recours à la force et, le 2 Février 1587, après avoir réuni une petite armée, il se présenta devant Mauléon que Charles de Luxe s'empressa d'abandonner. Ses soldats commirent alors toutes sortes de cruautés et lui-même traita la Soule en pays conquis, faisant passer plusieurs Souletins, partisans de Luxe, par les armes et exigeant des impositions illégales.
Emu des plaintes qui lui parvinrent à ce sujet, le Parlement de Bordeaux commença une procédure contre lui, mais Henri de Navarre le prit sous sa protection et obtint la transmission à son grand conseil des procès civils et criminels le concernant ce qui équivalait à l'annulation pure et simple de la procédure.
Une cinquantaine d'années plus tard se produisirent, en pays de Soule, des troubles sérieux dont il sera question dans une des études qui suivront. Qu'il suffise de dire, pour le moment, que les biens royaux dont faisait partie le château ayant été aliénés en faveur du comte de Troisvilles, Armand de Belsunce, qui en avait les revenus, comme rémunération de sa charge de capitaine-châtelain, fit cause commune avec les Etats de Soule pour refuser de se conformer à la décision royale. Il en résulta des désordres qui entraînèrent de sérieux dommages pour le pays. Sa conduite, en cette circonstance, mécontenta Louis XIV qui l'invita, par lettre du 15 Mars 1640, à céder sa charge au comte de Toulongeon, fils du duc de Gramont.
A la suite de ces événements les Belsunce furent privés des privilèges dont ils avaient joui en Soule, mais non de la faveur royale et ils continuèrent à faire bonne figure dans le pays et ailleurs.
C'est à cette époque qu'ils quittèrent Macaye pour s'installer au château de Méharin dont ils devinrent propriétaires.
Les origines de la seigneurie de Méharin sont entourées de la plus grande obscurité. Bien qu'elle eut une certaine importance puisqu'elle donnait droit d'entrée aux Etats de Navarre, on ne sait à peu près rien des gentilshommes qui s'y succédèrent depuis l'origine et pendant plusieurs siècles. L'un d'eux est cependant mentionné, en 1385, avec plusieurs autres seigneurs féodaux dont il sera question dans la suite (Luxe, Huart, Echauz) parmi ceux qui accompagnèrent le prince de Viane en Portugal. Il est probable que ce ne fut pas un cas exceptionnel et que ses descendants donnèrent, en bien d'autres circonstances, des preuves de leur fidélité à leur suzerain.
Vers la fin du XVIe siècle la branche mâle s'éteignit et l'unique héritière, Jeanne, épousa Bertrand d'Armendaritz qui devint vicomte de Méharin. Cette seigneurie, en effet, avait été érigée en vicomté en 1424 par le roi de Navarre Charles le Noble. Bertrand et Jeanne n'eurent qu'une fille qui épousa, le 14 mai 1600, Armand de Belsunce dont il vient d'être question.
| LE CHÂTEAU DE MEHARIN DESSIN DE P. GARMENDIA BMB N°1 1931 |



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